Celle qui rêvait du grand amour (1)

Celle qui rêvait du grand amour (1)

Bienvenue par ici, chère lectrice ! Tu ne me connais pas. Enfin si… un peu quand même. Mais sous un autre nom. J’ai voulu retrouver un peu d’anonymat tout en continuant à te conter ma petite vie bien remplie. Après tout, il s’agit d’une nouvelle aventure qui débute ici pour moi. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop.

Aujourd’hui, je vais partager avec toi quelque chose de très personnel. Et alors même que je m’apprête à débuter mon récit, je me rends compte à quel point cette partie de ma vie reste et restera sans doute très douloureuse.

Crédit photo : Dana Tentis

Mais commençons par le début de tout cela. Il te faut savoir que depuis toute petite, je suis une incorrigible romantique. J’ai toujours aimé les belles histoires d’amour. Entre mon hyper émotivité, mon empathie exacerbée et mon imagination débordante, je me suis toujours projetée sur une relation amoureuse idéale faite d’obstacles, de belles déclarations et de promesses de vie heureuse. Rien que ça !!! Très vite mes idéaux se sont heurtés à la vraie vie.

Au collège, je me sentais totalement en décalage émotionnel avec mes camarades de classe. Je me rends compte avec le recul que je manquais surtout de maturité affective. J’avais du mal à me lier durablement en amitié et j’étais particulièrement complexée, ne me trouvant ni jolie ni attirante, aux antipodes des autres filles qui plaisaient aux garçons. D’ailleurs, je n’ai pas vraiment le souvenir de qui que ce soit qui aurait voulu démarrer une relation amoureuse avec moi. 

Alors, dans une volonté d’être normale et de faire comme les autres, j’ai donné mon premier baiser au premier garçon qui avait bien voulu de moi. Ce baiser a été horrible. J’ai détesté au point de me rendre malade à l’idée de recommencer. Bien sûr, je me suis sentie une nouvelle fois anormale. Et pire que tout, je m’en suis énormément voulue d’avoir infligé cela à un pauvre garçon qui lui, semblait bien m’apprécier. Je me suis jurée de ne pas recommencer avant d’éprouver de vrais sentiments pour quelqu’un.

Le lycée n’a pas beaucoup amélioré mon estime de moi-même. J’ai dû faire face à beaucoup de difficultés affectives. J’ai accordé ma confiance et mon amitié aux mauvaises personnes. J’ai été harcelée et piétinée plusieurs fois sans jamais vraiment comprendre ce que j’avais fait pour le mériter. À cette époque, je me suis beaucoup renfermée sur moi-même. J’ai trouvé beaucoup de réconfort dans la lecture, et je te laisse deviner mes romans de prédilection… Évidemment, cela n’a fait qu’entretenir mes grands idéaux romantiques.

Et puis lors d’une soirée, j’ai rencontré un garçon, beau et ténébreux, le cliché du bad boy. J’ai eu un vrai crush comme on dit. Sans doute exacerbé par le fait que pour la première fois de ma vie quelqu’un me témoignait ouvertement de l’intérêt. La vérité, il essayait de rendre jalouse son ex copine et je te la fais courte, il ne s’est jamais rien passé à part dans ma tête. Cela a simplement renforcé la mauvaise estime que j’avais de moi-même.

Après le lycée, j’ai quitté ma région natale pour entrer à l’université. Étant donnés mes souvenirs d’adolescence, je n’avais pas beaucoup d’espoir concernant mes années universitaires. Je me trompais lourdement. J’y ai vécu les meilleurs moments de ma vie de jeune adulte, mais aussi les plus difficiles. Dans ce nouvel environnement, je suis restée celle que j’étais sans filtre, sans fard et curieusement, je n’ai eu aucun mal à lier des amitiés durables sur lesquelles je peux encore m’appuyer aujourd’hui.

Plus étonnant pour moi, je me suis mise à recevoir beaucoup d’attention des garçons. C’était tellement inédit, que la plupart du temps je ne m’en apercevais même pas, ce qui a donné quelques situations très désagréables pour la grande empathique que je suis.

Et puis, je l’ai rencontré Lui, un ami d’amis communs lors d’une fête. Je ne saurais te dire pourquoi, mais nous nous sommes tout de suite plu. À la fin de cette soirée, nous avions déjà une très belle complicité. Nous nous sommes revus seuls, mais aucun de nous n’a osé faire le premier pas. Nous ne nous pouvions pas nous voir très souvent n’habitant pas la même ville, mais nous nous écrivions quasi quotidiennement.

