La poupée qui dit non

La poupée qui dit non

Aparté : me revoilà avec la métaphore de la poupée dans le monde du travail (comme je sais qu’elle avait beaucoup plu à certaines) synonyme de sexisme intégré et non de vantardise mais j’essayerai de faire un article sur le sujet un jour (ou pas… on verra).

N’en déplaise à notre ami Polnareff une femme peut très bien dire non tout en sachant aussi dire oui, mais sa chanson reflète bien ce qu’on demande aux femmes : d’acquiescer à tout. Et malheurs à celles qui oseraient dire non.

Comme je te l’annonçais dans un de mes articles j’ai changé de travail récemment. Au moment où est paru mon article je commençais tout juste mon nouvel emploi. Et pourtant, il n’a pas fallu longtemps avant qu’on me demande si je savais dire non. Et ça n’a pas été une blague, une question posée une fois pour rire, non la question est revenue régulièrement comme pour me pousser à répondre à cette question (assez incongrue) quand tu es en prise de poste.

Un détail de mon dernier poste

Quand je t’ai mentionné mon départ je t’ai parlé de tout ce que j’allais regretter. Mes collègues géniaux (les derniers jours furent très difficiles j’avais énormément de mal à les quitter), mon projet qui me plaisait et où j’étais à l’aise, que c’était une opportunité que je ne pouvais pas manquer et toute la vision positive. Oui mais, comme je l’ai évoqué à demi-mots, ce poste j’y ai bien postulé à un moment, et on ne postule pas quand tout va bien.

Les raisons de mon départ sont multiples, il serait trop simple de tout mettre sur une personne, un évènement. Non, c’était un ensemble de petits grains de sable qui au bout d’un moment ne me permettaient plus d’avancer dans mon ancien poste. Grains de sable accumulés jusqu’à ce fameux NON ou plutôt ces fameux NON.

Ce NON que j’ai dû répéter quatre fois à une proposition de changement de poste qui ne me convenait pas. Ce NON qui n’est pas passé auprès de certains à qui j’ai osé le dire.

Ce NON qui m’a un jour fait ouvrir le portail des offres d’emplois et tomber sur l’offre qui m’a amenée où je suis aujourd’hui.

Alors oui, je sais dire NON, peut-être même un peu trop fort et sans concession.

Crédits (CC) : IraEm

Les limites de la flexibilité

Seulement ces NON que j’ai toujours dit, que je n’ai jamais retenus. Ces NON ne passent pas forcément bien. Ce fut le cas de ce dernier NON, celui que j’ai dit avec le plus de douceur possible, mais à celui qui ne s’attendait pas à l’entendre d’une jeune poupée flexible et modulable (à ses yeux).

Je ne suis pas manipulable, je ne rentre pas dans les cases dans lesquelles on veut me mettre. Je lutte, je pousse les bords, je donne des coups de marteau dans les murs, je me fais entendre et si je n’arrive pas à avoir une case qui s’adapte assez je m’en vais.

Alors oui, chers nouveaux collègues, s’il y a bien une chose que je sais faire c’est dire NON.

Mais cela ne veut pas dire que je suis obtus ou désagréable. Bien au contraire j’ai toujours à cœur de faire au mieux, pour tous, tout le temps. Mais, je ne supporte pas qu’on me prenne pour une idiote écervelée, qu’on me pense manipulable à souhait et qu’on me mente sans même imaginer que je vois clair dans votre jeu.

On peut porter des talons, se coiffer avec des couettes (parce que la coiffeuse a coupé beaucoup plus court que demandé…), avoir des robes de babydoll colorée, prendre soin de soi et pourtant comprendre ce qu’on nous dit et ne pas avoir volé notre diplôme ou notre place.

Je n’ai pas été embauchée pour un quota. J’ai été embauchée parce que j’ai mené à bien tous mes projets jusqu’à présent et je sais dire non quand il y en a besoin.

Nécessité fait loi

Je ne dis par non par plaisir ou envie. Je ne dis pas non pour rigoler ou parce que je ne sais pas dire oui.

Je dis non parce que c’est parfois une nécessité dans le travail, la vie, de savoir s’opposer et ne pas répondre favorablement à une demande.

