Quand il faut y retourner

Quand il faut y retourner

Je t’ai laissée en suspend en mars avec cet article, et je ne t’ai jamais donné la conclusion… La voici :

Non, je n’ai pas explosé les statistiques de mon centre PMA, mon transfert a été un échec. Le test urinaire est sorti négatif, devant l’air perdu de Monsieur Loup, et la prise de sang à la date requise l’a confirmé : mon ventre était vide.

Il a fallu reprendre rendez-vous, ça arrivera en novembre et on a donc « fêté » la première année de démarches et de galères pour ce troisième bébé.

FIV1 le retour

Le docteur Zabeille a été aussi gentille que toujours. Elle était désolée pour moi, m’a redit que ça aurait été vraiment surprenant que ça fonctionne comme ça, m’a rassurée. On repart pour une FIV, m’a-t-elle dit ! Comme la première a marché, celle ci sera à nouveau une FIV1 (il y en a quatre remboursées par la sécu). Petit bilan oral, ah oui c’est vrai, j’ai tendance à avoir du mal à cicatriser, alors dosage des plaquettes, ordonnances pour la pilule, les piqûres diverses, l’acide folique, les échos et prises de sang. On fait un planning ensemble, on cale le rendez-vous avec la sage femme qui marquera le début du protocole, d’ici là je prend la pilule.

La pilule, ça reste un truc bizarre à devoir gérer quand tu VEUX un enfant. Mais c’est nécessaire pour que l’hôpital tienne son planning : on l’arrête, le cycle démarre, à J6 de celui-ci on commence telle injection et à J15 environ on ponctionne les ovocytes. Bref, c’est pratique pour les médecins. Mais moi je m’étais débarrassée de ça depuis 8 ans, ça ne me manquait pas… À mon mari non plus d’ailleurs ! Malgré une microdosée, mes montagnes russes hormonales et ma perte de libido se font bien bien sentir… Et ça dure deux mois, avant que je voie la sage-femme !

injection traitement protocole FIV
Crédit photo : photo personnelle de moments de galère pas si rares.

Dans ma bulle

Nous commençons donc ce nouveau protocole fin février. Notre dernière FIV remonte a mars 2015 (le transfert d’embryon est un autre protocole médical), et nous a donné deux magnifiques enfants (c’est les miens, j’ai le droit de pas être modeste à ce sujet 🤣). Les protocoles ont un peu changé, les traitements aussi… Je n’ai plus ce stylo prérempli dont je devais changer l’aiguille et tourner la cartouche pour avoir la bonne quantité injectée. Ce sont de nouveaux produits, de nouvelles habitudes a prendre, mais j’ai gardé mon infirmier. Et je râle toujours autant devant 1) le prix du traitement – merci France de prendre en charge cela… On n’aurait pas pu se le permettre, et 2) la TAILLE des boîtes alors qu’il n’y a quasiment RIEN dedans.

Crédit photo : photo personnelle. L’Ovitrelle sert à déclencher l’ovulation. Piqûre unique. Tout ce plastique…

Alors Monsieur Loup me pique, je vais a l’hôpital Royal faire mes prises de sang et échographies sur ma pause déjeuner en essayant tant bien que mal de cacher ça à mon chef, et mes collègues. Première écho, on va pousser encore un peu, on se revoit à la deuxième. Deuxième écho, on est pas mal, déclenchement ce soir et ponction après-demain à l’aube.

Et l’attente…

La ponction est plus douloureuse que la première fois. Je suis toujours sous anesthésie locale, j’ai l’impression que c’est plus commun que lors de ma première FIV. Le docteur nettoie la « zone de passage », l’infirmière pose la sonde écho sur mon ventre, ma blouse en papier est remontée jusque sous mes seins. On me pique l’utérus pour l’anesthésier, on attend quelques minutes que le produit fasse effet, puis un long tube très fin apparaît sur l’écran. Le docteur récupère un à un tous les follicules visibles à l’écran, même les plus petits. Ceux de l’ovaire droit d’abord : mon ovaire gauche, depuis le début de cette FIV, se cache derrière l’utérus, ce qui le rend galère à examiner et atteindre.

Vider l’ovaire droit lui permet de reprendre un peu sa place, mais les derniers prélèvements sont douloureux, et je pense que c’est à cause de la position de l’ovaire (ça, ou le fait que ça devient long car c’est un peu la galère), mais on arrive au bout.

Je remonte dans ma chambre, sur mes deux pieds (on m’avait mis en fauteuil pour ma première FIV), et je m’endors en attendant les résultats. Ma voisine de chambre revient à son tour, nous discutons un peu. Son parcours est difficile, j’espère que ça va aller pour elle…

Le docteur passe me voir une fois que toutes les patientes ont été remontées et les résultats rédigés : j’ai obtenu 8 follicules, dont 6 matures, tous ont été fécondés. C’est mieux que pour ma première FIV, je suis ravie : après nos 4 enfants, nous envisageons de donner nos embryons, donc plus il y en a, mieux c’est ! Il se tourne vers ma voisine et lui annonce que ça a été compliqué. Sur la toute petite quantité de follicules prélevés, un seul est mature. Il a bien sûr été fécondé, il lui sera transféré dans 5 jours s’il atteint le stade blastocyste, on la tient au courant. Je me sens tellement, tellement désolée pour elle… Le docteur sort de la chambre en rappelant qu’il suffit d’un seul…

Il suffit d’un seul…

Je suis arrêtée trois jours, dont je profite pour ne m’occuper que de moi. Mon patron s’inquiète, je l’ai prévenu au dernier moment que j’étais à l’hôpital, je n’ai pas voulu lui dire pourquoi. Il me laisse tranquille. Retour au bureau lundi, son regard lourd de questions me pousse à lui expliquer : nous tentons d’agrandir la famille, c’est un peu compliqué, il y a beaucoup de dernier moment après de très longues plages de patience. Il percute qu’un troisième enfant, c’est un congé mat différent. Il commence à parler organisation, remplacement, décalage de planning parce que du coup dans 6 mois on doit faire ça, mais je ne serai plus là.

Je le calme. On a le temps, rien n’est fait, si ça marche alors… Je propose des solutions. La discussion est sereine. Le mercredi, sur la pause déjeuner, je retourne à l’hôpital Royal pour le transfert de l’un de mes blastocystes. On me donne les résultats en salle gynécologique : transfert d’un embryon au stade cellulaire J5 et observation de 4 autres qui poursuivent leur développement, mais sont un poil plus lents. On discute, la conversation est légère pendant que la minuscule étincelle sur l’écran rejoint mon utérus à l’endomètre parfait comme le précise le médecin.

Verdict dans 15 jours.

8 commentaires sur “Quand il faut y retourner

    1. Le « 4 enfants » est une idée étrange qui m’est apparue à la naissance du 2eme… Jusque là, on en voulait 3, et le Lampion dans les bras j’ai demandé à Monsieur Loup « et pourquoi pas 4? » Et voilà… Pas sûre qu’on aille au bout ceci dit 🤣

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  1. Tes statistiques m ont toujours fait rêver ! Ici, 13 transferts d embryons, sur 3 FIV. Au total, 3 grossesses et au bout du chemin: 2 (très beaux) enfants !😊
    Ouf. Suis contente que cela soit derrière nous…
    Bon courage à vous pour la suite! Perso, je n ai pas pu le cacher aux collègues, car parfois j etais de garde le jour des protocoles x ou y, donc il fallait prévoir un « remplaçant  » à l avance… puisque souvent, je ne savais que 2 jours avant, voir la veille, si j allais être absente.

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