Mon épisiotomie (1)

MON EPISIOTOMIE (1)

Aujourd’hui, je viens te parler d’un sujet ni très glamour, ni très sympathique et pour lequel on trouve peu (voir pas du tout) de témoignages : l’épisiotomie. Si le sujet te fait peur, je t’invite à ne pas lire la suite, mais sache quand même que l’histoire se termine bien pour moi.

Lors de mon premier accouchement, il n’avait pas été nécessaire d’en pratiquer une, mais vu les retours que j’en avais eus dans mon entourage, je préférais quand même éviter cette petite incision. Pendant ma seconde grossesse, j’ai été sujette à de nombreuses crises hémorroïdaires (sujet glamour bis). J’y suis déjà prédisposée depuis longtemps hors grossesse, mais cette période a amplifié les crises. Je n’arrêtais pas de dire à mon mari que je redoutais plus le post-partum à cause de cela, qu’à cause d’une épisiotomie (naïve que j’étais).

Le séjour à la maternité

Lors de mon second accouchement, une épisiotomie a dû être pratiquée. Trois petits points de souvenir, dont un point assez mal placé et qui pouvait me gêner, dixit la sage femme qui les avait réalisés. Après l’accouchement, j’étais extrêmement faible. Le combo nuit blanche et sortie rapide d’un bébé de quatre kilos a été fatal. J’avais énormément de mal à rester debout et les changes du têtard étaient un calvaire. Pour ne rien arranger, on m’a forcée à le réveiller et à le faire manger toutes les trois heures, alors qu’il était au biberon et que son poids n’est jamais descendu en dessous des 3,8 kilos à la maternité. Ma tension étant très basse, j’avais tendance à ne me lever que par extrême nécessité. Les anti-douleurs fonctionnaient bien et je n’ai pas eu de douleurs pendant tout le séjour. La sage-femme qui a contrôlé ma cicatrice avant la sortie a trouvé qu’elle était un peu enflée, mais rien d’alarmant vu que je n’avais pas mal.

Crédit photo : Andrea Piacquadio

Le retour à la maison

C’est là que cela a commencé à se gâter. Le court trajet à pied (de quelques mètres) pour rejoindre la voiture avait déjà réveillé un peu la douleur. À la maison, cette douleur a empiré malgré les anti-douleurs. Je ne faisais toujours pas beaucoup d’activités physiques, mais je bougeais quand même plus qu’à la maternité surtout pour m’occuper de mon aîné. À la fin de la première journée, je vivais un enfer. Je n’arrivais pas m’assoir sans souffrir le martyre. Très pratique pour manger et donner le biberon à mon têtard. La position allongée ne me soulageait pas du tout, voir même elle empirait la douleur. Rester debout était juste au dessus de mes forces. La première nuit à la maison n’a pas été des plus reposantes malgré le soutien de mon mari qui s’est totalement chargé du têtard pour que j’essaye de reprendre des forces.

La sage-femme qui venait pour le têtard a été vraiment adorable avec moi. Elle a regardé si elle pouvait faire quelque chose au niveau des points, mais c’était trop frais. Elle m’a donné des conseils pour soulager l’inflammation : compresses avec de l’hydrolat d’Hamamélis et utilisation d’une bouée. Et surtout, elle a pris de mes nouvelles tous les jours et est revenue quelques jours plus tard pour vérifier que j’allais mieux physiquement (et moralement). A la seconde visite, je me sentais déjà beaucoup mieux. La douleur a disparu complètement au bout de dix jours, mais j’ai conservé une sorte de gêne à l’emplacement de la cicatrice sans que je sache d’où cela venait.

Cette période a été très difficile à vivre. Je me sentais totalement inutile pour mes enfants (et c’était clairement le cas). Mon mari a vraiment tout assuré pendant son congé naissance pour que je me repose, que je reprenne des forces et je lui en suis extrêmement reconnaissante. Je me suis également dit que je n’avais aucun regret concernant mon choix de ne pas allaiter car je pense que la montée de lait, en plus de ce problème d’épisiotomie aurait fini de m’achever. Je suis convaincue que j’aurais de toute façon raté mon allaitement.

