Théâtre de Guignols

Théâtre de guignols

Tu te souviens quand tu étais petite des spectacles de Guignol ? Je ne crois pas en avoir vu beaucoup dans ma jeunesse et pourtant j’ai le souvenir qu’ils m’ont toujours laissé un peu mal à l’aise. Je trouvais ça trop gros et ça me dépitait plus que ça ne m’amusait. Honnêtement, ces personnages sont quand même sacrément bêtes et les situations bien trop ubuesques.

Mais alors pourquoi les candidats à la présidentielle 2022 me donnent la curieuse impression de vouloir à tout prix nous faire un spectacle de Guignol ?

Petit point historique

Savais-tu que la création de Guignol est intimement liée à la création de nos médias d’informations? (je vois d’ici certains dirent qu’il suffit d’allumer certaines chaînes de télé pour voir la ressemblance). À l’époque où la liberté d’expression n’était pas vraiment répandue, si tu voulais critiquer le régime, il fallait ruser pour éviter la censure. De nos jours c’est plus simple, tu peux dire des bêtises plus grosses que toi un peu partout sans accepter de remarques parce que la « sacro sainte liberté d’expression ».

Plus récemment tu as dû connaître « Les Guignols de l’info », émission satirique qui n’était pas tendre avec les politiques contemporains. Je suis un peu nostalgique de cette époque où finalement les politiques se contrôlaient peut être un peu plus étant donné que, le trait choisi pour les représenter, forci par les guignols pouvaient rapidement leur porter préjudice.

Retour au présent

Enfin si tu me permets je vais faire un léger détour en 2016 avant de nous ancrer de nouveau en 2022. Le 8 novembre 2016 pour être précise. Pourquoi cette date? Et bien parce que c’est le jour où pour la première fois la politique m’a semblé complétement hors de contrôle. Les États-Unis venaient d’élire un homme misogyne et raciste à leur tête, et oui c’est le jour ou Donald Trump a été désigné 45ème président des États-Unis. Ah… on pouvait se moquer à l’époque mais cinq ans plus tard, en pleine campagne présidentielle, je commence réellement à paniquer. Alors, on n’aura peut-être pas un président qui aura le prénom d’un canard connu, mais le tableau n’est pas plus enviable.

Mon premier fou rire en rapport avec les présidentielles date du 10 novembre, un candidat venait d’annoncer sa candidature avec un slogan facile à moquer et une vidéo d’une qualité discutable. J’étais tombé sur une chronique à la radio qui m’avait fait rire à en pleurer. Je regrette ce moment où je pleurais de rire et non de dépit comme c’est de plus en plus le cas.

Crédits Photo: Ben_Kerckx

Mes préférences politiques sont personnelles et je ne vais pas forcément les exposer clairement dans cet article, mais j’aimerais faire avec toi un petit état des lieux de nos candidats actuels.

À l’heure où j’écris, il y a déjà une vingtaine de candidatures. Oui oui : une vingtaine ! Et aucune valable à mes yeux.

D’un côté on a le racisme décomplexé. Apparemment, baser toute sa campagne sur la peur de l’autre ça donne un pourcentage d’intention de votes plutôt pas mal. On a donc deux grands champions qui cherchent à nous prouver que le racisme c’est « in » et que c’est bien d’être un raciste décomplexé. Après, attention, on a quelques variantes. Il y a celui qui rêve de la France des années 50 (s’il avait pu vivre à cette époque là et ne pas nous pourrir nos média actuels avec son discours rétrograde ç’aurait été une bonne chose) cette époque bénie où les femmes étaient à la maison et les musulmans chez eux (pardon mais c’est où chez eux ? Là où on était allé les envahir ?). Et il y a celle qui tente de faire oublier l’image de son père le négationniste. Et n’oublions pas le candidat dont les idées ne sont pas si éloignées de ses petits copains et qui joue juste la modération. Alors, attention, on est quand même en campagne donc les discours se lissent, soyez prudent ce qu’on a dit il y a six mois, un an, six ans disparaît rarement juste parce qu’on dépose une candidature, c’est juste bien caché (ou pas d’ailleurs).

