Allaitement des jumeaux : un démarrage pas si simple

Allaitement des jumeaux : un démarrage pas si simple

En sortant de l’échographie où nous avons appris qu’il y avait deux bébés ; parmi le milliard de questions qui m’ont assaillie, celle de l’allaitement était en tête. Je ne me suis pas demandé « est-ce que je pourrais allaiter des jumeaux ? » mais plutôt « comment je vais faire pour allaiter des jumeaux ? ». En effet, j’ai allaité mes deux premiers enfants un an chacun, l’allaitement est pour moi une évidence plus qu’un choix, il n’était même pas envisageable pour moi de ne pas allaiter mes bébés.

Et pourtant, je me souviens parfaitement avoir rencontré une maman de jumelles lorsque Crapouillou venait de naître, et quand elle m’avait dit qu’elle avait réussi à les allaiter 3 mois j’avais écarquillé les yeux et l’avais trouvée hyper courageuse et motivée !

Ce sont d’ailleurs les réactions qui ont fusé dans mon entourage à l’annonce des jumeaux : « Cette fois-ci tu ne vas pas pouvoir les allaiter » « Tu ne vas quand même pas allaiter des jumeaux, c’est trop compliqué ! » et sa version moins fataliste et moins moralisatrice « mais comment tu vas faire pour allaiter des jumeaux ? ».

Alors, très vite, j’ai fait ce que je n’avais pas fait pour mon premier allaitement et qui m’avait tant manqué il y a 6 ans : je me suis renseignée, documentée, informée, formée. J’ai rejoint un groupe Facebook allaitement de jumeaux. J’ai contacté et rencontré une conseillère en lactation. J’ai fouillé sur internet, j’ai cherché des témoignages. Je suis partie à la chasse aux bonnes astuces, aux retours d’expérience.

Accessoires d'allaitement
Crédit photo : photo personnelle. Coussinets d’allaitement et coquilles en argent.

Je n’étais pas tellement inquiète sur ma capacité à allaiter deux bébés : j’avais déjà deux expériences d’allaitement, ma lactation avait déjà très bien fonctionné par deux fois, mon corps savait faire. Je n’avais aucun doute sur ça.

Ce qui m’inquiétait c’était :

– les éventuelles douleurs de la mise en place de l’allaitement, sachant que j’ai les tétons très sensibles et que j’en avais beaucoup souffert au début de mon 1er allaitement.

– l’organisation, comment donner à manger à deux bébés en même temps ? Comment faire pour les tétées nocturnes ? Et comment organiser le cododo (qui, pour moi, est étroitement lié à l’allaitement) ?

À la maternité : un démarrage pas si facile

Dès notre retour en salle de naissance, à peine 30 minutes après leur venue au monde, Cocoa et Prunelle ont été installés aux seins. Cocoa à droite et Prunelle à gauche, les mêmes côtés que dans mon ventre. Ce sont la sage-femme et la puéricultrice qui les ont installés, nous avons été calés tous les trois avec un tas d’oreillers et de couvertures. Ils ont commencé à téter, la mise en bouche s’est très bien faite, j’étais bien installée, je ne pouvais plus bouger. Nous sommes restés ainsi pendant une heure. Quand j’en ai eu marre d’être immobile et que ça a commencé à me faire un peu mal, j’ai évidemment eu besoin de l’aide de Mr Solex pour arrêter la tétée.

J’ai eu de la chance, les deux bébés ont pris le sein comme il faut, dès le début. J’ai eu un doute sur un frein de langue pour Cocoa, que j’ai demandé à faire vérifier par une sage-femme. J’avais un petit peu mal lors de la mise au sein, mais j’avais anticipé et prévu de la crème, que j’appliquais donc religieusement après chaque tétée pour éviter les crevasses. Ma conseillère en lactation m’avait également prêté des coquilles en argent, réputées très efficaces contre les crevasses, et je les ai utilisées dès le premier jour, en prévention. J’étais bien décidée à ce que cette fois-ci les crevasses ne passent pas par moi !

Ma montée de lait pour Crapouillou, bien que c’était mon premier allaitement, s’était faite assez rapidement : entre le 2ème et le 3ème jour. Pour P’tit Matelot cela avait été encore plus rapide, puisqu’elle a eu lieu au cours de la deuxième nuit. Le tout en douceur, sans douleur ou gêne particulière. Ce qui a fait que les deux fois, mes bébés avaient perdu très peu de poids et avaient déjà repris leur poids de naissance le jour de la sortie. Je n’avais donc jamais connu les inquiétudes liées à la perte de poids et/ou la faible prise de poids. Donc pour moi, cette montée de lait n’était même pas un sujet, ça me paraissait évident que ça se passerait à peu près pareil cette fois-ci.

