Pourquoi j’ai choisi de ne pas avoir d’enfant

Pourquoi j’ai choisi de ne pas avoir d’enfant

Je ne sais pas de quoi demain sera fait, je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, mais voilà, à l’heure où j’écris ces mots, à cet instant précis je peux t’affirmer que oui, je fais le choix de ne pas avoir d’enfant.

Cette certitude n’en a pas toujours été une, mais avec un peu de recul sur mes jeunes années, je ne peux pas vraiment dire que ce soit une surprise.

Oui, enfant, quand je jouais avec mes poupées je me rêvais à la tête d’une famille nombreuse, d’au moins 6 filles. Le fait que ma maman soit entourée de 6 sœurs et que j’ai beaucoup de cousins dans mes âges n’y était pas pour rien.

A l’adolescence, mon attrait pour les enfants s’est complètement volatilisé. Alors que mes copines adoraient jouer « à la maman » avec les bébés de leurs proches, je n’y trouvais aucun intérêt. Oui, un bébé c’est mignon, oui c’est marrant de changer une couche. Mais ça va 5 minutes. Je mettais ça sur le fait que je n’ai pas eu de petit frère ou sœur ni autre bébé à m’occuper quand j’étais plus jeune.

Puis j’ai grandi, et j’ai décidé de faire des études longues. Quand à 20 ans certaines de mes amies pensaient déjà famille, cette notion était aux abonnés absents chez moi. Ce qui m’importait était de finir mes études et de trouver un bon poste dans lequel je pourrais m’épanouir. Impossible donc d’avoir un enfant « jeune », avant mes 25 ans, même si mon mari (que je fréquentais déjà) se voyait papa très jeune, à l’instar de ses parents.

Enfin, en rentrant dans la vie active, c’était très clair : la priorité c’était ma carrière. Je venais de décrocher un job de rêve avec un bon salaire, j’avais juste envie de m’éclater dans mon travail et de profiter de cette « liberté » nouvellement acquise. A moi les sorties, les voyages, la vie sans contrainte ou presque. Clairement, je ne me sentais pas prête du tout à fonder une famille. La grossesse me terrifiait autant que les enfants que je croisais. De son côté, mon mari avait pris du recul sur la vie familiale qu’il idéalisait en comparant avec nos amis qui avaient déjà tous des enfants. On projetait mariage et maison et même si nous avions une stabilité de couple propice pour accueillir un enfant, je n’étais pas prête à renoncer à cette liberté nouvellement acquise dont je profitais à fond.

Et puis, après quelques années à bien profiter et à voir toutes mes amies enceintes, une grosse période de doute s’est installée. La veille de notre mariage je me souviens que mon mari m’a demandée si je pensais vouloir des enfants un jour, car il voulait légitimement savoir à quoi il s’engageait. J’ai botté en touche. Je ne savais absolument pas. Je n’en ressentais aucune envie, j’avais encore de nombreuses craintes sur la possibilité de concilier une vie de famille et ma carrière professionnelle, mais en même temps je ne pouvais pas prédire l’avenir. Je me rappelle lui avoir donné une échéance, mes 30 ans, pour faire le point.

Les 30 ans arrivent et alors que nos amis lancent tous le p’tit deuz ou même le troisième, je suis en plein questionnement. D’un côté je me sens maintenant prête à fonder une famille mais d’un autre côté, je n’ai pas de désir d’enfant en moi. Cette envie que certaines femmes ont, qui les prend aux tripes, je ne connais pas. J’ai envie de connaître cette expérience de la grossesse, oui, mais la parentalité et toutes ses contraintes ne m’attirent pas vraiment. Et puis, les problèmes climatiques font de plus en plus l’actualité. Mon mari lui est de son côté plus certain que jamais. Le monde va mal et ça ne s’arrangera pas de sitôt, hors de question pour lui de donner la vie dans ces conditions.

Et voilà, mes 30 ans sont passés depuis quelques années et je pense avoir le recul nécessaire aujourd’hui pour affirmer que je ne veux pas d’enfants.

Crédit photo : Pixabay

De la même façon qu’on ne veut sûrement pas un enfant à 20 pour les mêmes raisons qu’à 35, mes raisons pour ne pas avoir d’enfants ont, elles aussi, évolué au fur et à mesure des années.

