Pourquoi je ne suis toujours pas végétarienne ?

Pourquoi je ne suis toujours pas végétarienne ?

A l’occasion d’une lecture récente (d’un livre paru en 2017 : Chroniques d’une citoyenne ordinaire engagée, de Muriel Douru), cette question a surgi à nouveau dans mon esprit, où elle sommeillait depuis plusieurs mois. Pourquoi ne suis-je pas végétarienne ? Pourtant, tout semble converger pour que je le sois, depuis de nombreuses années. Mais je n’ai toujours pas franchi le pas.

Végétarisme et valeurs personnelles

Les bienfaits du végétarisme ne sont plus à prouver pour moi. Depuis longtemps, nous sommes au courant que consommer trop de viande(s), et surtout la viande rouge et la charcuterie, peut nuire à la santé sur le long terme. Manger 5 fruits et légumes par jour est au contraire bénéfique (merci la pub) : franchement, à moins d’être végétarien, je ne sais pas trop comment réussir. Mais je m’égare. Toujours est-il que consommer plus de végétaux que d’animaux est préférable d’un point de vue médical. Et, si les effets néfastes de la consommation de certains produits à base de viande ne sont toujours pas sûrs à 100%, ce qui est certain en revanche, c’est que les personnes en Occident ont tendance à consommer plus de viande que nécessaire dans leurs apports journaliers.

Tartines
Crédit photo : Einladung_zum_Essen

Cela me permet de passer au second argument, qui reste pour moi le plus important (selon mon éthique et mes valeurs personnelles, tu as le droit d’être convaincue par d’autres) : l’écologie. Être végétarien contribue à réduire son empreinte carbone (à condition d’éviter de ne manger que des avocats importés, on est d’accord), et pour une Occidentale, cette empreinte est déjà bien profonde ! Produire de la viande représente un coût énorme pour la planète. En manger moins réduit significativement l’impact de notre présence sur Terre.

Forte de cette conviction, cela fait déjà plusieurs années que je réduis ma consommation de viande, et Monsieur Fernand avec moi. Nous n’achetons plus de viande en supermarché, uniquement chez le boucher (et donc en quantité minime). Je mange de façon exceptionnelle de la viande le midi, au travail, et essaye de prendre systématiquement un plat végétarien au restaurant (Monsieur Fernand vient de renoncer à la viande de la cantine). Heureusement pour moi, habitant aux environs de Paris, j’ai assez d’alternatives végétariennes disponibles (et encore, je suis souvent très surprise de notre « retard » par rapport aux pays anglo-saxons sur le sujet).

Le dernier argument est, sans surprise, la condition animale. Je suis un peu moins sensible à ce point qu’à l’aspect écologique, parce qu’il me semble qu’il doit être possible d’élever des animaux pour la consommation humaine dans de bonnes conditions pour eux (de l’élevage non industriel en fait). En revanche, je sais qu’actuellement, c’est bien malheureusement très (trop) loin d’être le cas. La réflexion des végans sur le spécisme m’intéresse beaucoup, mais pour l’instant, je n’adhère pas entièrement à leur vision. Lorsque certains comportements humains vis-à-vis des animaux sont dénoncés, il m’arrive fréquemment d’être d’accord avec leur point de vue (corrida, animaux de cirque, animaux sauvages de compagnie, tout ça). Mais je n’arrive pas à faire entièrement cohabiter mes valeurs avec celles défendues par ce mouvement. Peut-être que cela sera le cas un jour, qui sait ? Bref, la souffrance animale joue tout de même un rôle dans mon questionnement général sur le végétarisme, et prend une part de plus en plus importante ces dernières années. Avant, j’étais quasi exclusivement sensible à l’argument écologique, maintenant je dirais que l’aspect médical et la condition animale ont autant de poids et comptent ensemble pour moitié dans ma réflexion.

Mais alors, avec tous ces bons arguments, qui sont au diapason avec mes valeurs personnelles d’écologie et de respect du vivant, comment se fait-il que je n’ai pas sauté définitivement le pas, et que je ne dise toujours pas officiellement « Je suis végétarienne » ?

Le regard des autres

C’est un petit choc pour moi de l’admettre, car j’avoue que je me targue volontiers de ne pas tenir compte du regard des autres (en tout cas, il ne m’empêche pas de sortir dans la rue avec les jambes couvertes d’un duvet ou de ne pas boire d’alcool aux soirées puisque je n’aime pas ça). Mais c’est bel et bien ce qui me freine le plus pour franchir définitivement le cap.

