J’ai surmonté ma peur de conduire

J’ai surmonté ma peur de conduire

Comme tu as déjà pu le lire, je suis une personne assez anxieuse de nature, et je suis facilement dépassée par mes peurs et mes pensées limitantes que j’essaie de vaincre au fur et à mesure des années (et que c’est dur !).

Parmi ces peurs, il y en a une avec laquelle j’ai vécu pendant longtemps, et que j’ai (enfin) réussi à surmonter ces derniers mois : l’amaxophobie ou peur de conduire.

Au volant
Crédit photo : Pexels

Comment ma peur de conduire se manifestait ?

Je vais commencer en étant plus précise : il ne s’agissait pas de terreur à l’idée de conduire, par exemple à cause d’un traumatisme, qui là aurait sûrement nécessité une aide thérapeutique.

Mon problème, c’est surtout que je ne m’en pensais pas capable.

Je te fais un bref historique familial : mes parents conduisent tous les deux, mais autant mon père est hyper à l’aise sur la route (pour lui conduire est très naturel et il ne comprend pas que ça puisse ne pas être le cas pour tous), autant ma mère déteste conduire et ne le fait que par obligation (en essayant d’aller le moins loin possible, d’ailleurs c’est le cas même si quelqu’un d’autre conduit !). J’ai grandi avec ça, et avec la croyance (qui venait de moi, ou des autres je ne sais pas) que quand ça serait mon tour d’apprendre, ce serait difficile. Et (bien sûr), ça a été le cas. Quand j’ai appris à conduire en auto-école, j’ai eu un moniteur qui n’était pas du tout patient avec moi, et qui m’engueulait dès que je faisais une bêtise. Il voulait même faire venir mes parents dans la voiture pendant une leçon ! Résultat : j’ai eu un nombre incalculable d’heures de conduite, et j’ai eu le permis au bout de la troisième fois en ayant le sentiment de ne pas le mériter (et ça a été mon plus gros problème par la suite).

Après cela, j’ai commencé à conduire avec mon père (qui est la personne la moins patiente du monde après 1/ moi et 2/ mon moniteur d’auto-école) et comme prévu ça ne s’est pas bien passé. Je pense qu’il était plutôt énervé des manquements dans mon apprentissage, mais je m’en sentais de ce fait responsable alors que c’était l’auto-école qui l’était.

À l’époque, je n’avais pas « besoin » de conduire et de toutes façons je n’avais pas les moyens d’avoir une voiture à moi. J’allais à la fac en transports en communs, et pour les sorties je m’arrangeais avec mes amis (en sachant que de toute façon, je n’avais pas beaucoup le droit de sortir).

Ensuite, j’ai continué mes études dans une plus grande ville, où l’offre de transports en commun était très développée. En plus, j’ai eu la chance de rencontrer des amis qui avaient presque tous une voiture et me raccompagnaient gentiment chez moi quand on sortait tard. J’ai donc mis ça de côté, je m’en sortais bien mieux comme ça qu’avec les soucis inhérents à une voiture, et je ne me posais même pas la question ! Des fois c’était un peu pénible, car je devais renoncer à des choses, ou calculer, ou bien attendre que la personne avec qui j’étais venue veuille partir pour quitter la soirée moi aussi. Mais ça ne m’a pas traversé l’esprit que je pourrais être indépendante. Je préférais m’acheter les choses qui me faisaient envie que d’économiser pour acheter une voiture et payer les différents postes qui accompagnent cet achat.

Pendant cette période, j’ai reconduit quelques fois, avec des gens expérimentés. À chaque fois, ça s’est mal passé, j’avais perdu le peu d’acquis que j’avais eus en apprenant en auto-école. De ce fait, ça m’a encore plus confortée dans l’idée que conduire, ça n’était pas pour moi.

Ensuite, j’ai habité à l’étranger où la question s’est encore moins posée. Puis je suis revenue en France, et là j’ai occupé pendant quelques mois un emploi qui aurait nécessité des déplacements une fois ma période de formation terminée. Comme je n’avais pas le choix, j’ai repris à ce moment-là des heures de conduite. Cette fois-là, ça s’est beaucoup mieux passé ! Mon moniteur était très patient et a très vite compris mes problèmes. Il m’a redonné un peu confiance en m’expliquant doucement à chaque fois que je faisais quelque chose qui n’était pas correct. Ça m’a beaucoup aidée !