A 20 ans j’étais immature, à 25 je voulais encore profiter de ma liberté et à 30 ans, après plusieurs années de doute à me demander si je ne passais pas à côté de la vraie vie, j’ai finalement statué.

Ma vie actuelle me convient très bien, j’ai trouvé un bon équilibre entre ma vie de couple, ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Bien que mariée, je me considère libre et indépendante, sans beaucoup de contraintes. Si ma vie était un gâteau elle se découperait en trois parts égales en termes de temps consacré et d’épanouissement entre mon travail, mon mari et mes loisirs. Avoir un enfant déséquilibrerait de facto cette balance, et nécessiterait d’ajuster les parts du gâteau. Autant le dire, je ne suis clairement pas prête à rogner sur l’un des trois aspects de ma vie pour y ajouter une autre part, au risque de ne jamais retrouver cet équilibre auquel je tiens tant. Je le sais d’avance, c’est mon couple qui en payerait les frais (coucou la charge mentale !).

Et puis, comme si ces raisons n’étaient pas suffisantes, l’aspect écologique est lui aussi entré dans l’équation ces dernières années.

Cette notion d’écologie inclus deux facteurs pour moi, le premier étant la démographie et le deuxième l’impact carbone de nos sociétés occidentales. Je suis persuadée qu’il n’y a qu’en limitant notre démographie, couplé à d’autres mesures, que nous réussirons à limiter l’impact du dérèglement climatique. Mais, dans ce cas, pourquoi ne pas avoir un enfant et un seul ? Tout simplement parce que je suis profondément persuadée que malgré tous les efforts fournis, nous ne faisons que repousser le crash contre le mur.

A l’heure actuelle d’après toutes les prévisions, des plus optimistes aux plus pessimistes, il semble acté que même si nous changions notre mode de vie dans la minute ni nous, ni nos enfants n’en verront les bienfaits puisqu’il faudra à la terre quelques dizaines d’année pour que le réchauffement se stabilise et encore plusieurs dizaines pour amorcer une diminution… qui ne sera perceptible que par nos arrières voire arrière-arrière-petits-enfants.

Ainsi, je suis intimement convaincue que les beaux jours sont derrière nous pour un sacré moment. Je vois le futur de façon très pessimiste, avec des récessions, du chômage, une baisse du pouvoir d’achat, des guerres civiles, des guerres écologiques pour s’approprier les dernières ressources, d’autres pandémies, des catastrophes naturelles … bref, sans rentrer dans tous les détails, tu l’auras compris, un monde dans lequel je n’ai pas envie d’élever un enfant. Tu vas peut-être me rétorquer qu’il y a eu des guerres et d’autres périodes peu agréables au cours des millénaires passés et pourtant les gens ne s’arrêtaient pas de se « reproduire » pour autant. Sauf que là, c’est différent, on ne parle pas d’une guerre qui dure quelques années, où tu peux t’enfuir dans un autre pays. C’est un problème mondial, auquel nous faisons face pour la première fois, qui peut mener tout droit vers la disparition de l’humanité. Quand on voit les modélisations les plus réalistes faites par les scientifiques d’ici la fin du siècle, je suis franchement contente de ne pas être née en 2020.

Alors oui, j’ai bien conscience de ne pas peindre un tableau très reluisant. Cette vision reste néanmoins la mienne, et j’espère de tout cœur me planter sur notre futur à tous.

Bien que l’écologie ne soit pas la seule raison, elle a néanmoins fortement conditionné mon choix. Et dans l’éventualité où je serais prête un jour à recouper mon gâteau en 4 parts, tant que je ne vois pas une lueur d’espoir pour le futur, j’ai décidé de ne pas avoir d’enfants.