Et même si je te dis non avec du mascara, un grand sourire, un décolleté… il ne vaut pas moins que celui de mon collègue d’à côté. Cela n’est pas parce que je suis revêche ou mal baisée. Ou parce que je ne t’apprécie pas (sinon crois moi je dirais non à longueur de temps si ça se jouait sur les amitiés que je lie). Si je dis non c’est parce que ça ne passera pas avec le planning, ou que le budget ne me donne pas la latitude de le faire, voire même que c’est techniquement impossible.

Dire non n’est un plaisir pour personne. Je vois d’ici les « mais moi je n’aime pas les conflits » arriver. Alors globalement je n’ai jamais croisé personne qui aimait les conflits, je ne cours moi-même pas après, c’est épuisant émotionnellement, mais la vie ne permet pas de tous les éviter.

Alors oui si dans ce nouveau poste je me retrouve dans une situation où je me retrouve à devoir dire NON je n’hésiterais pas. J’argumenterais, comme toujours, mais je l’utiliserais s’il y a besoin.

Et j’espère surtout que mes NON ne seront plus jamais sous-estimés en raison de mon sexe, ma façon de m’habiller, mon âge ou quoi que ce soit d’autres. Dans le travail comme dans la vie.

3 commentaires sur “La poupée qui dit non

  1. C’est intéressant ce que tu dis et je dans certaines boites savoir dire non fait même partie des compétences requises. D’ailleurs à mon entretient de poste quand j’avais candidaté au rôle de manager, on m’avait posé plusieurs questions « pièges » pour justement tester ma capacité à dire non, et sur la forme aussi. Parce que comme tu le dis, parfois dire non c’est nécessaire notamment quand il
    y a une réglementation en jeu. Dire oui peut, dans certains cas, résulter sur des conséquences bien plus dramatiques que dire non, les entreprises/managers qui ne le comprennent pas n’iront pas bien loin. En te souhaitant tout l’épanouissement dont tu mérite dans cettte nouvelle boite 🙂

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  2. Pour ma part, j’ai appris à dire non à titre personnel assez vite et après quelques soucis… à titre pro, étant prestataire, j’ai eu beaucoup plus de mal à apprendre à le dire aux clients, quitte à faire des heures de dingue. Pi un jour, j’ai dit non par nécessité, le corps t’oblige parfois à le faire. Et j’ai découvert que les clients ne sont pas tous des je m’en foutiste du presta. Maintenant, je blinde mes devis pour me protéger et je n’hésite plus, le client accepte ou pas, tant pis, je prends le risque. Pourquoi ? Je préfère faire du bon boulot en étant bien dans ma vie perso et dans ma vie pro que de courir partout en ne faisant rien de bon nulle part. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai extrêmement mal vécu cette période de confinement avec enfant, retrouver cette sensation d’étouffement où tout te tombe dessus m’a ramenée en un temps que je ne voulais surtout par revivre.
    Dire non n’est pas négatif, c’est juste un constat : je n’ai pas le temps, l’argent, l’énergie, etc. Où est le mal ? Il n’y en a pas, au contraire, j’estime pour ma part que c’est une preuve de maturité professionnelle de savoir faire la part de ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.
    Quant aux cases dont tu parles, pour le coup, je m’y retrouve tout à fait. Il suffit qu’on m’y mette pour que j’en sorte aussitôt même si elle me conviendrait ! Une sorte d’allergie j’imagine 😉

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  3. Je sais dire non, mes parents me l’ont appris. Travailler m’a aussi appris à essayer de me justifier clairement et à tenter de proposer des alternatives acceptables pour tous les partis. Ce n’est jamais très facile car aucune entreprise/aucun chef n’aiment s’entendre dire non (alors qu’eux même ont promis de respecter une deadline, les caractéristiques d’un produit à livrer…).
    Mais j’avoue que généralement j’ai eu la chance d’avoir des chefs (au premier niveau au moins) compréhensifs car ils connaissaient la réalité du métier.
    Je n’ai jamais supposé ou ressenti que ma capacité de dire oui ou non était lié ou reçu différemment parce que je suis une femme ou « jeune ».

    Par contre, le titre m’a fait rire car elle me fait penser à une des femmes managers dans ma boîte qui ne sait que dire non à tout ce que je lui demande (je ne suis pas dans son service), de manière aigrie et désagréable. (Ce n’est pas propre aux femmes en général, juste à celle là.)

    En passant, il me semble qu’obtus se met aussi au féminin : obtuse !

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