De l’autre on a des concours d’égo, avec des candidats qui se déclarent toutes les semaines, avec des programmes pas mal bancals (en gros à part critiquer la gestion de la pandémie mondiale – où aucun pays ne s’en sort bien rappelons-le…) et du coup un score d’intention de vote mauvais. Ce n’est donc clairement pas une stratégie que je conseille. Ha on a eu un gagnant qui a proposé que les autres se retirent (mais pas lui) pour faire bloc. Non clairement la stratégie était bonne mais c’est raté.

Et alors on a ceux qui se présentent en sauveur aussi. Genre « j’ai pas envie mais pour le bien de tous je le ferais ». Pour le bien de tous, je pense qu’il faudrait arrêter de se présenter si on n’a pas un vrai programme. Ça serait déjà la première chose intéressante à faire. Pour le bien de tous, aussi, il faudrait se souvenir que les politiques sont là pour servir le pays et non leurs intérêts (celle là elle est dure je sais, coucou ceux qui voguent au grès des élections en fonction du vent).

Pour le bien de tous il faudrait peut être juste renouveler entièrement notre classe politique. En tout cas, cette campagne commence à ne clairement plus avoir de sens pour moi. Je n’ai plus envie de voter par défaut parce que je ne peux pas voter pour les autres. Alors il serait peut être temps de réaliser tout ça chers politiques. Mais chers citoyens aussi, ne nous voilons pas la face, cette campagne c’est aussi nous qui l’avons provoquée.


Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre.

Winston Churchill

34 commentaires sur “Théâtre de Guignols

  1. Ma première petite dispute avec mon chéri, plus idéaliste que moi, c’était parce que je lui ai dit « les politiques sont tous pourris ». Et ca c’était il y a 15 ans ! Pour moi, la catastrophe a commencé bien avant Trump.

    Alors oui, j’aimerai bien renouveler entièrement la classe politique et aussi réfléchir à un nouveau système politique (pas de réélection, revue des salaires et des avantages, séparation plus nette avec les lobbys et industriels…). J’ai du mal à y croire mais j’aimerai bien que les gens élus ne passent pas tout leur mandat à se demander comment être réélus mais puissent se consacrer à leur mandat sans distraction.

    Ta phrase « Pour le bien de tous, je pense qu’il faudrait arrêter de se présenter si on n’a pas un vrai programme. » m’a fait mourrir de rire. Car on a élu il y a 5 ans un candidat qui n’avait pas de programme. Enfin un candidat qui a présenter un programme assez vague seulement un mois avant l’élection mais qui était déjà en tête dans les sondages depuis bien longtemps.
    Après, au risque de me fâcher encore avec mon chéri, je te dirai bien : à quoi ca sert d’avoir un programme vu qu’on sait bien qu’il n’est jamais respecté !?!

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    1. Alors honnêtement j’ai déjà perdu foi en la politique depuis un petit moment mais là j’atteins vraiment une lassitude extrême… Tu parles d’il y a 5ans et pour moi ce qu’il s’est passé est justement plutôt représentatif : on s’est jeté vers celui qui ne faisait pas parti de cette classe politique sclérosée qu’on se traine depuis des décennies. On venait de tester un passage a gauche après un président de droite et ça avait été la merde dans les deux cas. Du coup moi ça me parait logique et je ne te rejoins pas sur l’absence de programme, qui d’ailleurs est un des premiers qui a été aussi proche dans l’application que dans l’annoncé de mon point de vue ( et on parle d’un mandat dont la moitié s’est déroulé en pandémie mondiale). Après malheureusement le changement annoncé est bien trop minime par rapport à celui promis. Et cela est aussi dépendant de l’organisation de notre république je pense, et c’est assez démoralisant.

