Attendre des jumeaux : qu’est-ce que ça change ? (1)

Attendre des jumeaux : qu’est-ce que ça change ? (1)

J’aurais envie de répondre « ça change tout » mais tu ne serais pas plus avancée !

Petite précision tout de même : ma grossesse est bi-choriale bi-amniotique. Cela veut dire que les jumeaux ont chacun leur poche et chacun leur placenta. En somme, ce sont de « faux-jumeaux » comme on dit dans le langage courant (ou jumeaux bi-bi pour les initiés !)

Les annonces

Quand nous avions annoncé ma première grossesse, nous n’avions pas forcément fait des annonces originales, par contre nous étions à chaque fois fébriles et pleins d’émotions. Que ce soit nos familles ou nos amis, nous avons eu des réactions plutôt enthousiastes, surprises (dans le bon sens du terme) et joyeuses dans l’ensemble. D’autant plus que Crapouillou a été le premier partout : dans ma famille, dans celle de Mr Solex, et dans la grande majorité de nos différents cercles d’amis.

Lorsqu’un an après la naissance de Crapouillou, nous avons annoncé l’arrivée du deuxième enfant, nous étions déjà moins au taquet pour les annonces. Et si tout le monde a été heureux pour nous, il n’y a pas eu de grandes effusions ou de grande surprise comme la première fois. Tout le monde s’y attendait plus ou moins (même si certains ne l’attendaient pas aussi tôt).

Alors pour la troisième grossesse, j’imaginais quelque chose de très banal, d’autant plus que cela faisait trois ans que nous ne cachions pas qu’il y aurait sans doute un troisième enfant un jour.

MAIS, pour le coup, quand tu annonces qu’il y a deux bébés, ça fait son petit effet ! Généralement nous avons fait les annonces en deux temps, ce qui donnait à peu près ceci :

– Bon, sinon on a deux choses à vous dire : Mme Vélo est enceinte…

– Oh génial ! Félicitations ! (s’ensuivent parfois quelques questions)

– Et du coup, la deuxième nouvelle, c’est qu’il y a deux bébés…

*réactions de surprise la plus totale, différente selon la personnalité de l’interlocuteur !*

Au moins, l’annonce de ma troisième grossesse n’aura pas été insignifiante et les gens s’en souviendront !

Crédit photo : photos personnelles
Notre annonce « visuelle » après avoir fait les annonces téléphoniques. Tu vois, je reste dans le thème !

La taille du ventre

Tu as pu le voir dans mon précédent article, mon ventre a grossi très vite et est très vite devenu très très volumineux.

Avant la première échographie, il était déjà bien sorti. J’ai attribué ça au fait que ce soit une troisième grossesse. Après, j’ai compris !

A trois mois, j’avais un ventre de quatre mois. A quatre mois, j’avais un ventre de six mois et les gens dans la rue me laissaient déjà leur place dans une queue. A cinq mois, on aurait dit que j’étais facilement à sept mois de grossesse. Et à six mois, je donnais l’impression d’être sur le point d’accoucher. J’avais peur pour les deux mois suivants…

Le suivi médical

Alors évidemment, le suivi n’a pas pu se faire par une sage-femme libérale comme pour mes deux premières grossesses. La grossesse étant catégorisée « à risque », le suivi doit être assuré par un/une gynécologue.

Vu le contexte de l’épidémie du COVID-19, ma sage-femme a jugé plus prudent d’éviter de m’envoyer tout de suite à l’hôpital pour mon suivi mensuel, et m’a plutôt recommandé une gynécologue de ville proche de chez moi. Cette gynéco ne m’aura vue que trois fois puisqu’à partir du septième mois, il est nécessaire d’être suivie à l’hôpital (puisque j’ai choisi d’accoucher au CHU).