Lors de la pesée du lendemain de leur naissance, il y a une perte de poids chez les deux bébés, Cocoa et Prunelle. C’est tout à fait normal et classique. Je suis fatiguée, évidemment, mais la première nuit n’a pas été si catastrophique que ça. J’ai allaité mes bébés un seul à la fois, à la demande. Ce sont des bébés qui dorment beaucoup, et ça m’arrange bien, comme ça je peux dormir aussi. J’ai même eu une plage de 4h de sommeil, incroyable !

Le lendemain, même schéma. Lors de la pesée du matin ils ont encore perdu du poids. Rien d’inquiétant, même s’il ne faudrait pas que ça continue à ce rythme-là. Mais je ne me pose pas de questions, la montée de lait va se faire tout bientôt et mes bébés reprendront du poids.

Troisième jour c’est la douche froide. Ils ont presque atteint la perte de 10% de leur poids de naissance. Prunelle est même à quelques grammes seulement des 2,5 kg, poids où on emmène les bébés en néonatalogie. Je commence à paniquer un peu. Pourquoi ma montée de lait ne se fait-elle pas ? Et puis, surtout, s’ils n’ont pas vite repris, je ne vais pas pouvoir rentrer à la maison le jour prévu. Et ça, ça me déprime. Je ne suis pas bien ici : le personnel hospitalier est clairement surbooké, le service tourne à plein régime, je ne suis qu’un numéro parmi tant d’autres et je sens bien que le moindre grain de poussière dans les rouages embête le personnel soignant qui n’a pas de temps à m’accorder. C’est profondément déprimant, ça me rend triste et en colère, et ça me bloque, je n’arrive pas à leur faire confiance. Comme je n’ai pas confiance, j’adopte une attitude peut-être un peu présomptueuse, en mode « c’est bon, c’est mon troisième accouchement, mon troisième allaitement, laissez-moi faire, je maîtrise ». Ce qui, évidemment, ne doit pas leur plaire beaucoup. Bref, un beau cercle vicieux.

Les auxiliaires de puériculture sont pourtant venues me voir plusieurs fois, pour me demander depuis combien de temps les bébés avaient mangé et pour me suggérer de les réveiller pour les nourrir. Mais je suis restée butée : je ne réveille pas un bébé qui dort. Pour une fois que j’ai des bébés qui dorment ! Je compte en profiter et ne pas leur « donner l’habitude » de se réveiller plus qu’ils ne le font !

Pour couronner le tout, la nuit avait été compliquée, Prunelle avait beaucoup pleuré, ajouté à ma chute d’hormones, j’avais craqué en mode baby blues et la sage-femme de nuit avait été infecte avec moi, à m’engueuler plutôt qu’à me réconforter. Il paraît qu’elle est connue dans le service pour son indélicatesse…

Une organisation efficace, mais usante

Du coup, après la pesée, la sage-femme de jour, adorable celle-ci, vient faire le point avec moi, avec nous. Elle me dit qu’il va falloir que je tire mon lait, pour provoquer la montée de lait et pour complémenter les bébés. Je refuse catégoriquement qu’ils soient complémentés au lait artificiel et au biberon. Elle a bien compris à quel point l’allaitement me tient à cœur, et elle a l’air assez bien formée (contrairement à l’auxiliaire de puériculture qui me sort plein d’âneries à ce sujet). On convient donc qu’ils seront complémentés avec mon lait (mon colostrum) et au DAL (dispositif d’aide à la lactation) pendant les tétées. Elle me dit aussi de donner le sein toutes les 3h maximum. Elle me met quand même un peu la pression, en me disant que si le lendemain ils ne se sont pas stabilisés, ils seront complémentés au lait artificiel.

Se met alors en place une organisation efficace mais usante : toutes les trois heures nous réveillons les bébés, nous les mettons au sein tous les deux en même temps (ce qui nécessite l’aide de Mr Solex), nous devons alors appeler l’auxiliaire qui vient installer le DAL pendant la tétée. Une fois la tétée terminée, je dois tirer mon lait avec leur tire-lait inefficace, douloureux et bruyant au possible.

Au début je n’extrais que très peu de liquide précieux. Si précieux que chaque goutte compte. Et il me faut au moins 30 minutes pour avoir quelques millilitres. Là aussi, je suis désemparée : quand je tirais mon lait avant, je n’avais jamais eu aucun soucis de quantité. Mais il faut dire que je n’avais jamais eu à le faire en tout début d’allaitement, comme là.

Pour être plus autonomes, nous demandons à pouvoir donner le DAL nous-même : ça ne nous semble pas sorcier à installer. On nous répond que ça ne peut être fait que par un personnel hospitalier. La grosse blague.

