Une deuxième naissance (partie 1)

Une deuxième naissance (partie 1)

Bribes de Témoignage. Aujourd’hui, DK inaugure les Bribes de Témoignage avec un récit très touchant. Merci à elle de le partager ici.

Nous sommes mardi, mon Tout-Petit a sept semaines aujourd’hui et en cette fin d’après-midi, nous partons tous les deux pour les urgences. Cela fait maintenant un peu plus d’une semaine que de légères régurgitations se transforment progressivement en vomissements éruptifs et ce, malgré tous nos efforts tant positionnels (position verticale encore et encore), qu’alimentaires (passage à un lait anti-régurgitations). Aujourd’hui, il est évident qu’il a perdu du poids. Ses couches contiennent de moins en moins d’urine, urgences nous voilà !

Les urgences pédiatriques

Passer la porte des urgences est étrange. Il y a sept semaines et quelques heures, je passais la même porte avec un gros ventre et un pantalon trempé.

L’admission aux urgences pédiatriques est rapide. La personne qui fait le premier accueil médical m’explique que je prends un gros risque à venir ici du fait du contexte sanitaire et que j’aurais dû passer par la médecine de ville. Merci pour cette culpabilisation, mais je suis sûre de moi. Notre venue est justifiée !

L’interne examine ensuite mon Tout-Petit et sort de la pièce en me disant que cliniquement, il va bien et qu’il va en référer à son chef. Georges Clooney (pas tout à fait mais presque) franchit alors la porte de la salle d’examen, me pose une ou deux questions et prend mon Tout-Petit dans ses bras pour lui donner le biberon tout en observant la fontanelle. Posément, comme si c’était une évidence, il m’informe que nous restons à l’hôpital pour une échographie en urgence dès le lendemain. Et il sort me tendant mon enfant et son biberon…

Crédit photo : Matthew Henry

Début de l’engrenage ! Une infirmière vient peu après lui faire un test PCR, poser une poche pour un prélèvement d’urine, faire une prise de sang et poser une voie. Rapidement, voilà mon Tout-Petit relié à des machines par des fils et des tuyaux pour contrôler ses constantes, mais aussi l’hydrater et le nourrir puisque l’échographie doit avoir lieu à jeun. En début de nuit, on nous installe dans une chambre en pédiatrie avec un lit qui ressemble à une cage et un fauteuil-lit pour moi.

Le diagnostic

Pendant la nuit et la matinée, les personnels défilent jusqu’au départ pour l’échographie et la pose du diagnostic : sténose du pylore. En fait, il s’agit du muscle à la sortie de l’estomac qui s’hypertrophie peu à peu au point d’empêcher toute vidange de l’estomac. Dans son cas, le passage est complètement obstrué et l’estomac est plein, on devine même les différentes strates de lait. L’équipe médicale n’est pas surprise du diagnostic, tous les symptômes étaient réunis.

L’engrenage s’emballe. On m’informe à peine qu’il faut le transférer dans un hôpital qui pratique l’intervention chirurgicale nécessaire, que les ambulanciers sont là devant la porte de la chambre à installer mon Tout-Petit dans l’immense brancard de l’ambulance. Et nous voilà partis à vive allure, toutes sirènes hurlantes, le code de la route ne semble plus exister et je lutte pour ne pas craquer en me répétant : « non, ce n’est pas une urgence, non, ce n’est pas une urgence ». C’est une ambulance fermée, je ne suis pas avec mon fils, je ne le vois pas, je ne l’entends pas, il est derrière avec l’ambulancière. Et ces sirènes qui hurlent encore et encore…

Nous arrivons enfin aux urgences de l’hôpital qui ne sont pas prévenues de notre arrivée,. La chirurgie pédiatrique n’a pas transmis l’information. Trois heures d’attente dans une salle d’examen, un test PCR pour moi cette fois-ci, et toujours ces fils et tuyaux qui limitent mes mouvements avec mon Tout-Petit et nous découvrons notre chambre pour les prochains jours.

