Jolie Poupée

Jolie Poupée

Elle porte des talons hauts, des jupes et des robes, elle est maquillée, bien coiffée, c’est une jolie poupée.

Bien coiffée, bien habillée, bien maquillée, elle fait de l’effet quand elle traverse les bureaux.

Une jolie poupée dans un monde d’hommes. On lui a dit, on lui a répété, elle détonne.

Ça fait des années qu’elle l’entend. Elle ne se fond pas dans la masse. On voit trop qu’elle est une fille, elle dérange les garçons. Elle n’est pas assez discrète. Elle est trop jolie pour savoir coder. Elle est trop femme pour être compétente.

Elle demande l’égalité, elle dérange. Elle ne veut pas rester dans son rôle de jolie poupée, elle n’est pas une décoration pour faire joli dans les chiffres sur l’égalité des embauches.

Elle n’est pas bête et voit toutes les manipulations mises en place pour tenter de la contraindre à ce rôle de jolie poupée.

Elle a un diplôme d’ingénieur et en a marre de le voir rétrograder à un diplôme de secrétaire. Elle revoit son professeur d’école d’ingénieur. Professeur haï à ce moment-là mais qui l’avait avertie. Elle allait avoir le même diplôme que ses camarades et ne devait pas rester une jolie poupée qui se contenterait de faire la documentation. Et elle l’avait cru et avait décidé de lui montrer ce qu’elle valait.

Elle a eu son diplôme mention Bien et s’est lancée immédiatement dans sa carrière.

Crédit photo : ThomasWolter (CreativeCommon)

Mais la jolie poupée a eu des enfants. C’est une jolie poupée mère de famille. Le pire type : celui qu’on s’autorise à culpabiliser. On la fait culpabiliser de vouloir travailler à temps plein alors qu’elle a des enfants en bas âge. On la fait culpabiliser de vouloir partir à 17h le soir pour pouvoir aller chercher ses enfants et en profiter un minimum. On la fait culpabiliser d’oser demander des postes à responsabilités parce que peut-être qu’elle aura encore des enfants.

C’est une jolie poupée qui n’a pas de service trois pièces mais sûrement plus de courage et de franchise que la majorité des hommes qu’elle croise dans sa vie.

C’est une jolie poupée qui a été élevée par un homme progressiste qui lui a toujours dit qu’elle valait autant, voire mieux, qu’un homme. Ce même homme progressiste qui a participé et contribué à conserver le monde patriarcal dans lequel elle évolue aujourd’hui. Le choc d’une vie de réaliser que ce père idéalisé est comme tous ces hommes contre qui elle doit se battre.

Du coup elle connait bien ces managers qu’elle côtoie, elle a été élevée par l’un d’eux. Elle sait comment ils fonctionnent, leurs forces et leurs faiblesses.

Jolie poupée il suffirait d’attendre 10, 20 ans et cette génération sera derrière toi et les femmes seront libérées. C’est le discours que lui sert l’homme de sa vie. Lui il la soutient, sait que derrière la femme qu’il aime il y a des compétences et beaucoup plus qu’une apparence délicate. Mais elle n’a pas envie d’attendre 20 ans pour avoir les postes qu’elle mérite. Là, elle a plus envie de prendre une pelle et d’enterrer tous ces hommes arriérés qui ne veulent la cantonner qu’à son rôle de jolie poupée.

C’est une jolie poupée qui n’a besoin d’aucun homme dans aucun domaine et ce depuis son plus jeune âge.

Elle n’a pas peur de se salir, elle sait changer une ampoule, des essuies glaces, un pneu, faire les niveaux, monter un meuble, peindre un mur, poser du papier peint, utiliser une perceuse, une scie sauteuse, casser un mur et le reconstruire (creuser des trous aussi… à bon entendeur). Et elle sait depuis très longtemps.

Dernièrement la jolie poupée est fatiguée, elle commence à se faner. Heureusement il y a tous ces soutiens qui lui répètent qu’elle n’est pas juste une jolie poupée à côté de la plaque et que ce qu’elle demande est normal. Alors elle s’accroche à cette nouvelle génération d’hommes qui ne se sentent pas menacés par l’intelligence des femmes qu’ils côtoient. Elles s’attachent à ces femmes qui savent que les combats ne sont pas gagnés et continuent à se battre avec elle.

À toutes les jolies poupées, vous avez le droit de choisir l’apparence que vous voulez avoir, mais personne n’a le droit de choisir votre place. Vous n’êtes pas seules. On y arrivera. (À grands coups de pelle … roo c’est bon c’était la blague pour détendre l’atmosphère).

55 commentaires sur “Jolie Poupée

  1. Je n’ai jamais été une jolie poupée et je ne sais pas si c’est le côté habillé en jean, sans talon + maquillage, l’expatriation ou la chance mais je n’ai jamais eu le sentiment de devoir prouver ma valeur. On m’a même proposé un poste avec plus de responsabilités 6 mois après mon mariage et quand j’ai indiqué que j’étais enceinte, la réponse du chef fut : « on mise sur le futur, pas sur l’année à venir et, vous nous paraissez être une bonne candidate ». (Bon j’ai refusé le poste qui impliquait trop d’heures sup et peu d’intérêt d’après moi.)
    Donc garde espoir, c’est possible de trouver un boulot d’ingénieur ou ton genre et ton apparence importe peu !

    Ce qui me parait desservir les femmes, en plus de tousses hommes qui vivent dans une ancienne croyance, c’est aussi le comportement de quelques jolies poupées.
    Celles qui mettent des belles robes pour justifier de ne pas avoir à faire les travaux plus compliqués/pénibles. J’ai vu une de mes collègues refusé d’aller faire la maintenance (planifiée et dans sa fiche de poste) car elle ne voulait pas abîmer son vernis ! Et celle qui utilise son beau sourire et propose aux membres de son équipe d’aller leur chercher un café le temps qu’ils finissent le rapport qu’elles étaient sensé écrire.

    C’est injuste car chez les hommes aussi il y a des profiteurs mais on les oublie souvent. Ils sont perdus dans la masse. Alors que quand il n’y a que quelques rares femmes qui ne sont pas au niveau (ou qui exploitent les préjugées pour ne rien faire) comme on est encore trop peu nombreuses, elles ont un fort impact sur la facon dont on nous considère.

    Bonne chance à toi ! J’espère que tu t’épanouiras dans ton travail !

