Ces clichés sur la parentalité…qui se révèlent vrais !

Ces clichés sur la parentalité…qui se révèlent vrais !

Il y a quelques mois, je t’annonçais que Monsieur Fernand et moi allions avoir la chance de devenir parents. Voici quelques mois que nous avons accueilli Petit Panda dans nos vies. J’ai très vite repensé à toutes ces phrases bateau que j’ai entendu mille fois dans la bouche de tas de parents différents lorsque le sujet des enfants était abordé. Les réponses des parents aux non-parents semblent toutes similaires, et dignes de figurer dans un sketch sur les clichés de la parentalité. Mais maintenant que je suis passée de l’autre côté du miroir… Hé bien je ne peux qu’admettre que ces phrases ont toutes un fond (et parfois pas qu’un fond !) de vérité.

« Quand c’est le tien, c’est pas pareil »

Je commence fort avec ce poncif de la parentalité. Apparemment, se faire baver ou vomir dessus, avoir les oreilles pleines de cris, changer une couche pleine de caca et en recevoir sur soi…toutes ces choses désagréables donc ne seraient pas ressenties de la même manière lorsqu’elles émanent de sa progéniture. J’étais hautement sceptique, je l’avoue, car m’étant fait baver dessus à outrance par mon neveu pourtant ultra mignon, je pensais que cette sensation me dérangerait tout autant avec mon Petit Panda à moi.

Mais il semblerait que ce dicton recèle en lui des siècles de sagesse populaire. Parce qu’en effet, tout ce que j’ai listé comme désagréable au-dessus… ben c’est pas pareil quand c’est le mien. Oui, bon, ça reste hyper désagréable d’avoir du caca sur les mains ou sur le ventre (si ton bébé fait caca quand il mange, mets toujours un linge épais entre toi et lui quand tu le nourris et qu’il ne porte qu’une couche…). Je ne dis pas le contraire. Mais le fait que ce soit ton enfant permet de… relativiser ? C’est sans doute cela ! En tout cas, ce recul fait beaucoup de bien au moral.

Pieds d'enfant
Crédit photo : PublicCo

« C’est pas ça le pire »

Souvent lié au type d’anecdotes racontées plus haut, j’ai entendu cette réponse dans la bouche de plusieurs parents amusés de l’effroi que peut susciter la matière fécale chez leurs ami(e)s. Il est également possible d’entendre cette réponse lorsque sont évoquées les difficultés inhérentes à l’arrivée d’un enfant dans la vie d’un couple : manque de sommeil, suites de couches, etc.

Mais c’est vrai que le premier vrai coup au coeur que j’ai eu, c’est quand Petit Panda a pleuré parce qu’il avait mal. Et là, à part croiser les doigts pour que ça passe vite que que les médicaments fassent effet, il n’y a rien que tu puisses faire… et c’est en fait ça le pire.

« C’est que du bonheur »

Bon, alors ça, c’est faux hein. Complètement. Le manque de sommeil, les pleurs, les angoisses (fondées ou non), les rendez-vous médicaux, l’inconfort dans ton corps et dans ton emploi du temps… ce serait abuser d’appeler ça « que du bonheur ».

Ce qui est vrai en revanche, c’est que tu vis beaucoup de moments de bonheur en tant que parent. Et même s’ils ne compensent pas vraiment une nuit de 4h, ils explosent dans ta vie de façon si joyeuse que beaucoup de négatif s’efface. Quand ton bébé sourit. Quand il rit pour la première fois. Et toutes les fois suivantes. Quand il essaie de faire certains gestes, de t’imiter. Quand il commence à articuler des sons. Quand il dit « Maman » d’une façon qui te laisse à penser qu’il t’a reconnue et s’adresse directement à toi. Et plus généralement, tous les progrès que tu constates, tous les regards que tu échanges avec ta progéniture. Dans ces moments-là, ce qui inonde tout, c’est le bonheur effectivement. Que le bonheur. Ce qui nous amène à notre dernier cliché…

« Tu comprendras quand tu seras parent »

Avant d’être maman, je pensais pouvoir avoir une vague idée de ce qu’on ressentait en tant que parent. Et je ne voyais pas du tout comment tous ces inconvénients pouvaient être compensés d’une quelconque manière, à part par l’assurance que l’inconfort n’était que passager et qu’à la fin, ton enfant devenait un individu indépendant dont tu pouvais être (super) fière. Je pensais à l’amour que je portais à ma famille, à certaines personnes en particulier, à mes amis et je me disais que ce devait être un peu la même chose, tout en étant différent.