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  2. Je rejoins complètement ta conclusion. Si en effet notre système politique est comme ça, je pense aussi que nous en sommes responsables. En d’autres termes « on a ce qu’on mérite ».
    Pourquoi ? Parce que au regard d’un politique nous sommes des clients et ceux-ci basent plus leurs programmes pour nous faire plaisir qu’en fonction de leurs convictions profondes / connaissances pour changer l’état du pays.
    Mais la politique ce n’est pas du marketing. Malheureusement beaucoup sont prêt à se laisser acheter avec des promesses de boites de céréales 1er prix ou ne sont pas en mesure de lire l’étiquette du produit correctement parce qu’ils n’ont jamais appris comment faire.
    La politique c’est plus kohlanta, une bande de potes qui viennent de la même école et qui forment des alliances et font des coups bas pour obtenir l’immunité. Vu l’engouement du jeu tv je me suis toujours demandé pourquoi la politique intéresse si peu, alors que de mon point de vu c’est bien plus palpitant (et plus complexe).
    Je reste persuadée que si les citoyens étaient plus engagés, avec de vraies notions de politiques et intérêt pour la géopolitique internationale (et pas celles pseudos apprises sur facebook), les candidats ne pourraient plus nous berner ni nous « utiliser » à leurs fins personnelles (ou moins).
    Tout s’apprend, question de motivation.

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    1. Je pense qu’effectivement on se retrouve face à des discours déconnectés de la réalité et qui donnent ce que « veulent » les gens. Personnellement ça me terrifie parce que dans notre histoire on a déjà eu des personnalités fortes qui ont « donné » les discours que voulaient entendre les gens et provoqué des drames qu’on est encore entrain de processer. Beaucoup de promesses sont en effet inapplicables mais quand même les chevaux de batailles de certains. Est-ce qu’il faut revoir notre éducation civique à l’école? Est-ce que l’éducation civique existe encore? Déjà à mon époque ça devenait accessoire avec 1h toutes les deux semaines…

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  3. Personnellement je me suis engagée politiquement lors de la campagne municipale. Je peux te dire que c’est beaucoup d’énergie mentale et physique (ne serait-ce que pour tracter). Idem pour les départementales et les régionales. Et à l’arrivée, tu mobilises un électeur sur deux, puisque la démocratie se meurt de l’abandon des citoyens. En 2017, les députés ont été très largement renouvelés avec beaucoup de membres de la société civile. Et il a été fait assez souvent un procès en incompétence, alors même que c’est une aspiration d’avoir du sang neuf, et qu’on voit bien les dérives de certains politiques professionnels.
    J’ai été élue, je suis dans l’opposition, la majorité a voté contre un défraiement des élus de la minorité. Je vais donc faire ma journée de travail, puis j’ai une réunion de 18h30 à 20 heures ce soir, puis une seconde réunion de 20h30 à 22h00.
    Si vous voulez changer le monde, on n’attend que vous.

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    1. Je suis assez choquée par le vote de la majorité qui refuse de défrayer la minorité Oo ! C’est hallucinant de se tirer dans les pattes aussi mesquinement je trouve (et c’est quoi le but, ne pas avoir d’opposition ?)
      Du coup même si « on n’attend que nous », ça ne donne justement vraiment pas très envie de venir (après, c’est un avis très personnel, je sais que je ne suis pas du tout faite pour ça, donc prends ce commentaire pour ce qu’il vaut : peu de choses) !

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      1. Le but, c’est que l’enveloppe pour rémunérer les conseillers municipaux est fixe, donc si tu augmentes le dénominateur, la somme versée à chacun est moins élevée. Il vaut mieux partager le gâteau en 38 parts qu’en 49. Ca implique aussi qu’il est impossible à un smicard d’avoir un mandat dans l’opposition (personnellement non seulement je ne suis pas défrayée mais étant libérale, je perds de l’argent puisque je prends sur mon temps de travail pour assister aux commissions.

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      1. Dans notre municipalité (61 000 habitants) , il a été soumis au vote lors du 1er conseil municipal (juin 2020, en raison de la pandémie), le montant des indemnités : pour le maire 5134 euros + frais de représentation (800 euros par mois) ; pour les élus, une enveloppe de 23958 euros mensuelles pour les élus, qui a réparti entre 14 adjoints (1013,23 euros mensuel) et 23 conseillers municipaux délégués (633 euros mensuels) et donc zéro euros pour les 11 conseillers d’opposition. C’est joué d’avance puisque sa majorité vote comme un seul homme. C’est la loi du 27 février 2002 sur la démocratie de proximité, et la loi du 27 décembre 2019 relative à la loi sur l’engagement dans la vie locale.
        Le plus extraordinaire est qu’il a fait voter le refus de justifier des frais de représentation (800 euros mensuels), en arguant du fait qu’il n’a que le 10è salaire de la mairie. Il faut savoir qu’il est vice président du territoire, conseiller départemental (seuls mandats qui peuvent se cumuler) et… cadre retraité de la SNCF.

