Il faut tout un village pour élever un enfant

Il faut tout un village pour élever un enfant

Avant de te raconter la fin de ma grossesse de l’Élu – ou plus exactement mon accouchement – je tenais à faire une parenthèse dans mon récit, pour inaugurer ce nouveau blog. Enceinte, j’ai lu énormément de livres autour de la maternité et de la parentalité en général. Je savais donc déjà beaucoup de choses théoriques sur ce qui m’attendait en devenant maman… Mais une fois bébé là, j’ai très rapidement réalisé que le couple parental a besoin de s’appuyer sur toute une communauté pour élever son enfant. Ainsi, ce proverbe africain a pris tout son sens…

Crédit Photo : Leonard von Bibra

Le rôle de la sage-femme

Dès notre retour à la maison, un retour précoce puisque l’Élu avait à peine douze heures de vie, je me suis laissée porter par le soutien de ma sage-femme. Roselène est une sage-femme forte de plus de 40 ans d’expérience. Elle représente pour moi la Sagesse en ce qui concerne la maternité. Elle-même mère et grand-mère, elle transmet aux autres générations tout son savoir autour du prendre soin d’un nouveau-né mais aussi concernant le fameux post-partum, si intense et déroutant pour une jeune mère. Si beaucoup de choses me semblaient naturelles et évidentes avant de tenir l’Élu dans les bras, une fois présent, sans les précieux conseils de Roselène, mes débuts en tant que mère auraient sûrement été chaotiques. Grâce à elle, l’allaitement s’est mis en route en douceur, les premiers soins apportés à l’Élu ont été physiologiques et adaptés et avec mon mari nous avons survécu à la fameuse « nuit de la java » à laquelle nous n’étions absolument pas préparés ! Et de façon plus générale, nous avons été accompagnés et soutenus du début de la grossesse jusqu’à plusieurs mois après la naissance, par mon équipe de choc de sages-femmes de la Maison de naissance dans laquelle nous avons été suivis pour la grossesse de l’Élu. Sans toutes ces bonnes fées penchées au dessus du berceau de mon bébé, je ne serai pas la maman que je suis devenue.

L’expérience et le relais de nos proches

Dès les premières heures de vie de l’Élu, j’ai tenu à ce que ma mère soit présente à nos côtés. Elle est ainsi restée avec nous les 48 premières heures à la maison, avec mon beau-père. Cela m’a été d’une grande aide à la fois physique, car je n’ai rien fait d’autre que me reposer avec mon petit être tout neuf mais aussi psychique face au tourbillon hormonal et émotionnel qui m’a touchée. Bien qu’ayant des expériences très différentes de la maternité, son soutien m’est personnellement essentiel. Celui de mes amies également, que ce soit pour échanger autour d’une problématique, ou souffler en leur laissant notre bébé une heure le temps d’une sieste, etc. Prendre les conseils qui nous parlent et nous correspondent. Évacuer ses craintes, doutes et angoisses. Prendre du recul en évacuant la pression. M’entourer de proches bienveillants m’aide chaque jour dans mon rôle de mère et par conséquent aide aussi mon fils à bien grandir et s’épanouir. Je suis heureuse de le voir évoluer au milieu de notre cercle familial et amical, curieux et sociable, se sentant en sécurité avec eux. Il apprend des interactions qu’il a avec ses grands-parents, oncles, tantes, parrain, marraine, amis… Il se nourrit et s’enrichit de tout ce que lui apportent les habitants de notre Village, que nous avons construit ensemble en fondant une famille. Je trouve essentiel que mon enfant puisse bénéficier de l’expérience de ses grands-parents, que ce soient les grands-parents biologiques ou d’adoption quand on n’a plus de liens avec nos parents ou qu’ils sont décédés… Tout comme le rôle du parrain et de la marraine qui est, pour moi, très important dans la transmission de valeurs, de connaissances, de passions, etc. La transmission générationnelle est importante pour nos enfants.

Une communauté de mères

Si tu suivais déjà mes aventures sur le blog DMT, tu te souviens peut-être que j’ai reçu le mail m’informant que j’avais été retenue pour rejoindre l’équipe de chroniqueuses du blog, le jour où j’ai perdu les eaux. Ainsi, j’ai démarré mes premiers pas de jeune maman en tant que chroniqueuse, et vice versa. Mais, alors que je m’attendais à écrire « dans mon coin » les articles concernant ma grossesse et maternité, j’ai découvert que derrière le blog DMT se trouvait une véritable communauté soudée de mères et futures mères. Des mamans de nourrissons, de bambins, d’enfants, de pré-ados et ados… Des futures mamans enceintes ou en attente d’une adoption. Des mamans solo, des familles recomposées. Des mamans d’un, deux, trois, quatre enfants ou plus. Des mamans au foyer et des mamans au boulot. Une multitude de profils de mamans, autant de modèles éducatifs que de mères, bref de la diversité avec pourtant un point commun bien marqué : la Maternité. J’ai donc pu m’appuyer sur ce groupe de mères, de différentes façons… Que ce soit en demandant un remède de grand-mère radical et efficace pour les poussées dentaires, un avis sur l’achat utile ou inutile d’un équipement de puériculture, en bénéficiant de dons, trocs ou achats à petits prix de vêtements, en trouvant du soutien une nuit où bébé est inconsolable… Partager le quotidien d’autres mamans, d’enfants plus âgés ou du même âge que le mien… m’aide chaque jour à élever mon fils. Nos échanges de compétences et partages d’expérience font de cette communauté un village solide et bienveillant pour les mères que nous sommes.

