Mes soutiens-gorges, torture ou confort ?

Mes soutiens-gorges, torture ou confort ?

J’ai des gros seins. Quelle entrée en matière, tu te diras sûrement ! Mais ce n’est pas forcément pour me vanter de mon ample poitrine que je viens te parler aujourd’hui, plutôt pour faire un petit état des lieux des options de lingerie que j’ai parcouru au long de ma vie.

Crédit photo (creative commons) : jackmac34 Pixabay

Solution n.1 : lingerie sexy

Quand j’étais jeune, avant 3 grossesses et 2 allaitements, que j’étais plus mince et que me sentir sexy était un vrai impératif dans ma vie (c’était le bon temps quand même), je cherchais avant tout des soutiens-gorges sexys. Quelque chose qui mette en avant mes atouts (sans être trop vulgaire), de préférence avec une chouette couleur (rouge étant LA couleur de l’ultime sensualité pour moi à cette époque). Dentelles, ouvertures devant, forme intriquée, mon soutien-gorge rêvé était compliqué, un poil scandaleux, et pouvait se porter toute la journée.

Je le cherche toujours, ce fameux soutif. La majorité de la lingerie sexy n’est clairement pas faite pour mon bonnet. Je te passe les essayages où mes seins tentaient visiblement de s’échapper de leur carcan imposé, où à cause du trop petit tour de taille je ressemblais plus à un rôti sur l’étal du boucher qu’à Karen Gillian dans Jumanji. J’étais jeune et très très mal conseillée sur mes choix de soutifs. Du coup, j’étais constamment, constamment inconfortable. Ça serrait, ça me rentrait dans les côtes, les bretelles étaient trop courtes ou trop longues, bref, j’avais de magnifiques soutien-gorges qui ne m’allaient pas. Ah, ce moment de bonheur, quand, dès la porte passée chez moi, je dégrafe ce qui m’a comprimé depuis que je l’ai enfilé !

Étant jeune, naïve, timide et pauvre, avoir des soutiens-gorges douloureux ne me choquait pas. « Il faut souffrir pour être belle » était peut-être trop rentré dans ma tête impressionnable, mais surtout l’idée même de remettre ça en question ne me venait même pas. Un soutif, ça fait mal, et c’est tout.

Solution n.2 : no bra

Après une dizaine (voire même quinzaine, ça nous rajeunit pas tout ça) d’années de souffrance, j’ai carrément arrêté de porter un soutien-gorge. J’étais au chômage, et le fait de rester toute la journée à la maison a rendu totalement obsolète l’idée de me harnacher. C’était donc la liberté totale.

Et si, au début, je réservais ses moments sans lingerie au confort de ma maison, j’ai très rapidement adapté cette habitude à toutes les occasions, aidée par l’attitude relaxée des suédoises face à leur apparence.

Pour une personne avec ma poitrine, ce n’était pas forcément pas la meilleure idée. Je ne te parle même pas de faire du sport, le simple fait de monter des escaliers ou de marcher un peu vite me faisait mal… mais mes activités physiques étaient minimes, et mon confort absolu. C’est pendant cette période que mes seins ont perdu de leur élasticité, malheureusement. Et , si je n’attribue pas ça qu’au manque de soutien, ça a tout de même été un bon facteur.

Solution n.3 : brassières et allaitement

Et puis, je suis tombée enceinte. Ce qui était déjà une « large » poitrine s’est carrément transformée en obus de compétition. Et avec tant de poids à gérer, avoir un minimum de soutien était indispensable. Alors je suis retournée dans les magasins de lingerie, pour voir ce que je pouvais mettre. Mais entre le prix exorbitant d’une pièce que je n’étais pas sûre de remettre (vu que je changeais de taille et de bonnet à peu près tous les mois), l’inconfort des baleines, et l’impossibilité de trouver une taille qui convienne à mon gabarit, j’ai été vite découragée. Je me suis donc tournée, un peu en avance, vers les brassières d’allaitement. Spoiler alert : c’est ce que j’ai porté les 4 années suivantes. Sans baleines, avec un minimum de soutien mais sans serrer, plus le côté pratique pour l’allaitement, j’en ai maintenant 5 à la maison, qui tournent constamment.

C’était la solution parfaite. J’ai même acheté des débardeurs avec brassière intégrée, et ça me facilitait grandement la vie. Même après avoir arrêté d’allaiter ma première fille, j’ai continué à les mettre. Ces brassières, c’était le compromis parfait : pas instruments de torture, mais soutenant quand même, avec suffisamment de tissu pour empêcher l’effet « tiens t’as froid toi, non ? » qui était gênant sans soutif.

Solution n. 4 : lingerie plaisir

Mais après ma deuxième grossesse et mon deuxième allaitement, devant l’état plus tristounet (comprend : aplati) de mes seins, j’ai eu envie de retrouver des soutiens-gorges qui me feraient me sentir sexy. C’est ainsi que, quand j’ai arrêté d’allaiter Flicka, j’ai décidé de m’offrir à moi-même pour fêter ça un beau soutien-gorge. Mais forte de mes années d’expérience, de mon porte-monnaie plus complet, et de l’envie de VRAIMENT porter cette nouvelle pièce, j’ai décidé de sortir le grand jeu. J’ai laissé mes filles à leur père, j’ai pris 2 heures pour moi, et je suis rentrée dans LE magasin de lingerie sur lequel je lorgnai depuis longtemps. Et là, j’ai pris une vendeuse (accaparé serait un meilleur terme) et je l’ai sommé de me conseiller MOI, pour MA poitrine.