Nous demandons également à ce que Mr Solex puisse rester dormir avec nous. Je ne me vois pas faire tout ce cirque toute seule. À ce rythme-là, sans aide, je ne peux ni dormir, ni manger, ni gérer un bébé s’il se met à pleurer. Le service étant surchargé, on nous répond que ça dépend de la disponibilité du lit d’appoint. Nous comprenons qu’avoir des jumeaux nous rend prioritaire par rapport à d’autres, mais qu’il y a d’autres cas qui sont encore plus prioritaires. Heureusement, la sage-femme gentille arrive à nous dégoter un lit d’appoint. Autrement, j’aurais fait un scandale, et Mr Solex serait resté, lit ou pas lit ! J’ai quand même une pointe de culpabilité et de tristesse pour les mamans qui vont devoir rester seules cette nuit parce qu’elles ne sont pas prioritaires… je me revois en plein baby blues 6 ans plus tôt avec un Crapouillou hurlant jour et nuit, où la présence et le soutien de mon chéri avaient été indispensables… mais qui n’aurait pas été considéré comme prioritaire…

À la pesée du lundi matin, le poids des bébés s’est stabilisé. Ouf ! Et, même si je n’ai pas senti ma montée de lait se faire, j’ai bien vu au fil des tirages que le précieux liquide s’était un peu transformé et était devenu moins jaune, plus blanc. De plus, je me suis arrangée avec une de mes meilleures amies, qui est pharmacienne, et qui m’a réservé un tire-lait que je peux venir chercher l’après-midi même. J’ai également pris rdv avec ma sage-femme libérale pour un rdv à domicile dès le lendemain. Avec toutes ces conditions réunies, on me donne le feu vert pour sortir dans l’après-midi.

Et comme je suis beaucoup trop bavarde, la suite arrive dans un deuxième épisode !

12 commentaires sur “Allaitement des jumeaux : un démarrage pas si simple

  1. C’est toujours énervant ce manque de soutien du personnel hospitalier, surtout en suite de couche. Dès fois je me demande si elles sont devenues aigries et méchantes à cause de leurs mauvaises conditions de travail ou si elles ont choisi ce métier pour exercer leur pouvoir sur des familles fatiguées et stressées. (Quand on voit la comparaison entre les mauvaises SF ou aides-soignantes et celles qui sont adorables et compétentes, il y a un monde!)

    Bravo à toi et à ton mari d’avoir pu vous imposer et d’avoir tenu ce cap qui vous tenait à coeur ! J’espère que le reste de l’allaitement fut plus aisé.

    Par contre, je ne pense pas que des médeins puissent vous imposer de rester à l’hôpital ou de complémenter les bébés avec du lait en poudre. Ils peuvent faire des recommandations et déconseiller certaines pratiques, la sortie anticipée mais seuls les parents peuvent avoir le dernier mot il me semble. (Après il faut accepter de passer outre leur expertise et leurs prévisions parfois assez fatalistes, ce que je trouve personnellement très dur.)

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    1. Oui c’est sûr, personne n’a le droit de nous imposer quoique ce soit. Mais quand on vient d’accoucher, de vivre une grossesse éprouvante, qu’on est fatigué, on est fragilisée… bref, clairement pas en position de force, et parfois trop faible pour protester. Et malheureusement, certains médecins le savent bien tout ça, et en profitent un peu.
      Quant aux sages femmes je pense que pour la très grande majorité ça vient de leurs mauvaises conditions de travail. A part de rares parcours « loupés » (comme il en existe partout) je pense qu’on ne devient pas sage-femme par hasard ! Ce qui n’excuse pas le comportement de la femme méchante à qui j’ai eu à faire…

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  2. Même si nous n’avons pas vécu la même histoire (je n’ai pas eu de jumeaux!) ton récit me replonge de manière très vive dans les débuts de mon deuxième allaitement!.. Avec un premier allaitement qui avait hyper bien fonctionné et une quantité de lait de dingue j’étais très sûre de mois pour le deuxième mais ce n’était pourtant pas si simple.. là aussi un bébé à petit poids qui dormait beaucoup et qui du coup ne têtait probablement pas assez fort pour lancer la montée de lait à temps.. J’ai moi aussi trouvé ça hyper stressant, surtout les conseils à tors et à travers du personnel soignant qui se contredisaient eux-mêmes!.. Au final ils m’ont poussé à tirer mon lait mais ça me faisait tellement mal que j’ai piqué une crise : je leur ais dit « si vous me forcer à continuer le tire-lait j’arrête d’allaiter m**de). Du coup ils ont enfin accepté de me faire tester le dal (sur ma demande expresse) avec un petit complément de lait artificiel le temps que mon lait « arrive ». Et puis hop mon lait est arrivé comme par miracle et j’ai pu repasser à un allaitement 100%. Pour celles qui ne connaissent pas le dal, ce système est notamment interessant car le bébé continue de stimuler le sein et donc l’arrivée du lait et en plus il n’y a pas de risque de confusion sein/tétine.

