Ma grossesse gémellaire : le dernier mois

Ma grossesse gémellaire : le dernier mois

Médicalement, j’en suis où ?

La dernière fois que je t’ai parlé de ma grossesse gémellaire nous étions début août, à sept mois et demi de grossesse.

 La prise de sang du 6ème mois, que je fais avec un mois de retard, révèle une très forte anémie. Je comprends mieux pourquoi je suis aussi fatiguée, au point que l’idée même de me lever de mon fauteuil pour attraper un objet (bouteille d’eau, téléphone, etc) m’épuise.

Mi-août j’ai enfin le rendez-vous avec un gynéco du CHU. J’ai enfin l’impression d’être prise en charge. Il programme une injection de fer, et met en place le SIG = Suivi Intensif de Grossesse.

L’injection de fer me laisse ambivalente : je sais qu’elle est nécessaire, indispensable, et qu’elle me fera beaucoup de bien. Mais j’angoisse à la perspective de l’aiguille, d’être branchée, perfusée, tout ça.

Lors de ce rendez-vous, nous commençons à parler de l’accouchement. Les deux bébés étant positionnés en siège (et en siège complet pour J1, c’est-à-dire qu’il se présente par les pieds), Monsieur le gynéco me fait clairement comprendre qu’il n’est pas chaud du tout pour une voie basse. Quand je lui dis que j’ai accouché de mon premier enfant en siège sans péridurale, il me dit carrément que si ça avait été lui ça ne se serait pas passé comme ça ! Il me refait tout un speech sur la péridurale, me culpabilise en me disant de penser à la santé de mes bébés. Il me fait même du chantage en me disant que pour être sûre d’avoir une chambre simple et pas une chambre double, le mieux est d’avoir une césarienne programmée. Je ressors de ce rendez-vous à la fois rassurée, car j’ai enfin un suivi plus intensif pour la fin de la grossesse, et à la fois très énervée par ce professeur qui n’a pas su m’écouter.

Avant de quitter l’hôpital, je vais donc voir les sages-femmes du service SIG pour programmer l’injection de fer et les rendez-vous SIG pour les quatre prochaines semaines.

monitoring grossesse
Crédit Photo : ParentingUpstream

Le mardi suivant, j’ai rendez-vous le matin pour le 1er rendez-vous du SIG et l’après-midi pour l’injection de fer. Ça me saoule un peu de devoir aller deux fois à l’hôpital dans la même journée, surtout que c’est toute une histoire pour me déplacer et que ça me demande une énergie de dingue. La sage-femme qui me reçoit le matin est très gentille. Elle m’annonce qu’elle doit me faire une prise de sang pour me refaire une carte de groupe sanguin, car la loi a changé et ma carte actuelle n’est plus valide. Je panique et lui explique mon angoisse de la piqûre. Elle comprend très bien, et essaye de trouver des solutions pour que tout se passe bien. Elle va se renseigner et me dit que le service n’est pas débordé ce matin-là et qu’ils vont pouvoir me faire l’injection de fer tout de suite ! Comme ça, non seulement je n’ai pas besoin de revenir cet après-midi, mais en plus elle peut me poser un cathéter, qui servira pour la 1ère prise de sang maintenant, puis pour l’injection de fer dans la foulée, et enfin pour la 2ème prise de sang qui pourra être faite juste après l’injection. Une seule piqûre pour trois utilités, je ne sais comment la remercier !

Le reste du rendez-vous SIG consiste essentiellement en un monitoring de 30 minutes (galère de trouver les 2 cœurs et de les garder !), une vérification de mon poids et de ma tension, et à me poser quelques questions.

Le 24 août, à 36 SA+3, j’ai rendez-vous pour ma dernière écho. J’y vais avec un peu d’appréhension car à chaque écho, il m’est annoncé un revirement de situation : que ce soit l’annonce des jumeaux, les soucis de reins pour JA, leurs positions en siège. Je me demande à quoi m’attendre cette fois-ci. En plus, Mr Solex n’a pas pu se libérer et j’y vais encore seule. Mais cette fois c’est une excellente, une méga super bonne nouvelle qu’on m’annonce : JA s’est retourné et se trouve la tête en bas ! JB est en transverse, mais je n’en fais pas un cas car il peut encore se passer mille choses concernant sa position. JA est tête en bas, je vais pouvoir accoucher par voie basse sans devoir batailler avec le gynéco !

Au rendez-vous SIG deux jours plus tard, la sage-femme me parle d’un déclenchement. Elle voit bien que je suis un peu réticente, et fait venir Monsieur le gynécologue pour qu’il puisse en discuter avec moi (sous-entendu me convaincre, car parler à une femme avec un ton paternaliste c’est tout de suite plus convainquant ! Bref…). Je l’écoute, j’entends ses arguments, j’acquiesce, mais je négocie pour repousser la date au plus tard. Je me donne toutes les chances pour que l’accouchement se déclenche de lui-même. Après négociation, nous tombons d’accord sur le 10 septembre (et je fais même ma chieuse jusqu’au bout puisque je demande si je peux arriver à 9h au lieu de 8h pour avoir le temps d’emmener les enfants à l’école avant !).

ventre Madame Vélo troisième trimestre
Crédit Photo : Photos personnelles

Et sinon au mois d’août…

Parallèlement à ce suivi médical, je contacte enfin l’organisme mandaté par la CAF pour les aides à domicile. Je prépare le dossier pour qu’une TISF vienne à domicile à partir de la naissance. Et j’apprends que je peux aussi bénéficier d’une aide ménagère avant la naissance. Je fais donc venir une personne à la maison une fois par semaine, ça me soulage énormément pour l’entretien courant. Je te parlerai des TISF plus tard, quand les jumeaux seront nés.