Malheureusement (ou pas), j’ai quitté l’emploi que j’occupais et je suis retournée m’installer dans une grande ville. Je n’ai donc pas eu l’occasion de mettre en pratique mes nouveaux acquis, même si j’ai conduit quelques fois avec mon père et qu’il a lui-même reconnu que j’avais beaucoup progressé.

Je me suis réinstallée dans ma routine transport en commun/compter sur les autres et ça me convenait très bien. Le pire, c’est que j’avais une place de parking avec mon appartement et j’avais envisagé d’acheter une voiture en m’y installant, mais je me suis rendu compte assez vite que financièrement ce serait un peu juste et donc je me suis dit que ça n’en valait pas la peine.

Avec le temps, mes amis ont vieilli aussi et ont commencé à s’éloigner un peu de la ville. Moi j’ai rencontré mon conjoint qui avait une voiture et qui adorait conduire. Je me suis donc laissée porter pendant des années, ce qui me convenait très bien. Le seul problème, c’est quand je voulais aller quelque part et lui ne pouvait ou ne voulait pas. Mais ça arrivait peu et je trouvais quand même des solutions. Et puis nous avons discuté de nous éloigner de la ville et là, la question d’avoir une voiture mais surtout de reprendre la conduite s’est posée beaucoup plus sérieusement.

Comment je me suis (re)mise à la conduite ?

Au fur et à mesure que la vie avançait, je me suis rendu compte que je ne pourrai pas faire toute ma vie sans conduire. Je savais qu’à un moment, je n’allais pas pouvoir l’éviter, mais je reportais toujours ça à plus tard. L’idée a fait son chemin tranquillement pendant des années avec plusieurs petits caps, notamment quand mes parents ont acheté une voiture avec boîte de vitesses automatique et que je me suis rendu compte que c’était beaucoup plus facile à conduire. De même, quand nous avons parlé sérieusement de nous installer plus loin de la ville avec mon conjoint, l’idée a continué à faire son chemin dans mon esprit. Enfin, ces derniers mois, sa voiture devenait vieillissante et j’avais moi-même un peu d’argent de côté, j’ai donc franchi un dernier cap en commençant à regarder sérieusement pour acheter une voiture.

Il y a plusieurs mois, nous avons décidé de nous séparer et ça s’est fait de manière assez expéditive. Concernant la conduite, ça a été le déclic qui me manquait, je n’avais plus le choix si je voulais continuer à aller n’importe où et n’importe quand.

Sans trop réfléchir (et pourtant ça ne m’arrive pas souvent !), j’ai sauté le pas et j’ai acheté une voiture (je devrais dire plutôt : mon père m’a acheté une voiture car je n’y connaissais rien !). Plus que l’angoisse de la (grosse) dépense, quand je l’ai eue (merci le garage de l’avoir livrée chez moi), j’ai eu de grosses bouffées de stress (mais qu’est-ce que j’ai fait comme connerie !).

Mais comme elle était là, je n’avais pas le choix ! Pendant quelques jours, je me suis imaginée la laissant dans mon parking en me demandant au bout de combien de temps elle allait s’user. Et puis je me suis dit que ce serait bête quand même, il n’y avait pas de raison que les autres y arrivent et pas moi ! Les premières fois, j’ai eu la chance d’être accompagnée d’amis bienveillants qui m’ont aidée à prendre confiance (car conduire directement dans une grande ville, ça n’est pas évident !). Surtout, je me suis facilité la vie en achetant une voiture avec boîte de vitesses automatique. C’était un peu plus cher, mais quel confort pour quelqu’un comme moi qui dois prendre confiance pour savoir regarder partout/avoir les bons réflexes/trouver son chemin, de ne pas devoir réfléchir au passage des vitesses, et surtout de ne pas utiliser d’embrayage ! J’ai conscience que quand on a l’habitude de conduire, ça peut être assez perturbant, mais quand on débute, c’est un réel plus de se concentrer uniquement sur la route et de garder ses deux mains sur le volant en tous temps.

