Cher monde

Cher Monde

Cher monde, je ne te comprends plus.

Alors ça serait mentir que de dire que ce sentiment date d’hier, cela commence à faire un moment que j’ai du mal à te comprendre, mais dernièrement c’est de pire en pire.

J’ai toujours eu de mal à comprendre les autres, l’envie de faire du mal, l’individualisme, l’égoïsme, l’irrespect ont toujours été des choses très dures à comprendre pour moi et qui m’ont souvent rendu malade plus jeune. Jusqu’à singer certains comportements dans l’espoir de moins en souffrir pour au final réaliser à quel point cela ne me convenait pas car je ressassais constamment ce que j’avais pu faire qui avait pu causer du tort.

Cependant, récemment, c’est allé au delà de l’incompréhension, peut être est-ce de m’être plongée dans une partie de notre histoire, de voir ce que l’Homme avait été capable d’imaginer pour torturer et asservir les autres, ou devrais-je dire l’homme sans le h majuscule plutôt…

Il faut dire que ces deux dernières années tu ne nous a pas épargné Cher Monde. Est-ce vraiment ta faute ce virus qui nous pourri la vie ou est-ce encore un humain qui nous a mis dans cet enfer? Nous ne saurons surement jamais. En revanche ce sont bien les humains qui rendent cette période infernale.

Crédits Photos : eak_kkk (CreativeCommons)

À croire qu’un virus est censé être raisonnable et partir quand on n’en peut plus si on en croit les plaintes constantes que l’on croise partout. Les réseaux sociaux ne sont qu’une multitude de messages sans solution mais qui disent qu’ils en ont marre. Des témoignages souvent très égocentrés qui n’essaient jamais de se mettre à la place de l’autre. Cela a surement été une erreur de dire aux gens de se vacciner pour protéger les autres, nous ne sommes plus capables d’agir pour l’autre. Et j’ai beau vérifier je n’ai pas trouvé dans notre histoire sanitaire un virus qui disait « ok c’est bon j’ai bien rigolé je vois que vous n’en pouvez plus je m’en vais », en réalité c’était plus « ha bon ba j’ai tué tous les hôtes ou je pouvais me répliquer facilement et les autres résistent donc je n’ai plus de milieux ou survivre, adieu ». Alors attention, je ne dis pas que je n’en ai pas marre de la situation, mais les plaintes constantes, parfois agressives de certains me mettent encore plus dans un état de dépression que ce que nous impose le virus.

Et si on essayait de comprendre l’autre, de lui proposer de l’aide. Parfois rien qu’un message bienveillant peut changer la donne. Tendre la main à l’autre en partageant les moyens de se faire tester facilement ou de trouver les auto-tests qu’on peut mettre tant de temps à dénicher. Sourire à l’équipe éducative qui n’en peut plus en allant chercher notre enfant cas contact, sourire si fort que le masque ne permet pas de cacher ce sourire et leur dire qu’on comprend et qu’on va faire le nécessaire. Remercier la pharmacienne qui fait des blagues à son fils au moment de le tester et fait de tout ça un jeu. Faire des journées à la maison une fête même si on travaille et que c’est compliqué en leur laissant choisir le repas du midi (merci Picard pour ton aide) ou en leur donnant exceptionnellement un bonbon au goûter.

Après, je le concède même quand on sort la tête de ce satané virus les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Les élections approchent avec des positionnements prônant la haine de l’autre et le renfermement sur nous-même. Mais justement, n’est-ce pas le moment de montrer qu’on ne se laisse pas avoir avec ces discours? Personnellement, je ne me reconnais pas dans cette vision anti-métissage, je trouve que la différence est une richesse et qu’on a énormément à apprendre des autres. Et je vois ces pourcentages qui s’affichent à l’écran de gens qui semblent s’y retrouver et j’attends de me réveiller.

Cher monde, j’en ai vu passer des beaux discours d’union et de solidarité quand on a vécu des tragédies, ces discours étaient même légions au début de toute cette crise. Où sont-ils donc passés?

