Quand on doit le faire garder

Quand on doit le faire garder

Si tu as suivi, mon Luciole, mon dernier bébé, mon petit troisième est né en août.

J’annonce, c’est relou. Je sais pas quand il fera son anniversaire avec les copains, on est toujours en vacances à cette date là, et pour le mode de garde… Ça a été HYPER CHIANT !

Ben oui, parce que les assistantes maternelles, en août elles récupèrent de nouveaux enfants et relâchent les grands pour la rentrée. Mais moi mon petit bébé, je n’allais pas le mettre en garde dès septembre, alors qu’il aurait à peine un mois, et que moi j’avais un congé maternité long !!

Étape 1 : comme sur des roulettes

Je suis là, je grossis, je couve, je pense à plein de trucs que je repousse à « on verra pendant mon congé maternité ». Dont le mode de garde. Bon, je ne suis pas complétement à la ramasse j’ai donc commencé par l’inscription auprès de la mairie pour la crèche, dès le premier trimestre. La dame du pôle enfance a été claire. « Les inscriptions se font pour septembre. Donc si vous ne le mettez pas en septembre prochain, alors il sera sur liste d’attente pour septembre 2023 » … Super, je fais quoi de lui moi pendant les 9 mois entre la fin de mon congé et le potentiel début de crèche ? « En tous cas je vous ai inscrite, la commission a lieu en avril, on vous appelle dans l’ordre » « vous pouvez me dire combien je suis? » « Non. Mais j’ai 300 familles inscrites ».

300 familles. Pour 3 crèches de 40 berceaux max, et 1 crèche familiale (assistantes maternelles gérées par la commune). Villeville ne s’intéresse pas aux enfants, c’est aberrant cet écart entre l’offre et la demande.

En juin donc, commence mon congé maternité. N’ayant pas besoin d’une assistante maternelle avant janvier, je commence vaguement à regarder ce qu’il y a autour de moi. Je vis dans une résidence de 900 maisons, en hauteur par rapport au reste de la ville, qu’une seule ligne de bus dessert. La future nounou de mon bébé devrait se situer idéalement à proximité de la maison ou de l’école des enfants pour faciliter l’organisation quotidienne entre nos trajets vers/depuis nos travails à Paris et la maison.

Les assistantes maternelles que je contacte sont un peu floues. Elles ont déjà des petits, des engagements auprès de familles dont elles ont déjà l’aîné et vont accueillir le bébé, elles sont un peu en vacances dans leur tête. Bref, je repousse à septembre, « j’y verrai plus clair ».

A la rentrée, j’ai un bébé tout rond avec moi, et un chef qui me demande comment on s’organise pour mon retour en janvier. Le pôle enfance m’envoie une liste à jour des assistantes maternelles de la ville, par ordre alphabétique ce qui est moyen pratique quand j’aimerai les trouver par secteur mais ça a le mérite d’exister. Sont indiqués sur la liste le nombre d’agréments et les places libres, aussi.

Je finis par contacter Corinne. Elle est tout près de chez moi, me reçoit avec mon bébé en écharpe, me parle de sa façon de travailler, interagit sereinement avec mon Luciole. Sa fille a mon âge et me ressemble et vient d’être maman, Corinne a l’âge d’être la mienne. Très dynamique. Pas de télé dans la maison, un verger pas loin où elle se rend avec les enfants plusieurs fois par semaine, beaucoup de balades à pied, et d’activités. Elle se rend au Relais Petite Enfance toutes les semaines pour des ateliers de groupe et change régulièrement ses jouets grâce à la ludothèque du secteur.

C’est le coup de foudre mutuel. Corinne a un agrément pour 2 enfants, dont les places sont occupées jusqu’en septembre 2023, mais elle avait prévu de faire une demande d’extension pour 2 places supplémentaires, qu’elle devrait avoir sans difficulté puisque la PMI du secteur lui a demandé quelques mois plus tôt d’y réfléchir.

Nous nous sommes mis d’accord sur les horaires d’accueil, Corinne ne travaillant pas le mercredi, je décide donc de reprendre à 80%, ce qui me permettrait aussi de proposer des activités extra scolaires à mes 2 grands. Mon chef valide.

Mais tout ne sera pas si simple…

Crédit photo : Pexels

Ça se complique…

Nous sommes fin novembre, je prépare Noël et fais des réserves de lait, parce qu’en janvier, le Luciole ne boira plus à mon sein en journée. Et là, au premier décembre, Corinne m’appelle, des larmes dans la voix. La PMI a refusé son extension d’agrément. Aucune explication, on attend le courrier, mais non, elle n’a pas le droit d’accueillir mon fils, et l’autre enfant qui l’attendait aussi. Elle est chamboulée, mais moi, je suis terrassée. Je reprends dans moins d’un mois, je dois organiser les 7 ans de ma fille, Noël, les vacances, ma reprise, et repartir à zéro dans ma quête de la nounou parfaite !

