Ma 1ère grossesse, un bébé qui se fait attendre et une grossesse sereine… presque jusqu’au bout (partie 3)

Ma 1ère grossesse, un bébé qui se fait attendre et une grossesse sereine… presque jusqu’au bout (Partie 3)

Bribe de témoignage : Dans la deuxième partie de son article Lady Amta te racontait son accouchement idyllique. Mais sitôt son bébé entre les bras, la pré éclampsie l’a rattrapée…

Alors que nous étions en train de profiter tous les trois, j’ai eu un sentiment horrible. Je voulais simplement qu’ils partent, je voulais qu’on me laisse tranquille et surtout ne plus avoir personne à m’occuper. Mon mari a vu que je ne réagissais plus et il a prévenu la sage-femme. Je lui ai fait part de mes sensations, le mal à l’estomac, loin d’avoir disparu s’était accentué. Il prenait maintenant toute la place. 

La dégringolade

Après une batterie de test, ma gynécologue est venue m’expliquer, je faisais une complication de la pré éclampsie, appelée HELLP syndrome. Dans les grandes lignes, ma tension était très haute, mon foie était en train de s’autodétruire et mon taux de plaquettes était en chute libre. Personnellement j’étais incapable de gérer ce qui m’arrivait. Heureusement, nous avons été magnifiquement entourés. 

J’ai été informée que je devais aller en unité de soins intensifs. Même si je ne m’en rendais pas compte (j’étais éveillée et de l’extérieur tout semblait aller bien), j’étais en danger. On m’a alors conduite en chambre, où j’ai été branchée sur des moniteurs pour vérifier ma tension (brassard qui se gonflait toutes les 20 min), et mes constantes. J’étais également sous anti-douleurs. 

pere-fils, bebe, peau à peau
Crédit image : Photo pexels

J’ai la chance d’avoir un mari incroyable qui de son coté s’est fait hospitaliser à ma place en suite de couche et a géré seul et d’une main de maitre les 48 premières heures de notre fils. Encore aujourd’hui cette phrase est difficile à écrire. Malgré le travail fait sur moi, la culpabilité a été très forte de les avoir « abandonnés ». 

Ce passage en réa a été très difficile pour moi, j’étais très mal physiquement à cause de la maladie, j’étais épuisée et je ne savais plus ce qui était de l’ordre du normal pour une femme en post partum et ce qui était dû à la maladie. Le premier médecin que j’ai rencontré a interdit à mon mari de venir me voir avec mon fils. Heureusement le lendemain, cela a été possible avec le concours d’un nouveau médecin. J’ai dormi les ¾ du temps que j’ai passé là-bas et pourtant je ne me sentais pas remise. Lorsque mon mari et mon fils ont pu venir me voir, je n’étais physiquement pas capable de rester avec eux plus de 20 minutes, au-delà, je voulais qu’ils partent. 

Moi qui voulais allaiter, ce séjour a aussi été dur, je pensais ne plus pouvoir allaiter lorsque je retrouverais mon bébé. On m’avait fourni un tire lait mais je ne produisais rien. Mon mari pendant ce temps donnait du lait à notre nourrisson au « doigt paille », un procédé où on fixe un minuscule tuyau au petit doigt de l’homme, et le bébé tète le doigt pour se nourrir en lait infantile. J’étais extrêmement jalouse de ces moments, alors que c’était complètement irrationnel. 

Une deuxième naissance

Les dernières heures de mon hospitalisation en soins intensifs, me sentant mieux, j’ai pu regarder en boucle les vidéos de « global health média » sur l’allaitement pour me préparer et trouver des informations sur l’allaitement. Je voulais être prête pour ma « re rencontre » avec mon nouveau-né. 

L’arrivée dans la chambre a été une fête, j’ai passé ma journée en peau à peau avec lui et nous avons pu profiter à trois de notre bulle retrouvée. 

Aujourd’hui nous allons bien tous les deux. J’ai eu la chance de ne pas avoir de séquelles, c’est loin d’être le cas pour toutes les femmes ayant fait une pré éclampsie et encore moins de celle ayant eu des complications. Mon fils a rattrapé son retard de croissance en un mois et est aussi vif et dynamique que peut l’être un enfant de 2 ans. 

Nous avons également vécu une deuxième grossesse, qui s’est bien déroulée jusqu’au bout, malgré la peur d’être la femme sur trois qui récidive. J’ai eu d’ailleurs besoin de voir une psychologue qui pratique l’EMDR pour aller au-delà de mes angoisses de mort, et je ne peux que le conseiller à toute personne ayant vécu un traumatisme quelle que soit la forme. Le début de vie de ma fille m’a prouvé que tout ce que j’avais éprouvé était différent du post partum « normal » et que je pouvais déculpabiliser de mes sentiments. 

Enfin, je voulais par ce témoignage souhaiter beaucoup de courage aux femmes qui passent par-là, mais aussi informer les femmes enceintes des possibles complications et de ne pas laisser trainer quelque chose qui ne vous semble pas normal. Nous avons eu la chance d’être suivis par des personnes extraordinaires qui ont pris au sérieux tous les signes, ce qui est nécessaire dans ce genre de situations. 

