Le grand saut de Ptit Loup

Le grand saut de Ptit Loup

Ce mois de septembre 2026, Ptit Loup fait son entrée en Grande Section. C’est une grande étape. En effet, si dans la plupart des écoles, le grand saut a lieu à l’entrée au primaire, dans celle de mes enfants, c’est en Grande Section que tout se passe.

Photo personnelle

Avec la Grande Section, fini l’étage de la maternelle, les parents qui emmènent et récupèrent directement en classe, l’absence de cartable. En Grande Section, on passe par la cours des grands, on monte à l’étage du primaire, on a un cartable et déjà un placement en bureau. Nos enfants ne sont plus tout à fait en maternelle sans être totalement en primaire encore.

Forcément, tous ces changements impliquent un nouveau rythme, et pour mon Ptit Loup en particulier, cela veut surtout dire devoir tout apprendre à nouveau.

Car en maternelle, les enfants gravitaient entre les deux classes de Petite et Moyenne Section, avaient leurs habitudes, leurs repères. C’était bien rodé finalement. Pour un enfant porteur de TSA, encore plus que pour les autres, tout est remis à zéro. Nous nous attendons donc déjà à un début d’année compliqué, surtout qu’il n’aura malheureusement pas, encore une fois, d’AESH présente pour l’épauler dès le départ.

Alors, à défaut de pouvoir supprimer toutes ces difficultés, nous essayons d’anticiper au maximum et de compenser avec les moyens dont nous disposons.

L’aide médicamenteuse

Dans un premier temps, sa pédopsychiatre a adapté au mieux son traitement médicamenteux.

Son traitement de fond pour les troubles du comportement est légèrement augmenté en période scolaire, et il est associé (si nécessaire) à une petite dose d’anxyolitique en fin de journée, pour adoucir la décharge post-école et réduire aussi l’angoisse de la séparation nocturne induite par la nécessité d’aller se coucher. Alors oui, à 5 ans, avoir un traitement de fond associant un neuroleptique et un anxiolytique peut paraitre énorme voire même disproportionné, mais chaque effondrement post-scolaire que subit Ptit Loup est plus délétère pour lui et pour notre famille qu’il n’y paraît. Sans ce traitement de fond, il est tout simplement inimaginable de maintenir Ptit Loup en milieu ordinaire ET à domicile car il devient un danger pour lui-même et pour les autres.

En parallèle, il a commencé un traitement pour son TDAH dès ses 5 ans révolus. Il a la dose minimale pour l’instant, et c’est suffisant pour l’effet recherché à savoir ralentir les flux parasites dans son cerveau. À l’arrivée, notre Ptit Loup nous rapporte que les journées sont plus faciles, son hypersensorialité étant diminuée. Avec le bruit qui le dérange moins et l’impulsivité qui est atténuée, non seulement il tenait plus longtemps sur le travail en autonomie en classe mais en plus il était bien moins vite fatigué. Nous avons pu supprimer la sieste de mi-journée sans récupérer un Ptit Loup complètement à plat et à cran en fin de journée. Cerise sur le gâteau, en mettant en place ce traitement, le sommeil de Ptit Loup a pris un tournant radical : moins épuisé, son cerveau profite plus des bienfaits du sommeil; les réveils nocturnes se sont petits à petits estompés, et il a également recommencé à grandir.

Mais les médicaments ne sont évidemment qu’une partie des adaptations mises en place. À l’école aussi, nous essayons d’alléger au maximum ce qui peut l’être.

Photo personnelle

Le projet d’accueil individualisé (PAI)

Du fait de ses troubles, Ptit Loup dispose d’un PAI scolaire afin de bénéficier d’un placement précis en classe, d’équipements spécifiques, mais surtout d’un aménagement du temps scolaire.

Le rythme en milieu ordinaire étant très coûteux pour lui, nous avons sur conseil de l’équipe pluridisciplinaire choisi de ne pas scolariser pour l’instant Ptit Loup à temps plein à l’école. Ainsi, en début de période scolaire, il aura une demi-journée de moins, en fin de période, il en aura deux en moins.

À cet aménagement du rythme viennent s’ajouter plusieurs petits outils destinés à l’aider à traverser sa journée plus sereinement.

Au cartable de Ptit Loup est accroché une routine en quatre étapes, pour lui permettre de se repérer dans la journée et faciliter les transitions. Pour le temps en classe, il aura également sur son bureau un support à pictogramme pour lui faciliter la compréhension des tâches. En association, il dispose d’un coussin ergonomique, d’un élastique aux pieds de sa chaise pour gérer son besoin constant de mouvement, d’une trousse sensorielle contenant un collier à mâcher pour les moments de grosses tensions, un petit fidget et des bouchons d’oreilles filtrant les sons. Enfin, derniers éléments indispensables pour lui, un petit timer, pour qu’il puisse visualiser le temps avant la prochaine étape, et un casque antibruit.

Ce sont beaucoup de petites choses, qui prises séparément peuvent sembler anodines, mais qui mises bout à bout peuvent faire une vraie différence dans ses journées.

Avec tout cela, associé à son environnement scolaire déjà très ritualisé, nous espérons réussir à atteindre un certain équilibre qui permette à Ptit Loup de continuer ses apprentissages en milieu scolaire ordinaire dans les meilleures conditions possibles.

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