Occuper mes mains

Occuper mes mains

Je te l’ai déjà dit, j’aime coudre, mais ça a longtemps été le seul loisir créatif que j’ai aimé. Mon absence de vision dans l’espace rend tout bricolage long et fastidieux, conceptualiser un objet 3D m’est complètement étranger, et traduire une idée en objet me demande un effort énorme pour un résultat jamais à la hauteur de mes espérances. 

Pourtant, on ne peut pas dire que je n’ai pas essayé : j’ai tenté la broderie (mais c’est long et répétitif, et mes points n’étaient pas franchement réguliers), les origamis (mais qu’en faire une fois le pliage fini ?), le tricotin que j’ai trouvé franchement rasoir, les perles, les bracelets brésiliens… et j’ai arrêté toutes ces activités une par une parce que je me trouvais rapidement limitée ou que je n’en voyais pas franchement l’intérêt. Malgré cela, j’ai continué de rêver devant la patience de certaines chroniqueuses et leur habileté, notamment en matière de tricot.

Récemment, le rapport d’activité de mon smartphone a affiché un score beaucoup trop haut pour mon standard personnel, et la question de trouver une nouvelle occupation manuelle s’est posée de nouveau. C’est vrai, je sors mon téléphone bien trop souvent : devant un film, dans un moment d’inactivité, quand je veux me reposer ou m’isoler d’un environnement qui me sollicite beaucoup trop… et tous ces petits moments mis bout à bout amènent mon compteur quotidien à plusieurs heures d’utilisation. Pour quel résultat finalement ? 

La réponse à ce problème a été toute trouvée : si je veux passer moins de temps sur mon téléphone chaque jour, il faut que je trouve quelque chose à mettre dans mes mains aux moments où j’aurais tendance à attraper mon téléphone. Il me fallait une activité qui puisse être facilement commencée et arrêtée (donc la couture ne convenait pas, le temps d’installation et la concentration nécessaire étaient trop importants), pas trop rébarbative pour ne pas me lasser, utile pour ne pas produire quantité d’objets qui prendraient la poussière sans que je m’en serve, pas trop coûteuse en matière première, et ne nécessitant absolument aucun effort de projection dans l’espace. Bref, remplacer mon téléphone par une activité utilisant mes mains et présentant les mêmes qualités que celles que je cherche lorsque je zone sur mon téléphone. 

tricot, tasse de thé
Crédit photo : Flora Westbrook

C’est comme ça que je me suis remise au tricot. Après avoir rêvé longtemps devant les comptes instagram de Lirbis et GrisMouton, je me suis lancée à mon tour. J’ai commencé par passer quelques heures sur Ravelry pour chercher le modèle idéal pour recommencer le tricot : je voulais un gilet, avec un point texturé pour ne pas me lasser trop vite et sans couture parce que c’est un coup à tricoter tous les éléments et les laisser de côté plusieurs semaines avant de les assembler. J’ai donc jeté mon dévolu sur le gilet Mariechen d’Isabell Kraemer, et à mon plus grand étonnement, je suis allée jusqu’au bout assez rapidement. J’ai même trouvé cette façon d’occuper mes mains assez satisfaisante : une fois le patron bien en tête, je n’ai plus tellement besoin de réfléchir. Je peux prendre mon tricot 5 minutes et le reposer si nécessaire, puis ne plus y toucher jusqu’au lendemain (tant que je pense à noter l’endroit auquel je me suis arrêtée). Et je trouve le fait de voir le vêtement apparaître au fur et à mesure très gratifiant. 

Outre la satisfaction de faire quelque chose de mes moments d’ennui ou d’inactivité, j’ai trouvé plusieurs autres bienfaits à cette nouvelle activité. D’abord, je passe bien moins de temps sur mon téléphone, ce qui était l’objectif premier certes, mais ce qui me permet de réduire la frustration une fois que je pose mon téléphone et que je me rends compte que je viens d’y passer 10, 15, 20 minutes à ne rien faire. Ensuite, je me suis aperçu que les soirs où je tricote, j’ai les yeux bien moins fatigués que les soirs où je zone sur mon téléphone. Et puis tricoter me permet de matérialiser et de justifier mon indisponibilité envers les autres et envers moi-même : j’avais du mal à justifier le fait de ne pas vouloir ou de ne pas réussir à lâcher mon téléphone immédiatement dès qu’on me sollicitait. Le tricot me permet de répondre immédiatement à une sollicitation ou de temporiser : je termine mon rang et je viens te voir. 

Alors, au moment où j’ai fini mon gilet, je me suis lancée dans un nouveau projet, avec une nouvelle technique qui me faisait de l’oeil et je viens de commencer un châle au point de brioche pour préparer le cadeau de Noël de ma belle-mère. Nous sommes mi-novembre, je m’y mets tout juste, les aiguilles vont devoir chauffer !

5 commentaires sur “Occuper mes mains

  1. Je n’ai jamais aimé le tricot, la broderie… et je remercie ma maman pour tous les adorables vêtements de mes enfants que je n’aurais jamais su faire.

    Pour m’occuper les mains et l’esprit, j’aimebien faire des mots croisés (seule ou avec ma maman, ma grand mère ou mes neveux).
    Je passe aussi beaucoup de temps à faire des livres de photos pour les grands événements ou voyages et à écrire mes souvenirs.
    Quels plaisir de les regarder/relire après avec ma famille ou mes amis.

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  2. J’avais exactement le même raisonnement que toi et je me suis aussi (re)mise au tricot il n’y a pas longtemps. Je savais faire le point de base mais c’était beaucoup trop long et limité à mon goût. Et finalement j’en ai fait en groupe et ça m’a donné la motivation et la rapidité. Je fais aussi du crochet, des perles, des bracelets brésiliens,de la peinture, de la couture 😂 bref je me suis résolue à n’exceller dans rien mais être touche à tout, c’est ça qui m’évite de me lasser…

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    1. J’avoue que le problème de la lassitude est un problème récurrent pour moi. C’est pour ça que l’un de mes critères quand je choisis un modèle de tricot c’est d’avoir un point texturé pour le corps, ça me permet d’éviter les longues heures à tricoter des rangs tout droit dans lesquels je finis par me perdre.
      Et je rêve du jour (prochain je l’espère) où j’arriverai à me remettre à la couture ! Pour le moment je manque de temps, d’espace et de disponibilité intellectuelle.

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  3. Super ! C’est vrai que c’est une bonne alternative ! Moi je fais du crochet, mais quand je suis trop fatiguée j’ai beaucoup plus de mal à crocheter, mes yeux voient mal et je finis souvent par défaire et refaire le lendemain 🙄😅. Du coup malheureusement ça ne marche pas pour moi le soir pour laisser mon téléphone 😄😄
    Et peut-on avoir une photo de votre gilet svp ? 🙏🏻 Je n’arrive pas à faire des choses pour moi où mon fils, je me cantonne aux vêtements bébé ou accessoires…

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