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        1. Ah ok je vois, je n’avais pas compris que c’était au sein du conseil que ce vote avait eu lieu. Je pensais qu’une loi était passée. Mais supposons l’inverse (si l’opposition avait été la majorité), ne penses-tu pas qu’ils auraient fait pareil ? Aussi révoltant que cela puisse paraitre, ça ne me choque pas. Ca fait partie du « jeu » en politique. Je t’emmerdes ici, tu me rends un coup là…

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        2. Pour information, les membres de l’opposition peuvent avoir ou non une indemnité, au même titre que les membres de la majorité peuvent ou non en avoir une.
          L’indemnité est votée en conseil municipal selon divers articles du CGCT. La condition pour avoir une indemnité est que les élus aient une délégation. Est ce que les élus de l’opposition accepteraient d’avoir une délégation et donc que leurs actions retombent sur le chef de l’exécutif, à savoir, le Maire ? Est ce que c’est cohérent que les élus de l’opposition travaillent pour un projet contre lequel ils se sont présentés ?
          Pour avoir été élue en plus (et dans l’opposition), je suis désolée mais selon moi, être dans l’opposition (sauf à avoir une délégation, ce que je trouve très étonnant pour une opposition), ne mérite pas une indemnité. C’est très chronophage, assez peu intéressant sur bien des aspects (on ne peut pas mener d’actions pour les administrés, etc) mais à côté d’un conseiller municipal délégué qui fait son boulot, qui a réunions de service, qui pond des rapports ou autres, qui etc, le temps et l’énergie dépensé avec celui de l’opposition n’est clairement pas équivalent.

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          1. J’entends bien ta réponse et tes arguments ; ce que je sais, c’est que l’absence de rémunération interdit à un smicard de s’engager politiquement puisque non seulement il n’est pas indemnisé, mais il perd de l’argent ou des congés pour accomplir son mandat. Il faudrait peut être que l’indemnité ne soit pas obligatoirement lié à une délégation, ou sinon on accepte que les élus ne représentent pas l’ensemble de la population.

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    2. Alors j’ai commencé à vouloir m’impliquer dans ma ville. Mais la politique locale est telle que j’ai peur de finir en prison pour meurtre si je continue plus longtemps et pour ma santé mentale je m’éloigne. Personnellement les batailles de cours de récré entre des gens de 40/50/60 ans ça ne m’intéresse pas. D’ailleurs je pense que les problèmes que je rencontre au niveau locale amplifie ma vision négative de la campagne politique que l’on vit.

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  4. À mon sens, le problème est que nous avons maintenant des candidats de carrière là où la présidence de la République appellerait plutôt une vocation. Si en plus le candidat pouvait aimer un peu son pays et en être fier pour ses forces et ses faiblesses, ce ne serait pas mal. Petit bonus supplémentaire, le candidat qui baserait sa politique avec quelque chose et non pas contre quelque chose.
    Au lieu de cela, ces gens veulent juste le plus haut fauteuil et basent leur politique sur leur nombre de like ou je ne sais quoi sur les réseaux sociaux, donc sur des opinions au lieu de bâtir un véritable projet de mandat. Et on en arrive à ce qu’on voit en ce moment, niveau école maternelle « chui le plus fort j’aurais fait mieux que toi » « c’est pas ma faute, c’est la faute du copain » « lui il est moche il a des boucles d’oreille ». Voilà voilà, quand je les écoute (ce que je fais de moins en moins), j’ai la sensation d’entendre ma fille (4 ans) me raconter ses histoires de cours de récré.
    J’ai donc résumé ça en un point essentiel : la Planète. C’est elle qui fera le choix de mon vote car, au bout du bout, c’est elle qui doit être et rester ma priorité. Mon problème ? Apparemment on est forcément de Gauche quand on est écolo. Encore des cases quoi.