J’appelle le service petite enfance de ma ville, très remontée. « Désolée hein mais c’est pas nous qui délivrons les agréments, si ça lui a été refusé c’est par sécurité pour les enfants qu’elle garde ! » Très bien, mais moi je reprends le travail dans moins d’un mois. Je fais quoi?! « Je sais pas madame … Je peux envoyer un mail aux assistantes maternelles de ma liste, poser une annonce, et vous renvoyer la liste à jour, mais à part ça… »

Je suis scandalisée. Il y a de nombreuses assistantes maternelles dans la ville, oui ! Mais les agréments pour les nourrissons se donnent au compte goutte (elles peuvent rarement en accueillir plus de 2 en même temps) et évidemment, ils sont tous « remplis »! Toutes les professionnelles de ma ville n’ont de place que pour des enfants de 18 mois et plus ! Et on se paie le luxe de refuser un agrément à une assmat dynamique et motivée, quand à côté (j’en connais) on en laisse 4 à d’autres qui se contentent de laisser les enfants jouer sans proposer ni sorties ni activités, et où les lits s’entassent dans la même pièce ?

J’apprends de fil en aiguille que la PMI a ma nounou dans le pif. « Vous ne savez pas vous occuper d’un bébé » (ah bon? Pourquoi vous lui laissez ses 2 agréments nourrissons alors?) « Votre maison n’est pas adaptée » (de plain pied, une chambre par enfant, avec un vrai lit chacun…). C’est une guéguerre d’ego parce que Corinne ne se laisse pas faire. Et voilà. Je suis coincée.

J’ai l’impression de me noyer

Je passe 3 semaines à appeler des crèches, qui ont des berceaux oui oui! … Réservés aux entreprises. Il faut donc que mon patron devienne mécène de la crèche. Qu’il paye 5000€/an pour que mon bébé soit gardé, desquels à la rigueur il pourra déduire 50% en crédit d’impôt ou un truc comme ça. Et moi je dois payer par dessus une part conséquente ! C’est bien sûr hors de question, mon entreprise n’a pas les moyens de faire ça.

J’envoie des mails et des SMS aux assistantes maternelles qui sont notées comme disponibles sur le site de la caf. Rien à faire, soit le profil n’est pas à jour et en fait elles ne sont pas dispo, soit elles sont bien dispo mais pas pour un nourrisson.

J’en trouve finalement une, à l’autre bout du domaine où je vis mais enfin, on ne va pas faire la fine bouche. C’est indiqué qu’elle travaille de 8h30 à 18h, horaires négociables. Je lui envoie un message : j’ai besoin de quelqu’un d’urgence, et de 8h30 à 18h30, est-elle disponible ? Oui. Mais jusqu’à 18h. Bon, ça se négocie pas quoi. J’en parle à Corinne qui à côté remue aussi ciel et terre pour me trouver une collègue à elle qui pourra me dépanner. Elle me dit « ah non mais ça c’est pas un problème ! Je n’ai plus d’enfants à partir de 16h30, donc je peux récupérer votre fils a 17h et vous le garder jusqu’à votre retour ! »

Cette femme est un ange. Je recontacte l’autre. « Ah non, c’est trop compliqué. Puis c’est pas sain pour votre enfants d’avoir 2 référents dans la journée, c’est compliqué pour lui » (ah ? Mais ils font comment à la crèche alors ?) « Non mais c’est mon droit de refuser de travailler avec vous, vous n’allez pas me forcer non plus ! » Ah bah clairement, vu l’agressivité du message, ça n’engage pas à aller plus loin.

Et puis finalement, j’envoie un message à la nounou d’appoint du Lampion. Elle a son quota d’enfants, mais l’un d’eux rentre au pays tout janvier, elle peut me dépanner ce mois ci. OUF ! Je vais pouvoir reprendre le boulot tout en continuant mes recherches !

Et toi, tu as galéré avec ton mode de garde ? Veux-tu nous raconter tes déboires de nounous ? Envoie-nous ton témoignage !

18 commentaires sur “Quand on doit le faire garder

  1. Le recherche du mode de garde, une galère…

    Pour ma fille née en décembre, j’ai galéré à trouver un mode de garde pour mars. Les crèches, pas avant septembre… Quand j’appelais les nounous en août/septembre, elle ne voulait pas me garder une place pour mars. Heureusement, une nounou m’a rassurée en me disant qu’il y avait pas mal de nounou dans mon quartier et que c’était trop tôt. J’ai donc attendu la naissance de ma fille pour partir à la recherche d’une super nounou. Que j’ai trouvé !!