Crédit photo : Free-Photo

Que ce soit avec des professionnels, des associations, des proches ou d’autres mères, j’ai constitué mon village en m’entourant des personnes bienveillantes et expérimentées pour m’aider à élever mon enfant. Je ne prends que ce qui me correspond et me rassure pour avancer sur le chemin merveilleux mais parfois angoissant de la parentalité. Grâce à toutes ces personnes qui ont apporté une pierre ou plusieurs à la construction de notre Village, mon fils grandit et s’épanouit sous nos yeux ébahis !

25 commentaires sur “Il faut tout un village pour élever un enfant

  1. C’est très bien résumé, surtout la partie sur le réseau de mamans et de futures mamans. Cela m’a beaucoup aidé de me sentir soutenue, comprise et moins seule à la naissance de ma grande.

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  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi !
    Moi qui pensait avant l’accouchement vouloir du temps pour créer ma bulle avec bébé et le papa, j’ai finalement adoré avoir mes parents et mes beaux parents tous les jours avec nous la première semaine. Quel soutien inestimable ! Et quel bonheur de voir mes parents avec mon bébé.

    Pour ce qui est du réseau de mamans, comme Charlène, ca m’a beaucoup aidé. En plus de me soutenir et de me conseiller, elles m’ont beaucoup diverti pendant les heures passées à faire rouler la poussette, les après midi au parc ou les moments à la maison à rien faire.

    Je rajouterai par contre, qu’il faut veiller à ne s’entourer qu’avec des personnes bienveillantes ! Ne ps hésiter à se débarrasser des autres ou au moins à les remettre à leur place.

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    1. Notre famille justement avait peur d’être trop présente mais on leur a bien fait comprendre l’aide non négligeable qu’ils nous apportaient ! Un vrai luxe !
      Et en effet, il faut savoir s’entourer des bonnes personnes !!! Sinon ça vire au cauchemar !

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  3. De notre côté, nous sommes particulièrement isolés et je pense que c’est pour ça qu’on a adoré pouvoir rester 5 jours à la maternité ! On était bien entouré et avec du soutien (merci encore à la puériculture qui m’a fait un câlin quand j’ai craqué !). Notre première visite de la famille a eu lieu au bout de 15 jours !
    Quoi qu’il en soit, je partage ce besoin d’être entourés et d’avoir du soutien bienveillant (pas culpabilisant comme mes parents !) et j’espère réussir à construire ce réseau de proximité si prochaine maternité il y a et dans tous les cas pour les nombreuses années que nous avons encore devant nous.

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  4. Pour la naissance de mon premier, nous étions en Angleterre. Qu’à cela ne tienne, nous avons malgré tout fait venir mes parents jusqu’à nous afin qu’ils soient présents pour me soutenir lors de mes premiers jours en tant que mère… Mais la vie en a décidé autrement. Mon petit bonhomme a tant tardé à pointer le bout de son nez que – outre le fait qu’il a fallut déclencher l’accouchement – le jour où je suis revenue chez moi a également été le jour où mes parents ont dû prendre leur vol retour… leur présence m’a manqué, certes, mais pas tant que ça en fait, surtout lorsque j’ai constaté que durant les quelques jours où je suis restée à la maternité (j’avais eu une déchirure qu’il fallait surveiller) personne – ni zhom, ni mes parents – ne s’étaient occupé des tâches courantes à la maison, en dehors de la maison ; et que, du coup, je me serais, de toute façon retrouvée à gérer mon nouveau-né et le ménage… Du soutien, point, donc. Et d’autant moins que Zhom était du genre à préserver son sommeil afin de ne surtout pas être trop fatigué au boulot et, donc, à me laisser me lever systématiquement la nuit afin de gérer notre nourrisson. Très isolée, j’ai fait face, seule, à mes doutes, mes craintes et ma fatigue. La seule concession, c’était lorsque je lui ai avoué avoir peur de donner le bain à notre fils et qu’il lui a donné son premier bain à la maison. Ensuite, malgré mon manque d’assurance, il a fallut que je me débrouille. Pire, sous le prétexte que notre enfant devait apprendre à gérer un peu la solitude et apprendre à ne pas nous appeler tout le temps, il m’interdisait d’aller le chercher lorsqu’il se mettait à pleurer. Il fallait que j’attende un certain temps, pour « faire comprendre à notre enfant que nous n’étions pas ses esclaves ». C’était un crève-coeur pour moi, mais puisque nos parents soutenaient la même position, je me forçait à attendre, jusqu’à ce que « ça soit suffisant »… avant d’enfin pouvoir aller chercher mon fils en larmes. Je n’ai eu accès que bien trop tard à des articles expliquant que ce n’était pas la bonne attitude à suivre, au contraire.