Je mange volontiers moins de viande, ou l’option végétarienne lorsqu’elle est disponible, sans que cela me prive. J’aime pourtant toujours autant manger un confit de canard ou du saucisson. Mais je ne ressens pas de manque à ne pas manger de viande ou de poisson pendant longtemps. Bien sûr, pour certains plats, je préfère lorsqu’une viande est proposée. Mais je me satisfais du tofu ou de la galette de légumes qui la remplace. J’ai traversé une petite « crise » vis-à-vis de cet engagement récemment, d’ailleurs, où je faisais moins attention à ne pas prendre de viande au restaurant ou le midi. Je pense que j’ai eu le sentiment que cela ne servait à rien. La lecture de la BD de Muriel Douru m’a un peu remotivée ! Ce qui en ressort pour moi, c’est que ce n’est pas le manque de viande/poisson qui joue dans mon manque d’enthousiasme à m’affirmer végétarienne.

Crédit photo : zuzi99

Familialement, ma cousine a franchi ce cap depuis des années. Je ne citerai pas tout ce que j’ai entendu comme commentaire ou petite remarque sur ce choix… mais cela joue énormément dans ma décision. Je ne suis pas sûre d’avoir les épaules pour encaisser cela. Même si on ne le dit pas devant moi, je sais quel genre de commentaire sera fait derrière mon dos. Et dans le pire des cas, si on « exige » que je me justifie, j’aurais juste envie de m’enfermer dans une chambre pour qu’on me foute la paix (introvertie, bonjour !). Je ne tenterai pas de convaincre les autres, c’est sûr, je déteste débattre, surtout quand je sais qu’en face, l’envie d’être convaincu est absente. Mais les autres me laisseront-ils tranquille, sans essayer de me convaincre que j’ai tort ?

Enfin, Monsieur Fernand n’est pas le moins du monde décidé à renoncer définitivement à la viande. Ce qui signifie qu’à la maison, il faudra systématiquement cuisiner différemment lorsque de la viande sera au menu. Ce qui signifie également qu’en terme de nutrition, ce sera à moi et à moi seule, de vérifier que je ne me crée pas de carences par ignorance. Une tâche assez lourde à porter, surtout s’il s’agit de changer des habitudes alimentaires sans complètement les changer.

Voilà où j’en suis de mes réflexions… Je suis un peu déchirée en ce moment de ne pas être complètement en accord avec mes valeurs, tout en étant soulagée de ne pas être étiquetée « extrémiste végétarienne » par mon entourage (les végétarien/nes, je suis de tout cœur avec vous et je vous envoie tout mon soutien pour supporter ce genre de remarque depuis parfois des années…). Peut-être que le courage me viendra un jour, je ne désespère pas.

36 commentaires sur “Pourquoi je ne suis toujours pas végétarienne ?

  1. Ton article est hyper intéressant !
    Il me force à me poser la question et j’aurais pu écrire mot pour mot la même chose.
    J’ai vu un article d’une personne qui avait l’impact carbone d’un végétarien en mangeant encore un peu de viande. Il a un système de magnet sur son frigo avec le nombre de jours végétariens, végétaliens et omnivores (les jours végétariens sont plus nombreux). Ca lui évite de se prendre trop la tête avec les carences ce que je trouve intéressant.
    Je vais peut-être adopter ce système. Parce que la règle de « réduire » me satisfait de moins en moins, j’ai l’impression de faire en permanence des exceptions, et ça n’a pas d’impact sur mon entourage pour qui « réduire » signifie « c’est bon elle mange de tout on s’embête pas à chercher une alternative végé. Alors que si j’étais végétarienne ils feraient l’effort je pense… Bref merci ça ouvre pleins de réflexions chez moi !

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      1. Merci pour cette astuce ! Cela peut effectivement être une bonne idée de noter rapidement si j’ai mangé végé, végan ou omnivore, pour évaluer ma consommation semainière.

        Je suis d’accord que ce que les gens retiennent en priorité, c’est que je mange quand même de la viande. Donc, ça arrive fréquemment qu’on m’en propose par défaut, et que je la mange par défaut aussi. Cela fait d’ailleurs partie des choses qui m’embêtent dans cet entre-deux.

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  2. Je trouve que tu en fais déjà beaucoup et que la flexibilité est également une bonne solution. Tu réduis ton impact et les risques sur ta santé tout en profitant encore un peu. J ai également réduit ma consommation de viande mais je ne me vois pas arrêter complètement et je suis en phase avec ça. Je me culpabilise déjà pour tant de choses, mon mari (et les grands pollueurs industriels) n en font pas autant.