8 commentaires sur “Cher monde

  1. Ma solution pour ça : arrêter les réseaux sociaux 😉 J’ai jamais trouvé qu’il en sortait quoi que ce soit de positif, donc je me contente de mon entourage réel qui est heureusement composé en majorité de gens bienveillants, et ça va déjà beaucoup mieux !
    Après, j’ai aussi une déformation professionnelle (je travaille dans le domaine de l’histoire) : je suis convaincue que le monde était bien pire avant, du coup rien que le fait que des choses comme l’internement administratif des mères célibataires (jusque vers 1980 par chez moi…), l’envoi à vie au bagne pour voleuses « récidivistes » (3 fois, je crois, peu importe la valeur), l’interdiction au 19e du travail de nuit pour les moins de 9 ans, mourir d’un rhume (on n’imagine pas les complications de fou et les morts horribles qui arrivent avec des maladies bénignes dans un contexte de mauvaise hygiène/santé/sans soins), la limitation de la durée du travail dans les filatures à 15h par jour vers le milieu du 19e… Bref ! Moi ça m’aide toujours à me dire que, OK, plein de trucs ne vont pas aujourd’hui, mais peut-être qu’il y a quand même quelques avancées à certains endroits (ou : on fait ce qu’on peut pour ne pas sombrer dans le négatif quoi !)

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    1. Il est vrai que quand on compare a avant on peut se dire que ça pourrait être pire. Mais justement quand je vois ce qu’il se passe pendant cette campagne et la montée des extrêmes je m’inquiète qu’on ai visiblement tiré aucune leçon de notre histoire et des horreurs d’avant.

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  2. Merci infiniment pour le : « Sourire à l’équipe éducative qui n’en peut plus en allant chercher notre enfant cas contact, sourire si fort que le masque ne permet pas de cacher ce sourire et leur dire qu’on comprend et qu’on va faire le nécessaire. « …..

    Cela se calme un peu ces jours-ci mais début janvier, nous avons été la cible parfaite des "râleurs"…

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    1. Je ne sais pas si c’est parce que je vois « l’envers du décors » avec ma mère mais les équipes éducatives vivent un enfer. Parfois coincées entre leur mairie et l’éducation nationale. On fait tous comme on peut et clairement je ne leur en veux pas quand ils m’appellent pour récupérer mon fils parce que ce ne sont pas eux qui font les protocoles, ils n’y peuvent rien et subissent tout autant.

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  3. Alors mea culpa, je fais partie de ceux qui râlent, ça fait 2 ans que je m’excuse d’être en retard auprès de mes clients et auprès de ma fille de ne pas avoir du temps à lui consacrer, et ça me bouffe littéralement de l’intérieur. Je ne cesse d’avoir ces petits maux de santé dont on sait chacun qu’ils sont plus un message du corps exprimant son ras-le-bol. Alors j’essaie de choper l’acalmie qui me fais rattraper le retard au boulot et prendre le temps de faire un gâteau avec ma fille, puis paf ! Je replonge au rythme des décisions gouvenementales à coup de la maîtresse n’a pas de maîtresse pour sa fille, pas de remplacement, cas contact, rhume ou angine suspicieux…. En revanche, je vois aussi cette détresse chez les autres et fais aussi partie de ceux qui disent je comprends à la maîtresse et merci beaucoup à la pharmacienne. Mon râlage (pas sûre que ce soit bien français 😉 ) est plus une soupape qu’une façon de dire fallait faire autrement. Parce que je n’en sais rien du tout, je ne suis pas qualifiée pour le dire.
    Quant au climat global, que j’étends au monde , il m’inquiète énormément. Je me dis : me que va-t-il rester de cette période mi guerre froide mi pandémique ?

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    1. Je pense qu’il y a différentes sortes de « râlage ». C’est bien simple on peut considérer que mon article en est plus ou moins non? Mais j’ai du mal avec la critique qui n’apporte aucune solution. « Non mais c’est pas fini ces protocoles de merde c’est débile ce qu’on demande de faire » « ha et tu proposes quoi? » « Rien je dis juste que c’est de la merde ». Bon ok…

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  4. J’avoue moi aussi être à bout de la négativité qui nous entoure, surtout quand elle justifie de mettre d’autres personnes en danger sous prétexte que « yen a marre ».. car même si nous n’en pouvons plus des tests et autres quarantaines en cascades, on a quand même une sacrée chance de vivre dans ce coin du monde, avec des hôpitaux équipés pour nous sauver en cas de comorbidité, des vaccins gratuits dispatchés en temps record, des ordis et internet qui nous permettent de télétravailler.. cela dit j’ai bien eu un gros coup de déprime quand cette dernière vague à commencer, j’avais tellement l’impression qu’on voyait le bout du tunnel.. tenons bon!..

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