La reprise

La reprise

Je t’ai déjà parlé de mes bonnes résolutions ? A part la lecture, que je tiens à peu près pour le moment, j’en prends très peu, et je les lâche rapidement. Parmi toutes celles des années précédentes, on compte coudre toute ma garde-robe (loupé), coudre toute celle des enfants (loupé), tout faire maison (loupé), atteindre un objectif de lecture quantitatif (en cours), devenir une reine du rangement (mmh… loupé), faire du sport (jetons un voile pudique sur l’ineptie de cette résolution quand on connaît mon terrible manque d’attrait pour le sport).

Cette année, comme depuis 10 ans, j’avais donc pris la résolution de me remettre au sport. J’avais fait les choses bien, et j’avais même suivi un premier conseil très sage : quantifier ma reprise du sport pour qu’elle ne reste pas qu’un vœu pieux. Dont acte. Objectif : deux séances de sport type Alexia’s challenge par semaine, 20 minutes de footing hebdomadaire avec une amie, et les trajets des enfants à vélo dès qu’il ne pleut pas. Ha. Ha. Ha. Qui a dit irréaliste dans l’assemblée ? Vous avez bien raison !

De l’euphorie des premiers jours…

Je t’aurais bien parlé des premières semaines, mais soyons honnêtes, j’ai dû tenir 15 jours à ce rythme.

Pleine d’entrain, j’ai donc attelé la remorque à mon vélo pour pouvoir emmener les enfants à l’école. Le temps d’apprivoiser mon nouvel équilibre, et j’étais partie. On m’avait pourtant bien dit d’économiser mes forces, que l’important pour tenir dans la durée, c’était d’y aller progressivement. Tous ces conseils ont dû m’échapper, parce que je suis arrivée rouge, suante, soufflante à l’école après la quatrième montée de la mort à la suite, et sans mon casque bien accroché sur ma tête, je serais arrivée échevelée au travail en plus du reste.

Qu’à cela ne tienne, on embraye sur le fitness devant mon ordinateur. J’imprime la feuille, je lance un chronomètre, tout est prêt (mon insouciance aussi). Un squat, deux squat, trois squats, tiens il y a des muscles ici ?, quatre squats, quand est-ce qu’on s’arrête ? Quoi, il faut sauter maintenant ? Aaargh ! Bon, soyons réaliste, aujourd’hui je ferai une seule série de mouvements sur les quatre recommandées, on a bien dit que l’important c’était d’y aller progressivement. Dans deux jours, je ferai deux séries. Ou une et demie, on verra.

Arrive le jour du footing. Où sont mes baskets déjà ? Bien rangées, au fond d’un carton, prêtes pour le prochain déménagement. On se motive, c’est parti ! Fort heureusement pour moi, l’amie qui s’y remet sort d’une blessure, on part donc pour quelques semaines de fractionné en augmentant progressivement le temps passé à courir. Marcher, pas de souci, je sais faire. Courir sur du plat ça passe, courir quand ça descend, c’est trop facile, courir quand ça monte… tu savais toi, qu’une minute de course en montée ça pouvait être très long ? Très très long.

femme, course, jogging
Crédit photo : Nathan Cowley

… au principe de réalité

Bon. J’ai tenu 15 jours. On peut dire qu’on fait du fractionné aussi : 15 jours de bonnes résolutions, 15 jours de repos ? Non ? Parce qu’en plus de la progressivité, il faut de la régularité dans les efforts ? Ooooh…

Après 15 jours de souffrance, l’évidence cachée derrière les sourires en coin de ma famille quand j’énonçais mes résolutions sportives pour l’année m’est apparue : il allait falloir faire des choix. Le vélo, ou la course, ou le sport à la maison. Ou bien les trois ensemble, mais tellement progressivement, qu’il vaut mieux commencer par un seul et ajouter les autres au fur et à mesure.

Ça tombe plutôt bien, c’est l’hiver, et je préfère les enfants préfèrent le chauffage de la voiture aux courants d’air glacés qui s’engouffrent dans les moindres interstices lorsqu’on pédale. Exit donc le vélo du matin, il ne pleut pas mais je reprendrai tranquillement lorsque les températures seront de nouveau décentes (spoiler alert : nous sommes fin avril et je viens juste de reprendre…)

Reste à trancher entre la course hebdomadaire tranquille-mimile-faudrait-pas-se-blesser-après-10-ans-d’arrêt, et le sport à la maison version musculation pour sportive du dimanche peu motivée. On garde donc la course qui me permet en plus de tout de retrouver une amie régulièrement. Au pire, si la motivation ne vient pas de moi, elle viendra d’elle et je n’aurai pas d’autre choix que d’aller courir.

