Mon mariage n’était pas réussi (2)

Mon mariage n’était pas réussi (2)

Dans mon article précédent, je t’avais relaté les problèmes rencontrés liés aux préparatifs et aux enterrements de vie de… !

Voici maintenant la suite de mon récit.

Le mariage

La journée est stressante. Mes préparatifs devaient se faire avec ma mère, ma super autre témoin (maman d’un petit d’un an et demi) et mes sœurs (sans enfants). Ces dernières ne viendront pas chez moi. Elles doivent se préparer et n’ont pas le temps. Mon père est anxieux, il m’angoisse plus qu’il ne m’apaise. Ma mère attache une importance capitale au paraître. Tout doit être prestigieux. Elle en fait des caisses et aura ce comportement toute la journée, comme si c’était elle qui avait tout organisé. Il est l’heure de partir à la mairie et j’ai déjà hâte que tout soit fini.

Je retrouve Mari Barbu sur le seuil de la mairie. Il est magnifique ! La cérémonie civile est bien menée, le maire est un ami de mes beaux-parents. Ma mère prend la parole. Je suis décontenancée par cette « surprise ». Même dans son discours elle ne peut pas s’empêcher de faire référence à mes sœurs et se faire mousser d’avoir si bien réussi notre éducation. Je suis en colère. Mes lèvres pincées sur les photos sont révélatrices de la tempête qui fait rage en moi. Je ne me sens pas à l’aise d’être la cible de tous les regards. J’ai la trouille d’avoir une tâche de mascara, la robe qui rentre dans les fesses, une mèche folle… Je déteste être le centre de l’attention et Mari Barbu n’est pas plus à l’aise !

Je prends une première grosse claque quand je croise une de mes sœurs : elle a une robe blanche alors qu’elle savait que c’était intolérable pour moi.

Nous entrons dans l’église. La messe est magnifique. Un moment hors du temps. Un instant entre Mari Barbu, Dieu et moi. C’était magique.

La réalité me rattrape à la sortie. Le cortège de mes rêves passe de cinquante à sept voitures. Les invités se sont déjà tous dispersés. Le temps de comprendre ce qu’il se passe, je téléphone à tout le monde pendant le trajet. Les trois quarts sont déjà arrivés au restaurant. Nous arrivons les derniers. Mari Barbu me dit de me calmer, c’est juste un détail. Alors que j’entre par les cuisines pour saluer le personnel, ma décoratrice fonce vers moi, paniquée : « votre sœur a ajouté plein de décoration sans me le dire, c’est normal ? » Non. Je file avec elle vers le lieu du délit : un énorme cœur en plumes blanches avec des photos de moi bébé, une urne (alors que ma témoin en a déjà fait une), un photobooth… Pour ne pas faire de vagues, j’aide discrètement ma décoratrice à tout retirer sous le regard furieux de ma sœur et ma mère.

La soirée se passe plutôt bien. Si on fait l’impasse sur mes sœurs qui ont quitté le repas en plein milieu sans s’excuser ni m’avertir. Je le découvre lorsque Mari Barbu et moi distribuons les cadeaux aux invités. Ma mère me dira que l’une est partie, triste que sa décoration ait été retirée, et que l’autre avait des maux de ventre. Pour une fois dans la journée, je décide de faire abstraction de cela et file vers la piste de danse.

J’apprendrai plus tard que certains jeunes invités ont préféré aller au McDo et en boîte après le repas plutôt que rester avec nous.

Les invités quittent doucement la salle. Je m’occupe de ranger les affaires et de charger la voiture avec les dernières personnes restées. Lorsque nous rentrons chez nous au petit matin, je suis soulagée. Mon mariage est fini. Adios la robe avec les perles sous les aisselles qui m’ont irritée jusqu’au sang, bye bye les centaines d’épingles à cheveux qui me font mal dans la tête, au revoir cette journée de stress.

Crédit photo : Cspxbay

Le lendemain

Pas le temps de se reposer, certains invités sont venus de très loin et nous avons donc prévu un petit brunch avec les proches. Seuls mes parents sont venus avec cette phrase en guise de bonjour « tu as perdu une sœur hier ». Mon autre sœur ne viendra pas, elle est encore « malade ».

Alors que le brunch se passe sereinement, je me remémore cette journée. J’ai un arrière-goût amer. Je n’arrive plus à faire l’impasse sur les loupés. Mari Barbu est d’un soutien infaillible : laisse couler, on est mariés, c’est le plus important, non ?

Autant d’énergie, d’argent, de temps gaspillés pour des souvenirs aussi négatifs ? Pourquoi le premier souvenir apaisant qui me vient est celui de notre retour à la maison ?

Mes parents ne s’éterniseront pas au brunch. Ils sont fatigués. Et moi je fulmine et fonds en larmes dans un coin. La colère, la culpabilité, la déception, la rage, la tristesse. Un vrai tourbillon en moi. Ma belle-famille sera là pour me réconforter et me conseiller d’en parler avec ma famille. La chose sera faite dès le lendemain dans les cris, les pleurs, les reproches. Quelque chose s’est brisé entre nous ce jour-là.