18 commentaires sur “Pourquoi j’ai choisi de ne pas avoir d’enfant

  1. Bonjour Lola,
    Merci pour ce témoignage très intéressant. J’ai une fille de 4ans et je partage tes inquiétudes pour l’avenir. D’un côté, j’ai envie de croire qu’elle aura au moins les mêmes conditions de vie que moi (et c’est en plus la pensée dominante de notre société) et de l’autre, j’ai beaucoup lu sur l’effondrement et même sans les théoriciens, je me rends bien compte que notre planète et notre civilisation se dégradent… Ce qui est terrible, c’est que comme tu le soulignes, ce n’est pas seulement l’affaire de quelques mauvaises années qu’il faudra passer avant un retour à la normale.
    J’aime bien ton histoire de gâteau (dans ma tête, il est au chocolat) . Chez moi, le partage des parts est devenu moins équitable depuis qu’un enfant est entré dans le jeu. Les trois autres « quarts » sont souvent plus petits que je ne le voudrais . (Je pense toujours au quatre tiers du cocktail dans Marius de Pagnol).
    Une question : que pensent ton entourage de ta vision de l’avenir ? Je crois comprendre que ton mari la partage mais qu’en est-il des autres ? Vos amis avec enfant par exemple? Je me sens souvent assez seule face à ces problèmatiques que beaucoup préfère nier ou ignorer.
    Bonne journée !

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    1. C’est mon mari, passionné d’histoire et d’économie, qui m’a le premier « initié » aux concepts de l’effondrement. C’est vraiment lui à avoir été le premier dans notre couple à mettre un frein à cette possibilité. Je me souviens que pendant ma période de doute, je lui avais annoncé être prête à avoir un enfant si lui l’était aussi, ce à quoi il m’avait demandé de d’abord lire plusieurs lire traitant de l’effondrement réaliste. (donc les scénarios les plus probables, même pas les plus pessimistes). Et c’est vraiment suite à ça que j’ai eu un déclic et que ça a coupé toutes mes envies. Et quand nos proches ou nos familles nous demandaient « quand on allait s’y mettre », on leur expliquait notre raisonnement. Il y a 10 ans, clairement on se moquait de nous. Aujourd’hui, on voit bien que les mentalités évoluent et les gens ne semblent plus autant choqués. Plusieurs de nos amis qui imaginaient avoir 3 enfants préfèrent se limiter à deux pour ces raisons justement.

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  2. Merci pour ton texte. Tes arguments sont valables, et nous nous sommes souvent posé la question avec mon mari, par rapport à l écologie, (pas pour le reste, j etais certaine de pouvoir me contenter de plus petites parts de gâteau, et en fait, bah, tu sais quoi, aucune n a diminué! Au contraire, d ailleurs.)
    Et puis, on a décidé de se lancer dans la parentalité. Pourquoi? Parce que je me suis dis que si la seule raison qui m empêchait d avoir un enfant, c etait l écologie, bah, autant aussi se suicider tout de suite, ça fera une personne en moins qui pollue (oui, j etais assez trasch avec moi-même sur le sujet…)
    Alors voilà, je pose le fait d avoir un enfant comme un geste d espoir en l avenir. Par contre, pour l écologie, nous sommes devenus presque végétariens, et nous ne prenons plus l avion (pas un vol depuis 5 ans.
    Je partage ta vision de l avenir, sombre, et je savoure chaque moment de légèreté avec mes enfants. Je ne sais pas quelle vie d adulte ils auront, mais au moins ils auront eu une enfance heureuse.
    Et puis, le pire n est jamais certain… c est ce que je me répète aussi…

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    1. Ah l’argument du suicide on me l’a souvent faite. Sauf qu’en fait la mort n’est pas écologique du tout. Il y a une grosse omerta sur le sujet de la pollution générée par les cadavres, les cimetières et l’impact de la crémation. Et puis, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire et je n’ai pas spécialement envie de mourir. Comme je le disais dans l’article, je considère qu’il faut la diminution de la démographie mais aussi un changement de nos habitudes,et j’ai fait le choix d’agir sur les deux tableaux. Je n’ai pas d’enfants, je suis végétarienne et j’ai une vie plutôt minimaliste.
      Le pire n’est pas certain, mais il y a néanmoins certains faits qui sont actés tel que la fonte des glaciers d’ici la fin du siècle ainsi que la calotte polaire et la montée des océans. Ce que l’on ne sait pas, ce sont les impacts concrets sur notre mode de vie et conséquences que cela aura au niveau mondial. Et personnellement, quand on voit comment la crise actuelle est géré, avec tous les pays qui essaient d’en tirer profite, ce sera la même chose avec la crise climatique. Quand on sait que l’on dépend énormément de la Chine pour tous les minerais rares que l’on utilise pour la transition énergétique (éoliennes, batteries de voitures électriques, panneaux solaires…) et que le Groenland va devenir sous peu la « nouvelle terre à conquérir », j’ai du mal à imaginer un monde meilleur et plus égalitaire en 2100.

