Lettre à mon fils préado

Lettre à mon fils préado

Le jour où j’écris cette lettre c’est le jour de l’anniversaire de Nuage. 11 ans c’est l’entrée dans la pré adolescence, l’entrée au collège et cela procure en moi des émotions très contradictoires.

Photo personnelle

Mon grand garçon

Aujourd’hui, tu as 11 ans. La maman que je suis te voit grandir trop vite à mes yeux.

J’aimerais te protéger encore et encore de la dureté des relations humaines mais il faut que je te laisse voler de tes propres ailes et te les brûler de temps en temps.

Te voir grandir me confronte à mes propres peurs et à mes propres douleurs. La vie au collège est rude, violente et met ton sentiment perpétuel d’injustice à très rude épreuve mais je ne peux pas agir autant que je le voudrais. Cela me renvoie à mes propres souvenirs très douloureux de ces années-là. Les moqueries incessantes des camarades de classe ne cesseront jamais vraiment. Les adultes ne sont toujours pas assez armés pour faire face à ces situations ou alors n’utilisent pas assez tôt les moyens qu’ils ont aujourd’hui. J’aimerais pouvoir être présente à chaque minute pour te protéger comme quand tu n’étais encore qu’un bébé mais il faut que je te laisse agir seul, tout en restant vigilante avec ton papa, pour intervenir quand la situation n’est plus tenable pour toi. Sache que cela me coûte énormément de devoir temporiser mais c’est nécessaire pour t’apprendre à bien grandir.

Et oui, tu grandis ; à la maison aussi tu voudrais voler de tes propres ailes mais tu n’as que 11 ans… Mon rôle est de te donner le cadre pour t’aider à traverser ton adolescence sans trop de dommages. Alors oui je suis sur ton dos pour les écrans, pouvant passer pour la « vieille de service qui comprend rien », donc non pas de téléphone a minima en 6ème voire même en 5ème et il est même possible que nous attendions une partie de la 4ème. Non tu n’as pas Fortnite depuis quelques années comme tes copains ; si c’est interdit aux moins de 12 ans ce n’est pas pour rien (spoiler alert nous cédons cette année pour Noël). Non tu ne joueras pas en ligne. Je suis aussi derrière toi pour te rappeler que nous sommes tes parents et non tes copains ce qui doit avoir un impact sur ta façon de nous parler, que nous sommes une famille et que même si ta petite sœur peut être pénible et collante elle fait partie de la famille et nous devons passer du temps tous ensemble pour nous construire de beaux souvenirs tous ensemble.

Je dois être aussi sur ton dos pour te donner les outils pour bien travailler à l’école. Aujourd’hui cela est pénible pour toi mais comme je te le dis je te construis une autoroute pour les prochaines années. Et regarde au vu de tes résultats malgré tes difficultés cela paye.

Je dois aussi t’apprendre à vivre dans notre société si violente où les gens n’ont plus de limite et sont capables d’aller voir les forces de l’ordre pour un oui ou pour un non, croyant qu’en étant les premiers arrivés leur parole aura plus de poids. Je n’oublie pas que quelques semaines après ta naissance nous rentrions dans l’année noire 2015. Je me souviens découvrir les attentats de Charlie Hebdo avec toi lové dans mes bras me demandant ce que nous allions tous devenir. Et je mentirais en disant que je ne crois pas que notre société va de mal en pis et que je suis sereine sur notre avenir à tous.

La vie est loin d’être un long fleuve tranquille et mon rôle de maman est de te donner le maximum d’armes pour l’affronter avec tes particularités.

Mais, malgré ma dureté avec toi, je suis tellement fière de toi. Tu es empathique, parfois même trop. Tu es respectueux, tu es obéissant, tu es doué dans beaucoup de choses. J’aimerais tellement te garder encore tout contre moi mais je dois te laisser faire tes propres expériences te regarder tomber puis te relever et continuer à avancer. C’est si dur pour mon cœur de maman de devoir accepter que tu grandis et que tu te détaches peu à peu de moi, mais sache que maman sera toujours là pour toi, à toute heure du jour comme de la nuit, comme ma maman l’est pour moi encore à 40 ans. Tu resteras à tout jamais mon bébé.

Continue à croire en tes rêves ! Rêver c’est le plus beau ! Avance avec ta personnalité et tout ira bien !

Je t’aime.

Maman.

Laisser un commentaire