Le travail et moi #1 : service public, mon amour
Aujourd’hui, je viens parler de mon rapport au travail : un sujet plutôt complexe ces derniers temps.
Depuis le début de ma carrière il y a une (très) grosse dizaine d’années maintenant (oui ça ne nous rajeunit pas ma bonne dame) je suis passée chronologiquement d’un boulot passion à une mise au placard, puis à une longue période sans « travailler » (importance des guillements ;)) mi-choisie, mi-subie.
Aujourd’hui, cela fait plus de deux ans que je n’ai pas mis les pieds dans un bureau. Alors certes, durant ces deux années, il y a eu une fausse couche, une grossesse compliquée, un congé maternité, un déménagement et un gros passage à vide… Mais la question du travail et de son sens a aussi pris une ampleur plus vaste.
Si l’on m’avait dit, il y a cinq ans, que je serais mère au foyer pendant une période de ma vie, je pense que je ne l’aurais pas cru. Et même maintenant, il y a une part de moi qui a encore énormément de mal à embrasser cet état de fait, même s’il est provisoire. Mais commençons par le commencement.
L’école, les études et moi
J’ai traversé tout ma scolarité sans la moindre difficulté scolaire : j’ai appris à lire vers 3 ans, je suis rentrée en CP avec une année d’avance, j’avais 20/20 partout et toujours un livre dans ma poche pour les moments où je m’ennuyais en classe (c’est à dire… souvent). En primaire ça passait plutôt bien, mais au collège ma mère a été convoquée à plusieurs reprises car je lisais en cachette pendant les cours…
Au lycée, avec l’adolescence, l’hyper-sensibilité est monté d’un cran et entre mes amitiés et mes premiers émois amoureux, les cours n’étaient pas ma priorité. Après une seconde sans la moindre difficulté, et comme mes notes étaient bonnes dans toutes les matières, j’ai atterri en 1eS (filière scientifique pour les jeunes qui nous lisent ;)) option maths, la filière soit-disant la plus prestigieuse, celle qui ne « ferme aucune porte ». Avec le recul je pense que je me serai bien plus éclatée en filière littéraire ou économique et sociale.
A ce moment-là il aurait fallu que je me mette à bosser car je n’avais pas spécialement la « bosse des maths » mais adolescence oblige, ça n’était pas tellement dans mon programme. Mes années de première et de terminale ont donc été un peu fastidieuses mais j’ai fini par décrocher mon bac.
Choisir une orientation
Me voilà à 17 ans à devoir choisir un avenir professionnel. J’avais bien quelques idées, mais rien de très concluant. Au collège, je voulais être institutrice, comme ma maman. Au lycée, mes horizons se sont élargis et déjà j’aimais beaucoup écrire : journaliste, éditrice, scénariste de cinéma…
J’avais quand même deux éléments un peu récurrent en tête qui m’ont guidée : d’abord l’importance pour une femme de travailler, principe que me répétait en boucle, et depuis mon plus jeune âge, ma mère et ma grand-mère (qui avait eu une grande carrière pour une grosse boîte d’ingénierie). L’indépendance financière c’est la clé !
Deuxième élément : je voulais travailler dans le service public, dans le milieu culturel ou quelque chose qui s’en rapproche. En tout cas, je ne voulais en aucun cas « vendre des trucs ». Visiblement mon anti-capitalisme m’est venu avant mon féminisme ! C’était hyper important pour moi que mon travail au quotidien soit utile pour les autres… et je dois avouer que, vingt ans après, ce point là n’a pas changé.
Le post-bac n’a pas été une période très simple dans ma vie et je me suis un peu perdue. Je traverse à cette époque une très grosse dépression, de celles qui font que l’on ne peut plus se lever pour aller en cours. Je suis d’une timidité maladive, je n’ai aucune confiance en moi et aucune idée d’où je vais. Je passe d’un bac scientifique à une prépa littéraire, pour finir par atterrir à la fac, d’abord en lettres et en anglais, puis en communication.
Je garde vraiment de cette période le sentiment d’un immense brouillard qui m’enveloppait toute entière. J’ai beaucoup de mal à suivre les cours, je sèche très souvent, habitant en banlieue je passe des heures dans les transports. Je suis en mode zombie dans les couloirs de la fac où je ne tisse aucune amitié. Bref, pas ma meilleure période.