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    1. Merci pour ton commentaire! Je suis heureuse de savoir que dans certains milieux le fait d’être une femme ne joue pas du tout. Il y a bien un moment ou ça se généralisera!

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  2. La place de la femme dans le monde du travail n’est jamais aisé et c’est vrai que c’est parfois compliqué pour bon nombre à essayer de s’insérer. Mon mari à des camarades et collègues ingénieurs et pour beaucoup d’entre elles, c’est pas tous les jours évident mais elles parviennent à se faire entendre. Par contre c’est pas très sympa ton allusion au sujet des secrétaires. C’est un métier que j’occupe (assistante de direction ) et mon métier ne consiste pas à faire du café pour ces messieurs et sourire bêtement, loin de là. Je suis le bras droit d’un manager et j’ai des tâches souvent complexes à faire avec des reportings à faire. On a pas toutes la chance d’avoir pu faire une grande école, c’est un peu dénigré celles qui occupent des postes à non responsabilités.

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    1. D’accord avec ta remarque sur les secrétaires. Ca m’avait fait tiquer aussi. Par contre tu ne t’auto dénigrerais pas ? Il me semble que les secrétaires et assistantes de direction ont bien des responsabilités ! (Et gérer le boss ce n’est pas souvent un boulot facile !)

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    2. Comme Maé, j’évolue dans une boite d’ingénieurs où la plupart des femmes occupent le poste de secrétaire. Et ce qu’elle dit c’est une réalité et non une allusion ou une extrapolation.
      Pour donner un exemple, il y a quelques années mon ancienne boite a décidé d’offrir des chocolats à toutes les femmes pour la fête des secrétaires… A l’époque on avait décidé de ne pas faire de scandales par respect pour les secrétaires, mais on a quand même envoyé une plainte aux RH parce que ce n’est quand même pas normal.

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      1. Merci Flora! Je pense que j’ai heurté avec ma comparaison avec la secrétaire preuve que mon environnement a plus déteins sur moi que je ce que souhaite.

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      1. Je suis désolée pour cette comparaison qui je le vois a visiblement heurté beaucoup de monde. Je l’ai reprise parce que c’était ce que m’avait dit mon professeur à l’école « on ne va pas vous donner un diplôme de secrétaire mais d’ingénieur donc arrêtez de vous contenter d’écrire de la doc et commencez à coder » était sa phrase exacte. Mais effectivement je peux comprendre que ça puisse laisser penser que je dénigre le métier de secrétaire. Ce n’est pas le cas. Déjà parce que pour moi être secrétaire ce n’est pas « faire de la doc » (en tout cas ce n’est pas ce que font les secrétaires que je connais) et aussi parce qu’au final l’important c’est de faire le travail qui nous plait. Personnellement j’ai choisi mon métier parce qu’il me plait et ce que je voulais faire passer c’est que j’aimerais qu’on me laisse le faire entièrement et qu’on ne me cantonne pas aux tâches qu’on estime « féminines ».

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    3. Je suis vraiment désolée pour ma remarque sur les secrétaires je l’explique plus bas mais je pense que malgré moi je me suis retrouvée à jouer le jeu malsain de certains (mon professeur à l’école, mon management…).
      Je ne pense pas que secrétaire ne soit pas un poste à responsabilité quand je vois la charge que portent celles du services ou je suis sur leurs épaules.
      Ce que je voulais faire passer c’est plus que j’ai choisi un métier parce qu’il me plaisait et je ne veux pas qu’on m’en fasse faire un autre que je n’ai pas choisi. J’ai utilisé secrétaire parce que c’était une réutilisation de ce que j’ai entendu durant mon parcours et que c’est les métiers qu’on peut retrouver la ou je travaille. J’aurais eu plus de ma à dire qu’on assimilait mon diplôme à celui de tourneur-fraiseur parce que ça n’a aucun rapport avec mon environnement.

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      1. Pas de soucis. Je m’excuse si je suis partie un peu au quart de tour. Moi aussi lorsque j’étais en BTS j’ai un professeur de Français qui nous avait fait une allusion au sujet des coiffeuses en les traitant de shampouineuse, et ça nous avait beaucoup offusqué avec mes camarades de classe. Là aussi c’est des propos malsain envers les personnes qui font ce métier.

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  3. Bac +3 dans le BTP, et également cantonnée au rôle de « secrétaire » ou « d’assistante » alors que je suis métreur – projeteur avec des diplômes et des compétences techniques affirmées …
    Je reste une « jolie poupée » quand je suis au bureau (j’ai aujourd’hui un short en simili cuir et des boots à talons, par exemple), mais j’ai toujours un jean et des baskets dans mon coffre de voiture, en cas de visite de chantier imprévue.
    Parce que c’est qui je suis au quotidien : je jongle entre ma vie pro et mes jeunes enfants, entre ma féminité et mon job dans le BTP, …
    Alors merci pour cet article qui fait bien comprendre ce qu’est d’être une femme diplômée dans un domaine masculin …

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    1. C’est ok le short pour aller travailler ? Ca me choque un peu (pour les hommes ou pour les femmes)…
      Je ne travaille pas dans le BTP et notre code vestimentaire est assez léger mais les tongs et les shorts ne sont pas bien vus.
      Et d’un autre côté, un short, en janvier ? Comment tu fais pour ne pas te peler ?! 🙂

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      1. Je pense que n’ayant aucune information sur la façon dont Emeline s’habille ce commentaire est malvenu. Un short peut être tout aussi acceptable qu’une jupe.

        Effectivement on peut revenir sur certaines autorisations que les femmes ont de porter des vêtements comme des robes ou des jupes ou des shorts la ou les hommes sont plus contraints. Je milite personnellement pour le short pour les hommes parce que quand il fait 38 degrés je les plains.

        Mais commencer par ne pas juger nos tenues les unes les autres et un premier pas pour réussir à ne plus juger personne sur son apparence mais bien uniquement sur ses capacités.

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    2. Merci pour ton commentaire! Oui le milieu du BTP est aussi connu pour ne pas être forcément très ouvert aux femmes. Après j’ai aussi remarqué que l’impulsion d’une personne pouvait parfois tout changer. Tout n’est pas perdu mais le chemin sera long! Bon courage, je pense qu’il va falloir continuer à jongler encore un petit moment.

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    3. Merci Maé pour cette bienveillance, je milite également pour le port du short chez les hommes en été; les pauvres je ne vois pas pourquoi c’est mal vu alors qu’une femme en jupe ne gêne pas (bien sûr, selon les métiers et sans affecter la sécurité de leur travail!)

