Concours – la participation de Pline la Jeune

Concours – la participation de Pline la Jeune

Hiver

C’est toujours au plus froid de la saison que se pointe la nouvelle année. Discrète, elle se rapproche doucement tandis que le froid se met à son aise. Et puis soudain, dans l’obscurité la plus totale, elle est là. La nouvelle vie commence toujours par une mort. Rien n’a changé, mais tout est différent. La nouveauté fait rêver à quelque chose de meilleur. Le monde sort de son engourdissement, secoue la poussière de 2019. Un nouveau chiffre sur le calendrier, une nouvelle dizaine même. La certitude que cette fois-ci, la vie va vraiment commencer. C’est sûr, tout sera mieux qu’avant.

Nous, jeunes mariés de quelques mois, nous savourons ce premier passage dans une autre époque à deux : s’ouvre devant nous un temps plein de promesses. Qui sait quelle merveilleuse aventure nous arrivera, quels voyages extraordinaires nous entreprendrons, quel futur se dessinera devant nous ?

2020, c’est une année qui sonne bien.

Printemps

Premiers jours de printemps, premières grandes frustrations. Il y a comme quelque chose dans cette symphonie pastorale qui cloche. Un je-ne-sais-quoi qui sonne faux. Comme l’enfant découvre qu’il ne peut tout exiger de sa mère, l’Homme se retrouve impuissamment démuni face aux tribulations de la nature.

Fatale fatalité, coup cruel du destin. Que faire, que penser, quand nos libertés se réduisent comme une peau de chagrin ? Porter le fauteur de troubles respiratoires devant les tribunaux ? Stériliser le monde à pluies de gel ? Fêter le carnaval avant l’heure, organiser de grands bals masqués ? Ou alors, quitter nos illusions désillusionnées, inventer une nouvelle manière de vivre, réapprendre à aimer. La vie, c’est un peu une mort à soi-même, à ce qui en nous est néfaste.

Nous, jeunes pèlerins de l’existence, descendons du train qui s’est arrêté au milieu des rails et continuons le chemin à pieds. Un certain temps, temps incertain, on doute de ce qui hier était certain. Dans quelle humanité nous a-t-on mis ? Était-ce donc cela la grande aventure de l’année ? C’est sûr, dans quelques mois tout sera passé, et quand l’été arrivera, l’année pourra vraiment commencer.

Été

Une respiration. La vague nous a jetés sur le rivage désert. Elle se retire et enfin la terre ferme se fait sentir sous nos pieds. Un regard en arrière : l’océan semble si calme. Et soudain, tout reprend vie. Pourtant, c’est à peine si l’on ose poser un pied devant l’autre, tant on a pris l’habitude de reculer. La mort nous rappelle à la vie. Bas les masques ! Il est temps de se découvrir vraiment. Au large ! Nous voulons de l’air, nous voulons visiter nos familles, nous voulons profiter de l’existence. 2020, tu es étrange, la plus étrange des vingt-trois années que nous avons vécues.

Nous, jeunes amoureux qui découvrons la vie à deux, nageons entre deux eaux, entre eau bénite et eau salée, entre douceur et amertume. La vague a créé des creux dans le sable, mais chaque espace libre est comblé par d’autres préoccupations : la famille, les études, le futur… D’ailleurs, serons-nous un jour demain ? Nous nous prenons à rêver de la fin d’aujourd’hui.

Ne pas écouter les discours apocalyptiques, profiter de chaque petit plaisir, aimer à se donner tout entier… Ou vaut-il mieux attendre demain que l’avenir soit plus certain ?

Crédit photo : pxhere

Automne

Rien n’est plus sûr que l’écoulement des saisons. Après la pluie, le beau temps. Mais qui sait combien il se fera attendre, si son retour ne sera pas qu’éphémère, si on agira au bon moment, si ce n’était pas mieux hier ? Le monde est prisonnier d’un temps qui lui échappe.

Et nous, jeunes adultes pleins d’idéaux, voilà déjà un an que nous sommes mariés. Qu’avons-nous fait ? Cela est futile. Comment avons-nous vécu, que restera-t-il de cette année ? Là est l’essentiel. Sur le tableau, une vague semble avoir tout englouti. En 2020, elle portait le nom d’un virus. Mais l’an prochain, quelle forme prendra-t-elle ?

C’est sous la vague, sur le sable, parfois légèrement enfouis, que se trouvent les trésors que nous garderons ; joie, soutien, confiance. Et par-dessus tout, l’Amour, celui qui a tenu notre cap, qui nous a unis même avec ceux qui étaient loins, celui qui transforme notre regard sur le monde. Alors nous cueillons ces trésors de l’année et nous avançons, sans illusion ni appréhension.

2021 ne nous prendra pas par surprise.

Notre nouvelle vie, elle commence aujourd’hui.

4 commentaires sur “Concours – la participation de Pline la Jeune

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