L’art d’être mère

L’art d’être mère

Il y a ces moments charnières de la vie où tout ce qu’on croyait acquis vole en éclat. Des moments de doutes, voire de déboussolement. Ces moments où l’on se pose la question de façon récurrente « mais qu’ai-je donc fait ?! » J’ai vécu la maternité comme un de ces moments forts. Un moment à la fois transcendant et terriblement angoissant. Voilà les quelques mots que j’aurais souhaité entendre, il y a presque 8 ans de cela.

Crédit photo : Stocksnap

l’Amour

Les mères parfaites n’existent pas. Tu feras des erreurs. Lorsque tu les constateras parfois tu hausseras juste des épaules. Parfois, il te faudra davantage de temps pour les accepter. Ce n’est pas grave. Nous passons toutes par là. Ton enfant a avant tout besoin de ton amour. De tes bras pour le câliner, de tes lèvres pour l’embrasser, de ta voix pour le rassurer, de tes mots pour l’encourager. L’amour que tu portes à ton enfant est comme cette petite graine dans la terre. Elle prend son essor à la naissance, ou quelques temps après. Et chaque jour grandit davantage. Bientôt c’est un baobab que tu as dans le cœur. Cet amour inconditionnel est la preuve que tu n’es pas une maman défaillante. Peu importe tes erreurs.

la Patience

Les réveils nocturnes, les pleurs inexpliqués… être maman d’un nourrisson est éprouvant. Si tu le peux, essaye de gagner en patience. Tu auras besoin d’en avoir un bon stock. Lorsque ton bébé deviendra bambin, il te testera. Il deviendra un pro de la négociation. La crise du terrible 2 ? Éreintante ! L’horrible 3 ? Épuisante ! Et dire qu’après, il y a le fucking 4 !!! Sans patience, la mission devient impossible. Cultive cette denrée rare dès maintenant.

l’Indifférence

Sois indifférente. Pas à ton enfant, non. À tous les autres. À ta mère ou ta belle-mère pour commencer, qui te disent que de leur temps elles faisaient autrement (sous-entendu mieux, évidemment). Que tu devrais laisser bébé pleurer un peu plus longtemps parce qu’il va s’habituer à être porté. Ou que tu devrais arrêter d’essayer de trouver un compromis, puisque l’adulte doit commander et l’enfant obéir sans poser de question. Si tu ne les écoutes pas, tu vas en faire un monstre à l’adolescence…

Ton enfant, tes règles. Le seul qui peut juger l’éducation que tu donnes à ton enfant est celui avec lequel tu partages l’autorité parentale. Et ça peut être suffisamment compliqué comme ça. Alors tous les autres, ignore les. Et quand ils exagèrent, tu peux même les recadrer.

la Curiosité

Ceci étant dit, ça ne veut pas dire que tu dois rester campée dans tes positions. Le dialogue est toujours plein de richesses. Discuter sans pression avec des déjà mères, des futures mères peut te permettre de faire de jolies découvertes. Ne t’en prive surtout pas ! Ton enfant va grandir, tu vas évoluer. Écoute toutes les expériences dont tu pourrais avoir besoin pour t’accompagner sur ce chemin afin de ne garder que ce qui vous correspond, à toi et ton enfant.

l’Ingéniosité

Françoise t’a donné le truc imparable pour que bébé fasse ses nuits. Si si, je t’assure. Ça a marché avec ses sept enfants. Sauf que quand tu essayes, pleine d’espoir, c’est un cuisant échec. Bébé a bientôt 1 an, tu voudrais tant dormir. Ce qui fonctionne chez les enfants des autres, ne fonctionne pas forcément sur ton bébé. Et réciproquement. Alors tu tâtonnes, tu testes. Tu espères la solution miracle. Et chaque jour, tu tentes autre chose. Et enfin ce jour arrive où bébé dort, mange, marche et même mange des légumes. Est-ce le temps ? Tes tests ? Probablement un peu des deux. Et de toute façon ce n’est pas important. Quoi que ce soit c’est passé. (Et un nouveau défi t’attend).

la Non Comparaison

Tôt ou tard, tu vas rencontrer un Ferdinand. Il est le fils de ta cousine, de ton amie ou de ta voisine. Il a un âge comparable à l’âge de ton enfant : le sujet de discussion est tout trouvé ! En tant que mère, tu es fière de ton prodige. Ton interlocutrice l’est tout autant de son rejeton. Vous allez disserter sur leurs qualités, nombreuses. Leurs progrès, impressionnants. Et là, tu vas entendre, abasourdie « et hier soir, Ferdinand a dit maman ! ». Tu vas essayer de passer outre. Mais quand même. Ferdinand a 3 mois de moins que ton enfant. Et la prunelle de tes yeux commence à peine à ébaucher un « mama ».