En cette fin de grossesse je suis beaucoup trop fatiguée et « handicapée » pour m’occuper de Crapouillou et P’tit Matelot. Mes parents les prennent donc toutes les semaines du mois d’août, du lundi au vendredi. Ils nous les ramènent le vendredi après-midi afin qu’ils passent le week-end avec nous. Nous avons alors l’immense chance de vivre quatre semaines « libérés » de nos obligations de parents ! Je peux donc me reposer la journée, faire ma très longue to-do list à ma vitesse d’escargot. Et le soir nous nous retrouvons en couple, sans contraintes d’horaires, de préparation de repas, ou d’agitation. Nous en profitons pour faire un petit tour en ville (même si « flâner » en ville n’est pas vraiment un plaisir en cette période de Covid), pour se faire livrer des repas le soir et même se faire un petit restaurant. Nous trouvons quand même bien dommage que je sois si enceinte et donc si mal, car on en aurait bien profité encore plus !

De surcroit, nous sommes en pleine recherche d’une maison à acheter. Le fait d’être seuls le soir nous permet d’enchaîner les visites en fin de journée, de travailler sur des plans, de rencontrer des constructeurs ou des agents immobiliers. Nous aimerions trouver notre bonheur avant la naissance, car on se doute bien qu’une fois les bébés arrivés nous serons dans un autre état d’esprit (et de fatigue !). Le fait est que nous trouverons notre maison 10 jours après la naissance…

J’ai aussi l’immense chance (*ironie*) de vivre une canicule enceinte, et j’expérimente avec elle les jambes gonflées et le port des bas de contention. Plutôt des chaussettes de contention d’ailleurs, car au bout d’un moment, c’est devenu impossible pour moi de mettre les bas à cause de mon ventre excessivement proéminant. Big Up à toutes celles qui doivent porter ces engins de torture au quotidien !

Crédit photo : photo personnelle.
Technique pour soulager et limiter les gonflements des pieds et des jambes pendant la canicule.

Arrive le 31 août. Je suis soulagée et ravie. Ravie, car demain c’est la rentrée scolaire, et je serai présente et disponible pour accompagner Crapouillou et P’tit Matelot à l’école. Soulagée, car j’ai passé les 37 sa, j’ai dépassé le stade de la prématurité. Soulagée aussi car bientôt je serai libérée de ce corps qui n’est plus le mien et qui m’handicape tant. Même si cette perspective amène encore énormément d’angoisses et d’interrogations.

17 commentaires sur “Ma grossesse gémellaire : le dernier mois

  1. Hâte de savoir la suite! Quel soulagement d’avoir passé la prématurité en tout cas, et bravo à vous de trouver l’énergie de rechercher une maison dans ces circonstances ! Je ne comprends pas trop par contre pourquoi tu ne veux pas la péridurale dans ce scénario ? Tu ne disait pas qu’il y avait de gros risque de césarienne d’urgence pour sortir le jumeau 2? Est ce qu’il ne vaut mieux pas avoir une peri du coup pour éviter d’être mise sous anesthésie générale en last minute?

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    1. Pour la péri je crois que j’en parle un peu dans mes articles précédents. C’est qu’à la base je voulais un accouchement physio, voir même un accouchement à la maison, pour mon 3ème enfant. Et donc oui, tu as raison, la péridurale est vivement conseillée pour des jumeaux pour tout un tas de raisons, mais il m’a fallu du temps pour accepter l’idée et me préparer à l’avoir. Je crois qu’au fond de moi j’ai toujours un peu espéré qu’elle n’ai pas le temps d’être posée !

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    2. Si l’équipe est respectueuse, il y a moyen de se faire poser le cathéter et tout ce qu’il faut pour la péri sans se faire injecter le produit.
      Comme ca en cas de césarienne urgente on peut faire rapidement une anesthésie locale.

      (Après moi je suis team « péri dès que possible ».)

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      1. Oui tout à fait ! Et d’ailleurs, de mon expérience, les anesthésiste sont souvent assez frileux à cette option, qui est souvent proposée plutôt par les sages-femmes. Donc, encore une fois, il faut savoir négocier !

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  2. Passionnant de te lire!
    Et ce ventre! Magnifique ! Une fin de grossesse en plein été et qui plus est gémellaire, non mais quel parcours ! J’ai hâte d’avoir la suite 🙂

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    1. Merci !
      Le pire c’est que j’avais toujours dit que je ne voulais pas d’un bébé de septembre/octobre/novembre pour ne pas avoir à vivre une fin de grossesse en été. Et puis une copine chroniqueuse et ma belle soeur m’ont convaincue que c’était pas si terrible, et qu’il y a même des avantages à avoir un bébé d’automne ! Mais bon, personne n’aurait pu prévoir qu’il y aurait 2 bébés cette fois ci !

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  3. Qu’il est beau, ce ventre énooooorme !!
    Je suis curieuse, c’est qui la chroniqueuse qui t’a convaincue que ce n’était pas si terrible d’être enceinte en été (perso, j’ai adoré les deux fois : j’étais même presque déçue pour mon bébé du printemps 😉 ) ?
    Et sinon, on sent à travers tes mots tout le poids du discours paternaliste de ces fichus gynécos : ça me mettait dans une telle rogne d’y être confrontée !! Bravo d’avoir su leur tenir tête.

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    1. Une certaine Colombe qui a accouché d’un magnifique Poussinet 1 an avant l’arrivée des jumeaux 😉🤭
      Oui, ces gynécos là… ça faisait partie des truc « pesants » de cette grossesse gémellaire, être obligée d’être suivie par des gynéco au lieu des sages femmes. Et autant j’étais tombée sur un super gynéco pour mon 2ème post partum, autant là…

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