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    1. Merci beaucoup 🙂 J’essaie de ne pas trop me culpabiliser sur ce sujet, mais ça reste difficile, parce que j’ai vraiment l’impression qu’à part ça, je ne peux pas faire grand chose. Bon, j’avoue que je prends quand même beaucoup de plaisir à me permettre un cordon bleu de temps en temps…

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  3. Je fais comme toi mais pour d’autres raisons. En effet, je pense sincèrement que, si chaque être humain devenait végétarien, les cultures céréalières nécessaires seraient néfastes pour la planète, encore plus s’agissant du véganisme. Par ailleurs, au moment où j’allais franchir le cap, j’ai fait un constat déroutant : sans personne pour manger la viande, le végétarien n’aurait accès à aucun produit laitier (si la vache a son veau, c’est lui qu’elle nourrit). Du coup, le régime végétarien ne peut pas vivre sans le régime omnivore. Et ça m’a paru un non-sens. Quant au véganisme, cf argument plus haut.

    Ce qui me gène le plus, c’est le tout ou rien. Je pense que l’Histoire a suffisamment démontré qu’on arrive rarement à de joyeuses conclusions quand on raisonne de cette manière. Pour la santé, m’est avis que c’est la même chose. On le voit aussi actuellement avec les énergies des voitures, on nous pousse à passer à la voiture élec, mais si tout le monde le faisait, les ressources naturelles ne suivraient pas(et je n’aborde pas le sujet des mines de métaux rares).

    Du coup, je mange de tout et j’ai drastiquement réduit ma conso de viande mais je fais le choix conscient de ne pas devenir végé ou végan, ce qui me rend plus à l’aise pour en parler. Et bizarrement l’impact est plus grand quand tu en parles avec les gens « ah oui mais toi t’es végétarienne hi hi hi » « heu non pas du tout, melon jambon c’est super bon. Par contre, je n’ai pas besoin d’un bout de viande à chaque repas ». Les gens se sentent idiots, et ça m’fait bien rigoler 🙂 tu peux être sûre qu’après la moitié de la tablée fait comme toi, ou au moins est plus attentif à sa quantité 🙂 🙂 🙂

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    1. J’ajoute qu’apparemment c’est aussi plus difficile de fertiliser les sols pour les cultures sans utiliser de fumier, donc là aussi il faudrait des alternatives artificielles si on n’avait plus du tout d’élevage. Y a pas tellement de solution parfaite, quoi…
      Après, je suis autant d’accord avec toi qu’avec Virg du coup, et j’essaie aussi de réduire ma consommation de viande, mais il me faut admettre dans les faits je n’ai que peu l’espace mental pour y faire aussi attention que je voudrais, et ma fille ayant des soucis alimentaires, ce serait encore plus compliqué de ne pas lui induire de carences en lui faisant manger moins de viande (sans parler de seulement y arriver, avant j’avais des principes maintenant j’ai des enfants x))

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    2. Oui, l’industrie de la viande, du lait et des oeufs sont étroitement liées.
      C’est ce qui me pousse vers le veganisme, d’ailleurs (je suis déjà végétarienne), car je sais que « tout le monde végétarien » ça ne fonctionne pas.

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    3. On peut aussi raisonner en se disant d’une part qu’on n’a pas besoin de produits laitiers pour vivre en bonne santé, et d’autre part qu’on peut aussi élever des vaches et autres animaux producteurs de lait de façon responsable, sans les envoyer à l’abattoir.
      Mais je te rejoins, en réalité ce serait très utopiste et plutôt mauvais si tout le monde devenait végétarien ou végan, cela enlèverait un problème d’un côté pour en créer un autre ailleurs. Par contre, je pense que le côté culpabilisant fonctionne bien et qu’il vaut mieux promouvoir le végétarisme plutôt que le flexitarisme car l’incitation à diminuer sa consommation de viande est plus forte. Autrement dit, demander le bras pour obtenir au moins la main.

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      1. Du coup, je viens d’aller vérifier ce qu’était le flexitarisme 🙂 🙂 🙂 ça fait super longtemps que nous fonctionnons de cette manière, je ne savais même pas qu’il y avait un mot pour ça, merci 😉
        Je te rejoins un peu sur l’idée de demander le bras pour obtenir la main, c’est malheureusement souvent de cette manière qu’on arrive à faire avancer les choses.

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        1. Je suis consciente comme vous, Virg et Nathalie, des liens étroits entre les industries liées à la viande et celles liées aux produits issus de l’animal. J’aimerais vraiment qu’on arrête l’élevage intensif des animaux, parce qu’il n’y a vraiment aucune chance qu’ils soient traités avec le respect auxquels ils ont droit dans ces conditions où ils ne sont vus que comme des « choses » et non pas des êtres.

