CAMSP, CMP, SESSAD, ULIS… Enfin comprendre tous ces acronymes

CAMSP, CMP, SESSAD, ULIS… Enfin comprendre tous ces acronymes

Bienvenue dans le merveilleux monde des acronymes liés au handicap. Entre le CAMSP, le CMP ou le SESSAD, parfois, on a l’impression qu’il s’agit d’une nouvelle langue. Et il y en a tellement qu’on ne sait plus où donner de la tête rapidement.

Alors aujourd’hui, j’aimerais vous proposer un petit guide, pour vous aider à comprendre qui fait quoi dans le parcours d’un enfant en situation de handicap.

Tous les enfants n’auront pas besoin des mêmes professionnels.Tous les enfants n’iront pas dans les mêmes structures. Les besoins sont uniques et Les dispositifs doivent donc s’adapter à chaque enfant.

Les structures qui interviennent souvent avant le diagnostic

Pour beaucoup de familles, tout commence par une inquiétude. Un enfant qui ne parle pas, qui ne regarde pas, qui fait peu de progrès, qui semble constamment épuisé. À ce moment-là, plusieurs structures peuvent intervenir.

  • Le CAMSP

Le Centre d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP) accueille les enfants de 0 à 6 ans.

Sa mission est double : aider au diagnostic  et proposer une prise en charge précoce.

On y retrouve souvent plusieurs professionnels :

  • pédiatres,
  • psychologues,
  • psychomotriciens,
  • orthophonistes,
  • éducateurs,
  • assistantes sociales.

L’objectif est d’éviter de perdre un temps précieux lorsque des difficultés apparaissent très tôt. Toutes les régions ne disposent malheureusement pas des mêmes délais d’accès.

  • La PCO

Vous entendrez peut-être également parler de la Plateforme de Coordination et d’Orientation (PCO). Elle permet, sous certaines conditions, de financer rapidement des bilans et des séances chez des professionnels libéraux. L’idée est simple : mieux vaut intervenir tôt que laisser un enfant attendre plusieurs années.

Nous avons pu bénéficier de l’accompagnement de la PCO pendant 2 ans pour Petit Koala. A l’époque, la PCO prenait en charge uniquement les enfants jusqu’à 6 ans, désormais ils interviennent jusqu’à 12 ans. Le gros avantage de la PCO, outre la prise en charge totale des frais, est qu’elle dispose d’une liste de professionnels avec lesquels elle travaille. On sait donc vers qui se tourner directement. Les PCO fonctionnent par zone, donc les délais d’attente peuvent être très inégaux. Si pour Petit Koala on a eu la réponse très rapidement à l’époque, quand nous avons fait la demande pour Ptit Loup, son diagnostic avait déjà été fait par sa pédopsychiatre, ce qui a entraîné un rejet de son dossier. Nous avons donc dû financer tous les bilans nécessaires au dossier MDPH de notre poche. 

Image générée avec une IA

Les structures de soins

Plusieurs structures peuvent accompagner votre enfant.

  • Le CMP

Le Centre Médico-Psychologique (CMP) est un service public. C’est sûrement le service le plus connu et celui de premier recours. On y trouve des pédopsychiatres, des psychologues, des orthophonistes, et bien plus encore. L’enfant peut y avoir un suivi pluridisciplinaire et les parents un accompagnement familial pour surmonter les difficultés liées au handicap. C’est une véritable aubaine car comme tous les professionnels se trouvent au même endroit, la communication et le suivi est bien plus simple, en plus d’être une fois de plus sans frais. Le revers de la médaille est que les délais de prise en charge y sont malheureusement longs.

  • Le CMPP

Le Centre Médico-Psycho-Pédagogique (CMPP) ressemble au CMP, mais il est davantage orienté vers les difficultés scolaires, les troubles des apprentissages et le développement de l’enfant. Là encore, plusieurs professionnels travaillent ensemble.Toutes les familles ne passeront pas par un CMPP, mais il reste un acteur important dans certains territoires.

  • Le SESSAD

Le Service d’Éducation Spéciale et de Soins À Domicile (SESSAD) est un service qui accompagne les enfants en situation de handicap ou ayant des besoins particuliers, tout en leur permettant de continuer à vivre chez eux et à être scolarisés dans leur école habituelle lorsque c’est possible. Concrètement, plutôt que d’accueillir l’enfant dans un établissement spécialisé toute la journée, ce sont les professionnels qui viennent à lui, dans ses différents lieux de vie, afin de l’aider à progresser tout en restant dans son environnement habituel. L’objectif est de favoriser son autonomie, ses apprentissages et son inclusion à l’école comme dans la vie quotidienne. Une équipe pluridisciplinaire (éducateurs spécialisés, psychologues, psychomotriciens, orthophonistes, ergothérapeutes, assistants sociaux, etc., selon les besoins) intervient auprès de l’enfant. Les séances peuvent avoir lieu à domicile, à l’école, dans les locaux du SESSAD ou dans d’autres lieux de vie. Là aussi, aucun coût direct pour l’accompagnement mis en place.

A la différence du CMP et du CMPP, l’accès au SESSAD est soumis à une notification préalable donnée par la MDPH, et une fois de plus il faut s’armer de patience car la liste d’attente est très très longue. Ptit Loup a obtenu sa notification en août 2025 à l’âge de 4 ans et lorsque nous l’avons inscrit dans le SESSAD où il était orienté, on nous a annoncé une liste d’attente de 7 ans. Il ne faut pas hésiter à appeler d’autres SESSAD que celui de notification, pour multiplier ses chances de prise en charge plus rapide.

