Comment surmonter la perte de son animal de compagnie

Comment surmonter la perte de son animal de compaGnie

Comme tu as pu le découvrir lors de ma présentation sur les réseaux sociaux ou bien dans ma bio de chroniqueuse, je suis une maman lapin complètement gaga de ma petite boule de poils depuis 7 ans.

Enfin… j’étais.

Car oui, malheureusement, entre l’écriture de ma bio et le lancement du blog, mon petit protégé s’est envolé au paradis des lapins rejoindre tous ses copains. Et je ne vais pas te mentir, il s’agit là de l’expérience la plus douloureuse de ma vie. La perte de mon lapichou, comme j’aimais l’appeler, est le premier deuil qui m’affecte autant. Ce que je vais te dire va peut-être te choquer mais c’est pourtant bien ma réalité, j’ai bien plus de peine en perdant mon lapin avec qui je passais énormément de temps, encore plus avec le confinement, que lorsque mes grands-parents nous ont quitté. Tout simplement car je n’étais pas proche du tout de ces derniers. J’étais très triste oui, pour mes parents et ma famille, mais je n’étais pas personnellement dévastée comme je le suis aujourd’hui. Et si je te livre toutes ces confidences, c’est bien parce que j’ai pu tristement constater que beaucoup de personnes ne comprennent pas à quel point la perte de notre animal de compagnie peut être douloureuse.

Crédit photo : photo personnelle

Les réactions des proches (et des moins proches)

En toute franchise, j’aurais peut-être moi-même fait partie de ces personnes il n’y a pas si longtemps. Je vais enfoncer une porte ouverte mais j’ai envie de dire que tant qu’on n’a pas vécu cette situation, on ne peut pas comprendre. J’adorais mon lapin et pourtant, jamais je n’aurais pensé pleurer en continu pendant quasiment une semaine après sa disparition.

Mon lapin faisait partie intégrante de notre famille, il était là pour notre mariage, il a vécu notre premier voyage, il nous a « aidés » pour notre déménagement dans notre maison, il a connu 2 Coupes du monde et il adorait regarder les matchs avec nous. Si on avait la possibilité d’ajouter son nom à notre carnet de famille, je le ferais sans hésiter.

Mais voilà, en 2020, en plus de la douleur liée à cette perte, je me suis aussi rendu compte qu’on doit faire face à une autre douleur, celle de la société qui ne reconnait pas vraiment l’impact émotionnel que génère le décès de notre compagnon. C’est certes un peu moins vrai pour les chiens et les chats, les plus représentés au sein des familles françaises, mais pour un lapin c’est autre chose, principalement du fait de la méconnaissance du caractère affectueux de ces animaux et des interactions de ces derniers avec ses maîtres. Si tu ne le savais pas, non, le lapin n’est pas heureux dans une cage, oui, il a besoin de liberté et oui, il me reconnaissait, il reconnaissait son nom et comprenait plein d’autres choses. Je communiquais vraiment avec lui, ce n’était pas juste une décoration mignonne dans ma maison. Ainsi, quand j’ai annoncé à ma famille et mes amis que notre petit lapin nous avait quittés, j’ai dû gérer des commentaires dont l’intention est loin d’être méchante mais qui m’ont blessés de par leur manque d’empathie. Le « bah, c’est qu’un lapin, tu n’as qu’à en prendre un autre » prononcé par un membre très proche de ma famille me reste encore en travers de la gorge.

De ce fait aussi, je ne me sens pas complètement légitime à pleurer mon lapin, ou du moins je sais d’avance que beaucoup de personnes ne comprendront pas, et donc je n’en ai même pas parlé à mes collègues les premiers jours, faisant comme si tout allait bien. Etant en télétravail, ça aide, je n’ai pas à cacher mes yeux rougis.

Et pourtant, comme toute personne qui traverse un moment pénible, j’avais besoin de soutien. Heureusement, j’ai pu trouver du réconfort auprès de personnes plus ou moins proches qui, ayant des animaux ou non ont su comprendre ma peine. Je remercie toutes celles et ceux qui ont pris le temps de prendre de mes nouvelles, ça m’a beaucoup touchée.

Et après ?

Notre lapin étant chez le vétérinaire lors de son décès, ces derniers nous ont proposé plusieurs options. Soit le reprendre et gérer ses « obsèques » nous-mêmes (la législation autorise l’enterrement des petits animaux dans son jardin), le faire incinérer en groupe avec d’autres animaux ou le faire incinérer seul, auquel cas nous pouvions récupérer ses cendres. Pour différentes raisons, nous avons opté pour l’incinération en groupe.

Nous sommes donc repassés chez le vétérinaire pour les formalités administratives et nous en avons profité pour dire au revoir à notre bébé d’amour. Ceci n’est absolument pas obligatoire. Là encore, avant, je pensais que je ne pourrais absolument pas voir mon lapin mort, je ne voulais pas garder cette image de lui en tête. Et pourtant, quand ça arrive, je voulais juste le revoir une dernière fois. Chacun fait comme il veut, c’est très personnel comme choix. De mon expérience, pouvoir lui dire au revoir m’a apaisée et m’a beaucoup aidée dans mon processus de deuil. Pour l’occasion, je lui avais écris une lettre qui, au même titre que cet article, m’a permis de mettre des mots sur ma peine et contribue à ne pas l’oublier, ma grande crainte.

