La crise de la quarantaine ?

La crise de la quarantaine ?

Chère lectrice, ça fait bien longtemps que je n’étais pas venue ici te raconter mes petites histoires. Je t’avais laissée sur ta faim ma toute nouvelle belle-mérité et mes questionnements sur mon désir d’enfant et tu te demandes peut-être où j’en suis dans ma vie (et dans ma tête !) aujourd’hui.

être à deux
Crédit photo (creative commons) : LollipopPhotographyUK

L’année qui vient de passer a été un tourbillon de plus ou moins gros ennuis avec quelques périodes de répit. J’ai à mon actif : l’immobilisation du chéri pendant deux mois alors que nous avions emménagé ensemble (tous les 3) depuis quatre semaines ; des problèmes très récurrents d’eau chaude dans notre logement ; une crise d’épilepsie hyper impressionnante de ma belle-fille sur la route des vacances ; un second déménagement-retour chez moi ; l’arrivée concomitante dans l’appartement du dessous d’un nouveau locataire complètement taré qui m’a fait bien peur pendant plusieurs mois ; une grosse crise de couple qui est venue appuyer très douloureusement sur mon gros problème de confiance ; une tendinite récalcitrante, et, rien que sur le mois qui vient de s’écouler, l’hospitalisation de ma maman, la peur de perdre mon chat, l’appartement rêvé pour lequel nous sommes tombés sur les seuls vendeurs qui n’avaient finalement pas réellement envie de vendre !

Tous ces problèmes sont résolus. La santé est revenue, le voisin est parti, la confiance est toujours là, nous avons trouvé un autre appartement encore mieux. Dans ce contexte, j’ai eu peur de ne pas tenir, de refaire une dépression. Je m’écoute beaucoup (peut-être un peu trop ?) et je vois bien que mon anxiété a changé de forme. Au lieu de déclencher des inquiétudes et des ruminations, c’est maintenant mon corps qui a du mal à comprendre que je suis en sécurité. C’est épuisant ce ressenti d’être en danger en permanence, et qu’une catastrophe va arriver. Ma psy me dit que c’est un progrès, en attendant je dois supporter. Il faut dire que ma vie change, pour la première fois je vais réellement m’engager avec quelqu’un, moralement, financièrement… Je constate à quel point jusqu’ici j’ai eu l’habitude de ne compter que sur moi-même. C’était difficile parfois, mais c’était aussi confortable. Je dois maintenant accepter l’incertitude de ne plus être la seule à contrôler mon chemin. Et j’aime bien cette incertitude je crois. C’est pour cela que j’ai choisi cette image de couple avec ses valises pour illustrer mon article.

Je me rends compte qu’à mon âge, certains aspects de ma vie vont devenir définitifs ou presque. Concernant mon désir d’enfant, il ne me semble pas assez fort aujourd’hui pour surmonter toutes les contraintes que ma situation engendre. J’essaie toujours de démêler toutes les injonctions sociétales dans lesquelles j’ai été baignée depuis toute petite, la peur de ne bientôt plus avoir le choix et de regretter, la quête d’un sens et la réelle envie. Malheureusement, à mon âge, on n’a pas beaucoup de modèles de femmes plus âgées qui n’ont pas d’enfant par choix. J’ai une amie qui a la soixantaine et qui m’a dit que ça ne lui manquait pas, mais que par contre elle aurait aimé avoir un compagnon de vie. De plus en plus souvent, je pense à toutes les alternatives qu’une vie sans enfant me permettra et cette perspective me soulage quelque part. Au contraire, quand j’essaie d’imaginer ma vie avec un enfant, ce sont plutôt des angoisses qui arrivent, même si la peur de regretter de ne pas en avoir eu est encore très présente.

De manière générale, ce sentiment d’être à un tournant de ma vie dans tous les domaines contribue fortement à mon anxiété. J’ai peur de regretter mes choix, de m’engager dans une vie qui ne me correspond pas. J’ai peur de ne pas assez profiter des bons moments, je vois mes parents vieillir et je sais que je devrai continuer ma vie sans eux dans un futur plus ou moins proche. Évidemment cela me renvoie à ma propre vieillesse à venir, probablement sans enfant. Étonnamment, je ne l’imagine qu’en solitaire, jamais avec mon conjoint ou ma belle-fille avec qui j’ai pourtant un lien assez fort pour l’instant. Comme si j’avais inscrit quelque part que le positif ne pouvait pas durer. Je trouve cette période actuelle de ma vie difficile, mais je constate quand même que je me comprends bien mieux qu’avant et cela me donne de l’espoir. J’ai déjà mis en place beaucoup de pierres pour m’assurer un chemin serein et heureux. J’essaie juste maintenant d’accepter que la vie n’est qu’une vaste succession d’incertitudes que le contrôle permanent ne fait que rendre plus douloureuses. De toute façon, comme me l’a dit il y a quelques jours une de mes amies très optimiste « dans tous les cas, ça finira mal ». Allez, on repart pour 40 ans ?

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