Quand je remonte mon arbre, le comment

Quand je remonte mon arbre, le comment

Je t’expliquais il y a quelques mois que je me suis mise cet été à faire mon arbre généalogique. Me revoici pour, cette fois, t’expliquer comment je m’y suis prise et pourquoi pas te donner quelques conseils !

S’organiser pour mieux s’y retrouver

Bon, c’est de la pure logique, mais partant du principe que chaque personne que je vais trouver dans mon arbre m’ouvrira à l’existence de 2 autres personnes, je risque aisément de m’y perdre. La preuve, aujourd’hui j’ai trouvé plus de 400 ancêtres, je ne sais pas comment j’aurai pu faire sans l’aide des sites qui existent aujourd’hui pour tout archiver !

arbre généalogique
Crédit image : Wikimedia, BNF, Manuscrits, NAF 10290, f. 172

Donc dans l’ordre : je me suis créé un compte sur Géneanet, qui est un site gratuit pour te permettre de créer ton arbre généalogique. Honnêtement je le trouve très bien fichu. On y entre de très nombreux éléments, dates, lieux, de plein d’événements différents (religieux, militaires etc), les métiers, on a un espace pour rentrer ses notes personnelles, et un autre pour renseigner les sources de l’information. Et ça, c’est vraiment très TRÈS pratique. On peut même mettre des photos, rajouter des frères, soeurs, enfants, remariages etc.

Ensuite, j’ai passé mes ancêtres à la question. Mes parents et ma grand mère paternelle, amusés et intrigués de me voir me lancer là dedans, ont pris du temps avec moi pour creuser leurs souvenirs. L’appel à leur mémoire a permis de retrouver quelques prénoms, noms, dates, et départements de naissance. Alors un conseil : si tes grands parents sont encore en vie, jette toi dessus et parle le plus possible avec eux. Leurs dates de naissance, leur ville de naissance, celle du mariage, du décès ou de la naissance de leurs propres parents, tout ce que tu peux trouver pour t’aider.

Enfin, j’ai fini par prendre un abonnement Premium sur Géneanet. Celui-ci n’est vraiment pas une obligation, mais pour 12,50€/trimestre et vu les possibilités qu’il donne, si tu coinces c’est vraiment une bonne idée (tu peux l’arrêter à tout moment et donc profiter de 3 mois a fond dans tes recherches, ne plus payer quelques temps, reprendre quand tu coinces a nouveau etc). L’abonnement Premium permet d’accéder à la recherche avancée, et donc de t’appuyer sur les arbres des autres généalogistes de la plate forme pour retrouver les parents d’un ancêtre où tu coinces, par exemple. Je sais que Filae propose aussi ce genre de service, mais je l’ai trouvé un poil moins pratique et plus cher, donc je n’ai pas poursuivi. Mais ils ont l’avantage d’avoir de nombreuses archives intégrées à leur site, tu n’as donc pas à aller naviguer auprès de plein d’états civils différents.

Les difficultés

L’ère du numérique facilite quand même sacrément les choses. Les mormons ont, il y a bien longtemps, entrepris la copie de nos archives papier (une histoire de recensement des morts à convertir à leur religion). Ils tiennent un grand rôle dans la généalogie, ils ont microfilmé de très nombreuses archives aux Etats Unis et en Europe en échange d’une copie de microfilm remis aux mairies. C’est donc souvent ces microfilms numérisés que nous consultons en ligne.

Mais tout ceci est bien sûr soumis à quelques lois, et notamment une qui fait que les archives ne sont rendues publiques que 120 ans après leur parution. Tu ne peux donc actuellement consulter que les archives parues avant 1902. Et je ne sais pas toi, mais de mon côté, ça a un peu compliqué les choses ! Parce que mes arrières grands parents sont nés plutôt autour de 1905… Mais j’ai réussi, en faisant des demandes d’actes complets auprès des mairies de leur mariage ou naissance, à obtenir le petit bout de fil qui me permettrait de dérouler un peu plus loin la pelote.

Parmi les autres difficultés, il y a aussi la géographie… À l’avenir, je pense que la généalogie sera un enfer pour nos enfants. Notre génération, et celle de nos parents aussi, et rarement née/mariée/décédée au même endroit, voir même dans le même département. Alors qu’autrefois, si ! C’était même la norme ! On se mariait à une jeune fille de la ville voisine « au pire » et le couple s’installait dans la ville de l’un ou l’autre des époux. J’ai donc eu beaucoup d’avancées significatives parce que dans un même registre on trouvait les frères et soeurs et mon ancêtre nés à 1 ou 2 ans d’intervalle les uns des autres, et a peine 2 ans après le mariage des parents dans la même ville.

Mais il arrive que ce ne soit pas le cas… Je coinçais par exemple sur un ancêtre dont l’acte de naissance me donnait bien le nom des parents et leur âge, mais pas moyen de les retrouver dans l’état civil de la ville à l’âge où ils auraient dû se marier. J’ai donc cherché le nom des parents dans géneanet, et grâce à mon accès Premium je me suis aperçu qu’ils s’étaient mariés et avaient eu 4 enfants… Dans un tout autre département ! Mon ancêtre était donc « inconnu » des autres généalogistes qui remontaient ces branches, car il n’existait pas sur les registres d’état que ceux ci consultaient !

