La dépendance affective

La dépendance affective

Je suis dépendante affective. Ce n’est pas facile à accepter, ce n’est pas facile de savoir comment changer.

J’aime les gens. J’aime les personnalités originales, j’aime construire des relations et surtout les garder. Je suis très fidèle en amitié. Je suis la fille toujours présente dès qu’il y a un problème, celle qui utilise toute son énergie pour réconforter et consoler.

J’aime donner, beaucoup. Je suis souvent déçue, car on ne me donne pas autant. Et surtout, car les relations finissent toujours par se terminer, toujours trop tôt à mon goût. Je reste nostalgique des moments passés ensemble, je ne comprends jamais pourquoi ça ne dure pas pour toujours. Parfois, je suis anéantie par la perte d’une relation alors même qu’elle n’était pas si profonde.

Coeur seul
Crédit photo (creative commons) : 5933179

De ce fait, c’est toujours moi la bonne copine, qui relance le contact, qui envoie des messages aux anniversaires ou à la nouvelle année, pour réchauffer des relations dont les liens s’amenuisent au fur et à mesure du temps. Il m’est arrivé que l’amitié se relance, que les relations reprennent, mais le plus souvent c’est inéluctable, c’est la fin. Je ne reçois pas de réponse, ou je me lasse de ne recevoir que des messages très laconiques.

En amour, ce n’est guère mieux. J’ai cumulé les relations insatisfaisantes où je me suis accrochée beaucoup trop longtemps. J’ai souffert de voir tout le monde y arriver et pas moi. J’ai cru réussir, plusieurs fois, avoir trouvé la bonne personne pour moi, mais là encore on a fini par m’abandonner.

J’aime les gens, mais je n’aime pas l’incertitude des débuts de relations, que ça soit en amour ou en amitié. J’aime l’attachement, j’aime la profondeur des sentiments. J’aime donner et recevoir.

Je m’attache parfois aux mauvaises personnes. Celles qui sont instables, qui ne partagent pas ce que je ressens. Évidemment, c’est un cercle vicieux. Je me dis que je mérite ce qu’il m’arrive, qu’on ne peut pas m’aimer, que c’est de ma faute si les gens se lassent de moi.

Je délaisse parfois les gens qui m’aiment vraiment, car c’est trop simple. Je n’ai pas besoin de faire d’efforts avec eux. Il m’est arrivé de les voir s’éloigner, et de réagir, trop tard. Comme si j’avais besoin que ça soit difficile pour apprécier la relation.

J’ai été une petite fille dont les parents n’étaient pas très démonstratifs dans leur affection. J’ai été une adolescente rejetée par ses pairs car trop différente. J’ai été une jeune adulte qui ne comprenait pas les codes des relations humaines et qui s’accrochait comme elle le pouvait. J’ai toujours cette fragilité en moi. J’aimerais guérir cette petite fille, cette adolescente, cette jeune femme, mais je ne sais pas comment faire. J’aimerais savoir dire que je suis heureuse seule, j’ai besoin de l’être parfois pour recharger mes batteries, mais au fond de moi je rêve toujours du grand amour. Je rêve toujours des amitiés fortes qui vont durer des années et bravent toutes les épreuves. Dans les jours de tristesse, je me dis que tout cela n’est pas pour moi et que je n’y arriverai pas. Je me demande comment font les autres, qui semblent avoir des relations si épanouies. Je me demande s’il est trop tard à mon âge pour construire de nouvelles choses.

Si je dois être honnête, je suis quand même très entourée. Je vois les choses en noir, mais j’ai beaucoup de monde autour de moi, dans les différents aspects de ma vie. Je peux affirmer qu’il y a des gens qui tiennent à moi. Mon problème, c’est surtout sans doute de l’oublier trop souvent, je n’arrive pas à croire qu’on peut m’aimer sincèrement et me trouver des qualités. Mon problème c’est sans doute aussi d’être trop sensible, de m’attacher trop vite, mais ça fait partie de moi. Est-ce que je voudrais être autrement, avoir moins de peine quand on me déçoit ? Sans doute que oui. Mais devenir froide et cynique ? Certainement pas !

Aujourd’hui, je dois apprendre à m’aimer moi, en premier lieu. Je dois m’aimer pour aimer les autres vraiment, sainement et sereinement. Je ne dois pas changer, je dois me voir, et m’accepter telle que je suis réellement, avec mes qualités et mes défauts. Je dois comprendre qu’en premier lieu, je dois être heureuse seule, avec ma propre compagnie, et que les relations aux autres, que ce soit de l’amour ou de l’amitié, sont simplement la cerise sur le gâteau d’une vie riche et heureuse.

Comprendre cela, c’est déjà le premier pas pour aller mieux !

7 commentaires sur “La dépendance affective

  1. 😳 j’aurai pu écrire ce texte mot pour mot c’est exactement ce que je ressens… et oui je pense qu’il faut déjà s’accepter tel que l’on est mais pas toujours facile… J’essaie de plus en plus de me dire « penses à toi » ça paraît égoïste mais ça m’a beaucoup aidé parfois!