L’opération

On m’informe que son opération est retardée, le premier hôpital n’a pas transmis les images de l’échographie, il faut en refaire une. Ce sera chose faite le lendemain matin, nous sommes jeudi. Une très grosse intervention est prévue monopolisant bloc et personnel et ils ne veulent pas opérer un si petit en fin de journée pour éviter des complications de nuit quand il y a moins de personnel. Il faudra attendre vendredi…

Finalement à ma grande surprise mais aussi à celle des personnels du service, le brancardier arrive vers 15h30. S’en suit la préparation pour l’opération, l’entretien avec l’anesthésiste, avec l’infirmière. Et enfin, ce lit qui part, et la porte qui se ferme. Je ne préviens personne et attends. Il serait raisonnable de dormir un peu mais non, le sommeil ne vient pas. J’attends, j’attends qu’on vienne me chercher pour me guider en salle de réveil pour retrouver mon Tout-Petit comme cette maman que j’ai croisée et avec laquelle nous avons échangé ce regard lourd de sens, mais personne ne vient. Et, vers 18h30, la porte de la chambre s’ouvre et mon enfant m’est rendu tout perdu dans un amoncellement de draps. C’est fait !

Tu retrouveras la suite du témoignage de DK très vite !

10 commentaires sur “Une deuxième naissance (partie 1)

  1. Olala, jecrois relire ce que j’ai vécu il y presque 2 ans maintenant avec mon tout petit de 20 jours. La stenose du pylore est une intervention assez bénigne pour les chirurgiens (3 enfants sur 100 l’ont, à partir de 3 semaines après naissance), c’est un peu comme l’apendicite. Néanmoins on dirait que le personnel hospitalier ne connaît pas grand chose aux tous petits et au lien avec leur maman…j’ai été mieux accueillie en neonat (car moins d’un mois), mais j’ai du aller par mes propres moyens ds un autre hôpital à 1h30 de route et l’accueil n’était en rien pensé pour les nourrissons avec leur maman, encore moins allaitante (pas de plateau repas, pas de tire lait = méga engorgement, puis grosse baisse de lactation)….Et exactement : ce lit à barreaux cage infernal, j’ai le même ressenti!

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    1. Hormis la personne qui nous a accueillis, ensuite, nous n’avons rencontré que des personnels attentionnés. Pour ce qui est du confort du parent accompagnant, c’est sûr que c’est à repenser.

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  2. Merci pour ton témoignage !
    J’espère que tout s’est bien passé pour ton petit 🙂
    Ça doit être très angoissant… Mais si ça peut te rassurer : j’ai moi-même été opérée de la sténose du pylore étant petite (alors que c’est extrêmement rare chez les filles, donc le diagnostic a mis longtemps à être posé, les médecins ont d’abord longtemps pensé que c’était juste que je ne digérais pas bien le lait de ma maman…).
    Et aujourd’hui évidemment tout va bien, pas la moindre séquelle ! (à part une minuscule cicatrice sur le bidou, que je ne vois même plus depuis l’apparition des vergetures de grossesse mouarf…)

    Pressée d’avoir la suite de ton récit, bon courage et à bientôt !

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  3. Oh la la quelle angoisse !! Ton récit ne parle pas de ton ressenti… mais je n’ose imaginer à quel point ça a dû être difficile d’être séparée de ton tout petit, avec si peu d’infos sur ce qui allait se passer pour lui. Hâte de lire la suite. En tout cas, je ne connaissais pas du tout cette maladie !

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    1. En fait, nous n’avons été séparés que le temps de l’opération et du réveil, soit environ deux heures qui m’ont semblé interminables.
      Quant au ressenti, j’étais en pilote automatique, j’étais là pour lui et il fallait être à la hauteur. Ensuite nous sommes rentrés et le quotidien a repris son cours. J’ai réalisé ensuite que j’avais l’impression d’avoir été spectatrice d’où sûrement ce besoin de mettre des mots sur tout cela…

      Aimé par 1 personne

    1. Nourri par la perfusion, il était plutôt calme dormant beaucoup dans mes bras. Il a pleuré après son réveil de l’opération et après l’arrêt de la perfusion alors qu’il n’avait pas encore retrouvé des biberons suffisamment volumineux pour son appétit. Cette nuit-là fut fort longue !

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  4. Je compatis. Je n’ose imaginé ta peur et la détresse de ton bébé séparé de toi.
    Tu n’en parles pas mais comment à réagi le deuxième parent, qui devait se sentir encore plus impuissant que toi ?

    Et oui, les parents connaissent leurs enfants et savent quand c’est important ! Il faut leur faire confiance.

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