Périnée : l’histoire sans fin

Périnée : l’histoire sans fin

Mes deux grossesses (et les accouchements qui les ont conclues) m’ont laissée comme souvenir marquant, outre des enfants tout à fait charmants, un périnée bien abîmé. Chez moi, ça se manifeste principalement par des fuites urinaires qui surviennent à l’effort, à la toux, quand j’éternue… Et qui perdurent malgré mes efforts.

(Pour info non exhaustive, le relâchement du périnée peut prendre plein d’autres formes : gêne, impériosité urinaire, incapacité à retenir les gaz, voire pire.)

C’est un sujet assez tabou me semble-t-il. En tout cas, avant d’avoir des enfants, je pensais les fuites urinaires réservées aux femmes d’un âge bien plus avancé que le mien. Dans mon entourage, j’avais peu entendu parler de ce sujet. Mes amies jeunes mamans ne s’en plaignaient pas. En revanche, je connaissais plusieurs femmes qui s’étaient faites rattraper par une descente d’organes vers 50-60 ans, sans signe avant-coureur.

La santé de mon périnée est donc devenue un sujet au quotidien. Je considère qu’en prendre soin équivaut à une assurance vie, afin de m’éviter (retarder autant que possible selon mon degré d’optimisme) une descente d’organes ou autre conséquence désagréable.

Le périnée pouvant être comparé à un hamac soutenant les organes du bas-ventre, je te laisse apprécier cette image qui me fait penser à un avant-après…

Après ma première grossesse, je fais ma rééducation du périnée chez une sage-femme, puis une rééducation périnée et abdominaux chez une kinésithérapeute quelques mois plus tard car je ressens une pesanteur. Il s’agit de ma vessie qui est descendue par rapport à sa position normale.

Forte des enseignements de la première fois, je prends soin après la grossesse suivante de favoriser la récupération de mon corps en me reposant le plus possible en position allongée le premier mois après la naissance. Je fais de nouveau une rééducation du périnée puis des abdominaux dans les plus courts délais.

Cependant, ce n’est pas suffisant.

En effet, deux ans plus tard, je continue à ressentir une pesanteur au niveau de la vessie, accentuée en cas de fatigue ou de crises d’éternuements. Sans compter les fichues fuites ! J’en ai eu lors de ma reprise du footing, j’ai fini par apprendre à les éviter via un passage aux toilettes juste avant de commencer. Mais un éternuement la vessie pleine, ou pire une série de jumping jack flash, se finissent immanquablement par « quelques » gouttes de pipi dans la culotte. Je n’arrive plus à bloquer mon jet d’urine. Gênant lorsqu’un groupe de randonneurs apparaît au coin du buisson derrière lequel tu es planquée…

Bref, ça me prend la tête et je me sens mal lorsque j’ai un petit accident.

Mes lectures sur Instagram (l’excellent compte de Princesse Périnée notamment) me permettent de comprendre que la situation n’est pas normale. Alors, je prends rendez-vous avec une nouvelle sage-femme qui semble spécialisée dans le domaine.

Elle me confirme mon problème, tout en me demandant comment je le vis. En effet, selon elle, certaines femmes ne sont pas incommodées par les fuites urinaires et les acceptent.

Elle me propose une nouvelle rééducation, basée sur l’acquisition de bonnes habitudes et de la correction de ma posture.

J’ai terminé cette rééducation il y a quelques mois et mon but est de te faire un petit résumé de ce que j’ai appris. Par avance, excuse moi pour le vocabulaire pipi-caca. Mon but n’est pas de faire une revue scientifique mais de te donner une idée de ce qu’une sage-femme peut te proposer. N’hésite pas à filer consulter un professionnel de santé si tu veux en savoir plus.

Primo : épargner son périnée

Ça commence aux toilettes : on fait pipi en se tenant assise, le dos bien droit, et surtout sans forcer le jet. On va aux toilettes au bon moment pour garder le fonctionnement naturel de la vessie, qui se vidange au moment adapté. En clair : on y va lors de la deuxième envie. On se retient lors de la première envie, sinon on risque d’avoir envie trop souvent. Et surtout, on ne se retient pas sur de longues périodes.

A l’inverse, on fait caca en surélevant les genoux (glisse un petit tabouret sous tes pieds, ou le marchepied de ton enfant). Cela permet d’aligner le côlon et l’anus (en gros, sinon tape « lever genoux caca » sur Google et va regarder les images pour bien comprendre) et résultat attendu : ça te permet de ne pas forcer.

