Je suis conseillère emploi

Je suis conseillère emploi

Si tout se passe bien professionnellement pour toi et que tu n’envisages pas de reconversion, tu n’auras sans doute jamais affaire à moi.

Je suis conseillère en insertion professionnelle au sein du premier acteur du retour à l’emploi en France. Succinctement, j’accompagne les personnes dans leurs projets de retour à l’emploi et d’évolution professionnelle. C’est-à-dire que je suis là pour accompagner, écouter, répondre aux sollicitations, alerter, remobiliser… tout ça dans un objectif de recherche d’emploi.

Mon quotidien est varié, c’est d’ailleurs ce qui me plaît : je navigue entre accueil et renseignement des demandeurs d’emploi à l’agence, permanence téléphonique, inscription des nouveaux demandeurs, et accompagnement de ceux qui sont dans mon portefeuille. Si sur les papiers les tâches sont les mêmes, dans les faits, sur une journée d’accompagnement, les 7 à 8 entretiens que je vais faire passer seront tous différents : les situations personnelles des demandeurs d’emploi sont toutes différentes et m’obligent à réinventer des solutions et des manières d’accompagner pour chaque personne qui entre dans mon bureau.

Des sciences humaines aux ressources humaines

Je ne te cacherai pas que je n’ai pas toujours rêvé de ce métier, je ne l’ai d’ailleurs découvert qu’assez récemment.

Après mon bac, j’ai entrepris des études de philosophie, un peu par passion, un peu par esprit de contradiction, et un peu parce que je ne savais pas trop où aller. Je me rêvais chercheuse en sciences humaines, thésarde, autrice… mais pas prof.

Avec le temps, j’ai découvert que tout cela était bien beau, mais que ce qui m’intéressait vraiment c’était les personnes, et notamment les personnes et leur développement professionnel. J’ai donc fait un saut de puce de la philosophie aux ressources humaines en passant par une école de commerce.

J’ai atterri un peu par intérêt, un peu par opportunité, dans la formation professionnelle et l’accompagnement du changement. J’y ai travaillé 8 ans dans différents environnements : cabinet de conseil, grand groupe, plus petit groupe, distribution, luxe, industrie…

Crédit photo : Gustavo Fring

Et puis la lassitude

Avec le temps, j’ai commencé à moins voir le sens de mon métier, je me sentais prise en sandwich entre les salariés et l’entreprise, bref je n’y arrivais plus. Je n’y arrivais tellement plus que le jour où mon contrat s’est terminé, ma réaction la plus immédiate a été de me dire que je ne referai plus ce métier.

J’ai donc repris les conclusions d’un bilan de compétences, et ce qui m’avait conduit aux métiers des ressources humaines : la volonté de permettre aux personnes d’être bien dans leur emploi. Avec ça, il y avait plusieurs possibilités, atteignables avec ou sans formation, et c’est après avoir dessiné un schéma logique pour évacuer les solutions qui ne me plaisaient pas et faire le point sur ce qu’impliquaient celles qui me plaisaient, que je suis tombée sur le métier de conseiller en évolution professionnelle.

À dire vrai, j’avais envisagé dans un premier temps de me mettre à mon compte et d’accompagner plutôt des salariés en reconversion dans le cadre de bilans de compétences, mais il aurait fallu d’abord être sûre de ma voie, et ensuite passer le DU bilans de compétences et bilans de carrière, nécessaire aujourd’hui pour s’installer en tant que conseiller en bilans de compétences. Étapes par étapes, j’ai donc creusé la voie du salariat pour arriver au poste que j’occupe aujourd’hui.

Devenir conseiller emploi ?

Ce que j’apprécie particulièrement dans mon environnement professionnel, c’est la variété de mon métier et celle des parcours professionnels de mes collègues.

S’il y a bien sûr des problématiques communes à plusieurs demandeurs d’emploi, et des réponses qui seront donc similaires, l’idée est quand même de s’adapter à chaque personne quel que soit son parcours professionnel. Le quotidien se partage globalement entre entretiens avec les demandeurs d’emploi, temps d’accueil physique ou téléphonique, gestion de dossiers et, lorsque le COVID le permet, animation de temps collectifs.

Plus qu’un diplôme, c’est donc un métier qui demande de vraies capacités d’écoute, de synthèse et d’analyse aussi pour pouvoir ressortir l’essentiel d’un entretien de 45 minutes, de l’organisation dans la gestion des dossiers, un soupçon de patience, et de l’aisance pour les prises de parole en public.

En termes de formation pour exercer ce métier, tu peux suivre le Titre Professionnel de Conseiller en Insertion Professionnelle ou le DU bilans de compétences et bilans de carrière dont je te parlais plus haut. Mais dans mes collègues, on retrouve également des anciens professionnels des ressources humaines, des psychologues du travail, ou encore d’anciens conseillers de clientèle du secteur de la banque ou de l’assurance. En bref, des personnes qui exerçaient des métiers de conseil aux personnes et dans lesquels le relationnel tenait une place importante.

Et après ?

Je ne peux pas t’assurer aujourd’hui que je ne changerai plus de travail, en revanche ce qui est sûr c’est que j’ai le sentiment d’avoir enfin trouvé un métier qui me permette de faire ce à quoi j’aspirais, et dans lequel je trouve un sens. Je n’ai pas abandonné la piste du conseil en bilan de compétences, mais je me laisse d’abord quelques années en salariat pour asseoir ma pratique du conseil en évolution professionnelle avant de me lancer dans le DU et l’entrepreneuriat.

3 commentaires sur “Je suis conseillère emploi

  1. Hello, ça m’intéresse particulièrement…je suis actuellement sur la partie RH formation dans une entreprise et je m’interroge sur un glissement vers ce genre de poste. Pourrais-tu me donner un mail afin d’échanger, si cela ne te dérange pas?

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  2. Bien le bonjour chère collègue! Nous exerçons en effet un métier très riche et varié, et nous travaillons (et nous impliquons!) bien plus que certains le pensent. Les profils professionnel des conseillers sont très différents et c’est ce qui fait la richesse de notre établissement. Loin d’être une planque c’est aussi un métier exigeant qui demande une grande adaptabilité et la capacité de prendre du recul en permanence.

    Aimé par 1 personne

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