          Pour ce qui est de la généralisation du végétarisme ou du véganisme, je ne sais pas si cela entraînerait beaucoup de soucis… Probablement que si, puisqu’il y a beaucoup de composants de ces alimentations qui ont aussi un impact négatif écologiquement (je pense notamment aux avocats.. que j’évite autant que possible à cause de cela, à mon grand regret), notamment à cause du trajet pour arriver jusque dans nos assiettes. En revanche, une grande partie des cultures céréalières qui servent à nourrir les animaux d’élevage pourraient être redirigés vers des cultures à destination des humains, voire reforestées (monde idéal on a dit). Bon, je ne détiens pas la vérité à ce propos, mais c’est aussi la complexité de la question qui rend la réponse si difficile. Pour l’instant, je suis plus dans le flexitarisme du coup, effectivement, en privilégiant le local en priorité, et en exclusivité pour ce qui est de la viande (d’où l’achat en boucherie, où l’origine de la viande est tracée, et le fait d’éviter de la consommer dans les restaurants, où ce n’est pas toujours écrit).

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    4. L’argument du « tout ou rien » me parle beaucoup, parce que j’essaie au maximum de nuancer mes propos et mes pensées, et aussi mes actes (ce qui explique que je ne regarde pluys la télé 😉 ). Mais je ne sais pas pourquoi, pour ce sujet-là, je n’arrive pas à me convaincre que c’est le bon choix pour moi.

      Peut-être parce que du côté de nos familles, on a beau leur dire « pas besoin de viande à chaque repas vous savez », la réponse, c’est : « oh mais non, on ne mange pas de la viande à chaque repas, hein, on est pareil que vous », et dans les faits, on passe les vacances à bouffer de la viande ou du poisson ‘ »mais le poisson c’est pas de la viande » … sans commentaire) A CHAQUE REPAS !!! Du coup, j’avoue que mon seul espoir pour arrêter cette tendance, c’est de dire de but en blanc « je suis végétarienne », et d’abandonner la nuance pour qu’ils arrêtent d’en profiter allégrement pour ne pas prendre en compte nos envies 🙂 Mais du coup, ça veut dire endosser le rôle de « la chieuse qui mange pas comme tout le monde », de leur point de vue, et ça me gave :p

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      1. lol, raaaa ces mangeurs de viande ! j’ai fait le test une fois pour un repas chez nous. On a fait un genre de self « créez votre salade », du coup, il y avait plein de trucs et chacun faisait son mélange. Sachant que j’aime beaucoup le mélange fruits/crudités, je te laisse imaginer qu’ils avaient le choix. mais je n’avais pas mis de viande. Personne ne m’en a fait la remarque, je ne suis même pas sûre qu’ils l’aient vu 😉 d’autant que je finissait le repas par une fondue au chocolat, je pense qu’ils s’en sont remis 🙂 🙂 🙂

        Quand je vais chez les gens, je prends également rarement la viande, cette fois par choix conscient parce que le peu que j’achète est issu de filières responsables et que je ne sais pas ce qu’achètent mes amis. Je ne suis pas là pour juger mais je préfère m’abstenir dans le doute. Du coup, ils s’imaginent toujours que je suis végé et sont surpris quand ils me voient en manger.

        En fait, pour bien le vivre, je pense qu’il faut déconnecter ton choix de celui des autres. Ce n’est pas parce que tu fais le choix du véganisme ou du végétarien ou du flexi ou autres que les autres choix sont moins bons que le tien. Comme je le dis s’agissant de nos choix cette fois éducatifs, chacun choisit son combat, on ne peut malheureusement pas tous les mener.

