Quinze mois
Mon bébé. Ma grande fille. Ma Petite Pieuvre.
Si tes douze premiers mois m’ont fait l’effet d’un tsunami, je savoure aujourd’hui chaque moment avec toi. (Enfin, disons, la plupart 🤣).
Nous sommes en février quand j’écris ces lignes et tu as eu treize, puis quatorze, puis quinze mois. Terminé le nouveau-né qu’on ne parvenait pas à apaiser ; il a laissé la place à une petite fille drôle, vive, pleine de joie et d’énergie.
Je dois t’avouer que j’adore cette période. Comme pour ton grand frère, je retrouve cet émerveillement incroyable et constant de te voir évoluer jour après jour. Et même si c’est aussi la période du “non-stop” et de la vigilance constante (ainsi que de la fatigue qui va avec) je ne cesse de m’extasier..

Dormir, c’est pour les faibles
En décembre, tu as fêté ton premier Noël, ton premier “vrai” Noël en tout cas. Tu as ouvert tes cadeaux avec un enthousiasme débordant : un petit caddie de courses que tu trimballes partout ainsi qu’un nounours d’1,50m (tes arrières grands parents n’ont plus rien à perdre 🤣).
En janvier, tu as commencé l’adaptation chez Super Nounou. En pleine angoisse de séparation, les premiers jours ont été compliqués. Mais très vite tu as pris tes marques et tu vis désormais ta meilleure vie. Tu fais des siestes beaucoup plus longues qu’à la crèche et ton sommeil global s’est beaucoup amélioré.
En parlant de sommeil, ça reste quand même un sujet sensible et on ne peut pas vraiment dire que tu fasses tes nuits… en tout cas pas socialement parlant ! En décembre, les angoisses se sont invitées, les couchers sont devenus difficiles et tu te réveillais en pleurs, hurlante et inconsolable. On a fini par installer un matelas à côté de ton lit et on a passé pas mal de morceaux de nuits avec toi. Priorité au sommeil pour tout le monde.
Chacun y allait de son petit conseil pour que “tu fasses enfin tes nuits”, un contact d’osthéopate par ici, une recommandation d’un “coach du sommeil” par là… mais on a fait comme d’hab, on n’a écouté que nous, et progressivement tu t’es apaisée. Tu t’endors de mieux en mieux seule. Tu te rendors sans pleurs. Il y a encore très souvent un réveil pour un biberon, mais les plages de sommeil s’allongent. On sent que tu franchis une étape.
Alors certes, quand j’entends des amis parler de leurs bébés de quatre mois qui font déjà du 20h-8h je suis un peu envieuse mais, dans le fond, je ne changerai pour rien au monde. Il y a eu une phase vraiment compliquée où nous étions un peu (beaucoup…) à bout mais désormais on s’organise autrement et tout le monde finit, tant bien que mal, par avoir son quota de sommeil.
Quand tu parles, quand tu bouges, quand tu manges
Ton premier signe a été “encore”. Et c’est devenu un incontournable. Puis “manger”, “eau”, “tétine”… Te voir communiquer ainsi est fascinant. Cela désamorce tant de frustrations.
Tu “racontes” beaucoup. Ta-ta-ta-ta. Des discours entiers, très construits, dont nous n’avons pas la traduction officielle. Tu comprends énormément de choses. On sent que tu comprends de plus en plus de choses. Un jour, à l’annonce du bain, tu es montée seule à l’étage, t’es dirigée vers la salle de bain et as attrapé ton savon.
Il ne faut pas se fier à ton gabarit de crevette, question mobilité tu es plutôt dans la team “bulldozer” que rien n’arrête. Après tes premiers pas, quelques semaines avant ton anniversaire, tu gambades désormais joyeusement, monte et descend l’escalier et escalade canapé, fauteuil, table basse… et tout ce qui est à ta hauteur. Tu as même réussi à plusieurs reprises à te mettre debout sur ta chaise haute, à escalader ton lit ou à te mettre debout sur ta petite table. Comme je disais, vigilance constante 😉
Tu enchaînes les gamelles et tu nous as fait quelques belles frayeurs. Nous avons eu une période où tu arrivais chaque semaine à la crèche avec un nouveau bleu et même, une fois, un œil au beurre noir en mode boxeuse ! 😅
Nous avons investi dans une tour d’observation et tu l’as adoptée à une vitesse impressionnante. Dès que je commence à cuisiner, tu arrives en courant et tu te hisses dedans avec l’agilité d’un petit suricate. Tu me fais le signe “manger”, très appliquée. On a fini par accepter que tu prennes tes repas dessus car tu semble plus à l’aise et plus autonome !
