La grossesse d’après

La grossesse d’après

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Toute l’équipe de Bribes de Vies te souhaite une très belle année 2026. Notre rythme de publication change et tu pourras désormais découvrir un nouvel article chaque mardi et chaque jeudi ! Bonne lecture.

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J’ai commencé cet article à quasiment 40 semaines de grossesse. Je le finis sur mon canapé avec un petit lutin au sein. Ainsi en va la vie !

Après la naissance de la Poupette, je te le racontais ici, j’ai immédiatement su que j’aurais un autre bébé.

Après la naissance de Nino, ça a été plus progressif, mais un jour, je me rappelle, j’étais sur mon canapé à l’allaiter, et j’ai su qu’il y en aurait au moins un autre. Nino avait quelques semaines, peut-être deux ou trois mois. Pour son papa c’était moins évident. De mon côté, je n’avais pas la même urgence qu’après la poupette.

Et puis Nino est mort. Et très vite, je ne sais plus, quelques jours, peut-être moins… en tout cas très rapidement on a su avec Mr Sans Chaussettes qu’il y aurait d’autres bébés dans cette famille. Et rapidement. Une espèce de pulsion de vie, un besoin de remplir cette maison, de recréer du chaos dans nos vies.

Alors on a retiré le stérilet, je me rappelle, j’ai juste laissé passer l’enterrement (je ne voulais pas – fixation peut-être futile – prendre le risque que la date de début de grossesse soit avant l’enterrement).

Je te le raconte ici, ça a pris quelques mois (9, pour être précise… hasard ?) et quelques péripéties pour que ce 3ème bébé se fasse une place dans mon ventre. Période parfois dure pour le moral, mais probablement nécessaire pour que ce petit lutin arrive dans les meilleures conditions.

Cette 3ème grossesse, je la démarre encore une fois par un voyage à l’autre bout du monde pour le travail, qui se passe dans de (très) mauvaises conditions. Ça sera mon dernier voyage lointain, je décide de ne plus (trop) bouger. Contrairement aux fois précédentes où je trimballe mon bidon partout et je bosse le plus tard possible, là je n’ai plus envie. Je n’ai qu’une hâte : m’arrêter, arriver au congé mat et poser le PC.

On l’annonce très vite à toutes nos familles. Je ne sais plus exactement quand, mais très tôt. De toute façon, ils savent où on en est, la fausse-couche précédente a été difficile à vivre, on en a parlé. Je l’ai dit tout de suite à mon coach de rugby aussi, on avait match le dimanche et je n’allais pas jouer. Je ne savais pas comment il allait réagir, mais en arrivant à l’entrainement j’ai droit à un câlin un peu ému. Je n’ai pas vraiment fait d’annonce, mais tout le monde a vite compris pourquoi je restais sur la touche. Globalement, ce petit bébé suscite beaucoup d’émotions à l’annonce de son arrivée future.

Au travail non plus je n’ai rien dit, sauf à mes collègues les plus proches (et mon chef quand même). J’ai attendu que ça se voit. Et, 3ème enfant oblige, cette fois, ça se VOIT ! Dès 3 mois j’ai un petit bidon, j’en suis absolument ravie.

C’est une grossesse très suivie, sur les comptes-rendus médicaux la liste des antécédents est longue comme le bras (et assez terrifiante), mais on a une équipe médicale au top : la même Sage-Femme que pour Nino, la même échographe, la même gynéco (même si j’ai du changer à la toute fin). Ma psy est recommandée par la sage-femme, et se trouve être la belle-sœur de la sage femme coordinatrice de la maternité, qui nous reçoit pour voir comment on peut s’assurer que tout se passe au mieux. Je trouve une prof de yoga prénatal, qui donne aussi cours à ma psy et l’échographe. Bref, un drôle d’écosystème super connecté, mais qui nous donne vraiment confiance sur le côté médical. On a des échographies tous les mois, des rendez-vous partout, rien n’est laissé au hasard.

C’est la grossesse la plus facile, médicalement parlant (comprendre : aucune complication, après la pré-éclampsie pour la poupette puis le diabète gestationnel pour Nino). J’ai aussi un « utérus cicatriciel éprouvé » donc on ne m’embête pas avec mes plans d’accouchement voie basse. Et puis ma maternité a mis en place un nouveau parcours : on ne me propose plus une césarienne programmée à 39 semaines, mais un déclenchement à 41. Mais ça, vu le terme de mes accouchements précédents, je ne m’y projette absolument pas. D’ailleurs, y’a une super pleine lune à 38 SA pile poil, pour moi c’est sur, c’est ce jour là que j’accouche.