      Je porte jupes, shorts, matières telles que le cuir au travail. Je parlais dans mon commentaire d’un short d’hiver, plutôt chic, que j’associe a un col roulé et des collants opaques, et non un décolleté par exemple. Je ne porte pas le short en été (ni les tongs d’ailleurs!) que je trouve trop assimilés plage et vacances.

      Mais je trouve ça assez désolant de devoir me justifier de porter des shorts, surtout à une femme. Un peu de bienveillance entre femmes est déjà la base de beaucoup de choses selon moi …

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      1. Je n’ai pas jugé, j’ai juste posée une question. Dans les entreprises dans lesquelles j’ai travaillée, hors de la production, la norme était pour simplifier de ne pas montrer ses genoux. Et ca touchait aussi bien les hommes que les femmes. On pouvait venir en robe, jupe, ou pantacourt, en débardeur ou en marcel.
        Je pensais que c’était assez commun comme dress code, d’où ma question.

        Je milite aussi pour que le tailleur/le costume/les cravates ou les talons ne soit plus obligatoires vu qu’ils n’apportent rien aux compétences ni à la qualité du travail.

        Continue à t’habiller comme tu le sens !

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        1. Bonjour Mariette, dans ton premier commentaire tu as effectivement posé une question mais suivi de « Ca me choque un peu (pour les hommes ou pour les femmes)… ». C’est cette partie qui donne une vraie impression de jugement et non une simple question. Puis tu continues en assimilant le short à une tenue de plage.

          Si ton souhait était juste de poser une question « Le code vestimentaire de ton entreprise autorise le port du short? Je n’ai personnellement connu que des réglements ou il ne fallait pas voir les genoux. » aurai permis de ne pas prendre ton commentaire pour une critique de la façon dont Emeline pouvait s’habiller au bureau.

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  4. Je me rends compte que vraiment je ne sais pas ce que vous vivez… Je suis dans un milieu protégé de tout cela, je pense…
    J ai un bac+10, bientôt une autre thèse… dans le milieu de la santé. J ai 40 ans. Et jamais je n ai senti le moindre problème, ni pour mes grossesses, ni pour mon avancement, ni pour ma carrière.
    Si à l hôpital, c est fini ou presque (à Paris, ca persiste peut-être ?) avec le patriarcat, on peut espérer que ça diffuse rapidement dans les autres milieux…?

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    1. Je pense que bien heureusement cet état d’esprit misogyne que j’ai croisé tout au long de mes études et de ma courte carrière ne sont que du fait de certaines personnes. Malheureusement en fonction de leurs positions cela peut vite être étouffant et difficile à combattre. C’est d’ailleurs actuellement un peu ce que je vis. Après même si j’utilise le « ils » dans mon article j’ai malheureusement croisé des femmes aussi qui se permettaient de faire des réflexions sur ma façon de m’habiller ou mes compétences à satisfaire certains postes parce que j’étais une femme. Le changement est long parce qu’il est difficile de remettre en question toute notre éducation et je lis beaucoup sur le sujet actuellement. Il faut toujours remettre en priorité le respect et la bienveillance dans notre façon de voir l’autre et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus naturel (il suffit de voir certains commentaires…)

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    2. Madeleine, il n’y aurait pas de sexisme à l’hôpital ? Pourtant tous les travaux sur le secteur disent l’inverse, les hashtags « balancetonstage » ou « payetablouse » font plutôt état d’une forte persistance du sexisme à l’hôpital. Je suis heureuse de voir que certaines s’en sortent mais j’ai été surprise de lire que l’hôpital était un milieu protégé de cela.

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    3. Pas tout à fait d’accord avec toi. Si les femmes médecin sont très, très nombreuses, il reste que pour devenir PUPH la cooptation fait qu’il y a énormément d’hommes nommés. Personnellement, j’ai été enceinte pendant mon clinicat, et mon patron que ça avait contrarié avait conclut avec philosophie que « les femmes chefs de clinique ont des congés maternité, mais elles ne m’emmerdent pas pour être nommées ».
      Cela étant chacun peut être soumis à de bons vieux stéréotypes. J’ai ainsi pris une anesthésiste pour une infirmière, parce qu’elle était antillaise à qu’à l’hôpital effectivement une femme noire en blouse blanche va plutôt être rangée dans la case infirmière que médecin…

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  5. Même si votre chronique est intéressante, je la trouve maladroite.Elle aurait pu être pertinente. Or, vous faites la liste de vos innombrables qualités et connaissances, et ce qu’il en ressort, c’est que vous avez une haute idée de vous même. Votre référence aux secrétaires ( j’appartiens à ce corps de métier avec un bac +4 et en suis fière) est également gauche, même si ce n’était pas le but recherché.
    Vous depeignez un monde dans lequel je ne me reconnais pas( mais c’est normal, je ne suis pas une poupée). En vous lisant, on a l’impression que vous faites de votre cas une généralité. Et pourtant, je travaille avec 3 médecins hommes et reçoit plus de patients que de patientes au centre
    ( secteur industriel oblige).
    Mes collègues secrétaires et infirmières ne se sentent à aucun moment devalorisees ou jugées sur leur apparence. Et pourtant l’une d’entre elles est très belle.
    Bien sûr il arrive que de temps à autre un homme un peu lourdingue fasse une réflexion. Il est aussitôt recadré, et voilà.
    Nos collègues hommes savent rester à leur place, ne font jamais de réflexion, et ne nous regardent pas avec concupiscence si on met un décolleté ou une jupe.
    Je mesure en vous lisant la chance que j’ai de ne pas être une poupée.

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    1. Votre commentaire est surprenant. Quand une femme a conscience de ses qualités, elle a une haute idée d’elle-même (ce que je traduis par prétentieuse). Par contre quand c’est un homme, il a juste confiance en lui ?

      Contrairement à Mae, je n’assume pas du tout ma féminité dans un monde très très largement masculin, parce que je sais que mes propos n’auront pas la même portée, que je sois en jean pull ou en robe. Et que je n’assume pas de me faire chambrer à longueur de journée si je suis maquillée ou apprêtée.

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    2. Merci pour la bienveillance de votre commentaire qui si je résume fais de moi quelqu’un ayant une haute estime de soi-même et décrivant un monde imaginaire.
      Heureusement que je n’ai pas écris cette article parce que j’étais en souffrance… ha si mince.