Suite à cette étape importante, je n’ai pas voulu ranger toutes ses affaires tout de suite. J’avais l’impression de passer à autre chose, et je n’en avais pas envie. Je n’étais pas prête. Sa cage, sa couverture et ses jouets ont donc traîné un petit moment juste à côté de mon bureau car j’avais besoin de me souvenir de tous ces moments et ces petits rituels que j’avais instaurés. J’ai aussi passé beaucoup de temps les premiers jours à regrouper et regarder toutes les photos que j’avais prises de mon lapin et j’ai prévu de faire un petit album. Je suis bien contente d’avoir fait une petite session photo récemment pour avoir de beaux souvenirs de lui.

Et maintenant ?

A l’heure où je t’écris, un peu plus d’un mois vient de s’écouler depuis que mon lapin chéri est parti. Mon mari, tout autant affecté que moi par sa disparition, a de suite émis l’idée d’adopter un nouveau compagnon.

Je n’étais pas franchement pour, trouvant cela bien trop tôt à mon goût et avec les vacances d’été, je trouvais cela déraisonnable d’adopter un animal pour le laisser très rapidement chez des amis en garde lors de nos congés. Mais comme pour tout, un couple est fait de compromis, et je me suis finalement laissée attendrir par tous les lapins abandonnés qui ne demandent qu’une gentille famille et plein d’amour.

Depuis quelques jours, nous sommes ainsi les heureux parents, non pas d’un mais de deux lapins ! Deux fois plus de bêtises, mais aussi deux fois plus de câlins ! Une jolie lapine et un petit lapereau bélier déjà très attachants et joueurs qu’on a très envie de cajoler encore de longues années.

7 commentaires sur “Comment surmonter la perte de son animal de compagnie

  1. Bonjour Lola,

    J’apprécie beaucoup votre témoignage. J’ai 40 ans et comprends votre peine. Mes parents ont perdu au printemps une de leurs minettes, et cela les a dévastés. Et pourtant la grand mère est décédée en début d’année.
    Je pense que la société de consommation dans laquelle nous vivons n’admet pas l’idée que l’on puisse avoir du chagrin pour la perte d’un animal.
    Et pourtant… L’animal s’attache à nous de façon inconditionnelle.
    Je vous souhaite d’avancer avec votre époux et de profiter de vos deux lapins, qui ont sans conteste trouvé une bonne maison.

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour ton article si émouvant, et vraiment désolée pour la perte de ton lapin. J’ai moi-même un chat qui est la prunelle de mes yeux et cet article paraît au moment où il est bien malade pour la première fois faisant surgir la peur de le perdre.Ça fait du bien de savoir qu’on n’est pas seul à s’attacher autant à son animal car en effet dans l’entourage bien peu de personnes semblent le comprendre.

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  3. Merci pour cet article courageux qui aborde un sujet un peu « tabou ».
    Je t’avouerai que jusqu’à récemment j’aurai réagi de façon assez froide et objective. Je ne suis pas une fan des animaux et je n’en ai jamais eu chez moi. Et puis finalement, je me rend bien compte que les animaux de compagnie font vraiment partie de la famille et qu’il y a un vrai attachement. Je n’approuve pas quand un animal prend la place d’un humain (notamment d’un enfant) car je trouve ça exagéré. Mais je comprend tout à fait la peine associée à leur perte et le deuil qui doit être fait. Et pour être encore plus honnête, j’ai moi même été attachée (il y a longtemps de cela) à une peluche, et lorsque je l’ai perdue j’ai énormément pleuré. Tout le monde trouvait ça ridicule (et je comprend que ça paraisse ridicule !) mais ça n’enlève rien au fait que j’étais vraiment triste. Et c’est là que j’ai compris l’attachement qu’il pouvait y avoir entre un humain et un animal. De même, le chien de mes beaux-parents va bientôt mourir, et je suis quasi sure que je verserai une petite larme… alors que j’ai peur des chiens et ne m’en suis jamais occupée !

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    1. Je comprend ta peine et je t envoie plein de pensée.
      Nos animaux de compagnie sont comme des membres de nos familles et c est très dur lorsqu’on les perd.

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  4. Je partage ton ressenti. Ma famille et moi avons perdu notre chat à la fin du confinement. Il avait 19 ans… Mon frère et moi l’avions eu enfants, nous sommes adultes aujourd’hui, il a donc accompagné une grande partie de notre vie. Mes parents aussi étaient très tristes, mon père a beaucoup pleuré (pas facile de voir son père pleurer !). Aujourd’hui, on parle souvent de lui et de souvenirs qui lui sont associés, et j’ai une photo de lui dans mon appartement.
    Comme le dit très justement Mme Colombe, la société actuelle du tout jetable tout remplaçable ne peut peut-être pas comprendre ce ressenti… Et c’est dommage !

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  5. Les animaux sont des membres du foyer, une présence, un accompagnement, des oreilles attentives à nos maux… ils sont les témoins de nos vies, y participent parfois. Et puis évidemment qu’est-ce qu’on les aime nos boules de poils!!! Quand le chien de la famille est mort, j’étais déjà étudiante dans une autre ville, mais quand je reviens chez mes parents même des années après je ressens toujours un vide…

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