Journée internationale des câlins

Les câlins et moi

Le 21 janvier est la journée internationale des câlins. Oui, il y a une journée pour ça ! Des études ont montré les bienfaits qu’on pouvait retirer d’un simple câlin : moins de stress, moins de déprime, libération d’ocytocine (aussi appelée « hormone du bonheur »)… Bref, que du bonus ! Encore faut-il pouvoir en recevoir et en donner.

Quand je raconte un peu ma vie

Je n’ai aucun souvenir dans lequel ma maman ou mon papa m’aient prise dans leurs bras. Ni même de souvenirs d’eux faisant un câlin à mon frère ou ma sœur, qui sont pourtant plus jeunes que moi (j’ai 7 ans de plus que ma sœur). Je ne sais pas à quoi c’est dû mais une chose est sûre : dans ma famille, on n’est pas tactiles.

On pourrait évoquer l’éducation. Ils sont tous deux issus de grandes fratries, et ont été élevés « à la dure » par des parents aimants mais non démonstratifs. Pour autant, cela n’explique pas tout : j’ai des cousines, des oncles et tantes qui eux n’ont aucun souci pour montrer leurs sentiments en public et prendre leurs proches dans leurs bras.

Je n’ai jamais dit à mes parents que je les aimais. Ni eux qu’ils m’aimaient. Nous sommes extrêmement pudiques dans ma famille, et exprimer nos sentiments est vraiment très compliqué. C’est quelque chose que je regrette profondément, mais malheureusement quarante années d’habitude sont trop difficiles à effacer.

Embrassades
Crédit photo : Elina Fairytale

J’envie énormément mes amies qui n’ont aucun souci pour enlacer leurs parents. Pour ma part, je suis celle qui est toujours extrêmement gênée lors des débordements de joie, quand on me saute dans les bras pour fêter une bonne nouvelle ou qu’on tente de me réconforter. Heureuse, surprise mais gênée, comme si je n’y avais pas droit. Les habitudes de l’enfance ont la vie dure.

Quand les choses changent

Mais ça, c’était avant de rencontrer M. Chéridamour et Schtroumpfette. Dès le jour de notre rencontre, alors qu’elle n’avait que 2 ans, Schtroumpfette m’a fait un câlin (elle était très câline, et l’est d’ailleurs toujours puisqu’à 16 ans, elle en réclame toujours !). J’ai été surprise, et j’ai réagi de la seule manière possible : je lui ai rendu son câlin. Je ne me souviens plus très bien, mais ce jour-là je crois bien que j’avais eu une boule d’émotion dans la gorge.

Et il y a bien sûr M. Chéridamour. Les gens autour de moi rient beaucoup de me voir toujours collée à lui (car oui, on est le genre de couple à toujours être physiquement très proche). On me dit souvent « mais laisse-le un peu tranquille, il ne va pas s’envoler ». Sauf que j’ai besoin de ce contact avec lui. En avoir été privée jusqu’à mes presque 30 ans m’a rendue désormais presque addict, et je ne suis jamais aussi heureuse que lors de nos soirées à la maison, quand on est serrés l’un contre l’autre à lire ou regarder la télé.

Au cours des années, nous avons traversé beaucoup d’épreuves, entre notre désir d’enfant et maintenant sa maladie. À chaque moment douloureux ou lors des moments de bonheur intense, nous ne parlons pas forcément beaucoup mais nous nous serrons très fort l’un contre l’autre. Lorsque j’étais déprimée et triste à chaque échec lors de notre parcours PMA, il se sentait démuni et me disait souvent qu’il ne savait pas forcément quoi dire pour me consoler. Mais il me prenait dans ses bras et pour moi cela valait toutes les paroles réconfortantes du monde.

J’espère ne pas reproduire mon éducation avec Pirlouit. Et j’espère sincèrement qu’il sera fan des câlins !

Mes parents ont changé depuis qu’ils ont des petits-enfants. Ils les câlinent très souvent. Quant à moi, je me rends compte que je ne suis plus la même à ce niveau-là. À tel point que lorsque ma super amie et collègue m’a annoncé son mariage, c’est moi qui n’ai pas résisté à trépigner et à la prendre dans mes bras sous le coup de l’émotion… et tant pis pour le Covid !

Alors pour cette journée, si tu le peux, si tu en as envie, n’hésite pas à faire un câlin à une personne qui t’es chère : ton papa, ta maman, tes enfants, ton mari, ta meilleure amie… Cela te fera du bien, et je suis certaine qu’à elle aussi.

