Mon petit miracle de Noël

Mon petit miracle de Noël

Résumé des épisodes précédents

Ça fait littéralement une éternité que je ne t’ai pas donné de nouvelles. Plusieurs années même…

Bref, lorsque je t’écrivais sur Dans Ma Tribu, j’avais commencé à te parler de l’attente de nos essais bébés, de mon parcours médical et des actions que j’avais mises en place de mon côté (nouvelle hygiène de vie, sport, psy, acupuncture, etc). En résumé, en 2015, un an après mon mariage, on m’avait d’abord diagnostiqué un SOPK et je n’arrivais pas à me décider à faire l’hystérosalpingographie qui devait a priori me permettre de passer en stimulation simple. Notons que la gynécologue elle-même n’était pas convaincue et avait l’air paumée malgré sa rutilante plaque qui indiquait sa spécialité en infertilité… 20 kg en moins plus tard et des cycles enfin réguliers grâce à l’acupuncture, j’avais fini par me tourner vers une gynécologue-endocrinologue. Et après quelques examens et une journée d’hospitalisation, elle m’avait diagnostiqué une hyperplasie congénitale des surrénales (HCS pour les intimes).

La genèse : la journée d’hospitalisation

J’en étais donc là en décembre 2016, perdue. On m’avait d’abord dit que je ne pourrai pas avoir d’enfant naturellement. Puis, lors de l’hospitalisation, l’endocrinologue du service m’avait expliqué qu’avec le traitement adapté, non seulement je pourrai avoir des enfants naturellement mais qu’en plus j’aurai un risque de fausse-couche dans la moyenne (alors que la HCS le fait doubler…) et que je pourrai même allaiter.

Lors de cette journée d’hospitalisation, on m’avait demandé de stopper les essais bébé quelques mois, le temps d’avoir un retour sur mes examens et le traitement, de connaître la mutation et de savoir de quelle forme j’étais porteuse et de vérifier si mon mari était porteur. En effet, c’est toujours le gène le plus sain qui s’exprime (il y a 3 niveaux de gravité : sain, léger, sévère) alors je peux être porteuse de deux gènes légèrement malades ou d’un léger et un sévère et mon mari est forcément porteur d’un gène sain mais nous ne savons rien du second. Le risque existe donc, si nous sommes tous les deux porteurs d’un gène sévèrement malade, d’avoir un enfant malade de la forme la plus grave de HCS (qui fait partie des maladies détectées à la naissance).

En rigolant, l’endocrinologue m’avait dit (nous étions le 12 décembre) : « ne nous appelez pas le 25 décembre pour nous dire que vous êtes enceinte. On sait faire dans l’urgence mais ce n’est vraiment pas l’idéal ». J’avais évidemment dit oui, nous n’étions plus à 2 mois près.

Le miracle dont toutes les femmes qui souhaitent un enfant rêvent, à savoir découvrir la grossesse lors d’une échographie de routine, n’avait pas eu lieu en ce 12 décembre à l’échographie de contrôle.

Cela dit, en reprenant un peu nos esprits, mon capitaine et moi nous demandions quand même si nous allions vraiment suivre cette demande. Après tout, après 2 ans d’essais qui n’avaient rien donné, ça aurait été un comble que ça fonctionne à ce moment-là.

De toute façon, les fêtes de Noël et les rassemblements familiaux (ahhh le bon temps où être plus de 6 et ne pas porter de masque était tellement naturel !) n’allaient pas nous laisser beaucoup d’occasions de faire des galipettes !

Les épreuves : Noël en famille

Crédit photo (creative commons) : blende12

Nous sommes donc partis dans la famille du capitaine, aux alentours du 20 décembre. Je me souviens que ça a été une période très difficile pour moi. Tournait en boucle dans ma tête cette nouvelle maladie dont je ne voulais pas parler (par honte ? par déni ?) et je voyais la vie des frères et sœurs du capitaine avancer comme sur des roulettes. Nous traversions évidemment un moment un peu tristounet dans notre couple alors qu’eux en étaient aux prémices de leur relation, amoureux transis et heureux. Mes beaux-parents adoraient les nouveaux venus (l’accueil avait été franchement différent pour mon premier beau-frère et moi), il faisait froid et humide dans la nouvelle maison familiale, j’étais fatiguée, et même mes cadeaux ne m’avaient pas vraiment remonté le moral (ils étaient vraiment à côté de mes goûts et même si je suis reconnaissante du temps passé à les choisir, voir à quel point ma belle-famille ne me connaissait pas après presque 7 ans m’avait un peu démoralisée).

Côté cycle, alors que j’avais enfin retrouvé une régularité autour de 30-32 jours, ce cycle-là s’éternisait… J’en étais déjà à 37 jours le 26 décembre avec des douleurs de règles sur le point d’arriver depuis plusieurs jours. Dans la morosité, j’avais souvent envie de dormir. Il me semblait que le sommeil était un peu une échappatoire : au moins quand je dormais je ne cogitais pas.