Nous t’avons acheté tes premières chaussures auxquelles tu as du mal à t’habituer : les pieds nus c’est tellement mieux ! Quand on part faire une course, on commence à te laisser sortir de la poussette. Tu avances dans les allées, ton doudou dans une main, en faisant coucou aux inconnus avec un immense sourire et un enthousiasme débordant.
Ta motricité fine s’affine de semaine en semaine. Tu t’appliques devant ta boîte à formes. Tu empiles les disques de ta pyramide avec fierté (en t’applaudissant à chaque étape). Mais ce que tu préfères, c’est transporter et transvaser. Tu arrives à déplacer un nombre incalculable d’objets dans tes mains, d’un endroit à l’autre, d’un bac à une boîte, d’une boîte à un gobelet… On retrouve des objets improbables partout, tu sors les mouchoirs, tu épluches le papier toilette, tu vides les cotons tiges ou la réserve des pinces à linge. Le chat court après ses croquettes que tu répartis un peu partout dans le garage.
Tu as neuf dents désormais. Tu adores manger et surtout… expérimenter. Tu patouilles, tu mélanges, tu observes les textures avec un sérieux appliqué. Tu tiens toujours ta cuillère à l’envers — et tu sembles trouver ça parfaitement logique.
Nous avons du mal à te faire tenir en place sur la chaise haute ou le réhausseur. Finalement, c’est souvent sur ta tour d’observation que tu sembles la plus heureuse.
Tu reconnais le bruit du four et du micro-ondes. Dès que la sonnerie retentit, tu fais “ah” d’un air satisfait. Si tu es en train de jouer, tu interromps tout et tu accours dans la cuisine. Attendre que ce soit chaud est une épreuve insupportable. Tu t’énerves parfois en essayant d’ouvrir la porte du four. Tu adores le poulet, les œufs durs, le fromage frais et les pâtes. Les légumes sont moins populaires alors on continue les purées, tant pis pour la DME, on s’adapte ! Tu aimes aussi te percher sur les genoux de ton père, surtout quand il mange de la mousse au chocolat. Étrange coïncidence. Et quand tu fouilles dans le cartable de tes frères et que tu trouves un cookie ou du chocolat tu ne te gênes pas.
Petite Madame aux mille surnoms
Tu t’appelles Petite Pieuvre ici, mais à la maison les surnoms se multiplient. Tat-tat, Tanos (en hommage au dieu du chaos) ou encore Petite Madame.
Tu as officiellement adopté ton doudou renard. C’était celui choisi avant ta naissance. Aujourd’hui, tu ne le quittes plus. Un exemplaire vit chez la nounou, un autre à la maison. On envisage sérieusement d’en recruter un troisième, par prudence logistique.
Tu aimes les livres. Ceux qui chantent, ceux qu’on lit le soir, celui que tu connais déjà par cœur. Tu tournes les pages avec application. Tu fais des blagues. Quand on te demande un objet, tu le tends… puis tu le reprends en éclatant de rire. Rien ne te fais plus rire que de piquer un objet (à tout hasard le papier toilette, et de partir avec en courant). Tu adores l’eau, et toi qui a hurlé à chaque bain durant tes premiers mois de vie, c’est désormais un de tes moments préférés.
J’aime tellement cet âge entre-deux, je m’extasie en permanence et je te répètes 100 fois par jour à quel point je te trouves incroyable. J’aime tes rires, ta joie constante, ton énergie débordante et ta curiosité qui me fascine.
Je t’aime. Mon bébé. Ma grande fille. Ma Petite Pieuvre.