Aujourd’hui je peux dire que ma famille va bien grâce à tous ces personnels médicaux qui nous ont entourés, soutenus et aidé tout au long de notre parcours. Merci au CHU de Nantes et à Mme Ebrard, sage-femme échographiste. 

4 commentaires sur “Ma 1ère grossesse, un bébé qui se fait attendre et une grossesse sereine… presque jusqu’au bout (partie 3)

  1. Je connais quelqu’un qui a fait une pré eclampsie, ça date de 2016 et je m’en souviens encore parfaitement, c’est carrément flippant vu de l’extérieur mais alors à vivre et surtout à vivre avec !
    En revanche, j’ai eu une expérience « similaire » quant au fait de ne pas pouvoir assurer avec bébé au début et je n’ai pas du tout eu le même ressenti. Le fait que ce soit le papa qui assure à ma place m’a plutôt rendu fière et sereine sur la construction de notre famille. Je ne sais pas si je suis claire mais je n’ai jamais considéré que c’était mon « devoir » d’être présente dans les premiers instants, je pensais au contraire que ce serait bien que le papa soit archi présent. Du fait que ma fille ait grandi dans mon ventre, j’ai toujours pensé que nous avions un lien physique et émotionnel de fait, contrairement au papa qui ne vit pas la grossesse. Et j’ai pleinement ressenti à ce moment-là le changement des priorités, jusqu’ici c’était d’abord moi pour lui et d’abord lui pour moi, ce jour-là nous avons l’un et l’autre adopté naturellement la seconde position, derrière ma fille. En plus, je n’étais pas en état de m’en occuper.

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    1. Bonjour,
      C’est intéressant votre commentaire =)
      Personnellement je l’ai vraiment mal vécu, mais sans doute aussi car j’ai vraiment eu ce sentiment de rejet, je ne voulais pas qu’on me le mette dans les bras, ni qu’on me demande de m’en occuper, ni quoi que ce soit… Je voulais juste que tout le monde me laisse tranquille…
      Je pense que c’est surtout ça qui m’a fait culpabiliser au final.. Après, j’ai aussi eu du mal à me dire que je « loupais » les premiers moments de mon fils et que mon mari devait tout gérer seul alors qu’on aurait du être à deux.
      Moi aussi je voulais qu’il soit très présent, mais pas que je sois absente =)

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      1. Ce que je vais dire n’est que mon point de vue mais j’ai toujours eu confiance en mon corps, ma tête compris. Du coup, j’ai tendance à interpréter ce sentiment de rejet comme étant nécessaire à l’instant t. Donc c’est non pas un sentiment de rejet vis-à-vis de l’autre, j’ai le sentiment que c’est plutôt un renfermement pour se protéger soi-même. Je ne sais pas si c’est clair ? J’ai moi-même eu des sentiments de rejet vis-à-vis de ma fille mais c’était après des périodes difficiles sans sommeil, bébé en fin de maladie qui continue à demander archi de l’attention et maman au bout de sa vie 😉 du coup, je l’ai toujours ressenti plutôt comme « maman a besoin d’air pour sa survie » 😉

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  2. Votre témoignage m’a beaucoup touchée. Je vous trouve tellement forte et ma fois j’ai aussi été émue en vous voyant parler du papa qui a pu et su prendre le relais des les 1eres minutes de vie de votre tout petit. Je n’ai pas vécu de pré eclampsie donc je ne sais absolument pas ce qu’on vit dans une pareille situation. En tout cas, je suis vraiment ravie de lire que vous avez pu revivre une 2e grossesse et suites de couches de manière plus sereine, « plus normale », mais ausis et surtout savoir que vous avez pu dépasser ces événements douloureux pour mener votre vie de famille.
    Je souhaite rebondir sur ce sentiment de n’avoir plus envie de contact. Personnellement je l’ai vécu après chacun de mes accouchements. J’ai vécu 2 accouchements merveilleux et un 3e bcp plus difficile. Et pourtant pour les 3 à chaque fois je n’en pouvais plus de ce contact avec l’autre. Je n’avais plus envie de contact avec l’équipe soignante, je ne voulais plus qu’on me touche (pr l’allaitement, pr checker en bas, ect) même leurs regards posés sur moi m’opresseaient durant les soins. Les visites n’en parlons pas. Merci la pandémie d’avoir stoppé ces aberrations. Si 4e il y à ca sera pas de visite pour qui ce ce soit. C’est pas possible…Pour mon aînée je n’ai pas voulu allaiter. Je voulais simplement que mon corps m’appartienne totalement. Les 9 mois de grossesse et la transformation de mon corps m’avaient éprouvée. J’avais hâte de me retrouver. Tout ça pour dire que certaine fois on peut ressentir des choses simplement aussi parce que ça fait appel à nos propres expériences de vie. Qu’on est plus ou moins sensibles à certaines choses et que ce n’est peut-être pas forcément en lien avec une pathologie… en tout cas je vous souhaite tout le meilleur à 4 !

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