Pourquoi Maman travaille ?

Pourquoi Maman travaille ?

“Maman, pourquoi tu dois travailler ?”

Mon grand garçon, tu me poses souvent cette question, plus encore depuis le confinement. Et je n’aime tellement pas cette réponse toute faite que te donnent parfois les autres adultes : pour gagner des sous. Parce que la réalité est (heureusement) tellement plus riche et plus complexe.

Alors, je tente aujourd’hui de t’expliquer pourquoi, de manière partielle et totalement subjective. 

Alors non, Maman ne travaille pas uniquement pour l’argent. (Parce que bon, disons-le clairement, si c’était le seul objectif,  je n’aurais définitivement pas choisi la fonction publique). 

Maman travaille parce qu’elle aime ça. Et c’est probablement le plus important. J’aime apprendre en permanence. J’aime échanger, débattre et en ressortir plus riche. J’aime cette stimulation intellectuelle quotidienne, cette effervescence. J’aime la diversité des missions. J’aime être partout à la fois. J’aime structurer, débloquer, désamorcer. J’aime voir les projets se construire et avancer. J’aime tout ce que mon métier m’apporte. Alors forcément, la réalité est loin d’être tous les jours aussi mirifique et les doses de stress et l’instabilité sont parfois pesantes, mais globalement, j’ai la chance d’aimer mon métier et ce que j’y fais.

Maman travaille pour se sentir utile. Ce n’est pas le cas en permanence mais, souvent, je me dis que j’ai fait une petite différence dans le monde d’aujourd’hui ou dans celui de demain. Mon métier c’est mon engagement, ma manière de m’investir pour les autres en même temps que pour moi-même et d’apporter ma petite pierre à l’édifice.

Crédit photo : Congerdesign

Maman travaille parce qu’elle le peut. Et oui, cela peut paraître évident mais ça ne l’est pas. Je travaille parce que des femmes avant moi se sont battues pour que j’ai ce droit. Et c’est loin d’être le cas partout.

Et d’ailleurs, puisqu’on mentionne le droit des femmes : Maman travaille et est payée moins qu’un homme. Et pourtant je m’investis autant, souvent plus. Parce que je dois plus souvent faire mes preuves. Parce que je dois plus souvent me battre pour être légitime. Et oui c’est parfaitement injuste. Et oui il faut continuer à se battre, encore et toujours, pour l’égalité.

Maman travaille parce qu’elle l’a choisi. Et ça aussi c’est important. De choisir et de pouvoir choisir. D’autres mamans font des choix différents : celui de prendre un congé parental ou un temps partiel pour passer plus de temps avec leurs enfants. La tienne a choisi de travailler à 100%, parfois un peu plus, et ne culpabilise plus. Oui c’est parfois un peu la course, et oui je jongle. Mais ça me convient. Et quand je te vois aussi bien dans tes baskets, je sais que toi aussi tu t’y retrouves.

Maman travaille pour être libre. Pour être autonome et faire sa vie sans dépendre de quelqu’un d’autre. C’est d’autant plus vrai depuis la séparation avec ton papa et c’est forcément des choix et même quelques sacrifices mais j’espère que tu le comprendras quand tu seras un peu plus grand.

Tu vois mon grand garçon, c’est pour toutes ces raisons que je travaille. Parce que je peux, parce que je l’ai choisi et parce que j’aime ça. Et parce que cela fait de moi une femme épanouie… et donc une meilleure maman !

Et toi ? Tu travailles ? Un peu, beaucoup, pas du tout ? Tu as pu choisir ? Viens nous raconter !


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14 commentaires sur “Pourquoi Maman travaille ?