Oh, je sais combien il est facile de l’écrire et combien il est difficile de le faire. Cependant, essaye de ne pas comparer ton enfant à ceux des autres. Chacun évolue à son rythme, avec ses forces et ses faiblesses. Tant que ton pédiatre ne t’alerte pas, c’est que tout va bien. Fais confiance à ton enfant. A 18 ans, personne ne se souviendra, qui de Ferdinand ou de ton enfant, a dit « maman » en premier.

l’Endurance

Certains te disent que tu pars pour 3 ans. D’autres vont te parler de 20 ans. Peu importe le nombre d’années, la seule certitude, c’est que la parentalité est une longue aventure. Tu auras parfois l’impression d’être en pleine tempête, d’avoir perdu la terre ferme. Et parfois, tes jambes seront solidement ancrées dans un somptueux jardin. C’est ainsi, la parentalité est faite de hauts et de bas. Il faut une certaine endurance pour ne pas s’y perdre.

l’Indulgence et la Gratitude

Mais, promis, l’aventure en vaut le coup. Tu ne seras pas une mère parfaite. Mais tu feras de ton mieux. Et pour cette raison tu seras la mère parfaite de ton enfant. N’oublie pas d’être indulgente envers toi-même… et envers le père de ton enfant. Et voir la prunelle de tes yeux rire, l’entendre te dire « je t’aime » ou l’embrasser le soir avant de te coucher… ce bonheur là vaut bien beaucoup d’ajustements et quelques sacrifices ! Être mère, c’est tout un Art. C’est surtout un cadeau formidable.

16 commentaires sur “L’art d’être mère

  1. C’est un bel article… La phrase sur l’amour inconditionnel me touche beaucoup. Je suis convaincue par tous les principes que tu énonces, mais… c’est encore dur 3 ans après le début du big-bang (rien de moins dans mon cas) de les appliquer tous sans y penser. J’ai encore du mal avec la non comparaison. Même en étant persuadée que tous les enfants évoluent à leur rythme, je ne peux pas m’empêcher d’être régulièrement inquiète. Sinon, c’est fou ce besoin de la génération de nos parents de nous expliquer en quoi leur façon de nous élever était plus sensée que la nôtre ! J’y ai encore eu droit ce week end avec ma voisine que j’adore (bon elle
    parlait de ses petits enfants mais je pouvais m’identifier 😅).
    Enfin, LE mot clé que je garde constamment en tête avec mes enfants et qui me sauve, c’est la persévérance, que tu évoques sous d’autres noms.

    J'aime

    1. Et je suis persuadée que ce sera encore dur dans 10 ans 😉 Mais en avoir conscience permet déjà de relativiser, non ?! Courage avec ces réflexions pénibles et intrusives !

      J'aime

  2. Il est est tellement vrai cette article et il me touche beaucoup !
    Comme Mélinda j’ai du mal encore à tout appliquer mais déjà sur ma seconde je me rends compte que j’ai gagné en assurance et cela se ressens aussi sur mon enfant.
    Quand à moi je pense que l’aventure de la parentalité ne finit jamais et que cet amour on le décuple juste un peu plus quand nos enfants découvre cette nouvelle aventure à leur tour.

    J'aime

    1. Je crois que personne ne peut tout appliquer 🙂 Mais je suis ravie de lire que tu a gagné en assurance pour ta 2ème. On progresse tous et toutes à notre rythme, enfants… comme parents !

      J'aime

  3. Oh merci pour cet article. J’aurai tellement voulu le lire et avoir tous ces conseils à la naissance de ma première. Cela m’aurait bien aidé moralement et à avoir plus d’assrurance.
    Einceinte de mon troisième, je vois les choses différement et avec plus de recul et de philosophie. Il fait du bien au moral.

    J'aime

    1. Je crois que moi aussi j’aurai aimé lire quelque chose comme ça pendant ma 1ère grossesse… et c’est bien pour ça que je l’ai écrit 😉 Bonne 3ème grossesse !!!

      J'aime

  4. La non-comparaison, cela reste mon gros point noir surtout pour mon aîné. J’ai énormément de mal à passer outre pour lui mais je pense que c’est lié à mon rapport à l’école de base et on va dire que la période de confinement ne m a pas du tout aidée à lâcher prise dessus.

    J'aime

  5. « Tant que ton pédiatre ne t’alerte pas, c’est que tout va bien. »…. pas sûre ! Moi, mon pédiatre, il m’affirmait que tout allait bien. Même lorsque moi, j’étais convaincue que quelque chose clochait. Mon pédiatre, lorsque je lui ai expliqué que mon fils refusait toute nourriture à part des pâtes et du saucisson et que je n’arrivais pas à diversifier sa nourriture, il m’a dit de ne pas m’inquiéter, de lui faire avaler des vitamines pour lui ouvrir l’appétit (alors que je n’avais jamais dit qu’il n’avait pas faim !!) et que ça irait mieux bientôt… Moi, mon pédiatre, lorsque je lui ai dit que mon fils jouait, certes, mais toujours et uniquement avec ses petites voitures et que ses petits sujets de discussion et d’intérêt c’était toujours et encore au sujet des voitures, il ne s’est pas inquiété… Résultat, à l’entrée au collège, ça a été l’implosion et le diagnostic est tombée : Autisme. Type Asperger.

    alors, le pédiatre, lui aussi parfois, il faut l’ignorer. Ce qu’il ne faut jamais ignorer, en revanche, c’est son instinct de mère !!

    J'aime

    1. Je suis désolée de lire que ton fils a été victime d’un tel retard de diagnostique… Je suis d’accord que parfois, il faut s’acharner pour être entendu par le corps médical. J’espère que maintenant, il bénéficie de l’accompagnement dont il a besoin.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s