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    1. Oui l’image de la cours de récré c’est bien ça. Je voulais réagir pour le coup de la Planète, c’est pas une honte que ça ne fasse pas parti des choix de tous? On est en 2022 et on doit encore choisir de voter pour la planète alors que ça devrait faire partie des priorités de tout un chacun! Sans planète ça va être compliqué d’avoir un peuple a diriger donc bon… C’est vraiment une des situations de Don’t look up : »Ha mais il ne veut pas être riche. » « Mais la Terre va être détruite donc l’argent n’aura plus d’intérêt ».

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  5. Je suis aussi un peu déprimée par ce début de campagne. Mais je rejoins le témoignage de Viviane, élue dans sa commune : le monde n’attend que nous !
    Pas forcément en politique d’ailleurs, mais dans la vie publique.
    Depuis « quelques heures de bénévolat » à « monter une entreprise à mission / créer une association /… »
    « Il y a toujours quelque chose à faire pour changer le monde. »
    Récemment j’étais un peu découragée de ce que je fais (et pourtant je suis assez engagée bénévolement et dans mon boulot). Et puis j’ai discuté par hasard avec un gérant de PME qui fait tout pour que sa boîte soit écolo et sociale (avec succès). Et vu pleins d’autres petits témoignages à droite à gauche et ça m’a vraiment rebootée.
    Je sais bien que faire sa part ne suffira pas et qu’il faut des lois. Mais en attendant : faire sa part permet parfois de créer des choses plus grandes, des mouvements citoyens, des contre pouvoirs. Commencez par quelque chose qui vous touche à côté de chez vous et… vous verrez bien où ça vous mène !

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    1. J’ai répondu a Viviane que j’ai voulu commencer à m’impliquer et que j’en faisais des crises de tachycardie. Maire condescendant, représentants de la mairie puériles et désagréables… j’ai encore deux enfants très dépendants, un travail prenant et clairement je ne me sentais pas capable de continuer pour le moment. Je verrais dans quelques années. Après je trouve que c’est très réducteur de dire « vous n’êtes pas contents faites », globalement on a bien vu avec le système actuelle que les candidats « hors système » font rarement des étincelles et c’est partir du principe que forcément on ne fait rien/on n’a rien tenté.

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  6. Merci pour cet article ! J’avoue que toute cette mascarade est déprimante.
    Personnellement je suis fonctionnaire territoriale, je dirige les services d’une mairie, et je vois bien la catastrophe même à l’échelon local. J’ai travaillé avec des élus incompétents et inconséquents, qui ne comprennent rien aux finances locales et au droit public, qui n’ont jamais lu la constitution et la déclaration des droits de l’homme, qui n’ont aucune logique, ni même idéal philosophique. Ils sont élus et avantagent les petits copains, haussent leurs indemnités (600€ pour 2 réunions par mois), modifient les plans d’urbanisme pour construire leurs maisons, baissent les tarifs de la cantine parce qu’eux memes ont des enfants à l’école, sans aucune autre réflexion … Refusent de parrainer des candidats (tout bord politique) car peur des sanctions (véridique, j’en témoigne).
    Bref, déprimant.

    Par contre, petit témoignage personnel, j’ai habité 20 ans en zone rurale et je ne comprenais pas les discours des extrêmes sur la sécurité, l’immigration etc. Mais ayant récemment habité 2 ans dans une grande ville (celle de notre ancien premier ministre), je comprends et maintenant j’adhère…. Après 2 ans passés dans le trafic de drogue, les incivilités quotidiennes, ma voiture rayée, mon vélo volé, peur de sortir le soir après 22h en plein centre ville, les rodéos en scooter à 3h du mat qui réveillent les enfants, mes voisins d’Algérie qui invitent toute la famille tous les jours dans un appart de 60m2 et qui font la bringue sans se soucier des voisins, les bénéficiaires de la banque alimentaire qui viennent tous les jeudis sous mes fenetres récupérer leur du avec les dernières baskets Nike et les iphones nouvelle génération, les parents défavorisés de la crèche qui déposent leurs enfants en retard tous les matins, dégoutants, la morve au nez, les cheveux sales, qui ne disent jamais bonjour et qui en ont rien à fiche de rien… désolée mais ça m’a ouvert les yeux, et ça fait mal 😥
    A votre tour 😉