Les premières fois, je tremblais comme une feuille, et je me disais que je n’allais jamais y arriver. Je n’ai pas de recette miracle, mais j’ai avancé à coups de petites victoires. La première sortie, la première manœuvre, la première fois seule, la première fois sur l’autoroute, la première « longue » route, la première fois sur un trajet que je ne connaissais pas… Tout ça s’est fait sur quelques semaines, et après toutes ces années d’appréhension, je trouve ça très rapide. Être passager pendant longtemps m’a quand même bien aidée sans que j’en aie conscience, à me rendre compte des distances, des trajets, des choses auxquelles il faut être attentif. J’ai encore quelques limites : je n’ai pas l’habitude de conduire de nuit, ni de me garer sur des places un peu difficiles. Mais je pense que ça viendra avec le temps. Je pense que j’ai fait le plus dur ! Ça me paraît encore un peu fou alors que c’est très naturel pour la plupart des gens, mais je suis maintenant capable d’aller exactement où je veux par mes propres moyens.

Cela ne m’arrive pas souvent, mais je suis plutôt fière de moi ! Et surtout, ça me donne l’élan pour accomplir d’autres choses et dépasser d’autres pensées limitantes, car je sais maintenant que je suis capable de résoudre de gros blocages. Ça n’a l’air de rien, mais je pense que ça va être d’une grande aide pour mener ma vie future et enfin réussir à dépasser toutes ces pensées et peurs qui me gâchent la vie.

27 commentaires sur “J’ai surmonté ma peur de conduire

  1. Bravo à toi ! Il est vrai que conduire semble facile et naturel pour beaucoup de gens étant donné que c’est devenu un geste quotidien, mais ils ne se rendent pas compte que ça peut être très flippant pour d’autres…
    N’empêche qu’avoir une voiture c’est l’indépendance, la liberté !

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  2. Je te comprends complètement, j’ai à peu près le même parcours ! Ce qui m’a fait conduire pour de bon c’est de devoir le faire pour le travail, ça m’a forcée à aller n’importe où, faire des manœuvres (ma dernière limite : les créneaux ; c’est une grosse voiture et j’ai déjà plus réussi depuis mes cours d’auto-école avec une petite donc j’ose pas, mais comme elle a de bons rétros où on voit le bord du trottoir et la roue, je devrais y arriver si je m’entrainais je suppose…), et rendue presque à l’aise la plupart du temps. Par contre je ne suis pas très fan des automatiques (celle du travail est manuelle, la notre avec mon mari est automatique), je suis d’accord que ça fait une chose de moins à penser mais paradoxalement des fois ça me stresse qu’elle change elle-même les vitesses à un moment où je l’aurais pas forcément fait, j’ai l’impression de pas toujours comprendre ce qui se passe, contrairement à une manuelle (c’est sûrement moi qui ai tort hein, mais ça me perturbe !). Mais en effet, ça facilite au moins les manoeuvres !
    Par contre, la seule chose que j’arrive pas à dépasser, c’est que j’ai toujours hyper peur d’avoir un accident. Du coup au moins je fais super attention mais on n’est jamais à l’abri :s
    Bon, je me console en me disant que peut-être dans 30 ans plus personne ne conduira donc tout ça sera un vieux souvenir (plus ou moins bon) !

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    1. Pareil que toi pour les créneaux ! Je me gare dans un parking collectif mais j’ai eu un grand moment de solitude quand la porte ne s’est pas ouverte à cause du gel et que j’ai dû trouver une place dans la rue… C’est drôle qu’on ait un sentiment opposé par rapport à la boîte de vitesses, c’est que pour toi ce n’était pas le problème majeur. Moi je ne fais même pas attention au passage de vitesses, quand je roule entre 40 et 70 on va dire je suis incapable de dire si elle est en 3ème ou 4ème ou en 4ème ou 5ème. Et ne pas caler en démarrant c’est très appréciable aussi 🙂 Pour l’accident j’ai peur aussi surtout de renverser quelqu’un ! Je suis finalement plus à l’aise sur l’autoroute que en ville pour l’instant.