10 commentaires sur “Journée internationale des câlins

  1. Bon, on a le même modèle de parents. Quant au changement avec les petits-enfants, j’ai doucement rigolé en te lisant car je me suis souvenu de la tête de ma mère lorsque ma fille de 3 ans lui a demandé très sérieusement et droit dans les yeux « est-ce que tu m’aimes ? » Je crois que c’est la première fois de ma vie (38 ans hein ?) Que j’ai entendu ma mère dire je t’aime 😉 bien obligée là 🙂
    Je suis convaincue du bienfait des câlins et des paroles bienveillantes, non pas que ça m’ait manqué mais cette éducation pudique, bien qu’en soit rien de mal, sous-entend aussi une pudeur dans les reproches, donc non-dits, rancœurs et compagnie. Et ça, ça m’a fait beaucoup de mal. Du coup, j’ai changé aussi sur ce point.

    Merci aussi pour ce rappel du premier câlin de schtroumphette, j’ai toujours préféré faire des ménages plutôt que du baby-sitting mais je ne pourrai jamais oublier mon premier vrai câlin avec un enfant (gros chagrin de la petite sœur de mon mari, 2 ou 3 ans à l’époque). Ça m’a mis un coup au coeur, littéralement et je suis devenue accroc 😉 du coup, je profite de tous ceux que me fait ma fille 🙂 🙂 🙂

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  2. Merci pour ton article ! J’ai eu aussi le même type de parents, qui ont un peu évolué (mais pas tant que ça) avec les frères et sœurs plus jeunes puis avec les petits enfants. Il m’est arrivé d’être surprise par leurs émotions (en général par écrit) tant c’était inhabituel. Aujourd’hui, je suis très câline quand je suis en couple mais très peu tactile avec les autres personnes, je suis souvent gênée et même dérangée par les marques d’affection. Celui qui ne va pas couper aux câlins aujourd’hui, c’est le chat 😂

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  3. J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille ou les câlins et toute autre marque d’affection étaient la norme. Même mes grands parents sont adeptes des embrassades et des surnoms (rarement des je t’aime). Et ça m’avait toujours paru être la norme avant que je ne sois à l’université.

    Je n’oublierai jamais ma tête quand une amie vietnamienne, en échange en France pour 5 ans, est rentrée chez elle et à retrouvé ses parents pour la première fois en 4 ans et qui en les voyant à l’aéroport leur a simplement dit « bonjour ». Pas de bisous, pas de câlin, aucun contact physique ! Ce n’est pas dans leur culture. Mais pour elle qui vivait en France, faisait la bise et avait des câlins de ses ami(e)s depuis 4 ans en cas de coup dur, ce fut très compliqué à vivre.

    En devenant maman, il me paraissait évident de couvrir mes enfants de bisous et de câlins.
    Mais sur mes deux modèles réduits, pourtant fait dans le même moule, l’un des deux n’est pas très câlins. Il refuse souvent nos bisous, caresses et câlins (mais il ne peut pas refuser les je t’aime!). Même bébé il n’aimait pas trop les contacts physique (pas de portage, ni de cododo pour lui!). Maintenant qu’il a bien grandit, il commence parfois à venir de lui même nous faire des câlins et des bisous ! Mais il s’enfuit souvent avant qu’on puisse les lui rendre. Donc j’ai espoir qu’avant qu’il soit ado, on puisse faire de grandes séances de câlins !

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  4. Mes parents ont eux aussi été élevés « à la dure » mais j’ai eu la chance que ma maman qui en avait beaucoup souffert n’ait pas reproduit le modèle, sauf pour se dire je t’aime mais bon on se rattrape avec les câlins que je continue à leur faire même à 35 ans.
    Par contre, je suis tactile juste avec mes proches et mes neveux (ahhhh les calins des petits qui se lovent dans tes bras !). Mais hors de question d’enlacer d’autres personnes ! (Sheldon sort de ce corps 😀 )

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  5. Aaaaah, je viens d’une famille calinante et j’ai un mari non calin, donc tout le contraire de toi, et finalement tu es la plus chanceuse, car moi j’ai « connu » quelque chose que je n’ai plus, alors que toi tu l’as découvert 😉 Mais je me venge sur mes loulous d’amour et ils sont aussi très calins ! Peut être qu’ils arriveront à faire changer d’avis leur père ˆˆ xD!

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