Il a saute deux classes
Il y a quelques années de cela, je te racontais que Sangohan avait passé un test psychométrique (WISC pour les intimes), il avait été diagnostiqué Haut Potentiel Intellectuel (HPI pour les intimes). En conséquence, il avait fait la Moyenne Section et la Grande Section en un an. Ce que je n’avais pas raconté, c’est qu’à l’époque, la question s’était posée de le faire passer directement en CE1 mais nous ne le souhaitions pas.

Quand le premier saut de classe est bien suffisant
Pourquoi ne pas sauter deux classes d’un coup alors qu’on vous l’a proposé, Marguerite ?
Nous étions bien conscients que les apprentissages purement scolaires du CP étaient déjà acquis. Sangohan lisait déjà très bien et il avait une bonne maîtrise des mathématiques. Il aurait probablement très bien suivi en classe de CE1. Cependant, son meilleur copain de classe, Arthur, sautait la même classe que lui et le suivait donc en CP. Par ailleurs, la classe prévue était une GS / CP, il restait donc avec son groupe classe. Sangohan avait envie de rester avec ses copains et c’était plus important pour lui que les savoirs scolaires.
Son année de CP s’est très bien passée d’autant plus que sa maîtresse était la directrice de l’école. Elle était donc parfaitement au courant de son profil. Elle a rapidement pris l’habitude de lui donner des exercices supplémentaires. Arthur s’est aussi pris au jeu des exercices supplémentaires et ça les challengeait un peu tous les deux. Et ça a continué de cette façon jusqu’à la fin du CE2.
Chaque année, les maîtresses nous parlaient d’un saut de classe supplémentaire, mais nous avons appris à très bien maîtriser la technique de l’autruche. Comme, en plus, Arthur avançait, de notre point de vue, à la même allure, je ne voyais pas où était le problème. En plus, nous avions la chance d’être dans une école avec des petites classes et un projet d’individualisation des apprentissages. C’était parfait. Nous discutions souvent avec les parents d’Arthur et le constat était le même des deux côtés : cela les épanouissait d’être ensemble. Donc, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes (comme dirait l’ami Candide, et candides nous l’étions un peu ou nous voulions l’être).
Et puis, nous avons dû déménager. Quand j’ai su où nous partions, nous nous sommes dits qu’une école de ville avec un collège de secteur exigeant ferait du bien à Sangohan. Cela lui changerait un peu ses repères et il aurait probablement une charge de travail plus importante.
Quand le deuxième saut de classe s’avère nécessaire
A la rentrée 2024, Sangohan entre donc en classe de CM1/CM2 dans cette nouvelle école. C’est mon père qui accompagne mon grand tout-petit ce jour-là. Il est impressionné car tout est à découvrir et il n’aime pas beaucoup le changement. J’avais essayé de contacter l’école en amont pour visiter l’école et faire un point sur son profil mais personne ne m’a répondu alors nous avons décidé de pas parler de son haut potentiel. Technique de l’autruche !
Lors de la réunion parents-professeurs, je prends quelques minutes pour discuter avec son enseignante de la mise en place de son PAI (il a un traitement médical pour l’asthme) donc rien à voir avec son niveau scolaire. Nous échangeons rapidement sur son année d’avance qui n’a aucun impact sur sa capacité à se sociabiliser et elle ajoute qu’il est déjà très en avance sur le programme de CM1. Nous en restons là.
Au mois de janvier, je demande un rendez-vous à sa maîtresse car la perspective du décès de mon papa l’angoisse beaucoup et je pense qu’il va avoir besoin de soutien à l’école. Nous en profitons pour faire le point sur son bulletin scolaire, elle me dit qu’il faudra probablement envisager un deuxième saut de classe. Je refuse catégoriquement : on vient d’emménager, il va perdre son papi, je ne veux pas le déstabiliser plus.
Au mois de juin, je reçois un appel de sa maîtresse qui souhaite demander un passage anticipé pour Sangohan en 6ème. On est hors-délai, mais cela doit pouvoir se rattraper. Sangohan me parle de son envie d’aller en 6ème depuis quelques temps, il a envie d’être avec son copain Maxime qui est en CM2 et ils ont même envisagé que Maxime redouble… J’apprends également qu’il suit les cours de CM2 depuis quelques mois et cela lui convient. La psychologue scolaire débloque un RDV et le passage en 6ème est très vite acté. Sangohan est ravi. Moi, j’ai peur de faire l’erreur de ma vie mais je fonce quand même. Sangoku est neutre, il sent que notre fils est apaisé donc il le vit plus sereinement que moi.
Et la sixième alors ?
Un autre élément qui me faisait peur c’est que le nouveau WISC montrait que sa vitesse de traitement était plus basse que les autres éléments testés dans son WISC. La psychologue pensait à une éventuelle dysgraphie qui risquait de lui poser problème en géométrie. Cela m’a inquiété tout l’été. Les mathématiques, il adore ça, donc s’il se retrouvait en difficulté cela risquait de l’angoisser. Autre élément qui ne ravissait pas la maman : Sangohan a rejoint la section sportive du collège, j’avais peur que ce soit trop lourd en terme d’emploi du temps et qu’il n’arrive pas à gérer la charge de travail.
Le deuxième trimestre vient de se terminer et le bilan est plutôt très positif. La section sportive et les entraînements au club lui prennent 8h par semaine mais il le gère très bien et s’est organisé dans ses devoirs, il lui reste du temps pour lire, jouer aux jeux vidéos ou se documenter sur les reptiles (il veut être herpétologue). Et quand il est trop fatigué, il sait qu’il peut annuler un entraînement.

Ses résultats scolaires restent très bons et les retours des professeurs sont élogieux (mais il a déjà eu une retenue pour bavardages). La géométrie ne lui pose aucun problème. Pendant le test, il avait juste la flemme de bien faire les formes demandées et les exercices de vitesse de traitement ne l’intéressait pas (aveu du pré-pré-ado). Il est aussi bien intégré, il est dans la même classe que Maxime. Il s’est fait de nombreux copains que nous avons pu accueillir à la maison pour son anniversaire. La question de son âge ne se pose pas vraiment et son gabarit ne questionne pas. S’il était en CM1, il serait plutôt dans les grands de sa classe, là il est dans les « petits » mais ce n’est pas le seul. C’est donc un élève de 6ème normal ! Par contre la maman (et la professionnelle de l’Education Nationale) échaudée voit bien les résultats scolaires et se questionne sur la suite de sa scolarité.