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      1. Haha, je comprends tellement, avant notre voiture était aussi dans un parking souterrain, mais maintenant on la met en ville et comme il y a peut-être 10 places en épi et que toutes les autres sont en créneau, je ne la prends jamais seule parce que j’arriverais jamais à la remettre (en plus suivant l’heure, c’est la guerre pour trouver une place, et le créneau avec quelqu’un derrière c’est pas possible pour moi) !
        Pour les vitesses, je suis pas capable de dire non plus, mais ça arrive que des fois elle mette un peu de temps à réagir, genre tu appuies sur la pédale et elle accélère pas aussi vite que si toi tu avais changé la vitesse, c’est juste ça. Après, j’ai appris à conduire dans une ville en pente, donc je suis au moins rodée sur les démarrages ‘:D !

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  3. Bravo à toi ! Comme toi j’ai peur de conduire (et je crois que ça ne me lâchera jamais). J’ai raté mon permis 4 fois et j’ai eu une monitrice détestable ;-). Aujourd’hui, je conduis au quotidien (campagne oblige) une grosse voiture avec boîte automatique. J’ai pris de l’assurance et je prends parfois presque du plaisir à conduire mais j’ai toujours peur de l’accident (et surtout avec les enfants)

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    1. J’ai l’impression que la grosse voiture rend plus confiant ! Parfois, je me dis que c’est quand je n’aurai plus peur que je risque de faire des grosses bêtises. On verra…

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  4. J’ai connu aussi la peur de conduire. En même temps entre « les femmes conduisent mal » et « les noirs ne savent pas conduire », ça laisse encore moins de marge à la femme noire que je suis ! 😉
    Je suis persuadée que toutes ses croyances populaires nourrissent à fond nos peurs limitantes… Merci le patriarcat de décider que c’est quand même mieux si une femme dépend de son mari d’une manière ou d’une autre.
    Depuis, un boulot loin de chez moi m’a obligée à conduire 3h/jour pendant 3 ans et j’ai pris de l’assurance et conduire est devenu automatique. Parfois j’ai quand même tendance à me reposer sur mon mari pour les trajets communs mais il me rappelle à l’ordre (il a aussi le droit de se faire conduire), et on tend vers un partage équitable. Ok je n’aime pas conduire la nuit ou en montagne mais en fait lui non plus ! Alors on déconstruit ensemble et on avance.

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    1. Je ne connaissais pas du tout cette croyance populaire disant que les noirs ne savent pas conduire ! Je pense qu’en effet la société y est pour beaucoup : la femme dépend de l’homme pour conduire et inversement pour la lessive 😀 C’est bien que vous ayez trouvé un bon équilibre avec ton mari. De mon côté, je ne sais pas encore ce qui se passera si je me remets en couple avec quelqu’un qui aime plus conduire que moi.

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  5. Je me retrouve beaucoup dans ton témoignage. J’ai moi même un petit record de 69 leçons de conduite avant d’avoir le précieux sésame (du premier coup, mais à part mon papa, personne ne pensait que je l’aurais). J’avais peur de la voiture depuis le décès prématuré d’un amis dans un accident de voiture, plus le fait que ma soeur se soit faite renversée devant moi alors que j’étais en apprentissage. En revanche, mon père conduit très bien et est hyper cool et patient, ce qui fait qu’alors que je détestais conduire à l’auto école, j’apprécie vraiment de conduire (j’adore le passage des vitesses). Depuis que je suis dans une grande ville je conduis peu ou pas car je ne suis pas à l’aise sur l’autoroute ni sur le périphérique. Du coup, je ne conduis jamais mais je sais qu’il faudrait que je me motive au cas où !

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    1. De ton côté ton traumatisme et ton appréhension étaient tout à fait compréhensibles ! J’espère que tout se passera bien quand tu recommenceras à conduire. Vous avez quand même une voiture ou pas du tout ?

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  6. j’aurais pu écrire cette article – mes parents sont pareil, j’ai la meme perception que je ne peux pas conduire (l’idée de risquer de tuer un piéton en ayant une seconde d’inattention me paralyse)…à la différence près que malgré plusieurs essais à différentes périodes de ma vie, je n’ai jamais réussi le permis (je l’ai passé quelques fois, mais j’ai aussi eu affaires à d’autres aléas qui ont fait que je n’ai pu le passer, de la gérante d’auto-école qui a disparu avec la caisse et les dossiers, à un délai tellement long que ca dépassait mon terme de grossesse)
    De mon coté ce n’est pas résolu, et je me suis construite une vie sans.. mais c’est vrai que c’est quand meme un peu contraignant. En meme temps je ne suis pas sure d’avoir envie de ré-essayer, d’y consacrer encore du temps et de l’argent, surtout avec des jeunes enfants (pas bcp de temps libre + la peur de prendre de l’assurance avec eux dans la voiture) et du coup pour le moment je laisse ca de coté!

