Lettre de la France aux adultes de 29 ans
Introduction
Pour cet article, je voudrais me mettre dans la peau (ou presque…) de la personne chargée d’écrire la fameuse lettre aux jeunes adultes de 29 ans, qui est une des mesures du grand plan de Réarmement démographique du gouvernement français. Désolée par avance si la lecture t’est pénible à cause des nombreuses parenthèses, je n’ai pas trouvé d’autre façon d’exprimer le ton officiel VS (le ton officieux). Une excuse particulière pour toutes les personnes dys-, n’hésitez pas à partager vos idées pour rendre ce texte accessible s’il vous intéresse.

La lettre
Madame, Monsieur,
Vous atteindrez votre trentième année l’an prochain. Un moment-clé dans votre vie d’adulte. Savez-vous que la fertilité commence à baisser dès 30 ans (et bim, pression sociale 1 – insouciance 0 !) ?
S’il est dans vos projets de fonder une famille, rapprochez-vous d’un ou d’une gynécologue (si vous habitez dans une zone qui n’est pas un désert médical), d’un ou d’une sage-femme (oui, parce qu’il n’y a vraiment plus assez de gynécologues, alors on a augmenté les prérogatives des sage-femmes, en attendant qu’il y en ait à nouveau assez… ou pas) ou de votre médecin traitant (qui n’a pas assez de boulot comme ça de toute façon) pour lui poser vos questions.
Devenir parent est un très beau projet de vie. Dès la maternité (enfin, si vous habitez assez près d’une maternité, car il y a eu énormément de fermetures dans les dernières années, et la tendance n’est pas prête à s’inverser, et il y a donc un risque non négligeable que vous accouchiez chez vous), vous serez accompagnés par les aide-soignants et aide-soignantes, les puéricultrices et les infirmiers et infirmières (en tout cas, celles et ceux qui auront tenu le coup, car la revalorisation majeure de leurs salaires n’est pas à l’ordre du jour, malgré la pénibilité de leur travail).
Vous pourrez ensuite décider de rester avec votre enfant pour ses premiers mois, ou premières années de vie (seulement 400€ par mois dans ce dernier cas, donc faites les calculs : souvent, c’est vous Madame qui resterez à la maison, car votre salaire est toujours statistiquement le plus bas au sein du couple, et les inégalités homme/femme prennent en partie leur source à ce moment-là).
Sinon, vous pourrez compter sur les crèches (mouais), assistant(e)s parental(e)s ou assistant(e)s maternel(le)s (mouais bis, le métier n’attire plus des masses, et vous allez donc galérer à en trouver) pour prendre soin de votre enfant. Ces professionel(le)s de la petite enfance accompagneront vos enfants avec soin (pendant que vous irez au travail, où l’on attendra de vous que vous soyez aussi performants qu’avant, mais avec un sommeil tout sauf réparateur les premières années de vie de votre petit(e)) !
Une fois que votre enfant aura atteint 3 ans, félicitations ! Vous voici heureux parent d’un(e) petit(e) écolier(ère). Les professeur(e)s des écoles se feront une joie de les guider sur le chemin de la scolarité, en prenant en compte leurs talents et leurs besoins spécifiques (Non. A moins que vous tombiez sur une équipe enseignante au top, où chaque membre est formé sur ces sujets, et dispose du temps et des moyens nécessaires à l’accompagnement des profils qui ne rentrent pas dans le moule prévu par l’Education Nationale. Mais dans encore de trop nombreux cas, votre enfant aura un(e) enseignant(e) qui fera de son mieux, pas encore trop découragé(e) par les conditions de travail de son métier et par le système éducatif qui tire la langue de plus en plus chaque année.).
Les animateurs et animatrices prendront, quant à eux, en charge vos enfants sur les temps périscolaires (et ne prêtez pas attention aux scandales du moment sur les violences sexuelles dans ce contexte : à force de mal payer et mal considérer ces professionnel(le)s, l’Education Nationale tend à élargir ses critères de sélection pour assurer l’accueil des enfants… parfois à tort).
La Nation accorde une grande valeur à ses enfants et à leurs parents (mais pas au point de les laisser s’occuper exclusivement de leurs enfants durant les 1000 premiers jours de leur vie, le travail est plus important). Si vous avez pour projet de devenir père ou mère, ne tardez pas ! (pression sociale 2 – foutez-moi la paix 0). La France permet à chacun, quelle que soit son orientation sexuelle ou ses difficultés à procréer, d’embrasser la parentalité. Si vous avez besoin d’effectuer un parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA, ou Assistance Médicale à Procréation aujourd’hui), la Sécurité Sociale prendra en charge le coût de votre parcours à 100% (dans la limite de 6 inséminations et 4 tentatives de FIV : là encore, une grande valeur oui, mais pas à n’importe quel prix).
Vous pouvez également ouvrir votre foyer et votre cœur en adoptant un enfant. De nombreux mineurs sont en effet en attente d’une famille aimante (et leur situation dans les foyers de l’Aide Sociale à l’Enfance n’est pas des plus brillantes… là aussi, les fonds manquent et les inégalités se creusent).
En bref, les enfants sont au centre de la politique française et continueront de l’être dans les prochaines années (hem hem, sauf dans les transports en commun peut-être). Vous serez accompagné(e)s au quotidien et soutenu(e)s dans vos choix de parentalité (ou pas, un peu comme au Loto : on ne sait jamais à l’avance si on va vraiment gagner).
Comme vous pouvez le voir, rien ne s’oppose à votre envie d’enfant (et nous n’avons évidemment pas parlé de la question écologique, ni de la question économique, ce sont des sujets bien trop triviaux face au bonheur absolu de la parentalité).
Conclusion
J’avoue, cet article est très grincant, et ne présente absolument que le côté négatif de notre système actuel. J’avais besoin d’extérioriser un peu la colère que j’ai ressentie en entendant parler de cette initiative. Tout cet argent gâché dans une lettre à la limite de l’intrusion (informative, théoriquement, mais bon…), alors que tellement de choses mériteraient d’être financées en priorité. Bref, j’essaierai de me pencher sur les aspects positifs, ou mes recommandations sur la parentalité dans un prochain article, moins ironique et plus optimiste ! Mais si tu avais envie de râler aujourd’hui, hé bien, râle avec nous et utilise les commentaires pour déballer ce que tu as sur le cœur à propos de cette histoire de « réarmement démographique » ! 😉

J’ignorais ce projet de lettre gouvernementale, c’est pathétique et tu fais bien de souligner le revers de ce qui va sûrement être présenté! Une précision qui me semble importante cependant : ce n’est pas l’Education nationale qui recrute et gère le personnel du périscolaire, ce sont les communes !
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