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      1. En attendant, si la mort n’est pas écologique, en ce qui nous concerne, on est tous déjà là, et il faudra bien mourir quand même ! Non pas qu’on doive tous le faire maintenant hein, mais la question est aussi passée dans ma reflexion sur avoir un enfant ou pas, et je suis assez d’accord avec Madeleine, j’ai choisi de voir le verre à moitié plein. Finalement, la seule chose absolument certaine, c’est que l’humanité va disparaître un jour, c’était un peu le deal dès le début, et que ce soit dans 100 ou 100’000 ans finalement est-ce que ça change vraiment le problème ? Et si c’est « juste » un question de conditions de vie difficiles, la plupart de nos ancêtres ont vécu des périodes bien moins confortables que la notre sans pour autant qu’ils mettent toute leur vie en pause, on était peut-être dans une parenthèse trop chouette pour durer ? Ça fait aussi des centaines d’années qu’on nous prédit l’apocalypse, c’est peut-être aussi notre nature de s’inquiéter de ce qui est incertain. Bref, dans le doute, chacun fait avec sa conscience je crois !

        Et en fait, dans tous les cas, à mon avis, comme avoir ou pas un enfant est surtout une envie, on n’a pas besoin de raison pour ne pas avoir envie, on ne demande jamais à ceux qui en veulent de se justifier, et si l’envie est là, elle est tellement viscérale et irrationnelle que les arguments rationnels comme l’environnement pèsent peu de poids (et on entend les arguments qui vont dans le sens de notre envie, aussi !)

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        1. Mon problème n’est pas tant que l’humanité disparaisse, mais que mes potentiels enfants vivent mal, voire très mal au cours du prochain siècle. Tu parles d’envie viscérale qui ne peut pas vraiment être réfrénée, et pourtant, pendant les guerres on constate que la natalité a chuté. D’une part car les hommes étaient au combat, mais aussi parce qu’il me semble « logique » que personne n’a réellement envie de faire naitre un enfant dans ces conditions, sans savoir combien de temps la guerre peut durer. Pour moi la crise écologie c’est très similaire.
          Jusqu’à présent en effet, faire un enfant était naturel, on n’y réfléchissait même pas, puisque la généralisation (et la sécurité) des méthodes de contraceptions de toute façon n’existait pas. Mais comme tout évolue, ce n’est pas parce que cela a été la règle pendant des millénaires qu’il ne faut pas que cela change. Aujourd’hui la donne climatique entre en jeu, et c’est normal d’en avoir conscience afin de faire un choix éclairé.

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          1. La natalité a effectivement chuté pendant les deux dernières guerres mondiales, mais il y a aussi eu un baby boom après, parce que la guerre ne dure pas éternellement et que les naissances sont surtout reportées, pour moi c’est pas le même problème que le changement climatique qui est beaucoup plus durable et reporte les éventuelles naissances aux calendes grecques. J’ai l’impression que c’est pas le même processus mental de reporter une envie d’enfant que d’y renoncer, si on l’a.
            Cela dit, là où je suis d’accord avec toi, c’est que maintenant, avoir ou pas des enfants est plus un choix qu’avant (bon, contrairement à ce qu’on croit parfois, on limitait aussi les naissances dans le passé, mais avec des methodes moins sûres que les nôtres bien sûr – et renoncer completement à une descendance était plus rare), donc on est peut-être plus nombreux à ne pas avoir tellement envie d’enfant, et dans ce cas les arguments rationnels font pencher la balance. Mais ce que je veux dire c’est que quand on a une envie viscérale, on ne peut pas vraiment faire un choix eclairé, et on va retenir surtout les arguments qui vont dans le sens de notre envie, ceux que j’ai cités par exemple. Du coup moi j’arrive pas à me dire que c’est certain que ma fille ou ses enfants vont vivre mal, et je me suis engouffrée dans la possibilité qu’il me semble rester que ça pourrait peut-être pas si mal se passer.
            Mais comme je l’ai dit, je crois que la base de notre « désaccord » c’est vraiment l’envie !