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    1. Renverser quelqu’un est aussi ma plus grande peur et comme je le disais plus haut, je pense que le risque est moindre tant que j’ai peur, mais paradoxalement je me dis que le plus risqué sera justement quand je n’aurai plus d’appréhension. Je pense que tu as raison de laisser ça de côté tant que tu n’es pas prête, en tout cas moi je n’ai jamais réussi à vaincre mes blocages tant que je n’ai pas eu le déclic. Peut-être qu’au moment voulu repasser le permis sur boîte automatique pourra t’aider.

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  7. très très intéressant comme témoignage, on en a peu sur ce sujet, et dans mon entourage quand je dis que je ne conduis pas parce que j’ai peur personne ne comprend. Surtout maintenant que j’ai deux enfants en bas âge et qu’on habite en grande banlieue parisienne (plutôt desservie par les transports heureusement ). Le souci c’est que mon mari n’aime pas du tout conduire non plus alors on a pas de voiture et effectivement on s’est construit une vie « sans ». c’est contraignant c’est sur.. surtout pour les vacances c’est pour ça qu’on pourrait se motiver je pense. Mais pour l’instant aucun de nous deux n’a envie de faire des efforts pour ré-apprendre à conduire et se motiver à acheter et financer les frais d’une voiture.. on verra si un jour on a ce fameux déclic alors !C’est bien de voir que c’est possible 🙂

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    1. Merci pour ton commentaire ! Et oui, vraiment, c’est possible car je partais de très loin ! J’ai un couple d’amis qui a aussi été véhiculé très tard avec des enfants en bas âge et pareil, à un moment ils ont eu le déclic et c’est allé tout seul.

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  8. Merci pour ton récit, Je me retrouve aussi dans ton témoignage et cela me rassure de ne pas être là seule. Ma maman est aussi très facilement stressée en voiture, décès dans la famille causé par un accident de voiture… Je ne suis pas très à l’aise non plus. J’ai passé mon permis la vingtaine passée car ce n’étais pas ma priorité. Étudiante, en ville, je me débrouillais sans. J’ai la sensation d’avoir eu mon permis sur un coup de chance mais je trouve que j’avais encore beaucoup de lacunes. J’ai conduit tout de suite car à l’époque j’habitais à la campagne et c’était un véritable besoin pour le travail. J’ai pas mal d’anecdotes avec ma voiture, du genre reculer sur un parking vide et cogner dans le seul poteau… En fait, ce qui me stress le plus c’est la conduite en ville et le stationnement. Mon conjoint m’avait pas mal coaché en co-pilote avec ma petite voiture et j’avais pris de l’assurance pour les crénos… On habite de nouveau en ville, les rues sont pentues en centre ville et c’est souvent difficile de trouver des places. Je suis même allée plusieurs fois à Paris seule… j’avais pris confiance mais surtout avec ma voiture. Depuis on en a changé et comme on est en ville on s’est dit qu’une voiture était suffisante. Comme je peux quasi tout faire à pied je ne l’utilise presque plus, c’est tout le temps mon mari qui conduit lorsqu’on est tous ensemble à de rares exceptions. Mais du coup, j’angoisse de nouveau lorsque je dois prendre la voiture seule, j’ai peur de conduire avec les enfants derrières, je ne suis pas rassurée. J’aimerais vaincre ces pensées, ces peurs notamment pour les enfants, j’ai l’impression de ne pas être assez hardi, de ne pas leur donner le bon modèle. Ce n’est pas simple de dépasser ses angoisses, j’ai conscience aussi que c’est une histoire de confiance en soi.

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    1. Merci pour ton partage d’expérience, je suis d’accord avec toi je pense que c’est avant tout une question de confiance en soi. Mais comme tu as déjà eu l’habitude ça reviendra probablement très vite quand tu en auras besoin.