Je pensais en avoir fini avec cette histoire, mais pas vraiment en réalité. Je reviens très vite te raconter la suite.

13 commentaires sur “Mon épisiotomie (1)

  1. Merci de témoigner! Pour moi, on n’a jamais voulu me dire le nombre de points (beaucoup semble-t-il) et la douleur a été présente pendant des mois (oui oui!). Pendant les rapports mais pas que… J’ai essayé l’ostéo, les massages… mais c’est le temps qui a amélioré les choses. Je suis enceinte du deuxième et ce que je crains le plus c’est l’épisio!

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    1. Merci pour ton commentaire. Le temps joue beaucoup mais je ne pense pas que ce soit normal qu’on doive souffrir des mois à cause d’une épisiotomie et surtout que personne n’ose en parler.
      Je te souhaite vraiment de ne pas avoir à subir cela pour ton second accouchement et si c’est vraiment une crainte, je pense que tu peux en parler avec ta sage-femme ou ta gynéco pour trouver des solutions.

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  2. Personnellement après avoir entendu le C’était ma grande crainte aussi avant mon 1er accouchement… Au final, je n’ai pas eu d’épisiotomie mais une petite déchirure m’a valu 3 points, pas censés être douloureux… Mais qui m’ont fait souffrir des mois durant (pendant les rapports).
    Et @Lou : deuxième accouchement, quelques points aussi mais zéro douleurs ! C’est possible aussi ☺️
    En revanche ce qui m’a marquée au n°2, ce sont les douleurs des tranchées auxquelles personne ne m’avait préparée… Impossible de m’asseoir pendant plusieurs jours ! C’est un sujet aussi pour certaines ?

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    1. Je te rejoins sur les douleurs des tranchées. Par contre de mon côté, je savais que cela empirait avec le nombre d’enfants et comme j’ai de base des règles assez douloureuses, finalement cela ne m’a pas trop embêté même si je pense que cela a contribué à mon état de fatigue.

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  3. Pas d’épisiotomie pour moi, mais merci de parler des douleurs du post partum auxquelles on ne se prépare pas assez comparé à l’accouchement. Pour mes 3 enfants, je garde un souvenir plus douloureux du post partum immédiat que de l’accouchement, pourtant sans péridurale. Douleurs de bassin, montée de lait, tranchées…
    En revanche, ne faisons pas fuir celles qui aimeraient essayer d’allaiter : la montée de lait a lieu avec ou sans allaitement, c’est hormonal ! Et les tranchées, ces contractions lors des tétées, cèdent spontanément au bout de quelques jours même lorsqu’on continue à allaiter.

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    1. Oui tu as raison pour la montée de lait, elle se calme au bout de quelques jours et on peut l’avoir avec ou sans allaiter. Ici je ne l’ai pas eu car j’ai eu des cachets pour la stopper. Et j’avoue que cela était tant mieux.

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    2. Tu fais bien de le mentionner pour la montée de lait. Et puis surtout, elle n’est pas forcément douloureuse : personnellement je n’en ai jamais souffert ! Tandis que les tranchées, argh ! Bon, ceci dit, ça aussi ça part en 2-3 jours.

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      1. Coucou Mme vélo ! Je me permets de t’écrire en aparté car c’est en partie grâce à tes mots dans un précédent article que j’ai eut le déclic de temporalité pour lancer notre 3ème, actuellement bien au chaud! Alors merci à toi. J’espère que toi et ta belle et grande famille allez bien. Hate de te lire prochainement a nouveau !

        **Pour répondre à l’article initial, je suis empruntée car j’ai tout bien vécu. Peut-être que cela pourra encourager celles qui ont des craintes? j’ai eut pour ma 1ere 3poinrs dits « esthétiques » (wtf!!!???) suite a une micro lésion : bébé crevette pourtant : 2k620. Je n’ai quasi rien senti sauf petits picotements la 1e semaine en allant au wc. Je n’ai pas allaité et n’ai pas eut de montée de lait sans rien prendre de spécial. Pour ma cadette,rien niveau dechirure mais je redoutais les tranchées dont on m’avait parlé car je l’ai allaitée… mais je n’ai rien eut ! L’utérus était totalement remonté avant ma sortie de la maternité ! Pour ce 3ème bébé, je pense passer par la case tranchées… on m’a dit que cela emplifiait au fils des grossesses/allaitements. Est ce que certaines peuvent en temoigner?