Les photos

Les jours passent et j’ai déjà remisé au grenier toutes les choses ayant attrait au mariage. Nous avons fait la semaine suivante une séance photo Day After. Ma robe est dans sa housse.

Nous recevons les photos et les albums commandés. Elles sont magnifiques ; je regarde avec plaisir celles de la préparation de Mari Barbu et de son arrivé à la mairie en moto avec son témoin.

Puis je revis cette journée. Je n’ai aucune photo de mes sœurs et moi pendant ma préparation. Elles n’ont pas voulu venir. Je revois mon visage fermé et crispé lors du discours de ma maman. Je pensais avoir gardé un visage joyeux quand j’ai appris toutes les choses pendant la soirée, mais mon énervement se voit sur les photos.

Maintenant que mon témoignage touche à sa fin, tu peux sûrement penser que j’ai occulté les beaux moments. Bien sûr, tout n’était pas un fiasco assuré ! Un exemple ? Mes belles-sœurs se sont réconciliées avec ma témoin lors d’une discussion pleine de tendresse et d’excuses au milieu des toilettes !

Cependant, quand il est question de se rappeler notre mariage, ce ne sont malheureusement que les ratés qui nous reviennent rapidement.

Si on me proposait de refaire une journée, des renouvellements de vœux ? Cela ne changerait rien maintenant, ce qui est fait est fait. Je garde aujourd’hui encore un souvenir très douloureux de mon mariage, et je ne t’ai pas tout dit !

19 commentaires sur “Mon mariage n’était pas réussi (2)

  1. Et si ce n’est pas indiscret, avec tes soeurs, les relations se sont apaisées ou pas ? Ont-elles pris du recul par rapport à ton mariage ou est ce devenu un sujet tabou entre vous ?
    Je comprends en tout cas ta frustration et ta rage, ce que ta famille a occulté c’est que c’était ton mariage avant tout.
    Heureusement que tout n’a pas été négatif et que tu as pu conserver quelques fragments de beaux moments même si ça ne rattrape pas tout.
    Comme dit Laura Pausini( super référence je sais lol), on n’oublie jamais, on vit avec. En espérant qu’avec le temps, cette douleur s’atténue.

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    1. La relation avec mes sœurs ne s’est pas apaisée, loin de là même ! Puisque je ne parle plus à une de mes sœurs depuis quelques mois et l’histoire du mariage est revenue sur le tapis car elle estimait être dans son bon droit de mettre la décoration qu’elle avait choisie et de porter une robe blanche…
      Malheureusement on ne peut pas trop avancer avec ce type de personne !

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  2. Je savais que mariage, décès et naissance sont des moments où tout peut changer dans notre relation à l’autre, quel qu’il soit cet autre. Ce sont des moments tellement forts en émotions qu’on n’est pas capable de prendre du recul. C’est pour cette raison que mon mari et moi avons lancé notre mariage en ne considérant les invités, TOUS les invités uniquement comme… des invités ! C’est-à-dire que nous n’attendions rien d’eux. Du coup, leurs initiatives maladroites ou pas pour nous faire une surprise, un cadeau, un truc nous a beaucoup touchés, même si c’était maladroit justement 😉
    Ensuite, n’attendant rien, organisant tout et finançant tout, tu imagines bien que le tri dans nos invités a été drastique. Quitte à vexer, j’ai invité mes cousines et leur parents mais pas leur frère, donc mon cousin. La maman n’était pas contente, j’ai répondu ba ne viens pas. C’est tout.
    Le souci, c’est quand des problèmes existent déjà dans une relation amicale ou familiale, tout est exacerbé dans ces moments-là.
    En revanche, nous avons « découvert » aussi des gens à cette occasion, dont nous n’attendions vraiment pas autant et qui ont assuré grave 😉 (coucou le ménage/rangement du lendemain !).
    Je me permets d’insister : une petite cérémonie de renouvellement des voeux avec une vraie team de proche, ça vous fera un bien fou. Malgré quelques couacs et ma tante qui fait la gueule et mon père qui ne peut s’empêcher de critiquer, ce que je retiens de mon mariage c’est vraiment un shoot de bienveillance, d’amour et d’amitié qui m’a portée quelque temps après. Je te souhaite vraiment de connaître ça, c’est ouf comme sensation. C’est donc dommage de rester sur un « raté » 😉

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    1. Je crois que je ne suis pas encore prête psychologiquement à faire des renouvellements de voeux. En fait j’ai peur d‘attendre beaucoup de cette cérémonie et de devoir prendre le risque d’être déçue

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  3. On ressent ta tristesse et ta colère dans tes mots. Beaucoup de choses et de réactions m’échappent dans ce que tu expliques, sûrement parce que je n’ai pas l’historique de tes relations familiales. C’est toujours très difficile quand on s’investit autant dans un projet, que ce soit un mariage ou autre, de réaliser que tout ne se passe pas comme prévu. La fête du mariage c’est très sympa quand c’est réussi, mais in fine c’est votre mariage a vous sur la durée qui compte ! Je ne doute pas que vous ayez dejà eu et que vous aurez d’autres superbes moments en famille, qui s’ils ne pourront l’effacer, permettront d’atténuer ce mauvais souvenir …

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    1. Pourtant je ne pense pas en avoir attendu beaucoup de ma famille.
      J’avais simplement demandé à ma sœur de ne pas mettre de robe blanche, elle m’avait d’ailleurs faire voir la robe du litige au préalable et je lui avais dis que je ne voulais pas d’une robe blanche… et pourtant !