      Donc même si j’ai longtemps hésité à vous répondre étant donné votre message non je ne m’estime pas « jolie ». J’ai utilisé le terme « jolie poupée » dans l’espoir de représenter les poupées de porcelaines que l’on trouve dans les vitrines et qui ont pour seul but d’être décoratives. Ce n’est en aucun cas pour faire part de ce que je pense de moi même.

      De plus j’ai quitté il y a tout juste un peu plus de 3 ans une entreprise qui m’avait détruite suite au harcèlement de mon manager. J’ai mis du temps à reprendre confiance en mes capacités, savoir que je n’étais pas juste bonne a faire des enfants et que ce pour quoi j’avais travaillé dur pouvait être récompensé et reconnu. Je suis heureuse de voir le peu de confiance en moi piétinée par un commentaire comme le votre.

      Effectivement ma comparaison avec les secrétaires et surement malvenu (mais je vais expliquer cette maladresse aux personnes qui ont commentés sans me traiter de menteuse hautaine si vous le permettez.)

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    3. Chère Madame Colombe,
      Je me permets de te répondre parce que comme je l’ai dit plus haut la réalité de Maé c’est la mienne aussi. Je suis contente d’apprendre que tout se passe bien dans ton domaine (comme le dit une médecin plus haut ça a l’air d’être le cas dans le sectaire de la santé), mais ici on parle de domaines encore très fort masculinisé où nous femmes avons encore du mal à nous faire notre place, et où cette dimension « petite chose décorative » nous colle à la peau. Pour te donner une idée, je suis la seule fille dans mon équipe de 15 personnes. Et dans mon groupe de travail de plus de 60 personnes, on est 2 femmes…
      Si on prend ta définition de poupée, j’en suis personnellement loin : 66 kg pour 1m59 et pas coquette pour un sous. Pourtant comme le dit Rigel, ma crédibilité prend un coup si j’ai le malheur de laisser percevoir quelque chose de féminin. Je te donne un exemple, c’est plus parlant : un jour j’avais mis une robe d’été et un peu de gloss parce qu’on allait se faire un resto avec les collègues. Mon chef est passé devant mon bureau, est revenu sur ses pas, a dit « waouh » puis est réparti. Toute cette journée là, on ne m’a parlé que de ma tenue ! Autant te dire que je n’ai plus jamais osé quitté mon jean pull aussi longtemps que j’étais dans cette boite là…
      Ou alors je peux te parler de cette fois où, à une conférence scientifique, j’ai eu tout le mal du monde à suivre une présentation, parce que le groupe derrière mois estimait que la fille qui présentait son travail était trop belle pour être crédible et n’ont fait que débiter des inepties pendant ces 20 min de temps de parole.
      Je pourrais aussi te parler des fois où on ne voulait pas me laisser faire mon boulot parce que tu comprends on ne peut pas laisser une femme toucher au matériel sans surveillance (je précise que mon boulot était exactement de faire marcher le dit matériel).
      Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps. La liste est longue, trop longue…
      Ce n’est malheureusement pas parce que tu ne le vis pas que c’est de la fiction.

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      1. Je suis consternée par ce que vous avez vécu.
        N’avez vous reessaye de porter une tenue semblable. Peut être que cette exclamation de votre chef n’était pas méchante, mais juste maladroite.
        Mais encore une fois,étant dans un cadre privilégié au travail, je ne peux imaginer ce que vous vivez au quotidien.

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        1. Je suis certaine que ce n’était pas méchant. Mais ce n’est pas normal, surtout si ça nous oblige à nous brimer pour ne pas éveiller le monstre qui dort dans ces messieurs… Le système patriarcal dans le quel on est tombées dès la naissance voudrait qu’on pardonne les travers de ces messieurs qui pensent par moment avec leurs couilles. Ça peut encore aller à petite dose, mais quand on doit composer avec ça quasi quotidiennement, la soupape saute à un moment donné.
          Il me semble d’ailleurs que l’incompréhension entre Maé et toi réside dans ce que vous jugez tolérable ou pas. Pour être tout à fait honnête avec toi, ton commentaire m’a directement titillé aussi, pas vraiment le fond mais j’ai eu l’impression d’y lire un procès à la victime. J’ai aussi eu l’impression que tu remettais en cause les dires de Maé, tout en supposant que c’était dû au fait qu’elle était une « jolie poupée ». Je suis aussi certaine que ce n’était pas ton intention, mais elle s’est sentie attaquée, a essayé de se défendre, on a essayé maladroitement de lui prêter main forte, et ça a donné ce déluge que je peux aussi comprendre que tu le prennes comme une attaque frontale.
          C’est une triste illustration des dégâts que peuvent faire une belle suite de maladresses ! Ça finit par éclabousser tout le monde quand bien même il n’y aurait pas de désaccords de fond…

          Surtout ne te censures pas, ton point de vue est autant valable que celui des autres. Comme je dis à ma fille de 3 ans « il faut dire pardon quand on fait mal aux autres, même quand on n’a pas fait exprès », alors pardon d’avoir contribué à mettre de l’huile sur le feu.

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  6. Alors, je vous rassure : à mes yeux, que ce soit un homme ou une femme qui fasse étalage de ses qualités et qui a une haute idée de lui revient pour moi à la même chose.
    En revanche, ce qui me dérange, c’est de lire qu’une femme se fait chambrer quand elle est apprêtée et maquillée. Je pense que je suis définitivement un ovni.
    Toutefois, l’idée de départ de la chronique est intéressant, je le répète, c’est le résultat qui me déplaît. Et comme le disait un des commentaires, il y a des femmes( et des hommes également) qui jouent de leurs charmes pour ne pas accomplir de tâches pénibles.

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    1. Donc la vérité de ce que je vis vous dérange. Heureuse de le savoir… Et au lieu de faire part de l’anormalité de la situation vous préférez penser que j’affabule. Bien.. Et ba on a encore du travail pour ce sentir en sécurité partout ou on veut dans la tenue que l’on veut.

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  7. Bonjour, avez-vous lu « L’égalité commence devant le panier de linge sale » de Titiou Lecoq? Je vous le conseille vivement (et à tout le monde). Ce que Maé dénonce, c’est bien une réalité – même si on croit que l’égalité hommes-femmes est acquise de nos jours. Et bien, non. Et contrairement à ce que certains commentaires laissent penser, toutes les femmes sont affectées, même celles qui pensent ne pas l’être. Vraiment, lisez ce livre. Et merci pour ce témoignage, Maé!