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        1. Oh merci pour ton commentaire ! Et Félicitations pour ce petit bébé 😊 (la suite s’écrit au rythme d’une phrase par jour ah ah !)

          Sinon pour répondre à ta question concernant les tranchées, elles ont été bien plus fortes après le 3ème accouchement que les 2 premières fois, mais mon utérus était bien plus distendu donc ça doit sans doute s’expliquer !

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  4. Je fais partie des épisiotomies bien vécues (je le dis à l’attention des lectrices qui n’ont pas encore accouché et appréhendent), mais je compatis Hermy surtout sachant qu’il y a une suite à ton récit…

    Je suis frappée qu’on attende de nous d’effectuer des taches dans la foulée de l’accouchement. C’est super pour celles qui se sentent en forme et veulent se lever, mais ça devrait être une évidence pour tout l’entourage qu’on est en convalescence pour au moins une semaine ! J’ai eu un accouchement compliqué (que j’ai très bien vécu !), donc quand j’ai dû envoyer mon mari seul avec mon bébé voir le pédiatre 4 jours après, le pédiatre a insinué que j’avais un trouble de l’attachement parce que je n’étais pas venue (c’est juste que prendre une douche et m’habiller me prenaient 45 min, et que je n’aurais pas réussi à être à l’heure). Quelques jours après, alors que je me mouvais toujours à petits pas chez moi, ma belle-famille a insisté pour me faire sortir faire une promenade de crainte que je sois en train de développer une phobie de l’extérieur (euh, non, j’ai juste le droit d’attendre d’avoir cicatrisé !).

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    1. Oui effectivement il y a une suite à mon article … ^^’ !
      Après mon premier accouchement, j’étais pleine d’énergie et très vite sur pied mais bon c’était surtout parce j’avais passé un bon mois alitée et avec des cachets qui me transformaient en zombie. Les filles en neonat n’arrêtaient pas de me dire qu’on aurait pas dit que je venais d’accoucher et m’avaient forcé à me reposer.
      Là ça a été un peu l’inverse à la maternité. On ne m’a jamais proposé de prendre mon bébé en nurserie alors qu’il était au biberon et que j’aurais clairement eu besoin d’une bonne nuit de sommeil.
      Par contre j’avais interdit les visites les 15 premiers jours et j’ai refusé d’aller à l’anniversaire de la grand mère de mon mari que mon bp avait eu la géniale idée de caler 15 jours après la naissance du têtard.
      C’est fou ce que tu racontes pour la pédiatre et la belle-famille. A croire que notre corps ne subit rien avec la grossesse, l’accouchement et je parle pas du post partum.

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  5. Visiblement, ça s’est effectivement mal passé pour toi (j’ai peur de ce que tu vas nous annoncer dans la prochaine partie), et vu les commentaires, pour d’autres aussi. Moi qui pensais que ce n’était qu’une petite cicatrice mal située, qu’il fallait évidement bien nettoyer mais rien de plus.
    J’en ai eu deux, et dans les deux cas, elles ne m’ont pas fait beaucoup souffrir (sauf quand j’ai eu la mauvaise idée de mettre une serviette hygiénique lambda, serviette qui était pleine de parfums et autres produits chimiques qui brulent bien sur une cicatrice fraiche !). Les premiers jours, je prenais de toute façon des anti-douleurs (aïe les tranchées, surtout pour la troisième !), et après, c’est rapidement passé. Et pour la reprise de la sexualité, je crois que j’ai tellement retardé de peur d’avoir mal, que finalement, il y a eu des sensations un peu désagréables, mais pas vraiment de douleur.
    Et malgré cela, je suis d’accord avec Hermy, on devrait avoir le droit de se reposer si on en ressent le besoin (j’avoue que j’ai assez mal vécu de devoir me battre pour qu’on me prenne mon fils 3h à la nurserie la troisième nuit après ma césarienne, alors que j’avais juste besoin de ça pour être à peu près en forme pour rentrer à la maison et retrouver mon ainé)

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