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    1. Chère Madame,
      L’ex-parisienne que je suis partage votre avis à 100%.
      Tous ces salauds de pauvres qui n’ont même pas la décence de se faire un brushing et de respirer la joie de vivre quand ils sont dans des lieux publics, m’ont conforté dans l’idée que le nationalisme associé au capitalisme était la voie du salut (moins de pauvres et moins d’etrangers).
      Et puis tout le monde sait que les chaussures derniers cris ce sont les FILA. Les Nike c’est so 2020. La classe se perd, voilà tout. Heureusement que dans les programmes, les candidats des extrêmes proposent eux au moins des cours intitulés : »quels chaussures porter pour assumer son statut de pauvres dans la queue de la banque alimentaire ».
      Pour ma part, nous avons définitivement résolu notre problème en démenageant sur l’île de la cité, quel bonheur, que des gens qui nous correspondent et qui ont des mouchoirs quand la nanny sort avec les enfants.
      Et en vrai, si tu enfiles les perles comme les clichés, tu dois avoir de sacrés beaux colliers. ❤️ ❤️ ❤️ sur tes enfants et tes voisins.

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    2. Je vois de quoi tu veux parler. Et en même temps je pense qu’il faut bien dissocier le constat et les solutions.

      Des problèmes de vivre-ensemble, des problèmes de sécurité, des problèmes de civilité…
      A quoi c’est lié ? Je bosse avec des gens en insertion et il y a des parcours de vie tellement durs. Aucun des candidats qui posent ces constats ne préconise davantage d’argent pour l’éducation, davantage de travailleurs sociaux, etc. Et oui sûrement qu’il y a des filous qui fraudent la banque alimentaire mais c’est peanuts par rapport à la fraude fiscale par exemple.

      Vraiment sur les symptômes on peut se mettre d’accord mais on vit dans un système inégalitaire et violent à l’encontre d’une partie de la population, et on arrose les jeunes de publicités en leur faisant croire que le monde c’est l’argent et le paraitre. S’il n’y a pas de contre discours familial que deviennent tous ces gens ?
      Bref : pour avancer sur la question il y a un petit livre hyper bien fait de ATD quart monde « idées reçues sur les pauvres et la pauvreté ».
      Je prends le temps de répondre à ton commentaire parce que je vois bien de quoi tu parles et ce sont des conditions de voisinage qui sont dures pour ceux qui les subissent, et qu’on peut rencontrer des individus qui donnent vraiment envie de passer par la violence aussi ! Il y a une société à repenser.

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      1. Merci pour ton commentaire constructif !

        Pour ma part j’ai aussi été scotchée par le changement ruralité/grande ville.
        Parce que dans nos milieux ruraux (et bossant en mairie je les cotoie aussi), les personnes en pauvreté et précarité sont : les agriculteurs qui ont bossé toute leur vie comme des fous et qui ont à peine de quoi vivre à la retraite, le jeune père de famille qui se suicide dans sa ferme car il n’arrive plus à éponger ses dettes, la maman solo avec 4 enfants qui n’arrivent plus à payer la cantine pcq son ex-conjoint ne verse pas la pension alimentaire, le petit monsieur adorable mais alcoolique, qui veut bosser à la mairie mais qui est alcoolisé toute la journée, la petite grand-mère qu’on livre tous les jours pour son repas et qui est seule, isolée, loin de ses enfants et qui ne voit personne de la journée…
        Bref, choc des cultures qd tu te retrouves dans une grande ville.

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    3. Bonjour Nuage,

      Nous ne pouvons accepter les généralisations que tu fais dans la deuxième partie de ton commentaire. Nous rappelons que certains « avis » peuvent tomber sous le coup de la loi et que nous préférons garder des échanges respectueux pour tous.