            (Je suis désolée, je sais pas ce que j’ai hier et ce matin mais j’arrive pas à être claire, désolée si je radote, mon message général au delà de l’environnement c’est : tu as complètement raison de faire comme tu le sens et je n’essaie pas du tout de te convaincre du contraire 🙂 )

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  3. Je suis de nature très anxieuse et mon mari me dit souvent que la peur n évite pas le danger. Alors quand je ressasse mes craintes concernant le futur de mes enfants, j essaie aussi d en voir le positif et me dire que les futures générations sont élevées avec cette conscience écologique et je tente de croire qu ils en feront quelque chose pour changer le monde qui se prépare.

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    1. C’est en effet le point positif, les enfants d’aujourd’hui nés en Occident vont sûrement tout faire pour éviter ou du moins faire reculer la catastrophe qui se profil. Mais à quel prix ? Et puis, face aux enfants des autres pays qui n’ont pas été éduqués dans cet optique là et qui n’envisageront pas le futur de la même façon que nous, on fait quoi ? Sachant qu’aujourd’hui c’est la Chine, l’Inde et les USA les plus gros pollueurs, si eux ne changent pas leur façon de faire, on aura beau éduquer les futures générations à l’écologie, on risque de ne pas pouvoir faire la balance face à ces pays s’ils ne changent pas leurs comportements.

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    2. Les générations futures n’auront pas le choix… le co2 reste 20 ans dans l’atmosphère, donc le climat des 20 prochaines années est déjà plié et on se bat aujourd’hui pour le climat des 20 années suivantes. Soit on réussit aujourd’hui la décroissance carbone, soit on échoue, et dans ce cas peu importe le comportement de la génération suivante, avec un climat à 5 degrés de plus la moitié de la planète sera inhabitable. Si le sujet vous intéresse (comprendre pourquoi comment et les leviers d’action, des Fresques du Climat sont organisées partout en France.) Tout n’est pas complètement foutu si on est nombreux à comprendre et à interpeller nos politiques. Mais il faut bouger très vite là et ça se joue maintenant.

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  4. Merci pour ton partage, c’est très intéressant comme réflexion, surtout qu’elle semble avoir été menée en couple! Je ne partage personnellement pas la vision qu’avoir des enfants est quelque chose qui donne du sens à la vie ou qui apporte un épanouissement irremplacable (choses qu’on entend souvent dire, surtout aux femmes hum hum).. comme toi je n’ai jamais été attirée par les enfants à l’adolescence ni à l’age adulte et je n’ai eu aucun instinct viceral de maternité! Cela dit j’ai fini par avoir des enfants tout de même, à cause d’une envie de ne pas me retrouver à regretter d’avoir pu vivre une expérience humaine forte.. et mes fils m’ont prouvé que c’etait une sacré expérience donc aucun regret ahah! Pourtant si nous avions eu des difficultés à concevoir nous avions décidé de ne pas « forcer la nature » et je suis certaine que j’aurais aussi été hyper heureuse sans enfants, et je me serais probablement plus investi dans l’associatif notamment. Apres pour l’histoire des parts de gateau c’est très vrai mais aussi très temporaire finalement, car les enfants « grandissent vite » et tu peux retrouver alors ton espace de liberté personnelle, surtout si tu as une relation d’equité profonde avec ton conjoint.e. -mais c’est sûr que pendant quelques années c’est mis en suspend. Pour l’argument ecologique et effondrement ca ne me touche bizarrement pas du tout (je me surprend moi même! ..); plus que de l’optimisme je me dis surtout que l’avenir est si imprévisible, impossible de « garantir » quoi que ce soit aux générations futures à aucune époque, mais j »aime à penser que toute vie pleine d’amour vaut la peine d’être vécue – et entre temps je vais tenter de faire de mes fils des citoyens responsables et resiliants…

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    1. Merci pour ton partage d’expérience. En effet, la vie avec des enfants dépendants reste assez courte (cela étant dit, sans prendre en compte tous les handicaps et les maladies diverses et variées…) mais à 40 ou 45 ans on ne vit pas la même vie que celle que l’on peut s’occtroyer à 30 ans. Je ne suis pas dans l’état d’esprit, ce que je ne fais pas maintenant, je pourrais le faire plus tard, parce qu’en vrai on en sait rien. Je ne suis pas adepte de la procrastination, encore moins quand il s’agit de mes loisirs 😀 Concernant l’écologie, c’est en effet un peu à pile ou face, mais je préfère prendre le parti d’avoir des regrets que des remords.

