Bribes d’été – Nos vacances d’enfants #2
Cet été, avec les Bribelettes, on t’emmène en vacances… autrement.
On a eu envie de remonter le fil de nos étés — de nos vacances d’enfance pleines de sable et de liberté, à celles de nos années ado un peu foutraques, jusqu’à nos escapades d’aujourd’hui, en couple ou en famille, souvent plus organisées… mais tout aussi précieuses. On t’embarque aussi dans nos envies d’ailleurs un peu différentes : ralentir, changer de rythme, repenser notre façon de partir — ou même de ne pas partir… Au fil des articles, on partagera avec toi nos coups de cœur aux quatre coins de la France, entre restos qu’on n’oublie pas, visites improbables qui nous ont marquées, et recettes d’été qui sentent bon les vacances, même à la maison.
Bref, un été à notre façon… et on espère un peu à la tienne aussi.
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Pour ce deuxième article sur nos vacances d’enfants, ce sont Chaperon Rouge et Mélinda qui viennent partager avec toi leurs souvenirs, entre maison familiale dans le Finistère et colonies de vacances à la montagne !

Les vacances d’enfance de Chaperon Rouge
Quand ma maman était petite, elle passait ses vacances d’été à Douarnenez, dans le Finistère, un camping en face d’une plage. Elle a grandi là, s’est fait des copains. Puis ma mamie a pu faire construire une maison toujours là, plus haut dans la ville. Ma maman a continué à faire la fête avec ces gens, et à aimer ce coin de Finistère. Puis elle s’est mariée. Puis elle a eu des enfants. Qu’elle a emmenés, tous les étés, à Douarnenez !
Alors voilà, mes vacances d’enfance, j’en ai eu plein et de toutes sortes, mais mon fil rouge, c’est cette maison de vacances. Ma mamie quittait sa résidence en Normandie pour se rendre à Douarnenez dès la fin juin. Elle ouvrait les vannes, aérait les chambres, faisait les lits. Le dortoir accueillait 4 à 5 enfants (3 lits simples, un double), en face à l’étage il y avait une chambre avec un lit double et une banquette / lit simple, et une minuscule salle de bain.
Au rez de chaussée, deux chambres doubles (dont celle de ma mamie), et une grande pièce de vie qui faisait cuisine / salon / salle à manger, et ouvrait sur le couloir des toilettes, la salle de bain et les deux chambres. Il y avait aussi un énorme garage qui contenait tout le bordel nécessaire à accueillir une famille nombreuse en vacances à la mer (canots gonflables, bouées, épuisettes, cannes à pêche… mais aussi stérilisateur grand format, car le mois de septembre accueillait « les Thonneries », où ma mamie recevait ses 11 frères et soeurs pour faire des conserves de thon maison).
C’était une petite bicoque, un peu étriquée. Elle avait l’avantage d’avoir une grande terrasse où on faisait le max de repas, question de place, et un jardin superbe permettant d’accueillir les nombreuses voitures ! Eh oui ma mamie a eu 4 enfants, dont 3 qui ont à leur tour eu 3 enfants.. Bref, on était rarement moins de 10 là-dedans !
Mes plus chouettes souvenirs, c’était au début d’adolescence : mes cousins, plus âgés, étaient au lycée, et débarquaient avec leurs potes, leurs tentes, montaient le camp dans le jardin, et passaient la journée à faire du diabolo, bâton du diable et monocycle dans le jardin ! On sortait les matelas, et on bouquinait des BD qu’on connaissait par coeur, au soleil. On allait pêcher, la nuit, des étrilles à la balancelle. On rentrait à minuit, on se coulait sous nos couettes, et mon papa cuisait tout ça. Le lendemain, on posait tous ensemble, pêcheurs et proies, tout rangé dans la caisse avec le score du moment.
Quand on allait à la mer, on y passait l’aprèm, on mangeait des BN à la fraise qui croquaient car le sable collait à la confiture, et en rentrant, on devait tous se dessabler dans la grosse bassine d’eau, que mamie faisait chauffer au soleil pour notre retour. Elle nous répétait à l’envie « y a pas de tout à l’égout, frottez ou vous aller boucher la douche ! »

