Bribes d’été – Nos vacances d’enfants #1

Bribes d’été – Nos vacances d’enfants #1

Cet été, avec les Bribelettes, on t’emmène en vacances… autrement.

On a eu envie de remonter le fil de nos étés — de nos vacances d’enfance pleines de sable et de liberté, à celles de nos années ado un peu foutraques, jusqu’à nos escapades d’aujourd’hui, en couple ou en famille, souvent plus organisées… mais tout aussi précieuses. On t’embarque aussi dans nos envies d’ailleurs un peu différentes : ralentir, changer de rythme, repenser notre façon de partir — ou même de ne pas partir… Au fil des articles, on partagera avec toi nos coups de cœur aux quatre coins de la France, entre restos qu’on n’oublie pas, visites improbables qui nous ont marquées, et recettes d’été qui sentent bon les vacances, même à la maison.

Bref, un été à notre façon… et on espère un peu à la tienne aussi.

***

Et aujourd’hui, pour notre premier article de la série, on remonte le temps à la recherche de nos vacances d’enfance. Mme Espoir, Albertine et Léopoldine viennent partager avec toi quelques-uns de leurs souvenirs les plus mémorables !

Les cabines de Cayeux-sur-Mer – Photo personnelle prise par le papa d’Albertine

Les vacances d’enfance de Mme Espoir

J’ai la chance incroyable d’avoir eu de fabuleuses vacances étant enfant.

Bien que n’ayant pas forcément beaucoup de moyens (mère au foyer, 3 enfants), mes parents avaient des points de chute sympathiques grâce à un oncle baroudeur pouvant nous accueillir dans ses beaux appartements et des logements très accessibles via le travail de mon père. Nous avons été plusieurs fois en Andalousie (vue sur la mer de l’appartement), au Portugal, à Perpignan, à La Rochelle (appartement donnant sur la promenade du port)…

Et même quand mon père travaillait, les vacances étaient merveilleuses car nous habitions en Corse. En semaine, ma mère nous embarquait avec ses copines mamans et nous passions nos après-midis avec nos copains en bord de rivière. Les week-ends nous allions à la plage, et nous y passions des journées entières.

Comme nous vivions loin de nos familles, nous ne revenions qu’une fois par an (la traversée en bateau coûtait cher !). Je nous revois, serrés à 3 dans la petite voiture, encombrée de valises et de cadeaux pour la famille (une fois nous sommes revenus avec un oranger et un citronnier, autant dire que le voyage était inconfortable !). Mes trajets préférés restaient cependant ceux de nuit, dans cette ambiance si particulière.

C’était alors 3 semaines complètes chez mes grands-parents, qui étaient agriculteurs. C’était là encore assez idyllique même s’il n’y avait objectivement rien d’extraordinaire : des grasses matinées, des journées à aller chercher les œufs des poules, à nourrir les cochons, à jouer avec les chiens, à voir passer les vaches, à descendre au petit cours d’eau pour se baigner ou pêcher, à construire des châteaux dans les bottes de paille (malgré l’interdiction d’y jouer), à monter sur le tracteur… La ferme de mes grands-parents est très grande, et c’est un terrain de jeux idéal pour des enfants : mon frère et ma soeur, ma tante qui a le même âge que moi, et mes cousines quand elles venaient nous voir. Aujourd’hui, quand je vois la ferme abandonnée et si vide, j’ai un pincement au cœur.

Je ne m’en rendais pas compte à l’époque, mais des vacances aussi belles étaient un vrai cadeau dont je garde un souvenir ému.

Les vacances d’enfance d’Albertine

Je garde d’excellents souvenirs de mes vacances d’enfant.

Durant le mois de juillet, nous partions, avec mon petit frère, direction la baie de Somme où mon arrière-grand-mère maternelle avait une maison de vacances. Ce sont nos grands-parents paternels, déjà à la retraite, qui faisaient la route depuis la Savoie pour s’occuper de nous et profiter de l’air marin. Ma maman, institutrice, nous déposait au début de l’été, retournait ranger sa classe quelques jours, puis revenait passer le reste du mois avec nous. Mon papa, qui travaillait, nous rejoignait le week-end.