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  5. Mon intime conviction, c’est que si on n’a pas envie d’avoir d’enfant, quelles qu’en soient les motifs profonds (qui vont d’une prise de conscience écologique à tout simplement une forme d’égoïsme), on n’a pas besoin de se justifier. Tout le monde n’est pas fait pour avoir des enfants, et il n’y a pas de honte à préférer vivre pour soi plutôt que pour d’autres. Car l’argument écologique, s’il était vraiment le moteur profond, devrait arriver la conclusion suivante : ce n’est pas ton gâteau personnel qu’il faudrait couper en davantage de parts, mais sa taille globale qu’il faudrait diviser par deux…

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    1. Je suis tout à fait d’accord et je n’ai pas écrit cet article pour me justifier de quoi que ce soit, c’est mon choix et je l’assume pleinement. Je souhaitais juste partager mon cheminement.
      Et comme je le disais l’aspect écologique est loin d’être le moteur profond, mais il fait parti des facteurs qui ont pesé dans ma décision. Il n’y aurait pas de problèmes écologiques, peut-être que je trouverait une autre raison pour ne pas avoir d’enfants, ou peut-être que je me laisserait tenter par cette expérience de la parentalité… Je ne le sais pas.

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  6. Super! Enfin je ne devrais pas juger, mais en tous cas je suis bien d’accord. Je trouve déjà notre vie aujourd’hui pas si sereine que ça : canicules tous les étés, des hivers très doux alors que quand j’étais petite je faisais de la luge dans le jardin, culpabilité à prendre l’avion, à regarder plein de séries en streaming, à acheter des aliments industriels, qui viennent de loin, ou un peu trop emballés… (l’angoisse quand il faut choisir entre bio, local, zéro déchet, genre entre les bananes bio qui sont venues par bateau et les pommes pas bio donc bien traitées mais françaises mais récoltées en novembre donc conservées 6 mois en chambre froide…)
    Et ça ne va forcément pas aller en s’améliorant ^^
    Jusqu’à présent j’avais juste le « un humain de plus sur cette planète c’est pas bon pour elle (et du coup pour nous) » mais il y a aussi le « de toutes façons mes enfants vivront dans un monde pourri donc ce n’est pas cool pour eux » auquel je n’avais pas pensé.
    Merci pour l’article !

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  7. Je me suis toujours dit: Et si mon enfant était celui qui pouvait changer les mentalités, trouver un remède aux grands problèmes de notre société, inventer la téléportation non polluante, la multiplication des carottes pour nourrir les populations, restaurer la bio-diversité, être le premier politicien intègre, efficace et conscient de la situation…
    Ai-je le droit de priver le monde de cet être là ?

    Bon après comme je ne suis pas motivée par la parentalité et assez réaliste, le monde va devoir attendre.
    Mais ça peut aussi être une façon de penser concernant le futur.

    J’espère qu’on ne t’a pas trop embêter sur ton choix de vie. Les gens sont tellement prompts à juger et critiquer !

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    1. J’espère que tous les parents n’ont pas d’enfants en espérant tomber sur le celui ou celle qui changera le monde car il risque d’y avoir beaucoup de déçus 😀
      Tous les gens qui nous connaissent moi et mon mari ont au contraire pris la chose très au sérieux car ils savent qu’on n’est pas du genre à prendre des décisions à la légère, que c’est mûrement réfléchi. Et puis les gens ont finalement assez peu d’arguments pour critiquer notre choix puisque nous sommes très épanouis dans notre vie de couple sans enfants, pourquoi changer un modèle qui fonctionne très bien depuis 15 ans ?
      Souvent la discussion se termine en nous disant qu’on le regretterait mais nos arguments bien rodés font souvent mouches dès qu’on évoque notre vision du futur et on se retrouve avec des parents qui finalement essaient de « justifier » leur choix (alors que je ne demande rien).

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