  1. Ici je travaille beaucoup et essentiellement pour les mêmes raisons que toi.
    J’ai étudié pour exercer ce métier et je ne me verrais pas faire autre chose.
    Je suis vraiment passionnée par ce que je fais.
    Au quotidien, cela ne me pèse pas et nous avons la chance, pour la majorité, de travailler par choix. Je côtoie des mamans qui ont choisi d’être mères au foyer et plusieurs d’entre elles me glissent régulièrement qu’elles ne comprennent pas mon choix , que confier ses mômes à une nounou c’est inadmissible etc ça me blesse beaucoup bien que j’essaie de ne pas trop y prêter attention. D’ailleurs ce sont les mêmes mamans qui me glissent  » ah oui vous partez en vacances encore? Ah ben ça c’est parce que tu travailles nous on ne peut pas se le permettre  »
    Donc oui, je travaille aussi pour nous assurer le niveau de vie auquel on aspire et j’en suis satisfaite

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    1. Merci beaucoup pour ton message. Je te rejoins totalement sur le regard des autres et sur le fait qu’il y a encore des personnes pour qui une maman qui travaille beaucoup ne peut pas être une « bonne maman », remarque que l’on entend beaucoup moins (voire jamais !) pour les hommes. J’aurai envie de te dire qu’il ne faut pas laisser ce genre de remarques t’atteindre (je sais, plus facile à dire qu’à faire ;)) ; les critiques, quelles qu’elles soient, en disent toujours beaucoup plus sur les personnes qui les font que sur celles à qui elles sont destinées. Bon courage à toi et oui, profite bien de tes vacances ! On n’en a jamais trop 🙂

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  2. Bonjour, j’ai les mêmes motivations que toi et le travail n’est pas une contrainte sauf que certains jours j’ai l’impression de gérer 10 adultes mais plutôt 10 enfants … Par quelque chose m’interpelle, tu dis travailler dans la fonction publique et être payée moins qu’un homme ? Ce n’est pas possible (en tout cas dans la fonction publique d’état), peut -etre travailles tu dans une autre fonction publique ?

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    1. Merci beaucoup pour ton message. Je me fais souvent la réflexion qu’il y a énormément de similitudes entre la parentalité et le management : bienveillance, accompagnement… et patience 😉 !!! Je suis dans la fonction publique territoriale et je te confirme que, même si l’écart est un peu moins élevé que dans le privé, il est bien là ! Il a même tendance à se creuser sur les postes à responsabilités et/ou au fur et à mesure de la carrière ! Et c’est malheureusement le cas aussi dans certaines branches de la FPE.

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    2. Je suis dans la FPE et je confirme : je suis payée moins qu’un homme. (Mais j’ai mis du temps à le voir !)

      A la fin de ma formation on a choisi nos postes.
      Les mecs se sont retrouvés dans les postes les mieux payés. Les filles dans ceux un peu moins rentables.
      Actuellement je me tate pour passer un concours interne. Oui, mais j’ai peur de ne pas avoir la disponibilité pour assurer le poste à responsabilité qui viendra ensuite. Ma boss a eu ce concours et elle a souvent des convocations à la préfecture en dernière minute qui durent jusqu’à 20h… J’ai deux enfants en bas âge. Les hommes ne se posent pas autant de questions et ont tous déjà eu leur promotion…
      Il.y a quelques années j’ai songé à tenter le concours interne de l’ENA. J’ai fait le calcul : 1 an de prepa + 2 ans de scolarité c’était au moins 3 ans pendant lesquels je ne pouvais pas objectivement tomber enceinte. Sans doute un peu plus si je me donnais deux ou trois ans pour avoir le concours. (Ce qui esr souvent nécessaire) et si je n’osais pas faire un bébé dès ma prise de poste.
      Comme j’ai rencontré mon mari un peu tard ça nous faisait courir le risque de ne pas pouvoir avoir plusieurs enfants avant mes 40 ans… J’ai donc laissé tomber.
      Pour le moment je suis à temps partiel. Je me dis que je progresserai plus tard. C’est un choix.