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  2. J’espère que tout s’est débloqué pour toi au mois de février… Que ta nounou Corinne a pu avoir son agrément supplémentaire ou que tu es trouvée une autre super nounou !

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  3. C’est d’un pratique cet accueil qui ne se fait qu’en septembre, après on se demande pourquoi la natalité baisse 😅

    Je crois que c’est pas le cas ici (je ne vis pas en France), mais même sans ça, c’est quand même la galère pour trouver des places aussi, il y a bien plus de demande que d’offre. J’ai eu la chance d’éviter ça avec ma fille née en septembre seulement parce que ma propre mère était assistante maternelle et m’a gardé une place pour février, mais sinon c’est aussi très compliqué (et comme le congé parental n’existe pas ici, assez peu de gens s’arrêtent plus que les 4,5 mois de congé maternité donc pas vraiment de solution autre que du bricolage si pas de place au bon moment). Du coup je suis impatiente (et un peu stressée pour vous) de savoir si la situation a pu se dénouer pour vous !

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    1. Tu en sauras plus la semaine prochaine ! Mais oui, j’ai l’impression que peu de pays ont une solution de garde convenable pour tout.te.s… merci de ton partage d’expérience ! (La chance d’avoir sa mamie nounou, ça n’a pas été difficile à gérer, le fait que tu l’emploie ?)

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      1. Oui c’est vraiment top, et non pas du tout, mais j’ai l’impression que c’est plus encadré par l’organisme qui emploie les assistantes maternelles que dans ta description ; normalement c’est lui qui attribue une assistante et pas les parents qui doivent les contacter eux-mêmes. Tout ce qui est financier passe aussi par eux. Donc on l’a employée, mais sans avoir l’impression de le faire, quelque part (ma maman recevait son salaire pour X enfants et nous on payait un moyen de garde – elle aurait préféré qu’on ne paie pas, mais nous on était contents de ne pas lui causer un manque à gagner avec le fait que notre fille « prenait » une place). En tout cas ça n’a posé aucun problème 🙂

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  4. Quelle galère !

    Je compatis, je suis de nouveau en plein dedans. La nounou qui avait gardé l’aîné nous a annoncé au changement de contrat qu’elle arrêtait l’année suivante. J’ai donc cherché avec un an d’avance, j’ai trouvé rapidement et j’étais contente. Et le mois dernier la nouvelle nounou m’a annoncé qu’elle déménageait.

    Et comme maintenant, tous les parents cherchent en même temps pour septembre, c’est la galère. Entre celle qui fait tout à pied (donc pas d’activités autres que les promenades), celle qui veut à tout prix 5j de garde, celle qui veut 45H sur 4j de garde, celle qui prend sa voiture pour faire 20km pour les activités (alors que notre ville est plutôt gâtée en activités…), celle qui ne cuisine pas les repas, celle qui veut un enfant plus jeune pour ne pas chercher un nouveau contrat de suite, bref, je n’en peux plus !

    Et la crèche, même pas la peine de s’inscrire, les listes d’attente sont longues comme un jour sans pain.

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    1. C’est infernal… Et encore je ne crois pas l’avoir précisé, mais dans mon lotissement (pourtant bien garni en ass mat), j’en ai la moitié qui ne travaillent qu’avec des enseignants car elles veulent leurs mercredis et vacances scolaires… Un enfer !

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  5. Pas de crèches ni équivalent là où je vis. Pas non plus d’assistante maternelle agréé.

    on peut déclarer des gens de maison ou garde d’enfants qui gardent chez elles ou chez nous.

    on a choisit l’option  » chez nous ».

    ca a un coût, c’est un sacré confort, nos 2 enfants ont eu la même personne et ça fait 6 ans qu’elle bosse pour nous.

    Afin qu’ils voient d’autres enfants, on a toujours trouvé un autre enfant du même âge gardé chez nous par notre nounou. Diminution du coût et copain tous les jours.

    ca suppose de supporter les autres enfants ( et leurs parents) chez soi. Même en repos, ma maison était toujours remplie.

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    1. Je pourrais pas 😅😅😅 d’autant que notre notion du rangement est particulière et que le ménage passe après les temps de loisirs (ça brille pas tous les jours quoi), donc vraiment pas une solution pour moi 😦

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      1. et bien justement pendant que les enfants dorment elle fait un bon coup de ménage 😁 bon c’était valable quand ils étaient petits, quand ils n’ont plus fait de sieste, elle avait moins de temps.

        après le plus  » pénible  » c’est qu’on travaille juste à côté de chez nous, donc on rentre manger et la nounou rentre manger chez elle, donc sur ma pause repas j’ai toujours eu mes enfants à gérer mais en soit ça ne me dérangeait pas et je trouvais bien qu’elle ait une vraie pause elle aussi

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  6. Han je ne pourrais pas non plus !!!

