Questions existentielles

Questions existentielles

La grande question existentielle que nous nous posons tous, ou en tout cas, j’aime à croire que nous nous le demandons tous : quel est le sens de la vie, pourquoi sommes-nous là et dans quel but ?

Nous nous agitons chaque jour pour oublier que ça n’a pas de sens, que nous ne sommes que poussière d’étoiles, comme le dit une de mes amies. Comment garder l’envie de continuer, s’ancrer dans la réalité quand elle est substantiellement absurde et sans but ?

Les questionnements sur le sens de la vie me reviennent quand la mort s’approche de mon quotidien. Quand une collègue perd sa grand-mère, on a tendance à relativiser : c’est le cours des choses, c’est « normal », cela n’enlève pas moins la douleur de perdre l’être aimé, mais aux yeux du monde, c’est une disparition qui fait sens : la personne a eu une vie bien remplie, elle a pu être entourée des personnes qui l’aimaient pour l’accompagner sur ce dernier voyage. Avec l’âge, on a tous plus ou moins vécu la perte de son aïeul, on peut comprendre et envisager le vide laissé par cette personne, la culpabilité aussi, car bien souvent, nos vies plus jeunes sont bien remplies et laissent moins de place aux temps longs de la vieillesse.

Quand un collègue perd son papa, la génération est celle juste au-dessus de nous, cela questionne sur la mort de nos propres parents, on ne peut imaginer une vie sans eux dans notre monde.

Et puis, un jour, c’est la maman de notre meilleure amie.

Celle qui nous a vu grandir aux côtés de sa fille, celle qui était là à notre mariage, celle qui avait toujours un petit mot bienveillant pour nous, parce que nous étions de ceux qui restent après plus de 20 ans d’amitié.

On voit la détresse de son amie, on perçoit le néant laissé par la perte d’une mère alors que la vie a encore tant de choses à offrir. Nous allons tranquillement vers la quarantaine, quelques cheveux blancs marquent notre passage vers l’âge adulte, le vrai, nos visages expriment notre vécu, nous ne sommes plus des lapins de trois semaines qui découvrent tout en pensant tout savoir (quoique…)

Nous avons encore nos mamans pour nous guider, nous parler de ce que vieillir va nous apporter, nous épauler quand on ne sait plus où pleurer, nous écouter, nous conseiller…

Ma meilleure amie a perdu cette personne bien trop tôt.

Et alors que la terre venait couvrir son cercueil et que nous étions tous ensemble, mais chacun dans sa douleur, j’ai pensé à mes propres parents.

J’ai serré ma mère dans mes bras en la retrouvant le soir, réalisant à quel point la vie n’était rien d’autre que des instants. Des moments parsemés d’émotions plus ou moins négatives. J’ai réalisé que je vivais bien trop loin de ma famille pour pouvoir partager plus souvent, plus facilement ces instants. Les enterrements ont cette faculté à nous projeter dans un monde à part, une bulle au-dessus de la vie grouillante, où nous regardons la mort en face pour mieux repartir dans la vie avec une force qu’on ne se soupçonnait pas avoir. La mort change nos paradigmes et nous force à déposer le masque, à ne plus faire semblant qu’elle n’existe pas.

J’ai une peur incommensurable de la mort, ça me glace d’imaginer que sa maman n’est nulle part et partout en même temps. Envisager de ne plus penser (parce qu’il faut avouer que c’est ma plus grande activité, certains diraient ne plus faire de sport, mais moi, c’est ne plus penser qui me terrorise…) n’est justement pas envisageable pour moi. Et j’ai beau lire de belles citations sur le sens de la vie, de la mort et tutti quanti, cela ne me convainc jamais. Je suis apaisée le temps de la lecture, mais ensuite, je reviens à mes pensées sombres imaginant la quantité d’êtres humains à être passés sur Terre, qui ont eu des pensées, des vies, des préoccupations, des joies, et dont il ne reste absolument rien. Même ceux qui ressortent dans les livres d’Histoire, même Lucy ou Napoléon, il ne reste d’eux que quelques os tout abîmés, mais de ce qu’ils étaient, que reste-t-il ?

Une personne de la famille de mon amie a dit qu’au fond, à l’échelle de l’univers, la vie représentait quoi ? 1 % peut-être et tout le reste ce n’est que néant alors pris de ce point de vue, c’est plutôt la vie qui est une anomalie.

Mon voyage autour du monde va me permettre, malgré l’itinérance, de me poser et de réfléchir à quelle direction je veux donner à la suite de ma vie, cette page post quarantaine. J’espère revenir avec les idées plus claires et déterminée à faire ce que je veux moi et non plus ce que je pense que la société veut pour moi.

C’est sans doute ça aussi vieillir, et je trouve que ça fait tellement de bien, d’avoir petit à petit l’impression que tout s’éclaire, réaliser que nous ne sommes bridés que par les barrières que nous avons nous-mêmes érigées.

3 commentaires sur “Questions existentielles

  1. je vois ce que tu veux dire j’ai la même peur terrible de ne plus pouvoir penser.. après je me dis qu’il faut se dire que la mort en tant que tel est surtout un plongon dans l’inconnu (vu que personne n’en revient pour nous dire si/ce qu’il y « a » ou pas ensuite), et donc à aceuilir avec curiosité. enfin c’est ce que je me dis dans la théorie car je n’en ai pas moins peur ^^ Le « sens » de la vie est pour moi encore une question très différente. Pour moi toute vie où il y a eu de l’amour (dans tous les sens du terme) est une vie qui a du sens. Mais pour autant j’ai plutot un stress de « est-ce que je ‘profite’ assez de mon existence sur cette planète et l’utilise au mieux? » – bien que ce soit dans le fonds un exigence de la société, de rendre « productive » notre existence dans tout le sens du terme.. bref on n’a pas fini de réfléchir sur tout ça ^^!

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    1. J’aime bien ta façon de voir la mort mais j’avoue que je n’arrive pas à imaginer autre chose que du néant comme avant qu’on soit né quoi…
      Quant au sens de la vie… J’imagine que chacun y trouve son sens? Mais connaître l’amour, dans tous les sens du terme c’est effectivement déjà un bon début ! Profiter et utiliser au mieux son existence c’est aussi tellement personnel, à partir du moment où on arrive à s’affranchir des injonctions sociétales… Et je crois que ça arrive en vieillissant 😅 en se rapprochant donc de la mort… Mais oui tant de réflexion encore !!!

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