      J’étais très bien classée pendant ma formation (les mieux classées étaient d’ailleurs des femmes ) et j’ai choisi le poste qui me plaisait. Je n’ai aucun regret… Seulement voilà ce qui me plaisait n’était pas le plus rentable.
      Qui a décidé que les postes faisant appel aux domaines « traditionnellement masculins’ étaient plus payés que les féminins ?
      Ils ne sont ni plus difficiles, ni plus nécessaires.
      Comment a t’on décidé que les postes qui correspondaient aux domaines

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  3. Merci pour cet article qui permet d’aborder ce sujet et tes arguments apportent des réponses à mes propres questionnements. J’aime mon travail, tout n’est pas parfait mais j’ai la chance d’exercer un métier passion. Pour autant, je me sens encore tiraillée entre deux, quelle difficulté pour moi de laisser mes enfants. Qu’est que j’ai pu pleurer, culpabiliser, me sentir priver de mon enfant pour le premier. Un terrible sentiment d’injustice. Pour le 2e j’étais un peu plus préparée et décidé de prendre un 80 % qui m’a permis de culpabiliser un peu moins et d’être plus disponible. Pour le 3e, j’ai gardé mon 80 % et j’ai pu le garder jusqu’à ses 7 mois avant de le laisser à une nounou. Mais, je suis encore tiraillée, est que je prends un congé parental ou non (il a 8 mois), c’est dur ? Alors, oui c’est vrai je n’ai pas choisi mon métier pour l’argent, je suis aussi dans la fonction publique, mais plus par qu’il raisonne en moi et que j ‘ai besoin de donner du sens à ce que je fais. Mais, l’unique raison qui m’empêche de prendre ce congé parental c’est l’argent. Parce que j’ai peur en quelque sorte, mon job nous apporte une sécurité et un salaire confortable. Mon mari a de son côté lancé sa boite. J’aimerais être dans un pays dans lequel les congés parentaux sont plus long, j’aimerais rester avec mon bébé dans notre bulle jusqu’à ses 1 an, 18 mois minimum. Je crois que le plus important serait que la maman puisse avoir vraiment le choix de travailler ou non, et de ne pas opposer travail et foyer, le temps partiel serait pour moi l’idéal avec un congé maternité beaucoup plus long ( 2 mois et demi !!! si on ne prend pas de congé derrière = à peine le temps de se remettre de l’accouchement, de prendre ses marques qu’il faut déjà laisser bébé). Mais cela correspond à mes propres besoins. J’ai grandis avec une maman au foyer je suis peut-être influencée. Mais je ne crois pas qu’il y ait de meilleur choix, je crois que c’est à la femme de choisir. D’un côté, je trouve que le métier de mère au foyer devrait être plus valorisée et que celle qui le souhaite puisse le prendre et avoir une vraie rémunération, et d’un autre que les femmes qui souhaitent travailler puissent le faire sans se sentir juger. Le plus important pour l’enfant comme tu le dit c’est de sentir ses parents épanouis peut importe les choix qu’ils prennent, si ils sont bien l’enfant sera lui aussi serein.

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je te rejoins sur plein de points : en effet, le choix de travailler ou non est vraiment propre à chaque femme et il ne devrait y avoir aucun jugement ni dans un sens ni dans l’autre. Et oui, je trouve aussi que la société française est mal adaptée que ce soit sur les congés bien trop courts ou sur les aides financières. Quant à ta dernière phrase, je ne peux que valider !!! 🙂

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  4. vous êtes dans quelle branche dans la fonction publique ? j’y suis également mais loin d’un métier passion.. J’ai pu faire le choix d’ailleurs de m’arrêter pour mes enfants, cependant mon congé parental prendra fin en septembre et je m’interroge beaucoup sur mon avenir professionnel.. passer un nouveau concours, aller dans le privé, reprendre mon travail… Quand je lis qu’on peut s’épanouir au travail ça me fait bien envie tient ! 🙂

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    1. Merci pour ton commentaire ! Je suis dans la fonction publique territoriale, dans un service support, et du coup j’ai des missions très variées ! Je pense que laisser son (ses) enfant.s pour un travail qui ne nous épanouit pas ne doit pas être évident ! Je te souhaite bon courage pour ta reprise et j’espère que tu arriveras à trouver une (nouvelle ?) voie qui t’épanouira.

