Mon déclenchement apaisé

Mon déclenchement apaisé

Je t’avais laissé sur ta faim lors de mon dernier article de grossesse. Le repos du troisième trimestre avait permis d’éviter l’accouchement en avance, mais le liquide amniotique était encore faible. Les surveillances chaque semaine me stressaient. Un déclenchement était décidé mais le col était favorable et ouvert. La sage-femme qui m’avait examiné n’excluait pas que le petit loup se pointe avant le D-Day (déclenchement day). Alors, est-il venu tout seul ou a-t-il fallu brusquer un peu la nature ?

Un déclenchement en douceur

Finalement le petit loup n’a pas voulu venir de lui-même. Le positif par contre, c’est qu’au rendez-vous du dimanche, le col était déjà favorable et légèrement ouvert. J’ai ainsi gagné une nuit en plus à la maison et évité la pose du ballonnet.
Le petit chat (je devrais plutôt l’appeler grand chat maintenant vu qu’il est grand frère) était parti chez mes parents le lundi soir. Nous avions mangé ensemble puis ils sont partis. Nous étions plus rassurés et il passerait une semaine de vacances chez mes parents. Le chanceux !

Arrivés le matin à 7h à la maternité, c’était le calme plat. C’était très agréable et étonnant. En effet, mi-septembre est réputé pour être la période de l’année avec le plus grand nombre de naissance, l’effet nouvel an ! Nous n’étions que trois dans toute la maternité : deux déclenchements et une césarienne programmée, autant dire presque personne.

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Crédit photo : Christian Bowen

Une longue matinée en salle de naissance

Je suis emmenée tout de suite pour un examen de vérification pendant que Mr Yéti dépose mes affaires dans ma chambre. Rien n’a bougé depuis dimanche, à mon grand désespoir. J’avais espéré éviter le plus possible les hormones de synthèses. Ce sera donc un déclenchement classique.

Nous sommes installés dans la grande salle de naissance et je reçois la perfusion. Les sages-femmes viennent se présenter. Une étudiante est là pour son premier jour de stage, mon accouchement sera son premier pour elle. Je lui permets de m’examiner. C’est une situation particulière, elle doit apprendre les gestes mais n’est pas encore trop sûre d’elle. Je suis heureuse qu’elle ait pu apprendre grâce à mon accouchement. En tous cas je suis entourée d’une chouette équipe. La sage-femme m’installe le monitoring sans fil et allume la batterie de la perfusion : je suis libre de mes mouvements et peux me déplacer dans la pièce ou aller aux toilettes quelques mètres plus loin.

L’attente commence. Malheureusement, malgré la perfusion qui est de plus en plus forte, cela n’avance pas beaucoup. J’ai des contractions, mais je les gère très bien. Le col ne bouge quasiment pas. Pour accélérer le tout, vers 10h la sage-femme me perce la poche des eaux. J’ai quelques réticences car j’ai le souvenir des contractions après la rupture de la poche des eaux pour le petit chat et ce n’était pas très agréable.

Une randonnée dans la maternité

La perfusion me donne très envie de faire pipi, d’autant que je peux boire aussi. Je vais très régulièrement aux toilettes. Je croise les équipes qui vaquent à leurs occupations. Toutes les heures ma sage-femme et la jeune stagiaire viennent me voir, me demandent si tout va bien et je réponds toujours la même chose : oui oui, ça va, je suis en pleine forme !

L’équipe médicale passe avec ma gynécologue et une de ses collègues. Elles sont impressionnées que je ne cesse de me promener dans la maternité malgré les contractions, la rupture de la poche des eaux etc. Visiblement j’ai atteint le maximum en hormones dans la perfusion mais je supporte très bien le tout. Moi-même je suis surprise et avec Mr Yéti nous commençons clairement à nous ennuyer. Je blague même en proposant un jeu de société, malheureusement nous n’en avions pas prévu.

Midi, le col est à peine à 6-7. Je commence vraiment à trouver le temps long. Les contractions deviennent plus désagréables. J’utilise l’auto-hypnose que j’ai pu travailler avec une infirmière de l’hôpital pour me soulager. L’effet est immédiat. Sur les courbes la contraction se fait plus nette et l’entre deux est plat. C’est assez fou de voir l’effet de l’hypnose dessiné sur le papier.

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Crédit photo : Sharon McCutcheon

Libérée, délivrée

Le temps passe… trop lentement à mon goût. Je commence à sérieusement désespérer et à être fatiguée. La veille j’ai très peu dormi, et j’ai faim. 13h toujours rien, je stagne. 14h, idem. C’est long. Mais la sage-femme me rassure en me disant que souvent pour un deuxième ça va très vite sur la fin. Elle ne fait pas si bien dire : 10 minutes après son départ je commence à vraiment être fatiguée et je ne gère plus aussi bien la douleur. Je demande à avoir la péridurale car j’ai le souvenir d’avoir attendu très longtemps avant la venue de l’anesthésiste pour le petit chat. Mais cette fois-ci, en 15 min elle était là et m’a posé une super péridurale : je gère les injections et ce n’est pas latéralisé. Je ressens tout avec très peu de douleurs. C’est parfait. Je peux même encore bouger les jambes.

15h, une nouvelle vérification : je suis presque à 10 ! La sage-femme me dit que c’est pour bientôt et qu’elle revient d’ici une heure. 10 minutes après son départ je l’appelle à nouveau : j’ai besoin de pousser, je crois qu’on y est enfin !

Effectivement, le petit loup est descendu. Elle appelle le reste de l’équipe, installe son matériel, se prépare et je m’installe en position presque assise sur le rebord du lit. Elle est à peine prête que je lui dis que j’ai vraiment – mais vraiment – besoin de pousser. Elle me dit que je peux commencer et là en trois ou quatre poussées, le petit loup est né. Enfin je suis libérée.

En même pas 2h je suis passée 7 à 10 et le petit était né. Ce n’était pas forcément très rapide au début, mais la fin s’est bien accélérée. L’accouchement, malgré ma peur du déclenchement, s’est déroulé de manière apaisée et nous avons pu accueillir notre deuxième petit garçon dans une ambiance sereine. Je garde un excellent souvenir de cet accouchement.

Séance naissance Mélanie Reichhart
Crédit photo : Mélanie Reichhart Photographe

4 commentaires sur “Mon déclenchement apaisé

  1. Quel bel accouchement !

    Ton impatience m’a fait bien rire car mon accouchement déclenché aura duré 40h (avec seulement 1 cm gagné la première journée).
    Mais moi aussi je garde un bon souvenir du déclenchement et de l’étudiant sage-femme qui s’est occupé de moi.

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  2. Bravo et quelle chance !
    je t’envie fortement. Mon 1er (et seul accouchement) a été déclenché et a duré 37h.
    Ce fut un long cauchemar et 3 ans après c’est toujours un traumatisme.
    Cela rassure un peu de savoir que cela peut-être bien vécu.

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    1. C’était un peu ma crainte. On entend beaucoup de déclenchement qui n’étaient pas facile. Cela me tenait à coeur aussi de témoigner qu’un déclenchement puisse bien se dérouler et qu’on puisse tenter sans la péridurale aussi. (même si je l’ai quand même prise à la fin) j’espère sincèrement que tu pourras bientôt mieux vivre ce souvenir.

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