Le matin de notre départ, après avoir réussi à éviter toute conversation sur la HCS pendant notre séjour, mes beaux-parents nous « coincent » dans la cuisine. A priori les autres sont ailleurs dans la maison (enfin sauf mon nouveau beau-frère qui ne se manifestera pas de toute la conversation alors qu’il était dans l’entrée adjacente…). Je finis par leur dire qu’on m’a diagnostiqué une maladie génétique qui diminue la fertilité, que j’ai un traitement et que nous attendons de voir la suite. Leur peur de la PMA leur fait comprendre les choses de travers (mais je l’apprendrai plus tard) et ils pensent qu’il s’agit d’une stimulation.

La résolution : le retour chez nous

Nous sommes le 26 décembre 2016 et à mon grand soulagement nous rentrons chez nous. Mes règles ne sont toujours pas arrivées et je suis morose. Dans la voiture j’annonce à mon capitaine que dès que nous serons à la maison je ferai un test de grossesse. Je n’y crois pas. J’espère juste que ça aura l’effet déclencheur de règles, comme à chaque fois, pour pouvoir repartir sur une nouvelle année et un nouveau cycle.

Après 5 heures de route nous arrivons à la maison. Comme nous repartons le lendemain nous remettons rapidement nos valises à jour et je file aux toilettes faire mon test. Il est environ 18h. Je n’ai aucune impatience particulière, je veux juste en finir avec ce cycle qui s’éternise. Je n’y crois tellement pas que c’est simplement un test en bandelette (tu sais ceux qui sont généralement vendus avec les tests d’ovulation…). Je fais donc religieusement pipi sur ma bandelette et je regarde la migration se faire…

Une première bande apparaît. Normalement c’est celle qui indique une grossesse. Elle est déjà bien nette. Je la regarde incrédule et me dit comme une évidence : « ok, la migration continue puis cette bande va disparaître à l’évaporation ». Je vois la seconde bande apparaître et une espèce de brouillard se lève dans mon cerveau, j’ai une révélation : cette première bande n’est jamais apparue avant, ce n’est pas comme ça que fonctionne un test, au pire la bande apparaît après mais elle ne disparaît pas à l’évaporation !!!

Passées quelques secondes de stupeur, je dis à mon mari à travers la porte que nous allons devoir aller à la pharmacie (pour chercher un vrai test !). Il est à des lieues de comprendre ce qui se passe et me croit malade. Il bougonne : « qu’est-ce qu’il y a encore ? ». J’ouvre la porte et je lui dit de venir. Je lui montre la bandelette. Il la regarde mais je vois bien qu’il ne comprend pas. « Qu’est-ce que ça veut dire deux barres ? ». « À ton avis ? ».

Crédit photo (creative commons) : JuliaFiedler

Épilogue : tu étais là depuis tout ce temps…

C’est ainsi que ce 26 décembre 2016, alors que nous avons attendu plus de 2 ans, que nous planions en pleine incertitude sur la suite (pma ? résignation ? attente ?), que nous pensions ne jamais connaître la surprise d’une telle découverte (dans ma tête c’était terminé, soit parce que ça n’arriverait pas, soit parce qu’en parcours médical la date de test serait programmée), nous découvrons que nous sommes 3. C’est certainement le plus beau cadeau de Noël de tous les temps.

D’autres tests un peu plus élaborés le confirmeront dans la soirée (après passage à la pharmacie, tu te rappelles quand on pouvait sortir après 19 h ?). Notre fils portera d’ailleurs dans ses prénoms un clin d’œil à cette extraordinaire surprise de Noël.

Mais tu te souviens des paroles de l’endocrinologue ? « Ne nous appelez pas le 25 décembre … ». AHAHAH ON EST LE 26 ! Pourtant nous avions tout stoppé pendant les fêtes, réfléchissant encore à ce que nous allions faire en janvier … C’est alors que je réalise : Petit miracle était déjà là le jour de mon hospitalisation, indétectable. Il était avec nous à Noël, déjà au creux de moi lorsque pendant la messe de Noël j’ai prié de toutes mes forces pour que 2017 nous apporte enfin un enfant, déjà sous ma main lorsque quelques jours plus tôt, en allant me coucher, j’ai chuchoté « bébé, si tu es là, accroche-toi… ». Parce que finalement une part de moi devait bien y croire un tout petit peu…

5 commentaires sur “Mon petit miracle de Noël

  1. LOL et le gygy a dit quoi ? En tout cas, c’est à croire qu’il y a des périodes propices aux bonnes nouvelles quand même, Noël et les vacances estivales 😉 j’espère que la suite sera sur la même lignée 🙂

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  2. Quelle joli dénouement! Ravie pour vous que bébé se soit installé.
    Comment a réagit le gynécologue? Et vous avez dû quand même faire le test sur les gènes?

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