La maison familiale était à quelques pas de la plage. Je me revois perchée sur le meuble de la salle de bains pour apercevoir, au bout de la rue, la mer. Je me souviens très bien de la maison : le meuble de la salle à manger, où trônait le téléphone fixe et où étaient rangés le Mille Bornes et le Scrabble ; le petit salon avec la télé où nous avons vu la finale de la Coupe du monde 1998 ; la cuisine et son placard où étaient rangés les bols bretons (pourquoi bretons alors que nous étions en plein cœur de la Picardie ? Mystère familial…). La règle était qu’il fallait venir trois fois dans la maison pour avoir droit à son bol. Le placard était donc rempli de bols aux prénoms variés de cousins que nous ne connaissions pas !

À l’étage, il y avait les chambres, dont celle avec les lits superposés où nous dormions avec mon frère, la mini-salle de bains tout en longueur, les WC et la collection de Picsou de mon oncle, dont certains exemplaires dataient d’avant ma naissance…

Avec mes grands-parents paternels, les journées s’écoulaient doucement au rythme de leurs petits rituels. En début d’après-midi, je regardais Les feux de l’amour avec ma mamie et, dès que le générique de fin arrivait, je courais réveiller mon papi. Nous partions alors tous les quatre à la plage. Si c’était marée basse, direction le sable pour construire des barrages et des châteaux et tremper nos pieds dans l’eau, sans trop nous éloigner car ma mamie ne savait pas nager. Si c’était marée haute, nous restions devant notre cabine, louée pour la saison, où nous stockions tous nos jouets.

Nous passions des heures sur les planches et les galets à lire, jouer et faire voler nos cerfs-volants sous l’œil attentif de ma mamie, qui faisait ses mots croisés. Chaque année, un concours de dessins à la craie était organisé par le syndicat d’initiative et j’allais m’y inscrire avec mon papi. Quelques jours avant, nous commencions à réfléchir au dessin que j’allais réaliser et je me souviens, une année, avoir gagné le premier prix grâce à une magnifique création sur le thème de la montagne en été.

Le week-end, mes parents étaient là. Les journées à la plage restaient les mêmes mais, quand la mer était haute (et si le drapeau était vert, bien sûr), j’allais me baigner avec ma maman dans une énorme bouée. En fin d’après-midi, nous rentrions par les planches pour faire un détour chez le marchand de glaces et une session de mini-voitures. Le dimanche, nous allions au marché acheter le battu, une sorte de grosse brioche, spécialité de la région.

Je me souviens par cœur des rues du centre-ville : la chapelle des Marins, où mon papi passait déposer un cierge ; la maison de la presse, où mon papa m’achetait Astrapi ou Julie ; le grand bazar, où l’on trouvait tout et n’importe quoi ; la crêperie ; la bibliothèque, où nous pouvions nous inscrire pour l’été ; la poissonnerie, où nous achetions les soles et le calamar que ma maman nous cuisinait une fois rentrés à la maison.

De temps en temps, nous partions nous promener, direction Saint-Valery pour faire un tour en train à vapeur, visiter pour la treizième fois l’écomusée, faire une partie de mini-golf ou nous balader le long de l’estuaire. D’autres fois, nous allions voir le phare du Hourdel ou nous promener du côté du Bois-de-Cise.

Et puis, quand j’ai eu 14 ans, mon arrière-grand-mère est décédée et mon grand-père a choisi de vendre la maison, à notre grande déception. Adolescente, je m’imaginais déjà venir y passer mes premières vacances en solo avec mes copines.