En revanche, c’est la grossesse la plus dure moralement. Je suis épuisée, dès le jour 1. J’ai à peine un rebond d’énergie au 2ème trimestre et heureusement que je commence mon congé deux mois avant le terme, parce que je ne tiens plus(*). J’ai les mêmes maux de grossesse que les fois précédentes, mais cette fois je le vis mal. Pubalgie, mal de dos, réveils nocturnes (toutes les 40 f*cking minutes), remontées acides. Je suis gonflée comme un petit ballon malgré une tension raisonnable. Sur les dernières semaines, je perds beaucoup en mobilité, je m’en rends compte notamment au yoga – qui me fait le plus grand bien par ailleurs. Et puis le pompom sur la pomponette, c’est que vers 39 semaines (spoiler pour la fameuse super pleine lune), mon canal carpien commence à déconner, je ne peux vraiment plus rien faire, même couper une tranche de pain pour mon petit déjeûner est douloureux. Je n’ai même plus l’énergie de cuisiner, et si tu me connais tu sais que c’est le signe que ça ne va plus du tout. J’ai un ventre énorme aussi, j’adore mais en même temps c’est un poids conséquent. J’ai des contractions tout le temps. Et contrairement à la grossesse de Nino, celles-ci sont douloureuses. Mais ça reste des « fausses » contractions, usantes mais qui ne font pas arriver bébé.

On avait un deal avec bébé : ne pas arriver avant la fin des vacances scolaires. Et, bon joueur, il respecte. On passe des chouettes vacances avec la poupette, on fait plein d’activités, il fait surprenament beau et doux pour une fin octobre. Un jour, dans la voiture, la Poupette me demande comment on va appeler ce bébé, je lui donne trois noms de notre liste un peu au pif, et elle flashe sur l’un d’eux. Du coup on lui donne toute la liste, mais vraiment, c’est ce prénom là. Le Lutin a donc un prénom, le premier de nos bébés à être nommé avant d’arriver !

A la rentrée scolaire, arrive la fameuse pleine lune. J’avais tout misé dessus : rien. C’est un peu dur pour le moral. Je passe en mode « attaque » du coup : je range la maison de fond en comble, je nettoie, je taille les rosiers, je fais du vélo, je fais même les vitres. Mais rien. Par contre, j’ai de moins en moins d’énergie. On arrive à 39 semaines. Puis, 40. On est tous très impatients que bébé arrive. J’ai ordre de fixer un RDV à la maternité à 40SA + 6 jours. Terme qui me paraissait improbable mais… que je vois doucement et sûrement arriver. Je suis au bout du rouleau (je suis moi-même un rouleau !).

Le mode attaque … Velo, rangement et Poupette d’un coup ! Et quand même un chaï dans la tasse, faut pas déconner !

Bon, je vais tuer le suspense: j’ai fini par accoucher. Mais ça, je te le raconterai la prochaine fois ! Après coup, je pense que cette fatigue, c’était notamment de la fatigue émotionnelle. Ma maniere a moi de me préparer a l’arrivée de ce petit lutin, de lui faire une place auprès de la Poupette et de Nino.

A suivre !

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(*) Petites histoires de congé maternité …
– J’ai donc pas vraiment annoncé ma grossesse au travail, j’ai attendu que l’info tourne et que ça se voit. Mon dernier jour au bureau, j’y vais pour dire au revoir à tout le monde. A midi, je croise ma N+2 qui me regarde, me scanne de haut en bas et « mais attend, tu es enceinte ?! T’en es où ? » Ben, je suis en congé ce soir … Je réitère: je suis ENORME à ce stade !
– Le même jour, deux types de mon étage que je ne connais que vaguement me félicitent et là: « bon, tu sais, un congé maternité c’est pas vraiment des vacances ». « ah, c’est un garçon ? Tu vas voir c’est pas de tout repos ! » « faudra faire attention à ton mec, il va travailler lui » Et autres platitudes. Les mecs ont vraiment tenté de me mecspliquer le congé mat. Mon 3ème congé mat. J’ai même pas su quoi répondre.

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