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  5. Je travaille pour à peu près les mêmes raisons que toi, et je n’ai j’aimais culpabilisé de faire garder ma fille (qui d’ailleurs s’en fiche royalement, elle adore ses camarades d’assistante maternelle). Je suis avec elle 3 jours par semaine et je crois que c’est pas plus mal, dejà depuis mes 4 mois de congé maternité, je sais qu’être mère au foyer ne me conviendrait pas du tout, et que je serais probablement une maman frustrée si c’était le cas.
    Par contre mon mari adorerait ne pas travailler et s’occuper d’elle, mais ce n’était pas possible, ne serait-ce que financièrement…

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    1. Merci pour ton message ! Je te rejoins sur le fait que voir son (ses) enfant.s bien dans leurs baskets finit d’enlever toute culpabilité ! Je ressens la même chose que toi sur le fait d’être mère au foyer, je sais que je serais moins épanouie. Et oui malheureusement l’aspect financier reste très bloquant. Maintenant que je vis seule je me dis que je ne pourrai pas forcément avoir le choix pour un deuxième bébé et c’est quelque chose qui m’interpelle. Reprendre son travail parce qu’on l’aime et qu’on en a envie est une chose. Reprendre le travail parce qu’on ne peut pas faire autrement alors qu’on voudrait rester avec ses enfants en est une autre et malheureusement, pour beaucoup de femmes (parents) c’est le cas 😦

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  6. Merci pour ces arguments 😉 qui vont surement m’aider à répondre à mon fils. Il aimerait avoir plus souvent ses parents à la maison, ne pas manger à la cantine, ne pas aller au centre de loisirs…
    Je trouve super aussi de pouvoir aller travailler et d’en sentir epanoui-e !!
    Car ce n’est pas mon cas. Soyons clairs, mon boulot est alimentaire et je fais pourtant 39h -voir un peu plus- par semaine… J’aimerais travailler moins, mais financièrement ce n’est pas jouable… Je tiens le coup : mon patron vient de me proposer un nouveau poste en création, alors je me dis que j’ai sûrement bien fait de m’accrocher ! ☺️ En espérant que je pourrai ensuite développer les memtes arguments que toi !!

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  7. Je trouve que c’est un très joli article !
    Effectivement, on ne travaille pas que pour gagner de l’argent et je suis toujours un peu triste quand j’entends des gens qui se sont résignés (alors même qu’ils sont en pleine reconversion !) à trouver un job alimentaire, qui ne leur plaira pas vraiment plus mais qui au moins leur sera supportable et qui cherchent leur épanouissement dans les loisirs. Bien sûr, on n’a pas tous la chance de pouvoir faire un travail qui nous plaît, nous épanouit, et d’ailleurs même moi avec mes grands discours je vais sans doute devoir me résigner à chercher un poste d’hôte de caisse dans la grande distribution, mais partir là-dessus sans même essayer de trouver quelque chose qui nous plaît vraiment alors qu’on a la chance de pouvoir le faire, je trouve que c’est gaspiller cette chance.

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  8. Oh je suis tout à fait d’accord avec toi : travailler pour être heureux.se, ce sentir utile, parce qu’on le peut. C’est exactement ça, merci pour ce chouette article ! Je m’y retrouve beaucoup. Et oui l’argent et la fonction publique… ha ha mais bon confidence : je gagne plus dans la focntion publique qu’avant quand j’enchaînais les contrats précaires parce que j’avais choisi la culture et le social… c’est dur certaines fois de suivre ses rêves et d’en vivre. Mais aujourd’hui je les poursuis quand même encore !

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