L’autre difficulté, c’est qu’avant 1900, les registres étaient tous tenus… À la main. Et selon qui était préposé à celui-ci, vraiment c’est pas la même soupe. Je me rappelle avoir bloqué sur un acte de mariage pendant une soirée car le nom des parents était illisible. C’est ma cousine qui m’a décoincée le lendemain « c’est écrit Catherine ». Impossible, je n’arrive pas à lire le prénom, mais le nom de famille est bien celui de la mariée donc ça doit être son père qui est mentionné là. Et bien non. Père inconnu, elle a donc pris le nom de la mère, Catherine. Ajoute à cela une période où les gens avaient des pseudos « dit blablabla » ou tendance à changer leur prénom (à choisir un autre des 3 qui lui a été donné à la naissance, etc), bref ça peut parfois être un casse-tête ! Ah ! Et t’ai-je parlé du calendrier républicain ? Ça ralentit pas mal les recherches aussi quand il faut se repérer dans des dates qui ne nous sont pas familières… Ou encore, il y a les registres paroissiaux, quand les registres d’état n’existent plus (ou plutôt pas encore), et là il faut s’accrocher pour trouver l’info qu’on cherche…

Et concrètement, comment on s’y prend ?

Concrètement, c’est pas très compliqué. Tu « choisis » quelle branche tu veux compléter, et tu prends la date la plus éloignée que tu trouves. Exemple, ancêtre A, né à Juvigny (Manche) en 1901. Tu tapes dans ton moteur de recherche « archives état civil manche », tu trouves le coin des archives numérisées, et tu cherche la table décennale. Celle-ci n’existe pas systématiquement quand tu remontes dans le temps, mais plus c’est « jeune » plus tu as des chances de la trouver. La table décennale regroupe les naissances/mariages/décès qui ont eu lieu dans une ville donnée sur 10 ans. En général tu as d’abord les naissances, et c’est classé par ordre alphabétique. Tu vas donc chercher l’ancêtre A dans ces tables. Parfois les tables sont rangées par date dans l’alphabet, genre a la lettre A, tu vas avoir dans l’ordre alphabétique les naissances de 1901, puis 1902, puis 1903 etc. Alors que la plupart du temps, tu vas trouver les dates mélangées mais les noms de famille dans l’ordre (ce qui te permet de tomber d’un coup sur 10 lignes de personnes portant le même nom de famille que l’ancêtre que tu cherches. Garde les sous le coude, il y a surement des frères et soeurs dans le tas). Hop, tu as trouvé l’ancêtre A, la table décennale te précise qu’il est né, disons, le 14/07/1901.

Tu retournes dans l’état civil, et cette fois tu cherches le registre des naissances. Là il s’agit d’un livre détaillé des naissances traitées les unes à la suite des autres. Parfois, tu vas trouver un gros registre de 4, 5 ou 10 années avec toutes les naissances qui se suivent, parfois juste l’année 1901 avec les naissances / mariages / décès qui se succèdent chronologiquement, ou bien avec d’abord les naissances dans l’ordre, puis les mariages dans l’ordre, etc. Une fois que tu as compris comment ce registre est rangé, tu peux donc cherchera naissance de A, au 14/07/1901. Tu trouves donc une page complète, présentant le lieu et le département, la date, l’officier d’état civil, puis « par devant nous s’est présenté ce jour… » et là souvent, tu as le nom et prénom du papa, « âgé de… et … de profession, résidant lui-même en la commune de… » qui vient annoncer que de lui et de « nom de la maman, son épouse, âgée de… » est né à x heure un enfant de sexe etc. Et te voilà à découvrir les noms et prénoms de naissance des parents de A.

acte de mariage de Django Reinhardt
Crédit image : Wikimedia, acte de mariage de Django Reinhardt

Sur Généanet, tu vas remplir pour A sa date de naissance, la ville, peut-être si ça t’intéresse le nom des témoins cités et de l’agent, et le lien qui mène vers la page que tu viens de consulter. Puis, pour ses parents (appelons les B et C), tu vas remplir le nom et prénom, la profession, et la date de naissance « d’après age » (c’est super bien fait, tu rentre que B avait 25 ans en 1901, et hop, Généanet affiche que B est né vers 1876). Ensuite tu retournes dans la table décennale, et tu regardes si quelques années avant la naissance de A, il n’y a pas eu le mariage de B et C, par hasard ? Eh bien, tu as de la chance, c’est le cas ! Tu retrouves l’acte de mariage, une pleine page, et là tu apprends une foule de choses (les actes de mariage, c’est ce que je préfère) !

Tu pourras lire le nom et l’age des parents de B et c lors de leur mariage, apprendre que parfois, l’un ou l’autre était déjà décédé, avec date et lieu du décès (un autre acte que tu pourras trouver pour obtenir des renseignements). Tu apprends que l’un ou l’autre des époux n’est peut être plus « célibataire » mais a déjà été marié, ou bien qu’il est déjà parent et que le mariage permet de reconnaitre les enfants nés hors mariage. Tu apprendras s’il y a eu ou non un contrat de mariage, qui sont les témoins et en quelle qualité (tu peux découvrir des frères et soeurs ici), et surtout, les dates et lieux de naissance des époux. Bref, plein de choses interessantes (j’ai appris qu’à une époque, on pouvait être « mineur quant au mariage » à 21, 25 ou 30 ans… fou !)

Bref, tu l’auras compris, ce sujet est passionnant mais je vais m’arrêter là, je pense t’avoir donné assez de pistes pour te lancer ! Je t’en prie, essaie, c’est si passionnant ! Tu auras surement, comme moi, de drôles de surprises dans tes ancêtres… mais ça, je t’en parlerai une prochaine fois !

2 commentaires sur “Quand je remonte mon arbre, le comment

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