Ça continue par ton attitude au quotidien : il faut se tenir droite, les épaules vers l’arrière pour ne pas être voûtée, le poids du corps légèrement sur les talons. Essaie, tu sentiras que tes organes sont comme tirés vers le haut, la pression sur le périnée s’allège. Dans mon cas, j’ai besoin de me muscler le haut du dos pour que ça devienne naturel.

Enfin, j’ai appris des techniques pour soulever une charge, me relever à partir de la position assise et allongée, éternuer, tousser, courir, faire les fameux jumping jack flash… Tout en évitant d’exercer une forte pression sur mon périnée.

Secundo : renforcer tout ça

Lors des rééducations successives, j’ai appris plusieurs exercices pour renforcer les différents muscles du périnée et les abdominaux profonds, notamment grâce à la méthode de la respiration hypopressive. J’ai également appris à situer les abdominaux du bas du ventre à renforcer spécifiquement dans mon cas, et les exercices associés.

Ces différents exercices reposent principalement sur la contraction des muscles de façon répétée, tout en respirant de façon adaptée. On peut faire varier cette base en adoptant différentes postures (sur le dos, à quatre pattes, debout en équilibre…).

Au travail spécifique du périnée et des abdos s’ajoute un renforcement musculaire global, à base de gainage notamment.

Tertio : tenir !

L’enjeu est que ces efforts ne durent pas seulement quelques semaines, le temps des séances de rééducation, mais deviennent des habitudes à vie. Ma sage-femme m’a expliqué que la position épaules en arrière devait être naturelle, que je devais l’adopter sans y penser.

Clairement, en ce moment, je ne suis pas à ce niveau, mais je pense régulièrement à faire quelques exercices. Je peux les faire n’importe où, en voiture, au bureau ou en réunion car certains passent complètement inaperçus.

Les fuites n’ont pas disparu, mais j’arrive de plus en plus à les éviter. Point positif : la sensation de pesanteur devient rare. Elle est même un signe que je dois ralentir le rythme et prendre soin de moi.

Comme je te le disais plus haut, si tu te sens concernée par ce problème, n’hésite pas à prendre rendez-vous avec une sage-femme ou un.e kiné pour faire un bilan. Tu peux le faire à tout âge, ce n’est pas réservé au post-partum.

Pour finir, je regrette d’avoir dû attendre de me flinguer le périnée pour apprendre certaines règles qui relèvent de la prévention. Je transmettrai évidemment toutes ces informations à ma fille mais j’espère qu’elles deviendront progressivement plus accessibles au plus grand nombre dès le plus jeune âge.

5 commentaires sur “Périnée : l’histoire sans fin

  1. ++++1 je n’ai pas eu ce type de souci, par contre j’étais une vraie « pisseuse », entendre par exemple que je ne savais pas ce qu’était une nuit complète sans me lever, un trajet en voiture de plus d’une heure sans arrêt une torture, etc. La rééducation chez la sage-femme a été une révélation et j’ai abouti à la même conclusion que toi : mais pourquoi on apprend ça si tard ? On attend l’après bébé sachant que de plus en plus de femmes font des enfants tard ? Perso, j’avais 37 ans ! Du coup, comme toi, j’ai pensé que j’informerai ma fille dès qu’elle sera en âge de comprendre.

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  2. J’ai l’impression d’être dans le même cas que toi à peu de choses près (pas de pesanteur chez moi ouf !). Par contre la technique pour éviter les fuites est moins contraignante : je ne fais plus de footing lol plus sérieusement quand j’en ai parlé à ma Gynéco elle m’a répondu que tout allait bien chez moi mais qu’il fallait comprendre qu’après avoir eu des enfants il ne fallait pas s’attendre à pouvoir refaire du trampoline 😱. Je n’avais pas non plus l’intention d’en faire mais quand on te dit ça … je vais probablement en parler avec ma sage femme enceinte l’occasion. Merci pour tous ces tuyaux (sans mauvais jeux de mots 😜)

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    1. Mais quelle réponse pourrie de ta gynéco !
      Bien sur que si on peut s’attendre à continuer z faire du trampo après des grossesses (pitié non pas le trampoline, ça fait des accidents tellement horribles ^^)

      Ça me fait penser à cet autre gyneco qui conseille des césariennes pour cette même raison.

      Banaliser et desinformer fait tellement de dégâts…

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