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    1. Bonjour,
      Nous sommes un blog collaboratif sur lequel nous livrons une partie de ce que nous vivons et de ce que nous sommes. Le témoignage de Mae nous éclaire sur ce qu’elle vit au travail et dénonce des comportements et des situations vécus et anormaux. Que cela ne rejoigne pas votre vécu, nous pouvons l’entendre, en revanche il a des façons de le dire plus bienveillantes, et nous voulons que cela reste la règle sur notre blog.

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      1. Bonjour,
        J’entends parfaitement votre réponse mais remarque tout de même qu’une autre lectrice qui a simplement posé une question a déclenché un retour qui n’est pas très bienveillant.
        Et en parlant de bienveillance, j’interviens régulièrement sur votre blog ( ou intervenais car j’avoue être très refroidie par l’expérience)et à aucun moment je n’ai manqué de bienveillance.
        Libre à vous de juger…

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        1. Je ne pense pas que rappeler à des règles de bienveillance Mme Colombe ne vous empêche d’exprimer un point de vue. Il vise à rappeler que l’attaque directe et personelle ne peut être la bonne manière d’exprimer un point de vue différent. Continuez à commenter, moi je suis ravie de lire des avis différents tant que l’objectif n’est pas d »attaquer « l’auteur ». (Je fais référence à votre remarque sur sa haute estime d’elle-même)

          Et pour ma part (je parle bien de moi Maxine), je vais vous dire en quoi je n’ai pas trouvé de bienveillance dans votre message initial mais tous les éléments habituels de discreditation du discours d’une femme qui s’exprime sur un environnement sexiste.
          Ce n’était peut-être pas intentionnel mais je vais vous les lister :
          1) Votre article aurait pu être pertinent mais = Questionner le format du témoignage. En filigrane, j’y lis les mêmes écueils que : »mais pourquoi tu utilises une vidéo Facebook et pas une plainte en bon et due forme, pourquoi t’as pas changer de travail au lieu de venir démonter ta boîte sur xxx média  »
          2) « Oh c’est étonnant, jamais je n’ai vu ça » = questionner la réalité de ce que la victime raconte, même s’il existe une palanquée de travaux sur le sujet. Et en toute honnêteté, je pense qu’on a toutes des vécus différents, mais le côté systémique du sexisme n’est pas à prouver. Et s’il vous faut de la ressource, je serai ravie de partager.
          3) »Non mais je vois surtout que tu as une haute opinion de toi- même » = Discréditer la victime, pour reporter la culpabilité sur elle et pas sur un fonctionnement institutionnalisé. Quelques lignes plus bas, vous tomber dans le même écueil dans votre réponse à Flora en lui demandant en filigrane si le problème n’est pas la tenue.

          Et par ailleurs, depuis quand être en capacité de lister ses compétences relève d’une haute estime de soi? Ce serait un homme qui ferait le même état des lieux, je pense que l’on serait baba devant son honnêteté. Quand c’est une fille, elle « pète plus haut que son c.. ». On nous a tellement habitué â jouer la fausse modestie qu’on est devenue incapable de regarder une femme dire ce en quoi elle est bonne. Et on est toutes super bonnes dans plein de choses.

          Vous me direz que j’extrapole vos écrits, c’est bien probable au même titre que vous lisez entre les lignes que Mae a une haute estime d’elle même, ou que d’autres ont extrapolé son commentaire sur les secrétaires (ce que je comprends parfaitement). Ce sont les aléas de l’ecrit, pour autant Mae s’en est excusée, vous vous considérez que faire un rappel à la bienveillance vous empêche de vous exprimer.
          Donc voilà, votre commentaire que vous jugez bienveillant révèle un paquet de micro-agressions pour d’autres, probablement involontaires mais je voulais vous donner une autre lecture de ce que vous jugez inoffensif.
          Lucie plus haut parle du livre de Titiou lecoq, si vous ne l’avez pas lu, lisez et relisez le, puis relisez cet article.
          Et oui à bientôt avec plaisir pour ma part ici.

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          1. petite expérience de pensée : appliquer donc votre analyse a votre commentaire en prenant comme sujet théorique « mme colombe victime de remarques pas 100% bienveillante parce que elle a exprimé une opinion différente de la votre.  »
            Vous venez de :
            – la critiquer sur la forme de son poste
            – altérer fortement le sens de ses propos pour la discréditer : elle n a aucun moment dit que mae avait mentit ou exagéré. Elle a juste dit qu elle ne se retrouvait pas dans la même situation, comme 30 % des commentaires ici.
            -la rabaisser avec un ton de poste relativement méprisant

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      2. je ne trouve pas du tout Mme Colombe ait manqué de bienveillance dans ses commentaires. Ne pas être d accord avec l angle de l article ne veut pas forcement dire être malveillant et la richesse du blog est aussi (surout ? ) dans l ‘échange de commentaires contradictoires sur les sujets plus sensibles.

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        1. Il y a ne pas être d’accord et être dans l’attaque. Clairement là moi je me suis sentie attaquée et rabaissée par quelqu’un qui a visiblement oublié que ce n’est pas parce que j’écris sur un blog que je ne suis pas humaine, faillible (d’où la bourde sur la secrétaire ou j’ai répondu plusieurs fois que je m’excusais – parce que que MOI je me suis excusée d’avoir pu être blessante). La moindre des choses c’est quand on fait remarquer que le commentaire est violent on s’excuse. Ou c’est qu’on en a rien a faire des autres.

          Vous avez choisi de trouver qu’en essayant de me protéger on a attaqué Madame Colombe. Et moi? Vous vous préoccupez un temps soit peu de ce que j’ai pu ressentir pour qu’effectivement on se dise qu’il fallait rappeler que la bienveillance était ce qui primait sur nos échanges.

          Et votre réponse à Maxine me fait me dire qu’effectivement parfois il faut se retourner ce qu’on dit aux autres. Maxine n’est pas agressive mais explique ce qui a pu me heurter et expliquer l’intervention du compte modération. Vous avez visiblement décidé de partir bile en tête sur le fait qu’on est des connasses intolérantes. A votre guise. Mais cela reste notre blog et oui dans le cas ou l’une de nous sera blessé on tentera de la protéger ne vous en déplaise.