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  4. Je suis végétarienne depuis à peu près 2 ans (il me semble 🤔). Pour moi, la raison numéro 1 c’est la condition animale, puis en 2 l’écologie (quasi à égalité, mais très sincèrement ce n’est pas l’écologie qui m’a fait prendre le virage).
    Je trouve assez simple de manger végétarien et équilibré, où que l’on vive en France (je n’utilise quasi jamais de substituts, par contre je fais attention à mettre légumineuses + céréales ensemble et je mange encore des oeufs).
    Ce qui me retenait, c’est que je n’avais pas envie de multiplier les préparations pour les repas. Puis j’ai divorcé et ma fille a décrété ne plus vouloir manger de viande, donc c’était parfait !
    Je suis incapable de faire progressif avec ce genre de sujets. Pour moi, c’est tout ou rien… les seuls cas où je mange un peu de viande c’est si ma fille a pris du jambon et ne l’a pas fini (je trouve horrible de JETER de la viande 😱), mais la plupart des viandes/poissons me dégoûtent maintenant (je ne peux pas m’empêcher de penser à la souffrance animale).
    Depuis que je suis végétarienne, j’ai repris goût à la cuisine ! J’avais déjà du mal avec la viande (texture, odeur, goût, animaux morts…) avant, et j’ai redécouvert le plaisir de cuisiner en n’en achetant plus.
    Lorsque mes parents viennent, s’ils veulent de la viande, c’est eux qui l’achètent et la cuisinent. Moi je n’y arrive pas.
    Après, je n’ai pas tant de remarques que ça. Mes proches comprennent, on est plusieurs végétariennes dans la famille (oui, que des filles). Je n’essaie pas de convaincre les autres autrement que par l’exemple (s’ils et elles voient que c’est possible de manger végétarien à la cantine par exemple). Je sais que j’ai déjà eu un impact sur la consommation de viande de mes proches, c’est déjà pas mal !
    Maintenant, pour aller vers le veganisme, ce qui me manque c’est une façon de se passer de fromage (ceux que l’on cuisine) et des oeufs, avec quelque chose d’abordable+que ce soit mieux intégré au restaurant, cantine… Je trouve qu’on a souvent un choix végé maintenant, mais rarement vegan.

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    1. Si en grandissant, mon fils décrète qu’il ne veut plus manger de viande, j’avoue que ce sera l’ultime rempart qui cédera pour moi ! Pour notre famille, j’essaie de penser en premier à des recettes végétariennes, pour leur montrer que ce n’est pas mal recevoir que de recevoir sans viande (si ça se trouve, ils trouvent que je les reçois mal depuis que je fais ça XD XD), mais ça nous arrive aussi fde commander, et là, pas possible de faire passer le message.

      Je te rejoins pour le végétarisme, c’est assez facile de trouver des plats et des alternatives en France. Même si dans la plupart des « bistrots parisiens », c’est mission impossible. Je me souviens d’un restaurateur qui me disait qu’il envisageait de mettre un Fish burger pour les végétariens… ça permet de se rendre compte des avancées qu’il reste à faire.
      Pour le véganisme, c’est vrai que les oeufs dépannent bien, même si j’ai trouvé plusieurs façons théoriques de les remplacer dans certaines recettes. Le succès n’est pas toujours au rendez-vous, mais ça vaut la peine d’essayer. Et je n’ai jamais testé les faumages, mais j’avoue que ça ne me tente pas beaucoup… Marie Lopez avait fait une recette végan de macaronis & cheese sur sa chaîne culinaire, à base de purées de noix de cajou il me semble. Le résultat avait l’air top (mais impossible de me décider pour les noix de cajou, depuis que je sais que leurs conditions de production ne sont pas idéales… c’est si frustrant de découvrir sans cesse que presque tout pose problème !! J’imagine que c’est le travers évident de la production en masse).

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  5. J’ai les mêmes préoccupations que toi sur ce sujet. Par contre je ne vise pas à devenir végétarienne (pour l’instant en tout cas) car j’aime la viande et je n’ai pas envie de m’interdire d’en manger « à vie ». En revanche j’aimerais aller plus loin dans ma réduction. Depuis plusieurs années nous n’achetons la viande qu’en boucherie (et du coup c’est même devenu aberrant pour moi de l’acheter en grande surface en barquette !), et en petite quantité. Je ne dois manger que l’équivalent de 25g par midi (et je n’en mange pas le soir), mais par contre c’est tous les midis. J’aimerais faire des repas végé mais je n’y arrive pas, pour une raison débile : mes habitudes de cuisine ! Je ne sais pas cuisiner des plats végés et j’ai mes habitudes de plats à cuisiner. Et c’est débile car la seule démarche à faire serait de chercher des recettes … bref. Autres points d’amélioration sur lesquels nous devons nous pencher sérieusement : diminuer encore plus la charcuterie (nous avons déjà pas mal diminué mais il reste une marge de progression) et diminuer fortement la quantité de fromage (parce que là la marge de progression est très élevée !).
    Quant au regard des autres, RAF ! (Sur ce sujet en tout cas !) D’autant que je ne compte pas (pour l’instant, toujours) me priver de viande lorsque je suis invitée quelque part.
    En attendant, merci pour ton article car ça m’a quand même donné à réfléchir et je pense que dorénavant je prendrais plus facilement les plats végé les rares fois où je mange ailleurs que chez moi et qu’il y a le choix.