Je n’y suis pas beaucoup retournée depuis ; à chaque visite les rues m’ont paru plus petites qu’autrefois et certains lieux avaient changé, mais les souvenirs eux étaient bien là. Ma mère nous tanne souvent pour y retourner tous ensemble avec les enfants, elle qui y a passé ses propres vacances avant nous. La maison est toujours là, à l’angle de la rue, repeinte en bleu. Et même si elle ne nous appartient plus, elle restera toujours la maison des mes vacances…

Photo personnelle de ma Mamie et moi prise par mon Papy
Les mêmes cabines – 50 ans plus tôt – Mon grand-père et ses cousins sous l’oeil de mon arrière arrière grand-mère (qui n’avait pas l’air d’être une grosse fêtarde…)

Les vacances d’enfance de Léopoldine

Mes Grand-parents ont toujours été présents dans nos vies et pour les vacances, en attendant que nos parents puissent avoir leurs congés, nous partions, ma soeur, ma cousine et moi avec eux en vacances dans leur résidence secondaire.

Tant de souvenirs : du voyage aux moments ensemble sur place.

Pour les trajets, ma Grand-mère préparait toujours un pique-nique. Nous partions vers 8h dans leur Peugeot à l’odeur si particulière (ça c’est plutôt un traumatisme ahah). Nos ventres criaient famine relativement tôt et ma Grand-mère finissait toujours pas obliger mon Grand-père à nous arrêter.

A manger, il y avait toujours des oeufs durs que mon Grand-père cassait sur nos têtes.

Puis nous repartions, non sans nous être défoulées avant.

Sur place, étant l’ainée, j’inventais toujours des jeux pour ma soeur et ma cousine.

Si mon Grand-père écrivait cette chronique, il vous raconterait qu’un jour, en balade avec lui, je me suis rebellée et que j’ai dit à ma soeur et ma cousine de ne plus avancer. Il ne savait pas comment vaincre ce coup d’état de ma part. J’ai aussi proposé à mes benjamines de mettre les petits cailloux qu’il y avait par terre, dans nos poches, pour pouvoir faire un jeu avec quand nous serions rentrés. Des petits cailloux ? Non non des crottes de bique. Mon Grand-père a réalisé ce que j’avais fait que lorsque nous sommes arrivés à la maison.

Nous comptions aussi les dodos jusqu’au retour de nos parents. Les grands dodos pour les nuits et les petits dodos pour les siestes quand nous en faisions encore.

Tant de souvenirs que ces vacances ! Des spectacles que nous inventions aux jeux divers tels que le jeu des princesses Disney ou celui de la Mélodie du bonheur (on refaisait les scènes du film que nous connaissions par coeur) en passant par les histoires du soir, racontées par mon Grand-père.

Je mesure la chance d’avoir eu d’aussi chouettes Grand-parents !

Et toi, gardes-tu des souvenirs de tes vacances d’enfant ?

2 commentaires sur “Bribes d’été – Nos vacances d’enfants #1”

  1. Mes vacances d’enfant, que de beaux souvenirs ! Nous sommes partis pendant 18 ans dans la même location, au bord de la méditérrannée. 18 ans de balades sur le port, jeux avec les enfants de la résidence, plongeon dans la mer, grasse matinée, quelques excursions et beaucoup de lectures, tests de personnalités sur la plage…

    Un des bons souvenirs que j’avais c’est que tous les premiers jours de vacances, nous allions acheter un bateau gonflable avec lequel nous jouions toutes les vacances. Nous grimpions souvent à 6 dedans alors que c’était prévu pour une ou deux personnes. Bizarrement, il ne tenait jamais l’été entier. Qu’est ce qu’on a pu s’amuser.

    La première année où nous sommes partis autre part avec mes parents, j’ai rencontré mon mari en vacances !

    J’aime

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire. C’est vraiment émouvant de se remémorer tous nos souvenirs ! Je trouve ça super chouette de partir longtemps au même endroit, ça fait des souvenirs vraiment ancrés ! J’adore ton anecdote du bateau et quelle belle histoire aussi la rencontre avec ton mari 🙂

      J’aime

Laisser un commentaire