Tout à fait entre nous, je n’ai pas vraiment compris la plus-value de ce suivi par une gynécologue par rapport au suivi par une sage-femme. Peut-être parce que médicalement, tout allait bien pendant ces trois mois de suivi. Mais j’ai trouvé qu’elle était même moins attentive, moins précautionneuse, moins rigoureuse, que ce que j’avais connu jusque-là. Quelques questions, une écho rapide et en 10-15 minutes, c’était plié. Une sage-femme aurait pu largement faire le job.

A l’heure où je t’écris, je n’ai pas encore eu mon rendez-vous du septième mois avec le gynécologue de l’hôpital. Je t’en parlerai donc plus tard.

Enfin, ce qui est nouveau également, c’est le suivi échographique tous les mois. Pour les échographies, je me suis tournée vers un sage-femme échographe qui tient son cabinet d’échographie en ville. J’ai même de la chance, il est plutôt renommé et en plus il est expérimenté pour les suivis de grossesse gémellaire. Tous les mois, j’ai donc une échographie morphologique complète qui s’attarde sur chaque bébé. Il mesure également la différence de poids entre les deux bébés, ainsi que la longueur de mon col. Si un des bébés venait à avoir un retard de développement, si l’écart de poids entre les deux venait à être trop important (il y en a toujours un plus gros que l’autre, mais ça ne doit pas dépasser un certain pourcentage), ou si mon col se présentait trop court par rapport au terme, le suivi deviendrait alors plus intense, avec une menace réelle d’accouchement prématuré.

Les symptômes de grossesse

Autant les trois-quatre premières semaines se sont très bien passées, autant à partir de mi-janvier, j’ai commencé à ressentir une énorme fatigue et de forts dégoûts alimentaires associés à de fortes nausées. J’ai trouvé que c’était plus fort cette fois-ci que les deux premières fois. Tout ceci s’est atténué début mars, pendant trois semaines. Puis j’ai eu une rechute, que j’appelle le « pic de la fin du troisième mois » qui m’a complètement clouée au lit pendant 5 jours. Couplé à un rhume carabiné, je suis restée au lit sans pouvoir manger, en dormant très mal, et sans pouvoir ne rien faire d’autre que comater. Heureusement que je n’ai pas eu de fièvre, sinon j’aurais cru être atteinte du coronavirus (on était au début du confinement à ce moment-là) !

J’ai également eu, lors de ce premier trimestre, des douleurs au dos, que j’ai identifiées toute seule comme une « sciatique de grossesse ». Chose que je n’avais pas connue les deux premières fois. Heureusement, un super article de Mélinda sur DMT m’a aidée à trouver des postures pour me soulager et ces douleurs ont fini par disparaître complètement.

Quant aux autres symptômes, ils sont tous apparus plus tôt que pour mes autres grossesses : gencives qui saignent lors du brossage de dents, saignements de nez, douleurs ligamentaires, insomnies, sueurs nocturnes, remontées acides, vergetures, etc.

Le terme pour l’accouchement

Je ne t’apprends sans doute rien quand je te dis qu’un terme de grossesse en France va jusqu’à 41 semaines d’aménorrhées (SA). En réalité, le bébé est prêt à sortir sans danger à partir de 37 SA.

La nature étant bien faite, il paraît que les jumeaux sont prêts plus tôt que les singletons, c’est-à-dire dès 36 SA. De plus, les risques liés à un utérus trop distendu ont amené les médecins à décider qu’une grossesse gémellaire ne doit pas dépasser 39 SA.

Ce qui me laisse donc une fenêtre entre 36 ou 37 SA et 39 SA pour limiter au maximum les risques pour les bébés ou pour moi. Soit un terme quasiment un mois plus tôt que prévu, quand je pensais encore naïvement n’avoir qu’un seul bébé dans mon ventre.

Les risques de prématurité

50% des jumeaux naissent prématurés. C’est un chiffre énorme. J’ai quand même la chance d’avoir des jumeaux bi-bi, ce qui diminue le risque, tandis qu’il est à son maximum pour une grossesse mono-mono (= des « vrais » jumeaux).