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      1. Oh merci pour cette application, je vais regarder !!

        J’ai la chance d’avoir de nombreuses enseignes à proximité de mon lieu de travail, et l’immense chance d’avoir un café de spécialités bio et végétarien (ils proposent bien d’ajouter du poisson, mais c’est en option). Du coup, c’est devenu ma cantine, parce que je sais que là-bas, les plats sont bien élaborés et ça me donne aussi des idées de combinaisons pour chez moi.
        J’ai aussi découvert récemment 3 recettes à base de légumineuses, sur la chaîne d’Alexandre Leroux, et j’ai bien l’intention de creuser un peu ce sujet !
        Pour commencer, tu peux peut-être essayer de faire un plat carné en version végétal, en remplaçant la viande par des lentilles ou des pois chiches (dans la bolognaise les lentilles, par exemple : c’est le prochain test que j’ai envie de faire !!) ? Si ça se trouve, tu trouveras ça tellement bon que tu essaieras toutes tes recettes en version végétale pour te rendre compte que ça marche dans 80% des cas XD

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  6. Hello,
    Je suis très introvertie aussi et bizarrement, quand je suis devenue végétarienne, le fait de réclamer d’autres plats au restaurant, de dire non à certains aliments lors de repas chez les amis ou la famille m’a fait du bien parce que pour une fois je renoncais pas à ce que je voulais/j’étais/je croyais pour faire plaisir aux autres.
    Pour ce qui est de cuisiner, je suis la seule végétarienne à la maison mais je cuisine toujours végétarien. Si mon compagnon veut de la viande il se la fait. Quand aux enfants ou aux invités, ils mangent végé si c’est moi qui cuisine.
    Quand on est végétarien par conviction que ce soit pour la santé, la planète ou les animaux, je ne vois pas pourquoi on ne devrait surtout pas déranger les autres (notre famille comprise) par notre choix. Au contraire en fait, derangeons-les un peu dans leurs habitudes, ça ne peut que leur faire du bien!

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    1. Merci pour ton témoignage, c’est très motivant !! 🙂 C’est vrai que si ça me dérange de manger de la viande à tous les repas, pourquoi devrais-je le taire ? Je pense qu’il faudra que je passe à la phase deux au moment de Noël… ça promet un beau pataquès !!

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  7. Bonsoir,

    Pour être vraiment dans la ligne écolo (je ne parle pas des nupiens), au moins deux règles à respecter : se fournir localement, en région parisienne, c’est encore possible, ailleurs aussi, et n’acheter que des produits de saisons. Ainsi, j’ai banni les fruits exotiques (déjà que j’en achetais pas beaucoup, ananas et avocats essentiellement) et je ne consomme que des légumes de saison. Pas de fraises de noël, produit purement marketing, pas de pommes importées, etc. Et je m’en sort pas plus mal. Bien entendu, je me fais taper sur les doigts par ma diététicienne (j’ai un suivi pour raison médicale) car je ne mange pas assez de protéines (renforcer avec des produits laitiers frais, mais c’est contraire à l’éthique de certains), intégrer plus de légumineuses, etc.
    Les autres arguments sont pour se donner bonne conscience, à mon humble avis.
    Bonne cuisine 🙂

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  8. Hello,
    Ça me choque un peu une diététicienne qui trouve qu’un régime végétarien/flexitarien manque de protéines. C’est très old school, non? Des protéines, il y en a dans plein de produits végétaux.

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    1. Avec un taux d’absorption par l’organisme très différent des protéines animales, à quantités égales. Ce n’est donc pas choquant d’entendre que ça « manque de protéines » puisque ça peut tout à fait arriver. Pour moi, la vraie question ici, c’est plutôt : la diététicienne a-t-elle réellement calculé en fonction de l’origine des protéines ingérées ? Ou est-ce une affirmation en l’air sans aucune preuve ?

