Quand « jamais 2 sans 3 »

Quand « jamais 2 sans 3 »

Et soudain, le Lampion a eu 18 mois. C’était en septembre 2019, je prenais la photo mensuelle, et ça a fait tilt : quand la Lueur a eu cet âge-là, on me transférait l’embryon qui deviendrait le Lampion. Comment ? Déjà ? Mais on est complètement à la bourre sur notre programme ! Il faut dire que la perspective de devoir changer de voiture pour accueillir 3 sièges auto me ralentissait pas mal. Et puis merde, finalement. On avisera en temps voulu.

J’ai appelé Hôpital Royal, et ils m’ont donné rendez-vous avec la gentille docteur Zabeille pour… le jour de mon anniversaire, toute fin novembre. Un signe ? Je ne sais pas si tu te rappelles mais tout s’était passé très vite pour le Lampion. Un rendez-vous, j’avais la prescription et 2 examens à faire rapidement que je devais présenter lors du transfert et c’était plié. Je me disais donc que, tout pareil, en décembre je serai sous traitement et en septembre 2020 je serai RE maman.

Photo personnelle : charmante vue de la « salle de repos » post transfert de l’Hôpital Royal

Tu t’en doutes, ça ne s’est pas passé comme ça. Déjà, la surprise en faisant enregistrer mon dossier « votre prise en charge à 100% est révolue ! Il faut que vous renouveliez la demande absolument sinon ce rdv sera facturé « . Eh oui ! La prise en charge dure 5 ans, et ces 5 ans de début officiel en PMA s’étaient écoulés… la veille ! T’y crois à cette guigne toi ? Bon. Le Dr Zabeille me reçoit, on fait un point sur ma situation, mes grossesses… j’attends les ordonnances mais, douche froide : « il me faut un bilan sanguin de monsieur, de vous, un frottis, et puis vous allez faire une hystéroscopie aussi ». On se revoit… en janvier, quand c’est fait !

Je sors de là, dépitée. Une hystéroscopie ? Mais pourquoi ? Tout s’est très bien passé jusque-là ! Il paraîtrait qu’il faut vérifier que mon utérus ne présente pas d’adhérences qui pourraient empêcher l’implantation d’un embryon. Génial… J’avais déjà du faire une hystérosalpingographie en tout début de PMA et bien que ça n’avait pas été douloureux je n’en garde pas un super souvenir. Et comble de complication : l’examen doit se tenir entre le 7ème et 10ème jour du cycle. Y a pas moins large comme fenêtre les gars ?

Et voilà comment perdre du temps : il a fallu trouver un centre par chez moi qui faisait cet examen (la maternité, pour finir), caler un rdv où le médecin qui le pratique soit disponible avec une infirmière, et que ça colle à peu près avec mon cycle. Bon ben premier rdv en février… J’ai annulé le Dr Zabeille, reporté à fin mars. Le Lampion aurait alors 2 ans.

L’examen s’est bien passé. Pas douloureux, un docteur à l’écoute, une infirmière marrante, et rien à signaler, « votre utérus est parfait ». J’étais remontée à bloc pour mon rdv de mars, je faisais mes calculs, un bébé de Noël, pourquoi pas après tout…

Oui mais.

Que s’est il passé en mars 2020 ? Je suis presque sûre que tu en as entendu parler… covid, confinement, PMA annulée comme bien d’autres interventions non vitales. J’étais au 32ème dessous mais très concentrée sur le travail qui ne manquait pas, au contraire, tout ceci a été relégué dans un coin de tête.

Le confinement est passé, j’ai rappelé Hôpital Royal pour savoir ce qu’il en était des rdv annulés. « Ben, on ne vous a pas rappelée ? »… Ben non… « Ah bah oups ! On a sauté votre nom on a rappelé tout le monde mais pas vous… » souviens toi Chaperon Rouge, la poisse AVANT un transfert est plutôt bon signe ^^’ rdv en Juin.

Enfin ça avance !