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    1. Bravo d’avoir tenu et persévéré. A la fois je peux comprendre les inquiétudes du personnel hospitalier quand ils voient un bébé qui perd trop de poids. Et à la fois je trouve ça terrible la pression qui est mise à la femme, avec des menaces sur son projet d’allaitement, alors qu’il suffirait de l’accompagner avec bienveillance.

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  3. Rhaaaaa cette pression sur le poids ! Et d’abord qui a fixé cette limite à 2,5 kg ? Je fais 1,5 m, ma fille était toute petite et pesait 2,5 kg à la naissance, pardon pardon d’avoir refilé mes gènes à ma fille. Je viens d’écouter une émission sur un tout autre sujet qui évoquait ce problème justement : avant, on portait un nom et le personnel soignant prenait le temps de regarder leur patient, maintenant on est un numéro de chambre et les nourrissons une courbe de poids. Ma fille enfilait ses bib (je n’avais pas assez de lait), dormait très bien et savait se faire entendre quand elle n’était pas contente. Mon ressenti de mère, même primipare et un peu (beaucoup) aux aguets, était que tout allait bien. C’est triste à dire mais nous avons littéralement fui l’hôpital et appelé une sage-femme pour une visite à domicile.
    En revanche, je ne connais pas du tout le DAL, peux-tu m’éclairer stp ?

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    1. Le dal c’est une sorte de mini tuyau relié à une poche de lait (maternel pré-tiré ou artificiel). Tu « calle » le mini tuyau le long du mamelon pour que le bébé tête ton sein ET le tuyau en même temps => du coup il aspire deux fois plus de lait par succion (le lait en direct du sein et le complément). Le sein continue d’être stimulé à produire du lait à chaque tétée et le bébé ne risque pas de « préférer le biberon » comme cela arrive dans certains car d »allaitement mixte. C’est une super solution (quoiqu’un peu galère à la mise en place au départ) pour les cas où on ne produit pas (encore) assez de lait !

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    2. J’ai trouvé aussi que la limite de 2,5 kg était nulle. D’autant plus quand j’ai vu que c’est juste un chiffre, posé là un peu par hasard, et qui pouvait enclancher tout un processus vers la néonatalogie sans aucune réflexion plus poussée de la part du personnel. Lors de sa pesée 1h après sa naissance (et après avoir tété), ma fille faisait 2,665 kg. Le lendemain elle a été pesée 2,680 kg, ce qui était très bizarre car logiquement un nouveau-né ne prend pas de poids les 3 premiers jours. Donc elle pesait certainement plus lourd que cela à la base. Tout le monde a donc conclus que la sage-femme s’était plantée lors de la pesée de naissance, mais le chiffre initial est resté une référence pendant toute cette histoire de perte de poids ! Ce qui m’arrangeait bien, hein (car sinon on aurait dépassé largement les 10% de perte et là ça aurait été le drame) mais ce qui n’est absolument pas logique.

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  4. Depuis quand le DAL ne peut être mis en place que par du personnel hospitalier ? Franchement, quand ils sont débordés, ils pourraient au moins ne pas nous empêcher de faire ce qu’on peut faire. Idem d’ailleurs pour les lits d’appoint, il devrait y en avoir un par chambre (individuelle), ce serait plus simple pour tout le monde. Après ma césarienne, ma mère a passé 2 nuits avec moi, je n’ai pas appelé une seule fois ces nuits là (en revanche je suis tombée sur un duo SF – auxiliaire pourrit qui ne s’est pas privé de me réveiller inutilement, mais heureusement, elles n’étaient plus de service la dernière nuit quand je me suis retrouvée seule). En revanche, la dernière nuit, j’étais encore incapable de m’installer seule pour la tétée (et le changement des couches me faisait un mal de chien, car la table à langer était positionnée d’une manière qui m’obligeait à me pencher beaucoup, mais à part une fois où l’auxiliaire était dans ma chambre, je n’ai pas osé demander à ce qu’on change mon bébé). J’ai dû appeler plusieurs fois, et laisser mon bébé attendre, car évidement ils étaient débordés, ce que je trouve hyper dur. On ne peut pas toujours avoir un accompagnant (mes parents travaillaient et mon mari s’occupait de l’ainé), mais quand c’est le cas, pourquoi nous priver de ce qui les soulagerait ?

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