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        2. Alors j’applique, Mme Colombe est la cible de commentaires pas bienveillants quand elle dit qu’elle ne vit pas le sexisme au travail:
          1) ai-je attaqué ad nominem Mme Colombe pour ce qu’elle est : Non, j’ai relevé dans son comportement ce qui fait écho à des micro agressions courantes quand on évoque le sexisme.
          2) Ai-je critiquer la forme de son propos, encore une fois, je ne pense pas. Je ne pense pas lui avoir dit tu aurais du dire ça, non je lui ai encore une fois indiquer ce qui dans son discours fait partie du processus de discreditation, du discours de l’autre. Plusieurs ont fait état de vécus différents, sas avoir eu besoin de questionner l’auteur dans ce qu’elle est, ou dans sa perception d’elle-même.
          3) Ai-je remis en cause son vécu sans sexisme au travail :Non, je crois même avoir explicitement indiqué qu’on a toutes des vécus différents. Avoir un vécu différent (je n’ai jamais subit le racisme pour ex) n’entraine pas comme conséquence d’être surprise/étonnée quand une personne racisée en fait état. Si demain, alors qu’il ne reste plus vraiment à prouver que le réchauffement climatique est réel, en l’evoquant un interlocuteur semble s’en etonner, je pense qu’il peut être normal de ne pas comprendre l’étonnement de son interlocuteur. Discrediter son discours aurait par exemple été de dire : » Comment vous n’avez jamais vécu de sexisme au boulot, ah c’est probablement que vous n’avez pas su le voir ». Je me suis bien gardée de remettre en cause la réalité de ce qu’elle a la chance de vivre, au travail. Par contre j’ai indiqué que s’etonner d’une réalité assez répandue au vu des travaux sur le sujet ou encore questionner la tenue de Flora, était à mon sens problématique.
          4) je ne pense pas avoir cité le ton méprisant comme critère, mais soit si on l’inclut, je ne pense pas en avoir fait état, mais là encore c’est une lecture très personnelle.
          5) ai-je extrapolé son propos: non plus à mon sens, je pense pourtant avoir bien indiqué que c’était ce à quoi ces propos faisait écho chez MOI. Et donc pourquoi, ce qu’elle juge inoffensif peut être totalement perçu autrement. Et à la différence de Mme Colombe quand elle assène que certaines on une haute opinion d’elle-même, j’ai rappelé que ce n’était probablement pas l’intention mais le résultat me donnait cette impression.

          Oui, nous ne le vivons pas toutes, et pas au même degré et pas avec les mêmes impacts, relever dans son discours ce qui est choquant ou fait écho à de l’invisibilisation du discours sur le sexisme n’est pas à mon sens
          du mépris, mais un rappel à la réalité de l’existence des faits dont Mae parle. Et cela quelque soit le vécu different que l’on peut avoir.

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      3. Bonjour,
        je comprends que le sujet soit personnel et délicat à traiter mais je trouve que les commentaires ne sont pas très bienveillants non plus envers Madame Colombre.

        Je pense que son message (maladroit) à été beaucoup trop extrapolé.
        Elle indique qu’elle ne vit pas la même chose et ne connaît pas de situation similaire, elle n’a jamais dit que Mae mentait. Juste qu’elle n’avait (et c’est heureux pour elle) jamais vécu cela.
        Et pour la partie « ca me dérange », si je ne me trompe pas, c’est dans le sens, ça me dérange/choque/me met en colère qu’une femme puisse être sous-estimée/maltraitée à cause de son apparence/du fait que ca soit une femme. Et sur ce point là je pense que nous sommes toutes dans cette position !
        Pour ce qui est de trouver que l’article donnait l’impression que Mae a une haute idée d’elle même, je n’ai pas eu cette sensation, mais il me semble que c’est une critique qui reste acceptable et où Mae peut directement répondre.

        Visiblement tout le monde prend le sujet des discriminations très à cœur, ce qui prouve bien qu’il faut continuer à en parler.

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        1. Bonjour, Pouvez vous expliquer en quoi nos réponses à Madame Colombe ne sont pas bienveillantes? Je lui est expliqué qu’elle m’avait blessée et à aucun moment elle ne s’en excuse. Cela me semblait pourtant la base de la bienveillance.

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  8. c est peux être une réalité mais pas partout. Je suis ingénieure, j ai travaillé dans le BTP, je suis dans l informatique aujourd’hui et je m habille toujours en robe. Personne n aurait l idée de me considérer comme une poupée (jolie ou pas c est pas le débat). Dans ma boite on promeut autant de femmes que d hommes y compris dans les branches les plus techniques. On promeut des parents et des pas parents. En revanche a partir d un certain niveau de responsabilité / salaire, on a besoin de gens qui sont sur le pont plus longtemps c est un fait. A chacun de voir comment il souhaite s investir dans son travail Comment on en arrive la ? Surement que même petite et même pendant mes études, personne ne m jamais renvoyé la logique fille = non compétente. Du coup j ai tendance a envoyer les fâcheux sur les roses sans trop me remettre en question. Je ne sais pas comment je vivrai dans une boite très mysogine. Est ce que j aurai le reflexe de partir à tant si cela devient usant

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    1. Heureusement que ce n’est pas une réalité partagée par toutes et que dans certains milieux on arrive à passer outre.
      Après il y a aussi que notre cadre sociale peut nous masquer beaucoup de situations.
      J’ai beaucoup de mes collègues masculins qui s’étonnaient de ce que je racontais. Suite à mes discussions avec eux ils ont décidé de faire plus attention et ils ont réalisés. C’est facile de ne pas voir ce n’est pas pour autant que ça n’existe pas.

      Pour moi il est urgent de changer notre façon de réagir et déconstruire plus loin. Je ne peux typiquement pas dire que je n’ai pas moi aussi participé à un moment à une certaine misogynie ambiante. Mais parce qu’on me présentais ça comme la norme.

      Et j’ai été élevée comme je le dis par un entourage qui m’a dit que je pourrais tout faire et que rien ne pouvait m’arrêter à part moi même donc je ne suis pas de celles qui acceptent sans rien dire. Pourtant la réalité est ce qu’elle est. Et des exemples de réflexions/réactions misogynes (par des hommes ou des femmes…) que j’ai essuyé pendant mes études et mon début de carrière je n’ai plus assez de doigts pour les compter.

      Et moi je pars quand ça devient trop lourd. Mais est-ce que ce n’est pas lâche de juste partir et de laisser les autres femmes subir ça?