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  9. Bravo pour avoir ainsi affronté ta peur ! Je la comprends bien. Moi-même j’ai repoussé le passage du permis aussi longtemps que possible… Et ce qui m’a beaucoup aidée c’est de le passer sur boîte automatique. Comme toi cela m’a allégée d’une grosse charge mentale, je n’arrivais pas à me concentrer sereinement sur tout à la fois : un piéton qui voulait traverser et c’était la panique !
    Aujourd’hui cela fait 5 ans que je conduis et j’ai gagné en assurance, même si je reste très prudente (ce n’est pas moi qu’on verra tenter un dépassement « à l’arrache », sans bonne visibilité…). Des situations restent néanmoins très stressantes : les insertions ou les changements de voie quand il y a beaucoup de circulation, les créneaux quand quelqu’un attend derrière… Brr, rien qu’y penser me donne des sueurs froides ! Mais de toute façon je n’ai pas tellement le choix car chez moi, il n’y a que moi qui conduis… Mon mari n’a pas le permis !

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    1. Est ce que tu conduis toujours avec boîte automatique ? Mon père me faisait très récemment la réflexion qu’on devrait tous conduire comme des débutants en restant très prudent et que c’était problématique que trop de gens prennent la confiance 😀 Si ce n’est pas indiscret, pourquoi ton mari n’a pas le permis, c’est par manque d’occasion ou par crainte aussi ?

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      1. Oui, toujours sur boîte automatique. Je n’ai aucune envie de revenir à la boîte manuelle !
        Pour mon mari il a un gros blocage : peur (surtout du comportement des autres sur la route, finalement…) et pas envie…

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  10. Bravo pour ton parcours. Je suis d’accord c’est gagner en liberté que de se rendre ou on veut et sans regarder sa montre.

    Je me retrouve un peu dans ce que tu dis. Tant que j’ai été étudiante je n’ai pas ressenti le besoin de passer mon permis. J’ai donc repoussé cette échéance. Dans ma famille on me faisait culpabiliser car à 18 ans il fallait s’y mettre…et moi je ne l’ai passé qu’22ans , au sortir de mes études. Je me suis tjs débrouillée entre les transports publics, à pieds, les amis, mon copain etc…
    L’idée qu’on véhiculait était que « plus tu attends avant de le faire, plus ce sera dur pour toi de le passer. » Donc ne l’ayant pas fait a 18ans comme mes frères et sœurs, j’ai de suite commencé avec cette pression et de me dire que j’étais en retard donc forcément que je galererai.
    Je suis tombée sur un prof d’auto école vraiment nul qui me faisait me sentir très mal. Rien que sa présence me gênait. Avec du recul, je pense qu’il était attiré par moi… je ne compte pas les heures que j’ai faites. j’ai raté 1x mon permis. La 2e fois je l’ai eu et je pense que c’est parce qu’il y avait un très bon feeling avec l’expert. J’ai tjs stressé par rapport au comportement des autres automobilistes. Peur qu’ils nappliquent pas le code. Et en ville peur des piétons, qu’ils se jettent sur la chaussée pour traverser .

    Aujourd’hui 7 ans après avoir eu mon permis je me sens a l’aise pour conduire (sauf en ville) mais j’ai tjs de la peine avec les manœuvres. Les créneaux ce n’est même pas la peine ! Je n’ai plus peur de conduire mais j’ai tjs gardé cette très grande vigilance. Je pense finalement que ca m’aide à garder la tête froide et a ne jamais m’endormir au volant (il faut le dire). En tout cas je te souhaite de gagner tjs plus en confiance que ce soit pour la conduite ou tout autre domaine.

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    1. Merci pour ton commentaire ! Concernant les autres automobilistes, de mon côté ils me « rassurent » plutôt car je me dis qu’ils pourront aussi de leur côté réparer mes bêtises en m’empêchant de leur rentrer dedans par exemple. Et comme dit au dessus je pense que c’est vraiment important justement de ne pas prendre trop la confiance.

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  11. En lisant l’article et tous les commentaires, je me demande si la conduite est un peur spécialement féminine ? Et dans ce cas est-ce parce qu’on a beaucoup entendu que les femmes conduisaient mal et qu’on l’a intégré inconsciemment.

