Mon second accouchement : la naissance du têtard

Mon second accouchement : La Naissance du têtard

Dans mon précédent article, je t’ai laissé sur une première contraction plus forte que d’habitude et la certitude que ce n’est pas un faux travail. Je me mets sur le côté et je respire pour essayer de diminuer la douleur. Dix minutes plus tard, une seconde contraction arrive puis une troisième. Elles sont déjà bien régulières. J’ai du mal à rester allongée et je préfère me lever et tenter de faire des ronds sur le ballon.

Je vais prévenir mon mari que le départ à la maternité est peut-être pour dans peu de temps. Je le sens un peu stressé par cette annonce. J’appelle ma sœur pour qu’elle se prépare, elle aussi, elle va sans doute devoir venir garder le Choupi.

Je m’installe de nouveau sur le ballon et les contractions se rapprochent. J’en ai maintenant toutes les cinq minutes. J’ai l’impression d’en avoir des moins intenses au milieu et de ne jamais en voir le bout. On attend une demi-heure et je vais prendre une douche en attendant que mon mari ramène la voiture et ma sœur. Cela me soulage énormément, mais vu la régularité des contractions, je préfère que l’on n’attende pas trop pour aller à la maternité. Une fois tout le monde de retour, on charge la valise et on y va. Le trajet en voiture est court, mais très désagréable. Je n’arrive pas à trouver une position confortable dans laquelle les contractions ne me paraissent pas douloureuses et épuisantes. 

A notre arrivée, on me fait faire les examens de routine (il faudra m’expliquer pourquoi tu dois quand même faire pipi dans un gobelet alors que tu as déjà du mal à supporter la douleur) et je suis prise en charge assez rapidement par une sage-femme. Elle m’examine et m’annonce que je suis à 5. Victoire je n’ai pas mal pour rien ! Par contre, elle m’indique qu’il y a un léger souci de place et me parle de me transférer dans la maternité d’à côté (il s’agit juste d’un couloir à traverser). Les deux maternités me conviennent, mais je souhaite seulement que cela ne traîne pas trop, j’ai un peu peur de ne pas réussir à avoir ma péridurale.

Crédit photo : Déborah Lesage

Finalement, une salle de travail se libère et on m’installe. L’anesthésiste est appelé pour venir me poser la péridurale. Il arrive assez vite. Comme pour mon premier accouchement, la pose de la péridurale se passe sans problème et sans douleur. Je peux la doser comme je le souhaite.

La sage-femme m’examine une nouvelle fois, je suis à 7. Le têtard n’étant pas du tout engagé dans le bassin, elle me perce la poche des eaux pour l’aider à descendre. Je pense que vers 4h du matin, je suis à dilatation complète, mais le têtard est toujours bien haut. Comme tout va bien, la sage femme lui laisse 3h pour descendre dans le bassin. Elle me place dans des positions bizarres pour favoriser la descente. Cela marche bien même si je trouve le temps long et dans ces positions, la péridurale fait moins bien effet sur un côté. J’arrive quand même à gérer la douleur et j’accompagne mentalement chaque contraction en poussant dans ma tête. Il y a comme un effet relaxant et j’arrive même à dormir un peu.

Vers 7h, le coeur du bébé ralentit. La mère en carton que je suis, croyait qu’il s’agissait juste du capteur qui avait bougé. Tout plein de monde débarque dans la salle. La sage femme me dit que l’on s’installe et qu’il va falloir faire vite. J’ai un gros moment d’angoisse et puis je me concentre pour suivre ses indications. Je pousse trois ou quatre fois de toutes mes forces. A la cinquième fois, la sage femme me prévient qu’elle va devoir faire une épisiotomie pour que le bébé sorte (épisiotomie qui me posera un certain nombre de soucis par la suite, je viendrai te raconter). Et hop, elle me pose mon bébé sur moi. Mon petit têtard est né à 7h23.

Mon mari a été impressionné par la rapidité de la sortie. Il n’a presque pas eu le temps de réaliser que c’était déjà fini. Il faut dire que je me suis vraiment donnée à fond et que je l’ai bien payé pendant mon séjour à la maternité qui ne fut pas du tout reposant.

Après passage sur la balance, il s’est avéré que mon petit têtard n’était pas si petit avec un poids avoisinant les quatre kilos. Rien à voir avec la crevette qu’était son grand frère. Les vêtements en taille naissance n’ont pas été sortis de la valise, et ceux en taille un mois étaient très justes dans certaines marques.

Je n’ai pas voulu allaiter car j’avais trop de mauvais souvenirs avec mon aîné, mais j’ai quand même souhaité faire la tétée d’accueil et avoir un moment privilégié avec mon second fils. Cela m’a valu une réflexion pas très sympa de l’auxiliaire de puériculture, mais je l’ai laissée dire et je suis restée dans ma bulle. Au bout de quelques heures et un peu avant 11h, je suis montée dans ma chambre avec le têtard. Mon mari est rentré pour s’occuper de notre grand. Ils sont revenus dans l’après-midi pour la rencontre des deux frères. Ce fut un moment inoubliable et plein de douceur.

9 commentaires sur “Mon second accouchement : la naissance du têtard

  1. Une naissance bien intense en effet ! Pour ma 2e j’ai eu le même ressenti et la peur que tout s’emballe sans ayant d’avoir eu la péridurale.
    Pour ce qui est des naissances express pour cause de ralentissement du coeur du bébé, j’ai eu cela les deux fois. Mais l’essentiel est que tout le monde aille bien ensuite.
    Un beau récit plein d’émotions qui m’a replongé quelques temps en arrière.

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  2. Un très beau récit, riche en émotions. Il m’a replongé quelques temps en arrière.
    Une naissance intense, mais de beaux moments restés gravés

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  3. J’adore les récits d’accouchement ! On sent tellement la précipitation de la poussée dans ton article ! Je suis curieuse, c’était quoi la réflexion désagréable de la sage-femme sur la tétée d’accueil ?

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    1. J’avoue que la fin a été un peu précipitée !
      Pour le commentaire de l’auxiliaire, en fait le têtard a fait une très longue tétée d’accueil et quand elle est revenu dans la salle de naissance pour le mettre dans son berceau avant de monter en chambre, il était toujours au sein. Donc je lui ai dit qu’il avait pas fini et elle m’a dit d’un ton pas très agréable : « En même temps vu qu’il n’aura que ça, il en profite ».

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      1. Oh mais c’est horrible comme réflexion…. Franchement, ça me désespère, je ne sais pas si un jour on laissera enfin les jeunes mamans faire leurs propres choix sans porter de jugement ! Grrrrr !

        Aimé par 2 personnes

  4. Très beau récit. Ce n’est pas facile quand tout s’accélère et que la peur s’installe. Je suis contente que tu l’ais bien vécu au final.

    Team gros bébé, grosse épisio et problèmes a posteriori. J’espère que ca n’a pas duré longtemps après.

    Les remarques désagréables de la part du personnel soignant, ca m’énerve toujours. (Même si je sais qu’ils ne se rendent pas forcément toujours compte de l’impact sur les patients et qu’ils sont stressés.)

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis entrain de préparer un article sur mes soucis post accouchement et l’épisiotomie en particulier. Sujet pas très glamour mais je trouve qu’on a pas assez de témoignages là-dessus. Sans gâcher le futur article, j’ai souffert surtout au début, y a eu de légères complications mais tout est rentré dans l’ordre depuis. J’espère que de ton côté c’est aussi derrière toi.

      Aimé par 1 personne

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