    En tout cas, mêmes galères que toi Chaperon Rouge pour mon petit troisième né en 2022, et on voit bien en lisant les commentaires que c’est vraiment un problème universel. Ici aussi, un énorme écart entre le nombre de places en crèche et le nombre d’enfants à garder dans ma ville. Un patron qui ne peut pas / veut pas payer une place en crèche d’entreprise. Et trèès difficile de trouver une assistante maternelle qui soit à proximité, avec des horaires satisfaisants, et qui ait les mêmes valeurs (il s’agit quand même de faire garder son bébé ! un minimum de confiance est indispensable. je me souviens par exemple d’un ass mat qui, alors que je lui expliquais que mon bébé était allaité, m’avait répondu « Ah non je ne supporte pas les fluides corporels » ; je me demande encore comment elle faisait pour changer les couches celle-là !).

    Bref le parcours du combattant ici aussi. J’ai fini par trouver la perle rare, tout s’est super bien passé pendant les premiers mois de garde, puis bim elle nous annonce qu’elle est enceinte. Et c’est reparti pour le calvaire ! (avec la contrainte en prime : trouver une assistante maternelle à temps plein, mais pour quelques mois seulement, en cours d’année scolaire…

    Bref je ne sais pas quoi te conseiller à part :

    • Réduire encore ton temps de travail ? (ne pas travailler les mercredis, mais en plus terminer plus tôt le soir. c’est ce que j’ai fait en tout cas. il y a une aide de la caf quand on réduit son temps de travail pour s’occuper de son enfant pendant les 2 premières années de l’enfant.
    • Dire à ta nounou en or d’apprendre à être hypocrite avec la PMI… J’ai remarqué ici aussi comme, systématiquement, les ass mat qui avaient du « répondant » étaient détestées par la PMI. Alors que les autres ne font pas mieux avec les enfants, c’est juste qu’elles mentent pour obtenir leur agrément… On marche sur la tête.

    Je te souhaite bien du courage ! Et j’espère qu’aujourd’hui, alors que nous sommes maintenant en mars, tu as trouvé une solution pérenne !

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    1. C’est fou cette guéguerre d’ego et l’abus de pouvoir de certaines PMi… Ça dessert plus qu’autre chose leur boulot !
      Je ne pouvais pas réduire + qu’à 80% et mon temps de trajet fait que bien que je quitte mon boulot a 16h30, j’arrive rarement avant 18h passée dans ma ville…

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  7. Ah la galère du mode de garde c’est parfois un sacré parcours du combattant. J’ai été un peu confronté à ça lorsque la première nounou de mon fils a décidée de prendre sa retraite et qu’on a dû trouvé une nouvelle assistante maternelle pour le 1er juin!. On a eu la chance de retrouver une nounou pour cette date grâce à des amis dont les enfants étaient gardés par cette dame et qui avait une petite qui déménageait pile à cette période. Ne parlons pas des places en crèche dans ma ville où l’attribution est hyper compacte au niveau des critères, ça ne facilite pas les recherches des familles. Après on s’étonne que la natalité baisse en France avec ce genre de bâtons dans les roues que crée le gouvernement en ne soutenant pas la politique familiale. J’espère que tu as pu trouvé une solution pour la garde de ton petit dernier et qu’il s’épanoui dans ce mode de garde.

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  8. Aïe une vraie galère.
    Pour notre aînée, née en janvier on nous avait dit que ça serait la galère de trouver un moyen de garde pour mai et finalement on avait trouvé facilement une nounou au top.
    Pour le second né en juin, on se disait que pour septembre ça serait encore plus facile. Et finalement non ! Nous n’avons trouvé aucune nounou dispo (alors qu’on s’y est pris tôt) pour nos horaires (7h45-18h15). On était désespérés et à réfléchir à prendre un congé parental quand finalement miracle : une place en crèche !

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  9. J’ai la chance d’habiter dans un pays où une place en crèche est garantie dès la fin du congé parental pour tous les enfants. J’ai énormément apprécié ce confort quand je voyais mes amis et ma famille stresser pour le mode de garde.

    Bon, ca ne nous empêche pas de nous plaindre qu’il y a des crèches moins bien que d’autre et surtout qu’on est parfois envoyé dans une crèche loin de chez nous.

    Mais tous les expats sont bien conscients de leur chance.

    J’espère que tu as pu trouver un bon mode de garde !

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