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        1. Je pense que c’est tout bonnement impossible sans légumineuse. Même en consommant des quantités phénoménales de céréales, il manquera encore de nombreux acides aminés pour une alimentation équilibrée. Vive les légumineuses 😊

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          1. 100% d’accord, les légumineuses, c’est la vie ! J’ai toujours aimé ça, mais ma mère n’en cuisinait pas beaucoup, par habitude (et puis bon, sûrement qu’elle a du nous entendre beaucoup dire « beurk, c’est pas bon » quand on avait 7/8 ans). Depuis que je cuisine, je les intègre de plus en plus souvent à mes plats, ça demande d’y penser à l’avance, mais c’est ma bonne résolution de l’année scolaire 😉

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  9. Bonjour, je me retrouve dans tout ce que tu dis, mais contrairement à toi je pense que j’avais besoin de m’affirmer à ce moment là dans ma vie et le fait de devenir végétarienne m’a grandement aidée.
    Je n’ai pas eu beaucoup de remarques désobligeantes, souvent les gens sont curieux de connaitre nos motivations et si tu as un « discours » béton, personne ne trouve rien à redire. La plupart du temps, au contraire j’ai remarqué que les personnes en face de moi essaient (assez lamentablement) de justifier leur choix de non végétarisme, puisque tous les arguments vont en faveur des végétariens.
    Après, si tu avais une alimentation équilibrée de base, il est peu probable que tu développes des carences. C’est un point souvent soulevé pour faire peur, mais cela concerne surtout les végétaliens et les végan. Si tu prends des produits lactés ça devrait être ok.
    Et concernant ton dernier point, mon mari n’étant pas végétarien nous mangeons ensemble, mais chacun notre repas. Personnellement j’apprécie bien plus au niveau charge mental car il fait ses courses et ses repas et pareil de mon côté. Et au moins on mange ce qu’on aime 🙂 Niveau menu je n’ai rien changé et je ne remplace pas la viande. Si avant je faisais poulet / riz/ légume, maintenant je ne mange que riz / légume. Et parfois, je ne me cuisine que des repas de légumes (typiquement ce midi, tomates farcies aux légumes, sans riz et sans pain). Par contre je mange bien plus de légumineuses qu’avant, une à deux fois par semaine, ainsi que des noix.
    Le plus dur c’est de se lancer 🙂

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    1. Oh, je suis content de voir que vous avez un arrangement qui fonctionne bien avec ton mari ! Ici, nous nous répartissons déjà bien les tâches et il n’est pas rare que ce soit lui qui fasse les courses. Alors si je devais m’ajouter la charge de faire mes propres courses, ce ne serait pas vivable ^^
      Mais comme il est plus ouvert aux tests de recettes végétariennes ces derniers temps, on mange très souvent la même chose, et souvent végétarien. En revanche, il semble occulter à peu près totalement le fait que manger du saucisson en apéro = manger de la viande ^^’ Donc dans ma tête, je trouve qu’on mange encore trop de viande, alors que pour lui, on n’en mange vraiment plus beaucoup XD

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  10. C’est interressant ta réflexion, je m’étonne surtout de la partie « regard des autres » car je penserais naivement qu’on te laisserais tranquille..? De mon coté je suis flexitarienne (2 portions de viande/volaille/poisson par semaine), ce choix est dans le but de tenir sur la durée (ça fait déjà 5 ans sans me sentir privée! à l’inverse mes tentatives 100% végan n’ont pas tenues plus de 3 mois!) et ça me permet aussi de ne pas devoir trop trop réflechir pour les enfants (je sais que c’est faisable des enfants 100% végé/végan mais ça demande une energie mentale que je n’ai pas).

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    1. Je pense aussi que le fait d’avoir réduit de façon progressive a permis à l’habitude de s’installer en douceur, même si certains « réflexes » peuvent vite revenir ! Et pour ce qui est de me laisser tranquille… j’ai une soeur et un beau-frère qui adorent « débattre », et je déteste ça. Donc mon positionnement serait peut-être un sujet de discussion récurrent avec eux, mais peut-être que j’anticipe les choses de façon un peu trop négative !

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  11. Je rejoins totalement Virg sur son commentaire. Ma famille vise une réduction de la viande, par pallier, mais on n’a pas l’intention de devenir végétarien (et sûrement pas végétalien).
    Déjà, parce que je ne vois pas d’apport réel de santé au fait de supprimer totalement la viande : en consommer trop est certainement mauvais mais n’en consommer aucune par rapport à « un peu » n’apporte rien de plus. Comme d’habitude, il s’agit de trouver un équilibre plutôt que de quitter un extrême pour en trouver un autre.
    Je travaille pour une association de protection animale alors je tiens à ce qu’on traite les animaux correctement, vraiment. En revanche, c’est le principe même de la chaîne alimentaire d’avoir un maillon qui en mange un autre et je ne vois absolument pas de mal à ça.
    Enfin, concrètement pour l’écologie, rien ne dit qu’on fera beaucoup mieux en supprimant totalement l’élevage animal, en partie parce que les chiffres actuels utilisés pour dénoncer la consommation de viande sont souvent contrefaits ou sujets à débat et interprétation. J’en reviens à l’équilibre à avoir : la vérité est probablement quelque part entre les deux… au hasard, vers « un peu » de viande plutôt que vers « pas du tout » ou « beaucoup » 😉
    De manière pragmatique, nous sommes limités aujourd’hui par le fait que nos enfants sont moins flexibles que nous en matière d’alimentation mais je ne désespère pas de pouvoir aller encore plus loin dans quelques années. Mon mari et moi adorons cuisiner et découvrir de nouvelles recettes (on ne « remplace » d’ailleurs pas la viande dans nos recettes, on fait juste d’autres plats).