A y regarder d’un peu plus près, j’aurais mieux fait de définir des résolutions de début d’année un peu plus réalistes : courir peu de temps, et faire mon marché à vélo une fois par semaine, sans enfants dans la remorque. Ça, ce sont des résolutions tenables : peu ambitieuses, peu demandeuses d’efforts, juste adaptées à mon attrait pour le sport (à peu de choses près en dessous du niveau de la mer), mais pas forcément très efficaces pour atteindre mon objectif final (raffermir un peu mon ventre mou, tout mou comme un coussin).

Je le saurai pour l’an prochain : dans mes résolutions, on ne m’y reprendra pas, la reprise du sport n’apparaîtra pas. Sauf peut-être si ma bonne conscience et mon ventre mou se rappellent à mon bon souvenir de façon un peu trop intempestive.

15 commentaires sur “La reprise

  1. J’ai aussi voulu me remettre au sport, parce qu’après le 1er confinement j’avais besoin de bouger, et qu’ayant déménagé, je voulais rencontrer du monde. Motivée je me suis équipée dans un magasin de sport, je me suis inscrite à un cours de steps. C’était en septembre 2020, j’ai fait 4 séances avant la fermeture des salles.. Pas sûre de retenter l’expérience en 2021.

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    1. Je trouve que quand on n’est pas hyper porté sur la pratique sportive, trouver la motivation seul est vraiment dur. J’espère que cette fois-ci la réouverture des salles de sport durera suffisamment longtemps pour que les associations sportives puissent reprendre les cours collectifs. Ca m’aiderait peut-être à me motiver un peu plus.

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  2. J’utilise une appli que j’adore : Asana rebel. Elle propose des séances de 5 à 25 minutes alliant yoga, cardio, muscu suivant les envies. Certains programmes ne sont que des étirements pour les jours où j’ai la flemme. Bref j’ai commencé il y a 6 mois et j’arrive à m’y tenir au moins 2 fois par semaine.
    Bon courage pour trouver le rythme qui te convient et arriver à t’y tenir

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    1. Je vais peut-être me pencher sur la question des applis. Mon problème c’est vraiment de tenir dans la durée pour quelque chose qui ne me plaît qu’à moitié mais que je sais nécessaire.

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      1. Je rebondis sur « qui ne me plait qu’à moitié » : n’y aurait -il pas des activités qui te plairaient mieux ? La marche / le yoga / le pilates / le tai chi, etc.
        Je parle d’expérience : tant que j’ai voulu faire des efforts, j’ai abandonné. Quand j’ai décidé de pratiquer des activités qui me faisaient plaisir, j’ai réussi (alors certes, ça a mis du temps, mais en 2 ans j’ai perdu 15 kilos, avec le sourire)

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        1. Je suis d’accord avec Madame Lagon, si on prend plaisir à un sport, on y arrivera dans la durée.
          Je suis étonnée de tes résolutions assez ambitieuses pour quelqu’un qui n’est à la base pas un fan de sport. Pourquoi ne commences-tu simplement pas par 10 minutes de marche par jour / tous les deux jours? Et tu augmentes doucement, selon ta forme et le temps à disposition. La marche un peu rapide est excellente pour la santé, le moral…
          C’est le sport que j’ai fait après ma deuxième grossesse: peu de temps entre les enfants et le travail. Et il me suffit de mettre mes baskets pour aller faire un tour. Ca m’a beaucoup aidé à retrouver une silhouette plus ferme, m’a fait découvrir des coins de mon quartier 😉 et c’est le sport auquel je reviens souvent quand je n’ai pas le temps/l’occasion de pratiquer mes autres sports de prédilections (escalade, natation, parcours vita).
          Et surtout, la marche me met de très bonne humeur.

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          1. En fait je me connais un peu malgré tout, et je sais bien que si je ne mets pas la barre haute en matière de sport, je ne me tiendrai à rien du tout. J’ai donc pris le parti de me fixer des résolutions ambitieuses pour essayer d’en tenir au moins un dixième. Force est de constater que ce n’est pas très efficace. En fait ce qui me coince, c’est vraiment la pratique individuelle. Je ne suis pas fan, mais si en plus je n’ai pas de motivation extrinsèque (je me suis engagée à y aller toutes les semaines, c’est un engagement de groupe donc j’y vais), je ne le fais pas, je n’en vois pas l’intérêt du tout.