    Perso, je ne voulais pas conduire. J’avais un peu peur et une grande flemme. Mes parents m’ont poussé pour la conduite accompagnée, un peu contre ma volonté. Ils avaient confiance en moi et super peur que je monte avec un ami bourrée ou un mauvais conducteur.
    Moi je n’avais aucun problème pour passer les vitesses et pas trop pour les manoeuvres, par contre j’avais peur des insertions sur le périf ou les rocades et je détestais aller vite : 30 en ville et 90 sur l’autoroute ca m’allait très bien.
    Mes moniteurs (comme tous les moniteurs d’auto-école) n’était pas pédagogiques et pas hyper sympas. J’ai mis du temps mais j’ai passé la conduite accompagnée. Mes parents étaient très confiants et m’ont bien poussé à pratiquer ce qui m’a aidé à me détendre et à être plus à l’aide. Et plus tard, j’ai eu mon permis, trouvé un chéri qui habitait loin, suis partie étudiée loin et la voiture était un atout non négligeable (1h30 de voiture ou 3h30 de transport en commun avec 4 changements…).

    Depuis, je suis à l’aise, pour la conduite, les manœuvres, la boite auto ou manuelle…
    Par contre, je n’aime toujours pas ca, donc si ca ne les dérange pas, je laisse chéri, ma mère, ma sœur… conduire pour moi. Sinon je m’y colle, sans stress mais sans motivation.

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    1. Je pense que c’est certainement biaisé car on a ici un lectorat en très grande majorité féminin. Mais à vrai dire, dans la vraie vie je ne sais pas du tout ce qu’il en est car en général ce n’est pas quelque chose dont on se vante. J’ai quelques amis masculins qui ne conduisent pas non plus mais je ne sais pas du tout si c’est par peur ou juste par manque d’occasion.
      En tout cas il semble y avoir beaucoup de moniteurs nuls ! Je suis vraiment bien tombée la deuxième fois alors.

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  12. Bonjour Rosa Evril et toute la compagnie !
    Merci pour le « gros mot » de l’amaxophobie, cela ajoute du cachet à ma peur de conduire! 😀
    Je ne pensais pas que nous étions si nombreuses dans cette problématique, je me sens moins seule d’un coup ! Et ça me rassure de voir qu’on arrive à dépasser ça au bout d’un moment.
    J’ai un peu le même profil que certaines d’entre vous : aucun feeling avec la voiture à la base, conduite accompagnée laborieuse avec des parents stressés et stesssants, permis décroché à la 4eme fois avec la remarque un peu perfide « c’est un petit niveau », départ pour la grande ville où la voiture ne sert à rien puis pof retour il y a quelques mois dans la région natale où la marche et le vélo ne peuvent pas répondre à tous les besoins de déplacement (surtout avec un enfant petit). Actuellement je ne conduis que sur des trajets indispensables, archi-connus et avec garage facile au bout ! C’est pas fou mais c’est toujours mieux qu’au début où la seule idée de prendre la voiture seule me donnait envie de pleurer…
    Je n’avais jamais analysé le poids du patriarcat sur le rapport des femmes à la conduite avant de lire un article de Terrafemina il y a quelques jours et tous les témoignages ici. Je suppose que se dire « il y a que moi qui suis nuuuuulle » n’aide pas à une approche sociologique ! Mais c’est cool, ça me fait une nouvelle motivation pour sortir de ma zone de confort, la lutte contre le patriarcat (je suis feministe, ça peut marcher ) !
    Parfois quand-même, je me dis que tous les trajets que j’ai fait à pied ou en vélo parce que j’avais peur de conduire, finalement, c’était pas si mal pour la planète où ma santé. Et que ça a aussi du bon que la voiture ne soit pas la solution par défaut de tout le monde.
    Bonne journée !

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    1. Merci pour ton commentaire, ça me fait aussi chaud au coeur de lire tous vos commentaires et de me rendre compte que je ne suis pas seule ! Bravo pour tous les progrès que tu as déjà fait (je me reconnais tellement dans les « trajets archi connus avec garage facile au bout », de mon côté je continue à voyager en transport en commun si je crois pas pouvoir me garer facilement, même si ça met le double de temps…). Je suis tout à fait d’accord avec ta conclusion, je ne serai jamais quelqu’un qui prend sa voiture pour tout car je garde l’habitude de beaucoup marcher et j’en suis bien contente. Bonne journée à toi !

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