Mon accouchement rapide et doux, partie 2

Mon accouchement rapide et doux, partie 2

J’ai arrêté mon article précédent au moment où nous attendions que le bébé descende dans mon bassin après une dilatation du col très rapide (passée de 4 à 10 en 3h).

La descente, elle, a été très longue. L’Homme et moi commencions à trouver le temps long. L’Homme a même fait une blague comme quoi il allait rentrer à la maison dormir un peu…

Au bout de plus de quatre longues heures d’attente, la sage-femme, Naïs, m’a dit que le bébé était bien descendu et qu’on allait s’installer et essayer de pousser. Accompagnée de la puéricultrice (dont j’ai oublié le prénom), elles ont installé des poignées sur les côtés du lit et tout le matériel nécessaire sur une petite table.

Naïs m’a demandé de pousser. Je sentais bien mes contractions sans qu’elles ne me fassent mal, c’était l’idéal. A la contraction suivante, j’ai poussé comme me l’avait expliqué la sage-femme de mes cours d’accouchement. Naïs m’a demandé de recommencer à la prochaine contraction mais en faisant plusieurs poussées par contraction (dans l’idéal trois poussées par contraction).

J’ai recommencé en suivant ses instructions. Je tirais sur les poignées, je poussais, reprenais ma respiration et poussais à nouveau. L’Homme était à côté de moi, il me caressait le dos et m’encourageait. Je l’entendais mais ne lui répondais pas.

Au bout de quelques poussées/contractions plutôt inefficaces, Naïs m’a proposé de changer de position : j’allais m’accroupir au bord de la table et me suspendre à une barre horizontale au dessus du lit. La position verticale devrait aider la descente du bébé. Je me suis alors rendue compte que la poussée enseignée par ma sage-femme ne convenait pas du tout : je ne devais pas pousser avec les muscles du haut du ventre mais plutôt comme si je voulais évacuer une énorme selle.

La position plus ma façon de pousser différente ont été radicales. Au bout de deux poussées, Naïs m’a fait toucher la tête de mon bébé, qui commençait à sortir. Ce fut incroyable et je n’ai pas pu retenir mes larmes. Sur la contraction suivante, j’ai entendu Naïs dire « la voilà » et j’ai vu apparaître entre mes jambes une petite tête grimaçante, pleine de sang et de mucus : mon bébé.

Je crois que ça a été le moment le plus fort de mon accouchement.

Une dernière poussée pour faire passer les épaules, puis elle a glissé hors de moi. Il était 12h45. (Entre les premières contractions et la naissance, il ne s’est passé que 10h30 !) L’Homme a coupé le cordon et la puéricultrice a posé mon bébé sur moi. Elle l’a enveloppé dans une couverture, lui a mis un petit bonnet et l’a installée contre mon sein. L’Homme et moi ne pouvions pas la lâcher du regard, dès que j’essayais de parler, les larmes me montaient aux yeux. Elle était là, enfin. Hirondelle était née.

Crédit photo : jarmoluk

Pendant que j’admirais ma fille, Naïs a récupéré mon placenta (que je n’ai même pas senti passer, tellement j’étais accaparée par mon bébé). Au bout d’un moment, j’ai remarqué qu’elle et la puéricultrice continuaient à s’agiter alors que tout aurait dû être terminé. « Il y a un problème ? » , Naïs m’a répondu sans lever les yeux, concentrée : « Il y a un saignement qu’on n’arrive pas à arrêter, je vais appeler le gynécologue ». Et voilà, c’était trop beau pour être vrai, il fallait bien que quelque chose cloche…

Le gynécologue est arrivé en quelques secondes, il s’est présenté, a demandé à inspecter le placenta. Selon lui, il était complet mais il m’a expliqué qu’il allait tout de même réaliser une révision utérine (il allait mettre la main à l’intérieur en gros) à la recherche d’éventuels morceaux restés à l’intérieur de mon utérus.

