Deux maisons et un village – Partie 2

Deux maisons et un village – Partie 2

Quand le rythme de garde change…

Je continue mon article sur la garde alternée de Petit Viking, sept ans après notre séparation avec son papa. Dans le premier article je t’ai raconté notre communication ainsi que les évolutions de notre famille ces dernières années. Aujourd’hui je viens te parler de notre rythme de garde alternée et de la manière dont Petit Viking vit (et a vécu) les choses.

Très récemment, nous avons choisi de faire évoluer notre rythme de garde alternée. Petit Viking étant tout petit au moment de la séparation, nous n’avions pas opté pour un rythme classique une semaine / une semaine, mais pour un 2/2/5/5. Tu vas me dire : késaco ?

Je t’explique ce que ça donne : Petit Viking était toujours chez son papa les lundis et mardis soirs jusqu’au mercredi midi, puis avec moi du mercredi après-midi au jeudi soir. On alternait ensuite un week-end sur deux, du vendredi soir au lundi matin… ce qui donne 2 / 2 / 5 / 5 !

C’est un peu compliqué à expliquer mais c’est un rythme qui nous convenait bien notamment car nous avions nos « soirées fixes » et que nous ne restions jamais plus de cinq jours sans voir Petit Viking. De son côté il avait ses repères et ça fonctionnait très bien pour lui également. C’était un rythme assez « original » et ça interpellait parfois quand on en parlait autour de nous… mais finalement on a eu des collègues ou des ami.e.s qui se sont séparés et qui ont adopté aussi ce rythme là.

Pourtant ce rythme a atteint ses limites cette année — pour mon fils comme pour nous. Petit Viking grandissant, il avait tendance à s’emmêler un peu avec son emploi du temps et ses affaires (raquette de tennis le jeudi, sac de piscine pour l’école le vendredi, affaires de foot, cahiers et devoirs) : trop d’allers-retours, trop d’affaires à transporter, et autant de risques d’oublis. Avec l’entrée au collège qui approche, nous avons senti qu’il avait besoin de plus de stabilité.

Ce changement de rythme avait aussi pour objectif de simplifier notre organisation à cinq. En effet, Petit Renard, le fils de BAE (qui a le même âge que Petit Viking) est lui sur un rythme une semaine / une semaine. Les rythmes différents de garde alternée nous allaient bien au début, car cela nous permettait d’avoir du temps avec chaque garçon individuellement. Mais finalement, le temps le soir en semaine n’était pas forcément du temps de qualité où nous étions pleinement disponibles (surtout après l’arrivée de Petite Pieuvre). Et puis, les deux garçons s’entendant très bien, ils ont pris l’habitude d’être ensemble et tournent vite en rond quand l’autre n’est pas là. Finalement, c’est souvent plus simple d’en gérer deux qu’un seul !

Depuis quelques mois, nous testons donc un rythme plus classique d’une semaine sur deux pour tout le monde et ça fonctionne très bien. C’est moins « brouillon » pour tout le monde et comme une semaine ça peut parfois être long, en général on s’arrange pour faire quelque chose tous ensemble le mercredi avec son papa qui est en télétravail : un resto ou un plateau télé.

Concernant les vacances, nous nous sommes toujours arrangés « à la carte » avec son papa. Ça a parfois été compliqué car j’étais du genre à anticiper beaucoup et son papa… moins. Mais avec l’arrivée de la petite sœur, il a finalement eu besoin d’anticiper un peu plus aussi. Sur les petites vacances c’est en général assez simple : on s’arrange pour avoir les garçons la même semaine sauf contraintes particulières. En revanche pour l’été avec cinq co-parents en tout, les grands-parents et les éventuelles réservations ou inscriptions aux stages de foot, autant te dire qu’on sort le tableau Excel début janvier pour harmoniser tout ça. En général la répartition des semaines se fait assez facilement et après quelques déconvenues les années précédentes, on prend désormais le temps de bien se caler sur les transitions entre chaque période (pour ne pas réserver un avion le samedi matin quand le retour des vacances à la mer est prévu l’après-midi ;)). Bref, c’est un peu de logistique mais c’est une affaire qui roule !

Image Canva

Et Petit Viking dans tout ça ?

En sept ans, Petit Viking a déménagé six fois. Il a rencontré une belle-mère, un beau-père, un frère par alliance, et il est devenu deux fois grand frère. Il a dû s’adapter à plein de règles et de contraintes différentes. Au total, beaucoup de changements pour mon (plus si) petit garçon !

Ça n’a pas toujours été facile à gérer pour lui et il y a eu des périodes plus compliquées que d’autres. Vers ses 5–6 ans notamment, il a compris que les choses auraient pu être différentes. Il nous a beaucoup interrogés sur les raisons de la séparation. Toutes les « séparations » étaient compliquées, surtout avec moi. Partir chez son papa n’était pas toujours évident et il pleurait beaucoup. Cela le rendait triste de nous quitter et il verbalisait très clairement le fait que, si nous ne nous étions pas séparés, il serait tout le temps avec nous deux.

Il avait, à cette période, une forme de culpabilité à me laisser « seule » quand il était chez son papa. J’essayais de le rassurer en lui disant que je n’étais pas triste quand il était absent, qu’il me manquait mais que j’en profitais aussi pour faire plein de choses pour moi.

Nous avons toujours veillé à ne jamais minimiser ce qu’il ressentait. Nous n’avons jamais utilisé l’argument du « ok, on est séparés, mais au moins on s’entend bien, ça pourrait être pire ». Il avait le droit d’être triste, le droit d’être malheureux que nous soyons séparés. C’était normal. Nous lui avons expliqué que les choses étaient ainsi et qu’elles ne changeraient pas, mais que nous étions toujours là pour lui s’il avait besoin de parler.

Aujourd’hui, la séparation ne semble plus être un sujet douloureux pour lui. A bientôt dix ans, il s’adapte, prend le meilleur de chaque côté, est toujours content de nous retrouver, de retrouver son papa, ses petites sœurs. Il est très à l’aise pour expliquer sa situation familiale — et c’est souvent très drôle : « j’ai un frère qui a trois mois de plus que moi et deux petites sœurs ! ». Un petit garçon bien dans ses baskets et à l’aise avec sa configuration familiale. Il est aussi très lucide sur certains aspects. Je me dis quand même que ça ne doit pas être facile tout les jours d’avoir des règles différentes, parfois des discours ou même des valeurs qui changent d’une maison à l’autre… J’espère que ça développera son esprit critique et son individualité. Et je me console en me disant que, même dans les couples non-séparés, il peu parfois aussi y avoir des désaccords.

Deux maisons et un village

La séparation n’a pas été un long fleuve tranquille. Nous avons eu des hauts et des bas, des périodes plus compliquées que d’autres : la vie quoi. Mais sept ans après je suis fière. Fière de ce que nous avons construit pour notre petit garçon, fière de notre communication et de notre capacité à surmonter les désaccords et les agacements, fière de notre capacité à ajuster en permanence pour trouver un équilibre qui convienne à tout le monde.

L’année dernière, pour ses neufs ans, nous avons fêté son anniversaire tous ensemble, dans le jardin de notre nouvelle maison. Il avait autour de lui, pour souffler ses bougies , ses parents, ses beaux-parents et ses deux petites sœurs. Et j’ai trouvé ça vraiment magique ! 

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