Il n’empêche que ça implique non seulement d’être rattachée à une maternité de niveau 3 mais en plus d’être hyper vigilante sur ma fatigue physique. Je l’entends de partout : je dois me ménager. Ce qui donne des discours qui me rendent un peu schizophrène : à la fois, je suis surveillée comme du lait sur le feu, notamment au niveau de mon col, et à la fois on me parle de déclenchement vers 38 ou 39 SA. J’avoue que psychologiquement, j’ai un peu du mal à me situer, je me retrouve en manque de repère stable et rassurant. Il est loin le temps où je pouvais simplement répondre une date fixe quand on me demandait pour quand est prévu bébé !

Crédit photo : Matthew Henry

L’accouchement

J’en ai déjà un peu parlé dans mon précédent article, que j’ai écrit le lendemain de mon premier rendez-vous de préparation à la naissance, justement dédié à l’accouchement en lui-même.

Pour la faire courte :

  • Risques de césarienne décuplés
  • Accouchement au bloc opératoire et non pas en salle de naissance. Histoire d’être sur place si ça devait mal tourner.
  • Accouchement du premier bébé (J1 dans le jargon médical) quasiment normalement. A condition qu’il soit tête en bas, sinon l’équipe panique.
  • Surveillance par doppler tout au long de l’accouchement
  • Accouchement du deuxième bébé hyper stressant. Les études ont apparemment montré que plus J2 sort vite et mieux il se porte. Les gynécologues ont donc très souvent recours à une version par manœuvre interne et une grande extraction. Grosso modo, ils vont chercher J2 dans l’utérus, lui attrapent un pied ou les deux, le tournent, et le font sortir par les pieds (comme un accouchement par le siège complet). Si le bébé a eu la mauvaise idée de « glisser » et de se mettre en transverse parce qu’il s’est retrouvé dans une piscine trop grande pour lui lors de la sortie de J1, on a aussi droit à une version par manœuvre externe avant celle par manœuvre interne.
  • Risques accrus d’hémorragie de la délivrance et de révision utérine car il y a deux placentas à sortir.
  • Retour en salle de naissance après la délivrance, et surveillance.

Voilà voilà. Je vais aujourd’hui m’abstenir de tout commentaire personnel sur ce point. Au moins, je suis prévenue.

Et ça change plein d’autres choses encore… j’y reviendrai plus tard !

9 commentaires sur “Attendre des jumeaux : qu’est-ce que ça change ? (1)

  1. Jusqu’à l’accouchement, je trouvais que ça allait …. bonne chance à toi, tu dois être soit en plein dedans soit pour bientôt, je croise les doigts pour vous trois.
    (J’aime vraiment beaucoup votre visuel d’annonce 😉 )

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  2. Merci pour ton article.
    Pour les futures mamans qui se poseront la question, les SF sont habilitées à suivre les grossesses bi bi à condition qu’un gynécologue voit la future maman au moins une fois durant ce suivi. Il est possible de coupler un suivi gynéco/SF surtout que comme tu l’expliques bien, quand la grossesse se déroule bien le contenu des consultations est similaire à celui du suivi de grossesse unique: prise de poids, tension, écoute des cœurs etc

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  3. Comme toi j’ai eu 2 grossesses suivies par une sage-femme et accouchements sans péridurale, ça doit être bizarre de changer complètement de prise en charge pour une 3e grossesse. J’espère que tout va bien se passer pour toi et tes bébés et te souhaite un bel accouchement !

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  4. Que de nouvelles choses à apprendre et prendre en compte..! Courage à vous! C’est peut être une bête question mais au vu des risques à l’accouchement, est-ce que les médecins ne recommandent pas une césarienne programmée du coup..?

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    1. Les médecins aiment bien quand c’est programmé lorsqu’il s’agit d’un accouchement de jumeaux. Pas forcément une césarienne, mais au moins un déclenchement. Il faut une telle équipe au moment de l’accouchement !

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  5. Les médecins aiment bien quand c’est programmé lorsqu’il s’agit d’un accouchement de jumeaux. Pas forcément une césarienne, mais au moins un déclenchement. Il faut une telle équipe au moment de l’accouchement !

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