C’est arrivée en L3 de communication que les choses se décantent un peu. Les cours collent bien avec la littéraire que je suis tout en étant plus concrets que la licence de lettres. Mais surtout, le parcours universitaire propose un aspect sciences humaines avec des cours de sociologie, anthropologie et psychologie. J’ai un véritable coup de foudre pour les sciences humaines et notamment pour la sociologie, grâce à une professeure incroyable. C’est d’ailleurs grâce à cette proffe que va naître mon engagement féministe notamment grâce à ses cours sur les représentations sociales et la construction du genre.

En parallèle de ma licence, je commence à faire quelques petits boulots étudiants, ce qui m’oblige à me « dégourdir » un peu. Je fais aussi un stage dans le service communication d’une petite mairie et j’adore rédiger mes premiers articles.
Je poursuis ensuite en première année de master de communication, puis en deuxième année, qui se fait en alternance. Je me mets donc à la recherche d’un contrat d’apprentissage en ciblant uniquement des structures publiques. Je suis finalement acceptée dans une très grosse collectivité pour un poste en communication interne, rattaché aux ressources humaines. Sur le moment, je suis un peu déçue : j’aurais préféré travailler en communication externe… Mais ça va être LA révélation.
Service public mon amour
J’avais déjà beaucoup aimé mon premier stage dans une toute petite ville rurale, mais là je découvre toute la diversité des missions d’une grande commune : le monde des collectivités territoriales s’ouvre à moi. Je découvre à quoi sert une mairie et quels sont ses champs d’action. Je découvre aussi et surtout toutes les initiatives qui peuvent être portées à l’échelle locale, découverte qui va marquer le début d’un engagement profond.
Dans mes missions d’alternante, tout se passe très bien : je suis entourée, guidée, accompagnée, on m’apprend énormément de choses et les retours sur mes productions sont très encourageants. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai vraiment le sentiment d’être à ma place. En parallèle de mes missions en communication interne, je commence à travailler sur mon mémoire. Je lis énormément sur les collectivités, leur histoire, leurs missions. Je deviens presque incollable sur la décentralisation. La partie sociologique me passionne aussi : j’adore l’aspect recherche.
Et finalement, après des années de fac très moyennes, j’obtiens mon Master avec brio : mention très bien, 18 à mon mémoire, félicitations du jury et tout le pataquès. Me voilà prête pour me lancer dans la vie active et cette fois, je sais où je vais.
A l’époque, je suis en couple avec le (futur) papa de Petit Viking qui lui aussi vient de terminer son Master. Nous avons envie de quitter la région parisienne et il postule un peu partout en France. C’est finalement à Lille qu’il va trouver un poste (dans une grosse boîte d’énergie dans laquelle il bosse d’ailleurs toujours ;)). La suite, tu la connais : nous sommes arrivés tous les deux dans le Nord, et nous y sommes restés.
La collectivité dans laquelle j’ai fait mon alternance prolonge un peu mon contrat à temps partiel et les premiers mois je fais les allers-retours en train de la région parisienne à Lille. En parallèle, je cherche du boulot, je passe quelques entretiens et je suis finalement embauchée dans une autre mairie au service communication. Je garde un super souvenir de l’entretien où je me sens hyper à l’aise et où je pose plein de questions.
Ma prise de poste se passe très bien. L’alternance et les encouragements de ma tutrice m’ont vraiment permis de m’affirmer et de prendre confiance en moi et en mes compétences. Les équipes et les services me font rapidement confiance et ma nouvelle cheffe me confie progressivement mes premiers projets en autonomie.
Ma passion pour le service public se confirme. J’adore l’échelle du local, le fait de pouvoir mettre en place des dispositifs pour les habitants, d’avoir un impact direct, avec ce sentiment très fort d’être utile. La communication me convient vraiment car j’adore faire connaître et valoriser le travail des autres services : de la crèche à la médiathèque, en passant par le service de soins aux personnes âgées, la restauration scolaire et les accueils de loisirs, les services techniques, les espaces verts, le musée… Bref, je m’éclate. J’apprends énormément, je suis confiante et à l’aise.
Mais, un an après ma prise de poste, les élections municipales arrivent et je vais connaître mon premier changement d’équipe politique qui, spoiler alert, ne va pas très bien se passer… Mais je viendrai te raconter tout ça dans un deuxième épisode.

Je vois qu’on a beaucoup de points communs ! J’ai failli aller également en 1ere S parce que « ça ne ferme aucune porte ». Heureusement, ma maman m’a finalement soutenue pour que j’aille en littéraire, où j’étais bien plus à ma place !
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