Ça a fait toute la différence. Cette gentille jeune fille connaissait son travail (et maintenant mes seins), et j’ai enfin pu recevoir les bons conseils pour choisir un soutien-gorge. À 35 ans, il serait temps. Je suis ressortie de la boutique avec un magnifique soutif, rouge pour faire plaisir à l’adolescente qui sommeille toujours en moi. Un seul, pour le tester sur plusieurs semaines et voir si c’était vraiment ce qui me convenait. Deux mois plus tard, j’en ai 3. Et repasser aux « vrais » soutien-gorges, avec soutien, armature (mais pas de baleines, non merci) a fait une grande différence.

Une différence peut-être dans mon apparence (les yeux de mon mari s’arrêtent un peu plus souvent à cet endroit-là, youpi !), mais surtout dans ma façon d’être. Je me tiens plus droite, pour commencer. J’ai (un peu) plus confiance en moi. Et surtout, surtout, je me sens… femme. C’est un peu ridicule de laisser des bouts de tissus dicter si je me sens féminine ou pas, mais c’est incontestable, je retrouve le plaisir d’avoir un joli décolleté. Alors bien évidemment, mes seins ont beaucoup changé depuis ma folle jeunesse, mais j’en suis fière, fière ce qu’ils ont accompli, de ce par quoi ils sont passés, et fière aussi que, depuis la fin de mes allaitements, ils soient, 100% et totalement, à moi.

Maintenant, j’ai fait le tri dans mon tiroir de lingerie, et j’alterne allègrement entre les 3 solutions. Si je reste à la maison, c’est sans soutien-gorge. Si je veux un minimum de confort et de soutien, c’est une brassière. Et si je veux me sentir un poil plus féminine, ou que je veux mettre en avant les avantages dont la nature m’a pourvue, j’endosse mes soutiens-gorges flamboyants. Je peux le dire : à 35 ans, j’ai (enfin !) trouvé comment habiller ma poitrine.

7 commentaires sur “Mes soutiens-gorges, torture ou confort ?

  1. Oh comme ce témoignage me parle !
    J’ai beaucoup souffert à cause de ma poitrine, mais pas à cause des soutien gorge.
    J’avais une poitrine très généreuse (qui a commencé son développement vers mes 8-9 ans) mais une taille fine.
    Alors déjà, devoir porter un soutien gorge en primaire c’est pas top. Mais en plus ne pas trouver de soutien gorge à sa taille, c’est encore plus dur moralement. (Je faisais un 85D à 13 ans, et je suis montée au F, parce que plus ça n’existait pas).
    Finalement je me suis faite opérée à 21 ans et j’ai enfin eu la poitrine qui correspondait à mon corps. Et je crois que sans cette opération, je ne serais pas la femme que je suis aujourd’hui…
    Et pour le no bra, je te dis bravo, car à part quand je traine pour m’habiller le matin, je ne peux vraiment pas !!!!

    Aimé par 1 personne

  2. Ô comme cet article me parle ! À peu près le même parcours et la même conclusion 😉 j’ajoute à ça que je me suis jurée de ne jamais choisir au hasard un soutif pour ma fille quand elle sera plus grande et que nous irions toutes les deux voir une vendeuse pour qu’elle soit bien conseillée dès le départ.

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  3. Merci pour l’article très interessant/instructif. J’ai également ri !
    Personnellement je ne peux pas le no bra. Je me sens trop mal à l’aise. Mes bouts de sein étant tellement sensibles. Ca me gêne des que je suis effleurée… mettre mon soutien gorge est l’un des 2er gestes pour moi le matin. J’aime le soutien et la protection que ça m’apporte.

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  4. Ton article me parle à moi aussi !
    Je n’achète plus de soutien-gorge à armatures depuis au moins 6 ans, et je renouvellais le même modèle dans lequel je me sens bien. Mais… la grossesse puis l’allaitement sont passés par là, et les galères ont recommencé parce que passé un certain bonnet, il est dur de trouver sa taille dans l’offre existante. Actuellement, enceinte de BB2 et l’aîné étant encore allaité, il a fallu que je me tourne de nouveau vers une marque étrangère vendue en ligne. Ca m’embête d’acheter avec juste des mensurations plutôt que d’essayer.
    J’ai du coup très envie de tenter de coudre moi-même mes soutien-gorge pour être sûre de la forme et de la taille. Mais je le ferai probablement quand BB2 sera un peu grand déjà !

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  5. Le no-bra a comme effet un relâchement au départ mais normalement ça se tonifie avec le temps. J’avais une poitrine plutôt généreuse aussi (D) et j’ai eu à peu près le même parcours que toi en no-bra (sauf brassière pour le sport) suivi de brassières et débardeur d’allaitement pendant et entre les grossesses. Sauf que je suis revenue au no-bra après les enfants. Au début j’avais du mal à assumer les chaussettes qui me servaient de seins puis avec le temps ça se refait un peu et moi je m’y habitue. Très clairement je suis dans une démarche plus confort que sexy et même mes tétons qui pointent sont devenus un non problème avec le temps !

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