Et mes vieux démons m’ont rattrapée (maintenant, tu comprends enfin pourquoi je t’ai raconté tout le reste). J’ai pris peur et j’ai écrit des choses que je ne pensais pas vraiment, juste le fruit de nombreuses années de dévalorisation de soi. J’ai regretté aussitôt en recevant sa réponse. Nous n’avons pas eu trop de mal à nous éviter pendant quelques temps. Pour tout dire, j’avais très peur de le revoir, trouvant mon comportement méprisable et appréhendant le sien.

Je fais ici une pause dans mon récit, mais je reviens vite avec la suite.

12 commentaires sur “Celle qui rêvait du grand amour (1)

  1. C’est très étrange, j’ai l’impression de lire à peu de choses près ma propre vie, genre mon livre preféré ado c’était les souffrances du jeune Werther (et bon, tout Jane Austen aussi, dans un registe plus joyeux) haha ! Le décalage de maturité affective au collège c’est très dur, j’espère que tu n’en gardes pas de trop mauvais souvenirs, et je me réjouis de savoir si la suite a répondu à tes attentes en matière d’obstacles, déclarations et happy end, quel suspens !

    (PS : désolée si c’est direct, tu n’es pas obligée de me répondre, mais décalage affectif, hyper empathie… Tu ne serais pas un zèbre ? )

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    1. Tu vas être servie dans la seconde partie tu verras 😊

      Pour ta question, c’est très possible en effet. Je n’ai jamais fait le test car je n’en ressens plus le besoin. J’ai réussi à mettre des explications sur mes ressentis et cela me suffit pour le moment.

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  2. Bonjour Amélia,
    Si tu veux réellement conserver ton anonymat, modifie ta photo : on fait immédiatement le lien avec Les blogs précédents…
    Vivement la suite !

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    1. Anonymat sur internet c’est relatif.
      Je souhaitais que les lectrices régulières puissent me retrouver mais que mes écrits ne soient plus associer qu’à mon ancien pseudo. Et puis c’est sympa de changer et j’aime beaucoup mon nouveau pseudonyme.

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  3. Merci pour ton partage Amelia, je me reconnais bien dans ton récit (même si pour moi c’était plus difficile au collège qu’au lycée). J’ai hâte de lire la suite !

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  4. Je pense que j’aurais pu écrire à quelques détails prés la même histoire ! Les amitiés foireuses et traîtresses qui nous blessent au plus profond de nous-même… Dans ce tourbillon émotionnel j’ai eu la chance de découvrir dans le même temps les forums de discussion où je me suis liée avec des personnes qui sont aujourd’hui encore mon groupe d’amis, et que je côtoie désormais en vrai et non plus seulement en ligne. Comme toi j’ai également réussi a développer de belles amitiés en entrant à la fac, et qui sont encore d’actualité aujourd’hui. La période adolescente est vraiment une phase compliquée quand on n’arrive pas à trouver sa place…

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    1. Je n’en est pas parlé en effet, mais j’ai moi aussi lié plusieurs amitiés durables par le biais de blogs ou de forums de discussions (ne serait ce qu’en devenant chroniqueuse DMT ou simple lectrice sur MD).
      Mais clairement l’adolescence ne restera pas un merveilleux souvenir.

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  5. J’ai aussi souffert au collège parce que je n’étais pas populaire ou jolie comme l’étaient les filles qui plaisaient aux garçons.
    Au lycée par contre, je m’en suis totalement détaché et j’ai arrêté de vouloir ressembler à quelqu’un que je n’étais pas (je me souviens que les clips musicaux me faisaient beaucoup de mal à l’estime) et c’est quand j’ai commencé à vivre pour moi que tout est allé pour le mieux !
    Comme toi je suis une grand romantique et je me suis aussi fait beaucoup d’idées sur une relation.
    J’ai tellement hâte d’en savoir plus sur ton récit !

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    1. Merci de partager aussi.
      Mon problème c’était plutôt justement que la personne que j’étais au collège et au début du lycée me ressemblait mais elle ne m’attirait que des ennuis 😣
      Cela a commencé à s’améliorer en première mais j’étais dans une classe à majorité de garçons et c’est ce qui m’a sauvé.

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  6. Je me retrouve complètement dans ton témoignage jusqu’aux études supérieures. Ensuite, j’ai privilégié mes études et tout le travail que cela représentait physiquement, moralement et intellectuellement. J’ai laissé derrière moi toute relation sociale autre que professionnelle jusqu’à la fin de mes études, c’était ma façon de me protéger et de réussir.
    Hâte de lire la suite !

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