Et l’école dans tout ça ?

L’école occupe évidemment une place centrale.

Contrairement à certaines idées reçues, la plupart des enfants en situation de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire. Être entouré d’enfants neurotypiques est un véritable stimulant pour eux et dans la mesure du possible, l’inclusion est conseillée. Toutefois, mon avis personnel est que cela ne convient pas à tous les enfants en situation de handicap. Soyons honnêtes, on ne peut décemment pas demander aux enseignants qui doivent s’occuper d’une trentaine d’enfant d’en gérer certains avec de très gros besoins spécifiques. Mais si l’inclusion ne demande que quelques ajustements, alors elle mérite d’être menée. Et dans cette optique, Il existe plusieurs dispositifs pour accompagner cette situation.

  • Le PPS

Le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) organise les adaptations dont l’enfant a besoin à l’école.  C’est la MDPH qui l’établit, en se basant sur les bilans et recommandations fournis par l’équipe qui suit l’enfant. Il peut prévoir :

  • des adaptations pédagogiques ;
  • du matériel spécifique ;
  • une AESH ;
  • une orientation vers certains dispositifs.

Le PPS évolue avec l’enfant tout au long de sa scolarité et est un véritable appui pour permettre l’inclusion scolaire de l’enfant.

  • L’AESH

L’Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap (AESH) aide l’enfant pendant le temps scolaire. Son rôle n’est pas de faire les exercices à sa place mais de l’aider à accéder aux apprentissages. Selon les situations, il peut reformuler une consigne, sécuriser des déplacements, aider au développement de l’autonomie. Selon l’ampleur du besoin, l’enfant peut se voir attribuer un AESH à titre individuel ou mutualisé avec d’autres enfants également en situation de handicap. L’AESH peut aussi intervenir à temps plein (20h) ou seulement sur certaines périodes de la semaine. C’est une fois de plus la MDPH qui décide si l’enfant nécessite un AESH ou non. Aujourd’hui, alors que la demande est grandissante grace à l’amélioration des diagnostics précoces, il y a de moins en moins d’AESH réellement disponibles car c’est une profession qui est malheureusement très mal payée et au statut très précaire, alors que leur travail est si important. 

  • L’ESS

L’Équipe de Suivi de la Scolarisation (ESS) réunit tous les professionnels autour de l’enfant. En gros, c’est une réunion qui sert à faire le point sur l’adéquation des adaptations scolaires de l’enfant vis à vis de ces troubles. À l’issue, un compte rendu est transmis qui sera à joindre au renouvellement du dossier MDPH afin de permettre l’adaptation du PPS. 

Toutes les personnes qui gravitent autour de l’enfant en raison de son handicap peuvent participer à cette réunion qui est guidée par un enseignant référent responsable en handicap. C’est souvent au cours de cette réunion qu’enseignants et professionnels de santé se rencontrent réellement. C’est aussi l’occasion pour la famille de parler de comment ça se passe en dehors de l’école, et de faire entendre les difficultés qui peuvent ne pas exister en environnement scolaire.

Les dispositifs scolaires spécialisés

Dans le cas où l’enfant a  besoin d’un accompagnement plus important, il existe des dispositifs spécifiques qui aident aux apprentissages.

  • Les ULIS

Les Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire (ULIS) accueillent des élèves ayant besoin d’un enseignement adapté. Contrairement à une idée très répandue, les enfants ne restent pas toute la journée en ULIS. Ils alternent généralement entre leur classe de référence et le dispositif ULIS. L’objectif est de favoriser les apprentissages tout en maintenant l’inclusion. En ULIS, il y a moins d’élèves et plus de personnes disponibles pour travailler des notions vu en classe plus longtemps.

  • Les UEMA et UEEA

Ces dispositifs sont spécialisés dans l’accompagnement des enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme. L’Unité d’Enseignement en Maternelle Autisme (UEMA) concerne généralement l’école maternelle tandis que l’Unité d’Enseignement en Elémentaire Autisme (UEEA) est destinée à l’école élémentaire. Les places sont rares malheureusement et il n’y en a pas partout, ce qui est bien dommage.

Les établissements médico-sociaux

Lorsque les besoins sont très importants, certains enfants peuvent être orientés vers un établissement spécialisé.

  • L’IME

L’Institut Médico-Éducatif (IME) accompagne des enfants présentant un handicap nécessitant un suivi médico-éducatif plus intensif.

Les journées alternent généralement :

  • enseignement adapté ;
  • soins ;
  • activités éducatives ;
  • développement de l’autonomie.

L’orientation en IME ne doit jamais être vécue comme un échec. Elle correspond simplement aux besoins de certains enfants à un moment de leur parcours.

  • L’ITEP

L’Institut Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique (ITEP) accompagne principalement des enfants présentant d’importantes difficultés comportementales ou émotionnelles ayant des répercussions sur leur scolarité. L’objectif est de leur permettre de retrouver progressivement une meilleure insertion scolaire et sociale.

Qui décide de tout cela ?

Les différentes demandes sont étudiées par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH), au sein de la MDPH.

Elle s’appuie sur :

  • le certificat médical rempli par le médecin traitant ;
  • les bilans et certificats des professionnels qui suivent l’enfants ;
  • les observations de l’école ;
  • et les éléments transmis par la famille.

Le tout constitue le fameux dossier MDPH tant redouté. J’en parlerai dans le prochain article.

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