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  9. Je travaille dans un milieu qui n’est pas exclusivement masculin (je dirais même que les femmes y sont plutôt en majorité… sauf aux postes les plus importants) et je me reconnais dans ce que tu dénonces, d’être prise pour une décoration par les hommes (qui s’en cachent sans doute plus que pour toi puisqu’ils sont en minorité). Par contre, le regard des femmes n’est pas spécialement plus bienveillant bien au contraire, comme je travaille dans un domaine « sérieux » je détonne avec mes jupes, mon maquillage et mon vernis, à de nombreuses reprises on m’a critiquée et on ne m’a pas prise au sérieux à cause de mon apparence (comme s’il fallait choisir ainsi la catégorie à laquelle on appartient et que le fait d’être coquette empêche d’être travailleuse et responsable). Je passe sur la jalousie et toutes ces petites choses agréables quand on travaille dans un milieu féminin… Je ne renoncerai pas en tout cas à qui je suis pour rentrer dans le moule qu’on attend de moi.

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    1. Ho non mais les femmes ne sont pas mieux hein. Ne te méprends pas. J’utilise « ils » grâce à notre superbes langue française qui a décidé que le masculin l’emportait sur le féminin mais j’ai de très belles phrases sexistes venant de la part de profs femmes ou de collègues femmes.Parfois même beaucoup beaucoup moins subtiles sous prétexte de te donner un conseil « de femme à femme ». D’ailleurs le terme « jolie poupée » que certaines m’ont beaucoup reproché vient d’une de mes collègues femmes parlant d’une autre de mes collègues (et non de moi), elle aussi apprêtée pour venir travailler.

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  10. On voit à travers les commentaires à quel point le sujet est sensible, et le progrès qu’il reste à faire dans le domaine. Je crois qu’il y a eu beaucoup de maladresses, d’incompréhensions dans les commentaires qui ont pu blesser des deux côtés mais que ce n’était pas l’intention de départ. Je pense qu’en général ce n’est pas facile d’être une femme et cela doit être encore plus compliquée de trouver sa place dans un milieu très masculin. Même si je trouve, parfois plus simple de travailler avec des hommes qui sont souvent plus francs, plus direct que les femmes. Je travaille dans un secteur où le pourcentage homme-femme est plutôt équilibré (la com) même si on va plus souvent retrouver les femmes dans des postes de chargée de com, graphistes… et les hommes dans des postes plus technique (web, vidéo…) je travaille aussi avec des journalistes et c’est assez bien réparti. Les postes à responsabilités sont occupés aussi bien par des femmes que des hommes. Je crois que ça dépend des secteurs, mais j’ai déjà été recalée une fois à un poste non pas par mes compétences mais parce que le patron ne souhaitait pas une femme, clairement le fait que celle-ci puisse un jour être arrêtée (grossesse, congé maternité…) était un frein pour ce patron alors que ce n’était pas du tout à l’ordre du jour à cette période de ma vie et que le responsable lui optait plutôt pour ma candidature… J’ai l’impression quand même que lorsqu’une femme veut un poste à responsabilité c’est plus difficile à concilier avec une vie familiale, et l’employeur a peut -être comme apriori qu’elle sera moins disponible. On se pose moins la question pour un homme. Et je remarque que les femmes arrivent le plus souvent à ces postes après 45 ans. D’autres part, je trouve que d’une manière générale ce n’est pas simple d’affirmer sa féminité dans ses tenues, on peut vite attirer les regards, recevoir des commentaires plus ou moins appropriés, et pour des raisons de discrétion j’avoue que je porte rarement de robes en extérieur (rue et professionnel), je privilégie ces tenues dans la sphère privée. Parce que je n’aime pas être importunée, que je suis plutôt discrète et que j’aime bien rester incognito ^^^.

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    1. Je réitère ma question sur ce que j’ai pu dire qui a blessé dans mes commentaires mais passons.

      Le coup de la grossesse a venir qui me fait rater un poste j’ai eu aussi effectivement. C’est d’ailleurs le premier « évènement » qui m’a fait découvrir le côté « manageur misogyne » de mon père. Suite à ça il était désolé pour moi mais soutenais aussi le manageur qui avait évincé mon CV sur ce choix…

      Et je vais rebondir sur le côté « avec des enfants c’est plus compliqué pour une femme ». On m’a déjà fait des réflexions à ce sujet. Ma réponse a toujours été claire : « Mes enfants ont un truc formidable qui s’appelle un père, du coup vous n’avez pas à vous préoccupez de mes enfants avant de me demander quelque chose en rapport avec le travail (une réunion le mercredi après midi – alors que je suis à temps plein mais oui j’ai quand même des réflexions sur les mercredis… – un déplacement pro voir une promotion) puisque c’est leur père et moi qui nous organiserons par rapport aux différentes contraintes. » Donc c’est encore mettre les gens dans les cases que de considérer qu’avant 45 ans c’est difficile pour une femme d’accéder à des postes à responsabilités. C’est difficile parce que la société les en empêche et non parce que elles ne se sentent pas de concilier leur vie de famille avec un travail plus prenant.

      Après c’est difficile de déconstruire un système et comme je m’en suis excusée au dessus parfois on est tellement intégrée dedans qu’on véhicule sans s’en rendre compte les idées sexistes et discriminatoires. Le monde ne changera pas en un jour. Mais laissons aussi les pères avoir envie de diminuer un peu leurs charges de travail pendant les premières années de leurs enfants s’ils le veulent. Et laissons les femmes accéder aux postes qu’elles méritent en ne se basant que sur leurs compétences et non la dernière fois que leur utérus a été habité ou non.

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  11. Je me suis peut-être mal exprimée. Ce que je disais ce n’était pas pour défendre les points de vue du genre « c’est plus compliquée avec une femme qui a des enfants ou souhaite en avoir … » mais plus montrer cet exemple pour dénoncer que ça existe, que c’est plus compliqué du point de vue de l’employeur, que c’est une réalité, faire un constat, ce que tu exprimes très bien dans ton article et comme toi je trouve que c’est désolant, que ce n’est pas normal, qu’il reste beaucoup de préjugés et qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire sur ce sujet. Bien sur que la femme devrait avoir véritablement le choix et les opportunités de faire carrière si elle en a envie peut importe ces choix en matière de maternité, comme tu dis cela ne devrait pas rentrer en compte, mais c’est encore loin d’être le cas malheureusement. Après je pense qu’il y a des secteurs qui sont plus ou moins en avance que d’autres et que cela dépend aussi des mentalités. Mais comme tu dis, les hommes d’aujourd’hui sont déjà différents des hommes d’hier et on progresse dans ce sens. Après je ne sais pas à notre niveau ce que l’on peut faire pour ne pas encourager cette misogynie, peut être en étant plus soudée entre nous. J’aimerais que la femme soit libre et puisse faire ses propres choix, qu’elles qu’ils soient et ne soit pas bridée, jugée, mis dans une case… L’éducation est la clef. J’espère que tu trouveras l’épanouissement que tu recherches au travail.