D’après mon expérience, c’est en fait totalement différent. Et difficile à expliquer à quelqu’un qui n’est pas parent. Une amie m’avait dit : « Quand tu vois ce petit être qui dépend de toi, ton cœur est comme gonflé d’amour ». Et je m’étais dit que je détestais tellement qu’on dépende de moi qu’il n’y avait aucune chance que mon cœur soit gonflé d’amour dans ces situations. Hé ben en fait, si. Je fonds comme un chocolat au soleil quand mon Petit Panda s’accroche à mes jambes pour indiquer qu’il veut être porté. J’ai envie de le protéger, de l’embrasser, qu’il soit confortable, heureux, riant, tout le temps. C’est assez épuisant pour le cerveau, en toute honnêteté, mais cela me procure une sensation de plénitude assez dure à décrire. L’amour que j’ai pour Petit Panda est unique, fort, incassable. Il est absolu en quelque sorte.

Bisou mère et fille
Crédit photo : Jupilu

Ce dont je suis sûre, c’est que je comprends mieux mes propres parents maintenant que je suis parent moi-même. Je comprends les renoncements de ma mère, les silences de mon père, la priorité donnée au calme familial plutôt qu’à une espèce de justice bancale. Même avant d’être parent, mes différentes lectures et expériences m’avaient amenées à amollir mon jugement, c’est-à-dire l’adoucir. Je suis beaucoup moins intransigeante aujourd’hui que je ne l’étais (et j’ai l’impression que c’est pour le mieux pour moi, en tant qu’individu).

Les prochaines années me donneront, je n’en doute pas, l’occasion de vérifier encore si d’autres clichés sont vrais (le fameux « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » par exemple). Je vais sûrement revoir à nouveau mon jugement sur des tas de sujets, vivre des expériences personnelles qui me feront évoluer dans différents sens. Et essayer de faire de mon mieux sur le chemin de la parentalité, évidemment (comme nous toutes, je crois ?).

11 commentaires sur “Ces clichés sur la parentalité…qui se révèlent vrais !

  1. Lol ma fille a 5 ans, du coup je ne suis pas pressée d’en arriver à « petit enfant , petit problème, grand enfant, grand problème » ! Je l’entends tellement que je suis sûre qu’il a au moins un fond de vérité 🙂 🙂 🙂

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  2. Hahaha 😂 J’avoue que le « petits enfants petits soucis, grands enfants grands soucis » me faire peur également !
    Toutefois le « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » est vérifié et approuvé chez nous : mon salon est une annexe de magasin de jouets (alors que j’avais dit que moi, ça, jamais !) 😉

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  3. Je dis tjs c’est bcp de bonheur ET bcp de fatigue, stress, inquiétudes, incertitudes,… ! J’ai 3 enfants, 3 enfants désirés, mais j’ai tjs en tête que nous avions été au départ un couple. Les choses étaient différentes. Peut-être plus simples, moins réfléchies… MAIS je n’oublierai jamais ce sentiment de vide que me procurait l’incertitude et l’envie face à la maternité ; j’avais tellement envie d’avoir, un , des enfants… c’était viscéral et parfois ca me cassait certains moments, pourtant beaux à vivre à deux. J’avais l’impression qu’on était incomplets, qu’il nous manquait ce petit êtrepour être totalement heureux… j’essaie des fois de m’en souvenir lorsque je suis dans les moments moins confortables avec ma troupe. Ca redonne un certain sens à mon rôle de mère. Ca m’aide à relativiser.

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  4. J’adore cet article, tu met des mots sur des choses qui me trottent dans la tête depuis un bon moment !
    Effectivement, dès la naissance de Crapouillou j’ai détesté la phrase « c’est que du bonheur ». C’est beaucoup de bonheur, ça oui, mais c’est aussi de la fatigue, du stress, du renoncement de soi, etc. Ce qui est sûr c’est que ça nous transforme profondément !
    Quant à petit enfant petit problème grand enfant grand problème, je n’y crois pas. Je crois surtout que quand on est en plein dedans c’est hyper dur et qu’ensuite on oublie vite. Et que cette phrase, dite par des parents d’ado, signifie juste qu’ils ont oublié à quel point c’était dur quand leurs enfants étaient bébé ! Et puis, peut-on vraiment comparer la difficulté liée au manque de sommeil et aux cris des bébés face à la difficulté liée à de l’insolence et des questions sur l’orientation ? Les 2 sont difficiles, mais dans des registres différents.

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    1. Je pense que la phrase « grand enfant, grand problème » se réfère plus aux problèmes graves que peuvent rencontrer certains adolescents/jeunes adultes: abus d’alcool, drogue, délinquance, dépression, problèmes liés à la nourriture… Ou à minima peines de coeur, décrochage scolaire/difficulté à financer les études souhaitées, estime de soi, stress lié à la conduite de la voiture…

      Sans être passée par là, il m’a en effet l’air d’être plus compliqué et plus important de convaincre un ado de ne pas commencer à fumer que de convaincre mon petit de 2 ans de manger des brocolis !

      Maintenant je pense que quand on y est confronté tous les problèmes nous paraissent important et que la manière dont on les affronte à 2-5-10 ans posent les bases pour affronter les problèmes d’adulte.

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