      A tous,

      Nous voulons garder ce blog comme lieu d’échange et de partage bienveillant et par conséquent nous nous verrons contraintes de modérer si nous voyons une escalade dans les commentaires.
      Merci de rester respectueux et modérés.

      Bonne journée

      L’équipe BdV

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    4. Haaa Nuage… La première partie de ton commentaire représentait bien ce que je vis au niveau locale. Mais la deuxième partie..

      Tu me demandes d’ouvrir les yeux mais je n’habite pas à la campagne. Je vis dans la banlieue proche d’une des plus grandes villes françaises, mon école de secteur est celle de la cité de la ville, les collèges ont une des pires réputations de la région, il y a eu un squat pendant des mois a 30m de l’école de mes enfants. Et non pourtant je n’ai pas ta vision et ton avis.

      Après nos amis les plus proches sont des étrangers, mais des bons: chrétiens, cadre sup… bon on en a quand même qui ne sont pas catholiques mais protestants donc c’est borderline quand même.

      J’ai connu des situations que tu décris, mais je ne blâme pas ceux qui les subissent mais ceux qui ont créé ces environnements délétères pour tous. D’ailleurs les populations que tu blâmes dans la deuxième partie ne sont pas celles qui truandent dans la première partie non? Du coup peut être que le problème ce n’est pas l’autre mais nous même?

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  7. J’avais lu en plusieurs endroits que les qualités nécessaires pour gouverner ne sont malheureusement pas celles nécessaires pour se faire élire. J’y repense à chaque échéance électorale, et j’en viens à observer chaque campagne d’un oeil très extérieur : à quoi bon élire sur un programme qui ne sera pas respecté ou à peine ?

    Et de fait, le manque d’intérêt que je porte à cette campagne me désole : je devrais, on devrait tous, sentir un véritable intérêt à choisir celui ou celle qui nous gouvernera pour les 5 ans à venir, et pas simplement subir un spectacle de clowns pour se décider à lire les programmes 3 semaines avant d’aller voter en espérant mettre dans l’urne le nom de celui qui sera le moins pire, le moins inapte à gouverner.

    J’ai du mal à voir le lien direct entre l’implication dans la politique à l’échelle d’une commune, et la politique à l’échelle d’un gouvernement, tous me semblent complètement déconnectés les uns des autres. Au bout du compte, cette campagne me semble symptomatique de la fracture dont on entend tellement parler depuis un bout de temps. Des élites qui font des jeux de manches en public sans chercher à avoir un vrai fond et une cohérence réelle.

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    1. Ton commentaire est juste parfait. Et tu prouves que le jeu des politiques fonctionnent « en espérant mettre dans l’urne le nom de celui qui sera le moins pire, le moins inapte à gouverner ». Il tentent de nous transformer en « marionnette » votant sans conviction.

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      1. A part ça c’est sur que ces dernières élections, j’ai jamais voté par conviction mais pour celui qui me semblait le moins pire (en particulier au 2e tour…), et je pense que je ne suis pas la seule, c’est toujours une corvée pour moi ce 2e tour (et je me réjouis pas du prochain) !

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  8. Ici, on se dit surtout (souvent) que c’est le système de vote qui devrait être changé… Vu la quantité de volontaires, on est « obligés » de « voter utile », ce qui ne laisse aucune chance aux petits partis peu soutenus par les médias. On rêve d’un jour où on nous demandera de voter par élimination. 1er tour, on exclu ceux qu’on ne veut SURTOUT PAS voir au pouvoir, et ai si de suite jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un… Mais c’est complètement utopique :/

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    1. Certains prônent le retour à des gros partis identifiables et un système de vote indirect comme les états unis. Certains aimeraient qu’on prenne en compte le vote blanc. Pour moi un changement demanderait un vrai changement de la population et de l’éducation à la politique, c’est pas pour tout de suite…

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    2. J’ai découvert hyper récemment (en discutant avec des amis) le vote au jugement majoritaire. Et je trouve ça hyper intéressant comme façon de faire !
      Après, je ne sais pas s’il y a une solution idéale, mais quand on voit le nombre de candidatures (20 ?! Sérieux ?!) il y a sans doute un truc à réfléchir de nouveau sur la façon dont fonctionnent ces élections.

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