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    1. Oui je comprends ce que tu as voulu dire. Mais moi je prône le fait que l’employeur ne devrait pas présumer a ta place. Moi j’ai eu le droit à « Mais pourquoi tu travailles le mercredi vu que tu as des enfants? » et a l’inverse une de mes collègues a eu le droit à « Maintenant c’est bon tes enfants sont grands tu peux revenir à 100% non? ». Et ça pour un homme ou une femme ce n’est pas acceptable. Un homme à le droit de vouloir prendre un congés parentale, tout comme une femme peut le vouloir ou ne pas en avoir envie. Et ce que je dénonce c’est le fait de catégoriser les envies/désirs d’une femme en fonction de ses enfants. L’inverse ou l’homme est complétement séparé de son rôle de père n’est pas mieux non plus.

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      1. Je te comprends parfaitement, j’ai pu avoir des réflexions similaires, « pourquoi tu ne prends pas un congé parental avec 3 enfants… »  » Ou bien, tu as raison de prendre tes mercredis. »  » C’était voulu de les avoir rapprochés… » Peu importe tes choix, les gens jugent toujours. Je suis d’accord avec ce que tu dénonces et cela me gène aussi de devoir se justifier en permanence selon ses choix. J’aimerais plus de liberté et moins de préjugés, et que les femmes ET les hommes puissent avoir véritablement le choix. Pour l’équilibre de la société ce serait bénéfique. La différence, c’est que c’est tellement ancré qu’inconsciemment je l’ai peut-être intégré et accepté dans le sens où je ne me rebelle pas. Il faut dire aussi que de mon côté, j’aurais rêvé d’un vrai congé maternité, de prendre ce fameux congé parental, pour des raisons de sécurité et de finances je n’ai pas osé mais c’est un vrai déchirement à chaque reprise et la culpabilité qui va avec. D’un autre côté, je rêve aussi de monter ma boite mais c’est un objectif que je n’ai pas encore franchi.

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        1. Moi je me rebelle et ça passe mal… du coup je comprends qu’on n’ai pas envie non plus. Je passe pour madame « pied dans le plat » et pour avoir un discours très cru parce que j’ai osé répondre à des remarques « pour la blague ». « Ha du coup les filles j’imagine que vous avez été bien augmentées cette année vu qu’on se fait toujours avoir avec les rattrapages homme/femme » et j’ai répondu « Ba oui un utérus = 10% d’augmentation tu savais pas? tu veux que je t’en greffe un? » C’est hyper dure de déconstruire le monde quand lequel on a été elevé. Je me bat régulièrement contre la « normalité », ces choses qu’on a fini par accepter parce que c’est épuisant de se battre. Mes collègues en rigolent… encore ce matin l’une d’elle me disait qu’elle était une « assistante de luxe » vue son salaire. Ba moi ça ne me fait pas rire

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  12. Merci Mae pour ton article qui suscite beaucoup de réactions 😉 Cela ne doit pas être facile tous les jours dans ton entreprise et j’espère que tu t’y épanouis quand même. Je ne connais pas du tout ton domaine d’activités.
    Personnellement, je travaille dans la fonction publique territoriale (mairies, département, agglo, régions …) et j’ai l’impression que les femmes sont appréciées à leur juste valeur professionnelle. J’ai dirigé une mairie pendant 4 ans et ai dernièrement été recrutée comme acheteuse dans une grosse collectivité et je n’ai jamais souffert de remarques déplacées. D’ailleurs, j’ai travaillé avec de nombreuses femmes épatantes et reconnues pour leur engagement (qu’elles soient élues ou également fonctionnaires).
    Là où je ne suis pas d’accord avec toi en revanche, c’est dans la perception de ma maternité au travail. Je m’explique. Autant je ne supporterai pas d’être jugée moins bonne ou « poupée de porcelaine » car je suis une femme, autant il me semble normal que la société tout entière, et donc mon entreprise et mes collègues, prennent en considération que je suis aussi une mère (ou un père si j’étais un homme). Dans mon monde idéal, je devrais pouvoir faire carrière tout en pouvant m’adapter à ma maternité/paternité. C’est à dire, stop aux réunions le soir, droit à la déconnexion, flexibilité en cas d’enfants malades, etc … Ne pas me juger si je prends un congé parental de 3 ans, accepter de redonner un poste intéressant ensuite et ne pas me mettre au placard.
    Plutôt que de faire comme si je n’avais pas d’enfant, bosser comme une malade pour montrer que « j’suis comme un mec », aller jusqu’à décaler mon congé mat pour faire plaisir au boss et terminer un projet, accepter tous les voyages d’affaires sinon je suis mise au placard … bref, c’est ce qu’a fait ma mère et elle le regrette aujourd’hui (et nous ses enfants aussi d’ailleurs…)
    Je ne sais pas si je suis trés claire et je disgresse un peu mais je me suis appuyée aussi sur des commentaires.

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    1. Tu dis ne pas être d’accord avec moi et au final il me semble bien que tu partages complètement mon point de vue sur le fait qu’être mère ne devrait pas empêcher de faire carrière. Qu’il est normal d’avoir un équilire vie pro/vie perso (et cela que l’on soit un homme ou une femme). Si tu relis mon article je dis bien que je ne fais pas « comme ci je n’avais pas d’enfants » vu que je m’arrange pour ne pas partir trop tard pour pouvoir passer du temps de qualité avec mes enfants le soir. Et mon mari fait de même. A lui on lui a proposé les postes que moi je n’arrive pas à atteindre parce que « elle a des enfants jeunes » et c’est ça que je dénonce. On a le droit de vivre sa maternité/paternité comme on l’entend et étant donné que sans enfant c’est difficile d’avoir un futur pour la société le patronat doit apprendre à intégrer les parents dans son fonctionnement sans en léser un des deux.

      Et je pense qu’effectivement tu réagis à un commentaire ou j’ai tiqué moi aussi sur le fait de normaliser le fait d’avoir une déséquilibre vie pro/vie perso très important.

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