Alors me voilà en juin, avec mes résultats sous le bras. Mon cycle vient de commencer ! C’est le dernier, c’est sûr ! Le Docteur Zabeille consulte mon dossier, tout est parfait, j’ai les ordonnances pour les patchs. Mais elle me calme de suite : là on a du retard avec les transferts à cause du covid hein, mais on ne ferme pas des vacances pour avancer là-dessus. Je pense qu’il va falloir attendre septembre pour s’y remettre.

C’est ce qu’on a fait. J’ai appelé l’infirmière le 15 septembre, quand mon cycle a commencé, rendez-vous pris pour le 1er octobre. Le transfert a eu lieu, toute seule dans la salle avec ce pauvre Monsieur Loup en salle d’attente qui ne pouvait entrer : covid oblige. Pas de salle de repos comme pour les précédents transferts : vous vous rhabillez et vous partez. Je n’ai pas vu d’autres patientes, pas pu discuter, échanger, rassurer. C’était un peu triste. Je suis rentrée chez moi, sans trop comprendre ni me rendre compte.

En attendant le verdict

Et depuis, j’ai la pression. Parce que jusque-là, le simple fait d’avoir un embryon en moi s’est soldé par un succès. 2 fois de suite. 2 fois de la même cohorte. 2 embryons de la même fécondation. Quelle incroyable chance que ma Lueur et mon Lampion soient nés sans heurts de la même étincelle d’espoir ! Alors quoi ? Je pourrai faire un « sans faute » ? Ça serait juste, ça ? Ah ça, le Docteur Zabeille me l’a dit : 3 bébés sur 3 embryons de la même FIV, c’est du presque jamais vu, ici. Il y en a extrêmement peu, et ça renforce mon impression d’avoir une chance insolente. Pourquoi ça continuerait ? Qu’est ce que j’ai fait, moi, dans cette vie ou celle(s) d’avant, pour avoir droit à ce bonheur, cette facilité-là, quand une foule d’amies ou d’inconnues luttent encore pour avoir leur premier enfant ? Ce n’est pas juste. Et être favorisée dans la manœuvre ne rend pas la chose plus juste pour moi. Et ça m’angoisse déjà un peu. Je me dis qu’à un moment, les statistiques vont me rattraper, et je tomberai de haut. Je n’ai pas hâte. Alors j’attends.

Cher corps, vaisseau de mon âme, siège de ma pensée. On en a vécu, des tempêtes et des orages, tous les deux. On en aura vécu, des désamours et des réconciliations. Mais voilà, malgré tout, bon an mal an, même si ta coque a grandi, que tu as subi nombres d’évolutions, tu restes mon principal véhicule sur cette Terre. Tu viens de voir embarquer en toi une précieuse cargaison. Tu as charge d’âme supplémentaire. Nous voici, pour la 3ème fois, contenant. Nous allons faire mûrir en nous, maturer, peaufiner, un nouvel être. C’est une importante mission et je compte sur toi. Parce que malgré tout, il y a une chose qui n’a jamais changé, que j’ai su très tôt et que tu m’as depuis prouvée : cher corps, vaisseau de mon âme, siège de ma pensée… Tu es fait pour porter le monde.

5 commentaires sur “Quand « jamais 2 sans 3 »

  1. En bonne pmette je te maudis pour ta chance insolente ! Mais je ne peux m’empêcher d’espérer très fort un sans faute pour vous ! Alors, alors ?

    J’ai eu mes deux enfants sur ma FIV1 mais par contre chez moi c’était un transfert sur deux. Et il parait que c’est déjà assez exceptionnel… Je me dis que ce sera bizarre le jour où je devrais expliquer à mes enfants qu’ils ont techniquement été conçus le même jour 😅

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  2. Je croise les doigts!
    Ici, j ai eu mes 2 enfants par Fiv, mais je n ai pas eu tes statistiques ! 13 embryons transférés, un à un…, donc 13 cycles a être sous hormones et à attendre et 3 grossesses seulement. Dont une fausse couche à 10 SA.
    Et je sais que j ai eu… bcp de chance!! Mon grand a 3ans et demi et mon bébé a 7 mois… mes amours. Mais je sais aussi une chose: plus jamais de ponction d ovocytes pour moi. Il n y aura probablement pas de 3ème enfant…

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