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  4. Je suis navrée que ta journée de mariage n’a pas été tip top et comme le dit Lola, on ressent de l’amertume dans tes mots. J’espère que tes relations avec tes parents et tes sœurs se sont apaisées avec le temps. Comme je dis souvent, on choisit ses amis mais pas sa famille. C’est rude que tes sœurs soient parties en pleine soirée, ce n’est pas sympa comme comportement. Par contre tu as raison, ce qui compte est que tu sois unis à ton homme et c’est je pense le primordial. Néanmoins, peut-être qu’une petite cérémonie de renouvellement des voeux avec vos proches peut-être le bienvenue, pour vous créer des nouveaux souvenirs.

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    1. Oh oui de l’amertume il y en a encore ! Je suis déçue quand je vois des autres mariages dans lesquels les familles sont aimantes et émouvantes de ne pas avoir pu connaître cela !

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  5. Quelle histoire ! Je compatis pour tout ce que tu as pu vivre. Merci pour ton témoignage qui fait réfléchir à ce que l’on peut attendre d’un mariage. J’espère que ça va mieux, et c’est vrai que l’important est la finalité comme tu dis !

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  6. C’est difficile de savoir dans ce qui t’a dérangé si c’était juste maladroit ou volontairement fait « contre » toi (le discours de ta mère, la robe blanche, l’ajout de déco). Il y a peut être une volonté gentille (ie le cœur en plume kitch avec des photos de toi, c’est un vrai effort de préparation). Il faut peut être retenir de ton témoignage qu’il vaut lâcher un peu, peut être en anticipant pour laisser une marge aux bonnes volontés (ie OK pour des objets de déco mais je valide avant) et mettre carrément des stops impératifs (la robe blanche de la sœur… difficile de ne pas y voir un message).

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    1. Je pense que quand c’est juste une maladresse de bonne intention, ça ne génère pas un conflit tel que l’a vécu Rosalia.

      Il y a des gens dont les maladresses sont fréquentes et révélatrices d’un vrai problème (le fait de passer du temps à préparer une déco par exemple, ce n’est pas forcément altruiste, c’est aussi une façon de se mettre en valeur (son talent créatif, son dévouement, etc.) et de tirer la couverture à soi).

      D’ailleurs, une personne maladroite mais de bonne volonté n’aurait pas été mortellement vexée que la mariée démonte sa déco : elle aurait certainement été blessée, mais aussi honteuse d’avoir déplu à la mariée et donc capable de présenter des excuses.

      Je me permets de répondre (et peut-être suis-je à côté de la plaque, peut-être que je fais de la projection) car j’ai vécu les deux côtés de ce genre de situation : quand ma soeur se plaignait des piques de ma mère, je pensais que c’était juste de la maladresse, et j’essayais d’en tirer des leçons pour éviter les situations génératrices de « maladresses » avec ma mère. Malgré ça, quelques années plus tard, ça a été mon tour de subir « maladresse » sur « maladresse », et quand j’en parlais avec ma mère elle niait, réécrivait l’histoire, disait que ce n’était pas du tout ce qu’elle voulait dire, etc. Bref, comme Rosalia : à quoi bon essayer de discuter avec quelqu’un qui se fiche de votre ressenti ?! (Autant dire que j’ai présenté des excuses à ma soeur de ne pas l’avoir suffisamment soutenue quand elle me racontait ce qu’elle vivait)

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      1. Mari Barbu et moi avons assez rapidement décelé les « maladresses » des véritables actions de conflit. Des maladresse il y en a eu, mais étant le premier mariage d’enfant pour mes parents et mes beaux-parents, nous savions que nous allions essuyer les plâtres.
        Là où les choses ont vraiment pris des tournures « dramatiques » c’est lorsqu’on prévient les personnes concernées de nos souhaits et qu’ils ne sont pas respecté : j’ai expressément demandé à mes sœurs d’être présentes à ma préparation en mariée, les deux ont refusé (alors qu’au mariage de mon autre sœur, je l’ai aidé à se préparer avec ma fille de trois ans et mon bébé de deux mois 1/2 en écharpe contre moi). Et derrière on vient me reprocher de ne pas avoir de photo de mes sœurs et moi… Hum la pilule a du mal à passer

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    2. Le soucis étant qu’on a fait énormément de concessions pour ne pas froisser les gens. Pour la petite histoire, le jour de mon mariage cela faisait une dizaine d’années que j’étais en froid avec ma sœur à la robe blanche. Forcément, les relations n’étant pas au beau fixe, j’y ai vu une énième provocation…

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