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        2. J’ai un déménagement de prévu dans les semaines à venir, mais avec la réouverture des salles de sport, je vais effectivement me pencher un peu plus sérieusement sur les associations sportives de ma nouvelle ville. Peut-être une activité me plaira-t-elle plus que les autres.

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  3. t’es tellement plus optimiste que moi ^^’ j’ai la motivation sportive d’une huitre… Même pas question d’envisager le quart du tiers d’une résolution de ce côté là. Le vélo, je m’y remettrai quand on aura les moyens d’en acheter un électrique : nous habitons en haut d’une sacrée montée !
    je vais chercher les enfants à pied le soir, on en a pour 30 à 45 minutes de crapahute d’une école à l’autre à la maison, avec les zigzag du lampion on en est parfois même pour plus d’une heure. ca suffit bien.
    Il y a quelques années, j’avais commencé la danse africaine, et j’avais ADORE ! c’est tonique, ca ne demande pas une grâce incroyable ni une méga coordination (je débute +++), et ça défoulait tellement ! j’avais fait avec une copine et oui, 2 c’est mieux en effet ^^Puis je suis tobée enceinte, et bon, ça remuait fort donc j’ai arrêté… on a déménagé, j’ai jamais repris, mais j’avour que là, ca me donne un peu envie ^^

    Allez, trouve toi un truc qui t’aille, à aller toutes les semaines (natation ? danse ? basket ? 🙂 )
    Et ne te met pas de pression !

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    1. J’avais fait de la zumba un temps, jusqu’à ma dernière grossesse, mais mon périnée m’a très vite fait comprendre que poursuivre une telle activité risquait d’être une mauvaise idée. Je suis ensuite passée au pilates en club qui me convenait plutôt pas mal, mais depuis la fermeture des salles de sport je suis obligée e me forcer à une pratique individuelle, et là… ben je ne tiens aucune résolution. J’ai la force de caractère d’une huitre bouillie en ce qui concerne le sport !

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  4. Effectivement, je te trouve ambitieuse, ne serait-ce que pour le temps à trouver avec 3 enfants pour faire toutes ces activités !
    Personnellement, je me contente du sport fait avec les enfants (principalement courir derrière les 2 aînés en vélo tout en portant la 3ème en porte-bébé sur le petit kilomètre qui nous sépare de l’aire de jeu environ une fois par semaine, plus parfois quelques échanges de balles au fronton ou une partie de « chat » occasionnellement), et d’essayer d’éviter de prendre l’ascenseur. Et je trouve déjà ça pas mal 🙂
    Alors chapeau pour ce que tu as réussi à faire, même si c’est bien en deçà de tes résolutions initiales ! Et pour la suite, si la course à pied reste une corvée pour toi, tu peux essayer de motiver ta copine (ou une autre) pour une activité qui te motiverait plus l’année prochaine (en espérant qu’en 2021-2022, il y aura moins de soucis avec le coronavirus).

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    1. En fait, je crois que je suis assez dure avec moi-même. C’est vrai que le quotidien avec 3 enfants c’est déjà du sport. J’espère que les clubs de sports rouvriront à la rentrée : en intérieur je n’aurais plus la question de la météo (courir sous la pluie c’est vraiment une corvée de plus), et en club ça me fera une motivation pour y aller toutes les semaines.

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  5. J’en parlais ce matin avec mes collègues : le sport c’est pas bon, on finit toujours par se faire mal ! 😀
    Nan mais plus sérieusement, je suis comme toi, je sais que je devrais en faire plus, mais je sais aussi qu’il n’y en a aucun qui me branche vraiment. J’aime bien marcher, monter les escaliers pour rentrer chez moi c’est déjà bien… Je n’ai pas une copine de sport pour me motiver (mais je crois que même si j’en trouvais une, je finirai par la lâcher pour une raison bidon et retour à la case départ…) Donc conclusion, je fais du stretching quand j’ai envie soit de temps en temps et du coup ça me fait plaisir parce que je ne m’oblige pas à en faire régulièrement…

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    1. Je trouve que la partie « j’aime pas ça mais c’est nécessaire » est vraiment LA raison qui empêche de s’y mettre sérieusement. De mon côté, je trouve très frustrant le fait de ne pas réussir à m’y mettre régulièrement : j’ai l’impression de souffrir pour rien. Il faudrait que je trouve une façon de tenir dans la durée pour que les effets se voient concrètement. Un temps (avant le COVID) j’ai fait du pilates en club, et le fait d’y aller toutes les semaines me permettait de voir de vrais changements.

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