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  2. Ton article me touche beaucoup, parce que moi aussi j’aurais pu l’écrire, du moins la partie sur l’amour. Bizarrement en amitié je suis moins comme ça, enfin je suis loyale et c’est souvent moi qui contacte les autres, mais jamais je ne courrais après une ami-e qui ne veut pas me voir, et si on me répond peu ou pas, après quelques tentatives je laisse tomber sans trop de peine.
    Par contre, je dois tout reporter sur l’amour, parce qu’alors là, catastrophe ! Comme toi, je me suis parfois attachée à la mauvaise personne, me suis sentie abandonnée (ou l’ai carrément été) plus souvent qu’à mon tour, je comprends très mal les relations humaines, et j’ai longtemps pensé que je n’étais pas faite pour ça (j’ai supposé que j’avais empoisonné tous mes maris dans une vie antérieure et que cette vie-ci me le faisait payer !). Ça s’est un peu calmé depuis que j’ai rencontré mon mari, qui est d’une solidité à toute épreuve, mais j’ai été persuadée pendant des années qu’il allait se réveiller et se rendre compte que j’étais nulle, et même après 8 ans j’ai encore des périodes où j’ai de nouveau peur de ça. Mais je mesure le chemin parcouru parce que c’est moins une angoisse pour moi qu’avant.
    Du coup je sais pas quoi te dire, parce que je ne me suis clairement pas soignée moi-même et que mon répit ne tient qu’au fait que mon mari m’aime toujours (ce qui est bien le principe de la dépendance affective, justement) !

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  3. Bonjour,
    Merci pour votre article, je vis son exact contraire. Pourtant, « J’aime (aussi) l’attachement, j’aime (aussi) la profondeur des sentiments. J’aime donner et recevoir. » Mais je suis souvent déçu, certainement trop entier, exigeant.
    Les circonstances de la vie font que l’on s’est construit une carapace et qu’elle va se durcissant… Malgré les apparences d’ouverture, on finit par se refermer sur soi-même. La solitude, même très entouré, reste un fardeau difficile à porter Certains considèrent votre attitude comme de la suffisance, de la distance alors qu’il s’agit de souffrance.
    L’âge aidant, les opportunités en général, les rencontres en particulier vont s’amenuisant.
    Vous avez une partie de la solution… Aimez-vous telle que vous êtes. Vous êtes une belle personne. Vous ne pourrez changer les autres, changez votre regard sur vous même.
    Bien à vous

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  4. Bonjour. Il est étonnant pour moi de lire cet article aujourd’hui même. Car il fait écho à quelque chose que je ressens de temps en temps et ce sentiment vient juste de se réactiver : la semaine dernière je me suis retrouvé dans un groupe de personnes que je ne croisais jusque là qu’en video conference. Et il y avait cette femme pour laquelle j’ai un crush depuis un moment. J’ai donc pris mon courage pour échanger deux mots dans un petit groupe ou elle était et particulièrement avec elle. Puis je l’ai recontactée sous un prétexte anodin en fin d’apres midi via le chat. Elle m’a répondu et naturellement est venu le petit mot qu’on interprète dans ces cas là : « à demain! » Puis le lendemain, à la fin de la session de travail, il a été convenu d’aller boire un verre tous ensemble. Tout cela s’est tres bien passé et j’ai fais en sorte de lui montrer mon intérêt tout en finesse et discrétion bien sûr. Elle a prit mon numéro au prétexte de l’inclure dans le groupe Whatsapp de notre réunion. Puis j’ai repris la route pour rentrer chez moi. En chemin sur l’autoroute j’ai reçu un message par sms me souhaitant bonne route. Surpris, je me suis dit qu’on était peut-être en phase sur ce qui se passait. Le lendemain je lui ai envoyé un message qui a relancé un échange très sympathique. Le surlendemain matin j’ai recommencé, nouvel échange pendant quelques minutes et à quelques heures d’intervalle. Elle m’envoie le lien d’une chanson au texte que j’interprete, bien sûr, à mon avantage. Le jour enfin je décide de laisser venir : pas de message de la journée. Le jour suivant, je renvoie un message, nouvel échange très serein. Puis à nouveau je laisse venir, deux jours de suite cette fois : aucun message de sa part. J’en conclus que si je n’amorce pas l’échange, elle n’en éprouve pas le besoin. C’est frustrant: encore raté me dis-je. J’ai décidé d’attendre trois jours avant d’effacer ce numéro si je n’ai toujours pas de nouvelle, ce sera demain…BX

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    1. Je me permets de répondre car je trouve cette suite d’échanges un peu étrange et j’imagine que si tu la décrit ici c’est pour avoir un conseil (j’interprête peut-être mal)? D’un regard extérieur il ne me semble pas que le fait que les messages ne viennent que de toi doive ici être interprété comme « elle n’est pas interessée ». Là on est dans une logique de début de séduction, les codes ne sont pas les mêmes que dans une amitié de longue date qu’on se trouverait à maintenir poussivement de manière unilatérale. Dans ton cas il me parait possible qu’elle ait besoin/envie d’être séduite et que ce soit donc à toi de faire les « premiers pas » pendant une période. Cela dit il vaudrait peut-être mieux être sûr qu’elle est interessée et que vos premiers échanges n’aient pas été juste sur un ton d’amitié pour elle. A mon avis ta prochaine étape serait de lui proposer d’aller boire un verre juste tous les deux et là selon sa réponse tu pourras être fixé si tu dois abandonner ou pas.

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      1. Bonjour. Pas intéressée, c’est bien la conclusion à laquelle je suis arrivé. Et effectivement, je suis peut-être hors-sujet par rapport à l’idée générale de l’article. Au modérateur de modérer 🙂 Cordialement. BX

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