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    1. Je suis assez d’accord avec toi, et c’est bien tout cet ensemble qui rend la question si dure à trancher. Manger de la viande à chaque repas, comme la majorité de la société occidentale semble le faire depuis plusieurs années, a un impact indéniable sur nous et la planète. En manger moins peut vraiment faire pencher la balance, surtout si de plus en plus de consommateurs font cette démarche et compensent les nouveaux consommateurs « viande à chaque repas », qui arrivent sur le marché.

      La chaîne alimentaire joue également un rôle dans mon indécision. Pour moi, cela semble effectivement normal et logique d’avoir un régime omnivore, puisque c’est ainsi quee nous sommes biologiquement conçus. Il n’y a rien de mal à manger de la viande en soi, de mon point de vue. En revanche, et c’est ce qui affaiblit mon attachement à ce principe, les conditions dans lesquelles on obtient la viande qu’on mange ont drastiquement changé depuis l’industrialisation de l’alimentation, et en fait, je ne vois pas comment en obtenir autrement en tant que particulière. Chasser ? Elever ?Heu, bof, je ne crois pas que ce soit pour moi. Donc je reste dépendant de ce que me fournissent les abattoirs, et je n’adhère pas du tout avec leurs méthodes… D’où la culpabilité que je ressens à toujours manger de la viande 😦

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  12. J’ai bien réduit ma consommation de viande et n’en consomme que rarement le midi. Par contre, pendant ma grossesse j’en ai mangé plus souvent, j’en ressentais le besoin. Depuis j’essaye de revenir à un rythme nominal de maximum 1x par semaine, mais pas facile avec la famille. Mon mari ne me soutient pas franchement dans la démarche : il mange ce que je prépare mais si on fait les courses ensemble il va proposer de prendre du jambon, du saucisson… et j’ai aussi remarqué que depuis qu’on ne mange (presque) plus de viande on mange beaucoup plus de fromage ! Autant dire qu’on est pas prêts à devenir végan !!

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    1. Oui, j’ai un mari un peu pareil qui a tendance à vouloir prendre des aliments parce qu’il les a sous les yeux, et du coup on a toujours du chorizo ou du saucisson à la maison…
      C’est difficile, mais c’est vrai qu’en lui montrant plein de plats différents sans viande, il change petit à petit d’avis. D’ailleurs, je pense que ma/notre démarche de ces dernières années l’a bien aidé à franchir le cap de se passer de viande à la cantine de son boulot. Il préfère maintenant privilégier la qualité de la viande, et se rabattre sur les alternatives végétariennes, quitte à prendre plusieurs entrées par exemple (mais ça lui revient toujours moins cher que de prendre le plat avec viande le midi !).

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  13. Article intéressant. Moi aussi j’essaie d’être flexiterrienne (c’est le terme qui désigne ceux qui essaie de réduire la consommation de viande animale). J’ai plusieurs amis qui sont végétariens et franchement je n’ai aucun problème pour cuisiner végétarien, il y a des plats très sympas. Par contre j’ai beaucoup plus de mal avec la cuisine végan même s’il y a des plats délicieux (j’ai une belle soeur qui est vegan) mais par contre j’ai plus de difficultés pour cuisiner en adoptant ce régime alors que végétarien aucun problème. D’ailleurs beaucoup de restaurants proposent des alternatives végétariennes dans leurs menus et c’est tant mieux.

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    1. Pour certains plats, c’est assez facile, car il suffit de ne pas mettre de beurre mais de l’huile pour faire cuire ses légumes, et c’est bon ! Un mijoté de légumes par exemple, avec du riz et une légumineuse ou juste des légumes avec des pâtes (sans oeuf, bien sûr). Mais j’avoue que dès qu’il s’agit de recomposer une recette carnée avec uniquement des aliments végétaux, je me sens découragée devant la quantité d’ingrédients à acheter : surtout des purées d’oléagineux, dont je sais que l’impact écologique n’est pas celui que j’accepte. En revanche, manger végan sans s’en rendre compte, ça peut être assez facile, finalement !

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