On avait nos habitudes : Locronan nous accueillait une journée pleine, pour flâner dans ses rues un peu médiévales, féériques. On salivait devant les petites figurines de korrigans qui habillaient les vitrines, on trainait dans les boutiques des créatrices de vêtements, un peu décalées. On allait à Quimper, manger des crêpes chez Fanch’, un copain d’enfance de ma maman. On allait au Fest Noz, écouter des chants de Marins, on suivait la fête de la voile, il pleuvait surement, oui, mais ces vacances sentent encore pour moi la famille, le soleil, le sel. Et les spécialités culinaires de ma mamie, qu’on forçait à s’asseoir, lire, prendre son temps. On faisait la vaisselle en chantant Tryo, et à la fin, on avait droit de manger une dragée.
Ma mamie a vieilli, elle a vendu sa maison (au désespoir de ma maman qui y était très attachée), on a continué à aller à Douarnenez retrouver les copains, mais c’était plus pareil. Une partie de mon enfance s’est fermée avec la vente de cette maison, et je suis triste de me dire que mes enfants ne vivront pas ces vacances non plus.
Mon papa continue à être préposé à la plonge en vacances. Les cousins chantent toujours Tryo. Ils ont encore cet attachement étonnant pour l’odeur des crêpes des halles. Ma fille fait du monocycle, mon mari pêche dès qu’il le peut, et les vacances de nos enfants aussi, se font à la mer, chez Papy Mamie, un peu plus bas que le Finistère… J’espère qu’ils en auront autant de souvenirs, joyeux, colorés, qui font monter les larmes quand on y pense plus tard !!
Les colonies de Mélinda
Quand j’essaie de me rappeler de mes vacances d’été, il y a d’abord les semaines passées avec mon frère chez l’une de mes tantes qui me reviennent. Elle habitait un bout de campagne perdu dans le Lot, une grande maison toute en recoins avec plein d’activités autour. Dans le désordre, il y avait les livres de la Bibliothèque Verte, la ferme de mémé Margot, où nous allions ramasser les œufs, sauter dans les bottes de foin, attraper les lapins par les oreilles et approcher les vaches, les balades en forêt, dans les fougères plus hautes que nous ou au milieu des champs de maïs, les descentes en skate board sur une petite route caillouteuse un peu trop pentue, et Twinnie la chienne si joueuse, avec laquelle nous allions nous perdre dans les bois alentours.
Des souvenirs d’enfance avec lesquels nous avons grandi et auxquels nous revenions avec bonheur. Un peu plus tard, il y a eu un cheval à la maison avec lequel nous avons pu jouer aux dresseurs. L’automne, c’était le temps de la cueillette des girolles et le ramassage des châtaignes. Je réalise la chance que nous avons eu de connaître cet environnement si différent de notre quotidien.
Mais encore un cran au-dessus des vacances chez tatie Julienne, se trouvent les colonies de vacances.
Une fois mes parents divorcés, il a fallu nous occuper durant les grandes vacances. La première colonie a eu lieu au Collet d’Allevard, dans les Alpes. J’avais 8 ans, mon petit frère 6. Nous avions des cartes à puce pour téléphoner à nos parents, quelques sous pour acheter un souvenir de vacances et l’impression d’être des grands, surtout moi qui me sentait responsable de mon frère. C’est là que j’ai fait ma première rando, ma première tyrolienne, j’ai découvert que j’aimais l’escalade et le tir à l’arc. Après cela, je feuilletais les catalogues d’offres de colonies avec des étoiles dans les yeux, ayant envie de tout tester.
Je crois en avoir fait 5, à la montagne ou dans des centres d’équitation (c’était ma passion). À chaque fois, on se faisait des amis pour la vie qu’on oubliait une fois la rentrée des classes passée. Ne restaient que les photos prises à l’appareil jetable, et des petits mots de partout. J’ai aussi eu mes premiers amoureux là bas, des émois incroyables durant les booms et ma première lettre d’amour de la part d’un petit garçon de 9 ans qui n’avait pas osé se déclarer avant son départ et m’avait laissé ce souvenir (Frédéric de Marseille, elle est encore dans mes affaires, c’était trop chou !). J’ai appris à me surpasser et notamment à gérer mon vertige au travers des multiples activités que j’ai pu découvrir au fil des colonies : accrobranche, rappel, rafting, hydrospeed, ou encore en faisant des compétitions d’équitation d’un niveau plus élevé que d’habitude… À la dernière, j’avais 16 ans, je venais de passer le bac de français et je suis devenue un peu la cheffe de clan, encore une expérience inhabituelle. Durant le même été, ma meilleure amie a fait sa seule et unique colo, suivant mon conseil, et elle a a-do-ré.
Aujourd’hui, j’essaie de convaincre mes enfants de se lancer, mais ils ont un peu peur et préfèrent rester avec nous. Je compte bien leur reproposer jusqu’à ce qu’ils aient envie de découvrir à leur tour les colonies de vacances !
Et toi ? Quels souvenirs as-tu gardés de tes vacances d’enfants ?


Merci pour ces beaux souvenirs !
Pirlouit est parti pour sa première colo ce matin, j’espère qu’il va avoir d’aussi beaux souvenirs que Mélinda !
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Le récit de Chaperon rouge me parle beaucoup. J ai beaucoup déménagé enfant et je n ai donc pas de maison dans laquelle j ai grandi et où je peux retourner et retrouver mes souvenirs. Par contre j’ai un chalet appartenant à mes grands parents à la montagne qui m’a connue toute mon enfance et surtout un village grec où nous allions voir ma famille paternelle. Nous partions en voiture, nous traversions l Italie pour prendre le bateau et arriver en Grèce au petit matin. Chaque fois que je retourne là bas je ressens une sérénité que je ne retrouve nulle part ailleurs. Il y a la plage à l eau toujours aussi chaude. Il y avait les pastèques, les yaourts grecs, les gateaux à la cannelle le matin, les couchers de soleil sur la mer, les.jeux avec mes cousins et plus tard les nuits sous la tente dans le jardin de la maison que ma grand mère avait fait construire. C’est quelque chose que j ai très envie de transmettre à mes enfants, mais je ne sais pas combien de temps nous pourrons garder cette maison car ce sont mes parents qui l’entretiennent et qu ils vieillissent. L idée de la vendre me serait très difficile même si malheureusement je pense que cela arrivera un jour.
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