Ce ne fut pas agréable. Heureusement, j’avais la péridurale et je n’ai ressenti qu’une extrême gêne non douloureuse. Je n’ose imaginer ce que cela aurait donné sans péridurale. Ce fut très rapide. Le gynécologue m’a alors expliqué qu’il n’y avait pas de morceau de placenta à l’intérieur mais une petite déchirure interne qui provoquait le saignement. Il allait donc me recoudre et tout serait réglé.

Comme pour la révision utérine, j’ai tout senti, sans douleur. Je sentais le fil glisser dans ma chair, c’était très étrange. Une fois fait, le gynécologue s’est levé, m’a souhaité une bonne journée et est parti. Tout allait bien.

Naïs m’a expliqué que nous allions rester encore deux heures en salle de travail, pour une surveillance tout à fait normale. Durant ces deux heures, j’ai réalisé la tétée d’accueil et l’Homme et moi avons parlé et débriefé cet accouchement si différent du premier. Nous étions heureux.

Au bout d’un peu plus de deux heures, la puéricultrice est venue pour laver et habiller Hirondelle. L’Homme est parti avec elle dans la pièce d’à côté. J’ai entendu le bébé pleurer puis se calmer. Pendant ce temps, Naïs procédait à ma toilette et m’a dit que je m’étais très bien débrouillée une fois en position verticale.

L’Homme est revenu avec Hirondelle dans les bras, portant le même pyjama que sa sœur à la naissance (j’y tenais vraiment). Il m’a raconté avec un grand sourire qu’elle s’était calmée instantanément dès qu’elle fut habillée. Il m’a ensuite annoncé ses mensurations : 3,6 kg et 52,5 cm !! C’est un bébé gigantesque ! (en tout cas par rapport à sa sœur).

Je me suis ensuite installée dans un fauteuil roulant, bébé dans les bras, l’Homme à mes côtés et nous sommes partis dans ce qui allait être ma chambre pour les trois prochains jours. Voilà, mon accouchement spontané par voie basse avait eu lieu, j’avais maintenant hâte d’apprendre à connaître mon bébé.


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9 commentaires sur “Mon accouchement rapide et doux, partie 2

  1. Félicitations ! comme je te l’avais mis en commentaire dans le billet où tu annoncais ta grossesse, j’avais été émue de l’apprendre car je savais, ayant suivi ton parcours sur le blog, depuis combien de temps tu attendais ce bébé. Je suis donc ravie d’apprendre que tout s’est super bien passé! Et au delà de ca, c’est vraiment important de voir des récits d’accouchements comme celui là. On a tendance à voir surtout ceux qui sont plus compliqués (les mamans ont besoin d’extérioriser, c’est normal), mais c’est anxiogène pour les futures mamans. Alors que je pense que dans la plupart des cas (en tout cas moi ca a été le cas les 3 fois), ca peut très bien se passer. En tout cas je vous souhaite à tous les 4 plein de bonheur dans cette nouvelle vie à 4 ! Hâte de lire la suite 🙂

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    1. Oh merci, ça me touche énormément !!
      Oui, tu as raison, raconter quand ça se passe bien c’est aussi très important, rassurant.
      La suite arrivera mais, elle n’est pas encore écrite alors qu’Hirondelle a déjà trois mois…

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  2. Un accouchement tout doux (bon, sauf la révision utérine…) et émouvant. Félicitations !
    Ça devait être rigolo de voir Hirondelle dans le pyjama de sa sœur vu la différence de mensurations 🙂

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    1. Merci 🙂
      Sur le coup, je n’ai pas remarqué qu’elle était plus serrée dans le pyjama que sa sœur. Mais je l’ai bien remarqué une fois dans la chambre !

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  3. Encore toutes mes félicitations 😉 c’est fou comme le changement de position a été radical ! Comme quoi…
    Bon moins cool pour la suture . Mais j’ai l’impression que ça a été fait vite et bien !
    Par contre je suis surprise qu’elle ai eu un bain dès les premières heures de sa naissance. Ça se fait de moins en moins. Tu n’étais pas trop triste de ne pas pouvoir y assister ?

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