    Alors, oui, je confirme. Il faut être entourée. Mais parfois, le village, quand il est mal constitué, ben, ce n’est pas forcément mieux.

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    1. En effet, il faut trouver les bonnes personnes ressources, celles qui correspondent à nos attentes et nos besoins. Pour ma part, en plus du village, j’ai lu tellement de livres que je savais ce que je ne voulais pas pour mes enfants (tout comme pour la grossesse et l’accouchement d’ailleurs) … ça a d’ailleurs parfois été conflictuel (enfin gentiment conflictuel) avec nos parents qui justement n’ont pas du tout la même vision de l’éducation et ont parfois ressenti de la culpabilité ou du jugement d’avoir agit différemment avec nous, enfants.

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  5. Merci pour ce témoignage. Malheureusement il n’est pas toujours possible de s’entourer des grands parents et autres membres de la famille et une rupture de la transmission est parfois indispensable pour protéger bébé…

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    1. Tout à fait. Il est bien plus néfaste de garder des liens avec des personnes toxiques qu’être seuls. Après, l’idéal, c’est de construire soi-même son « village » et même si la transmission du savoir ne vient pas d’un parent, il peut venir d’amis ou de professionnels bienveillants qui apportent du réconfort et du soutien 🙂

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  6. D’accord à 100% ! J’avais demandé à ma maman de venir pour un moment après la naissance car je ne voulais pas rester uniquement avec mon bébé à la maison (la durée du permis des pères est une belle blague!) même si je l’aime très fort. C’était difficile car devant un tout petit bébé, c’était parfois compliqué pour elle de ne pas « dépasser » son rôle de grand-mère et pour moi de lâcher un peu de prise. Mais ça m’a vachement aidé à passer les premiers mois !
    Et pour le réseau des autres mères, j’ai pu découvrir plusieurs dans ma ville. ça fait du bien d’échanger nos expériences et d’écouter les autres, même si on ne prend pas tout ce qui est dit.

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    1. C’est comme au marché, on prend ce qui nous plait et nous intéresse 🙂
      Et je confirme, le congé paternité est vraiment ridicule, j’espère que ça va bientôt changer !

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  7. J’aurais aimé rencontrer une sage-femme comme la tienne pendant mon accouchement et mon post-partum 😊 mais cela dit, d’autres personnes m’ont apporté de précieux conseils qui m’ont beaucoup aidée dès les premiers jours. Nous avons la chance d’être très aidés par nos familles, et d’avoir des amis dans la même période que nous. Clairement je savoure cette chance de ne pas être seuls !

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    1. Oui, la sage-femme a joué un rôle primordial pour moi et c’est à nouveau le cas pour ma nouvelle grossesse (si ce n’est plus !)
      Et comme toi je m’estime chanceuse d’avoir un entourage familial et amical proche et disponible pour bien nous entourer !

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  8. De mon côté pas de parrain/marraine et des grands parents peu présents.. mais je garde un souvenir ému d’une consultante en lactation qui nous a bien soutenu dans cette première aventure, et par la suite sa pédiatre qui l’accompagne et ses puericultrices qui le font grandir ! J’aurais vraiment bien aimé avoir une communauté de mamans cela dit..

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  9. Pour ma seconde grossesse j’ai demandé à mes parents d’être là les premiers jours à la maison avec moi.
    C’était la meilleure décision de ma vie. Non seulement j’ai pu me consacrer à ma fille tout en étant chouchoutée moi même, mais en plus mes parents en gardent un super souvenir. Ils ont pu découvrir leur dernière petite fille tout à loisirs.

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  10. Tu es rentrée vraiment très vite à la maison ! C’est toujours le cas pour un accouchement en maison de naissance ?

    Et ta sage-femme a l’air top !

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    1. En maison de naissance, si bébé et maman vont bien, la sortie se fait entre 3 et 5h après l’accouchement. Moi je suis sortie au bout de 12h car finalement accouchement à la maternité et en pleine nuit, on a du attendre que la pédiatre voit le bébé … J’ai trouvé en tout cas plus reposant d’être à la maison !
      J’ai la chance d’être suivie par une équipe de sages-femmes vraiment géniales et qui font un peu partie de la famille maintenant !!

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