Créer mon cercle de mères

Créer mon cercle de mères

Je t’ai déjà parlé ici du village nécessaire pour élever un enfant, ainsi que de mon engagement de plus en plus fort auprès des jeunes parents dans le cadre de mes activités de bénévole au sein de deux associations chères à mon cœur. Aujourd’hui, je viens te parler du cercle de mères que je me suis créé pour rompre la solitude et l’isolement en post-partum.

cercle de mères

Crédit Photo : StockSnap de Pixabay

Mieux vivre mon post-partum

Je l’avais également abordé déjà sur le blog, j’ai très mal vécu mon post-partum de Numerobis, survenu en pleine pandémie, avec des confinements, des couvre-feu et des restrictions en tout genre. Avec la naissance de mon Petit Panda Roux, j’aspirais à de la liberté, à des sorties et à de nombreuses rencontres. J’ai donc participé à énormément d’ateliers autour de la parentalité, même ceux dont je connaissais déjà bien le sujet. Mon objectif était de sortir avec mon bébé et voir du monde. Et grâce à mon engagement justement dans les associations où je suis très active, j’ai eu la chance de me retrouver en congé maternité/parental en même temps que d’autres copines. Et à force de fréquenter les ateliers de parentalité, petit à petit, des liens se sont tissés avec d’autres mamans.

Se rencontrer

L’idée est venue naturellement, au cours d’une après-midi que l’on a rebaptisé « après-midi crèche », avec une ancienne collègue et son bébé de 2 mois de plus que le mien. Cette journée nous avait fait le plus grand bien à toutes les deux ; papoter et manger pendant que nos bébés gazouillaient sur leur tapis de jeu. J’ai donc eu l’envie de refaire cela très vite, en le proposant à d’autres mamans qui étaient elles aussi en congé. L’effet boule de neige a vite pris, car elles ont parlé de cela à leurs copines, et petit à petit, le groupe s’est étoffé. Le principe est on ne peut plus simple : on s’invite mutuellement chez les unes et les autres, avec les bébés… Celles qui peuvent venir viennent, pour les autres, ce sera pour une prochaine fois. Bref, chacune est libre et gère comme elle veut. Et donc, lors de ces rencontres, on mange (beaucoup – gras – sucré), on papote de pleins de sujets mais tu te doutes que la plupart concerne notre maternité, nos enfants, mais aussi nos mecs qui nous gonflent souvent… et nos bébés/enfants créent du lien et se sociabilisent. Bien entendu, on est vite gaga de les voir interagir entre eux et ces moments de rencontre passent très vite.

Se soutenir

J’ai créé un groupe WhatsApp pour que l’on puisse communiquer facilement. Le groupe s’est peu à peu agrandi pour maintenant réunir une vingtaine de mamans de mon secteur. En effet, si au départ, le groupe s’est constitué par un petit groupe de copines, j’ai fini par proposer à d’autres mamans rencontrées notamment dans le cadre de mon activité au sein de l’association d’allaitement Galactée, lors de réunions ou de permanences où je sentais que cette maman avait besoin de soutien et de lien social avec d’autres mères. Car au-delà des après-midi où on se goinfre de sucre, mon but numéro un est de créer un groupe de mère pour se soutenir. Et ça a fonctionné. Je trouve notre union très forte, magique même. Il règne beaucoup de bienveillance au sein du groupe, du soutien, du non jugement, du partage d’expérience. On rit, on pleure, on déverse nos coups de gueule et on se partage nos bons plans. Les mamans plus expérimentées conseillent les novices. Les mamans qui ont galéré rassurent celles qui ont peur que l’enfer (des nuits hachées, des pleurs, des enfants qui ne savent que dire non, etc. – la liste n’est pas exhaustive) ne s’arrête jamais. On peut appeler à l’aide à 1 heure du matin pour savoir quoi faire avec un bébé qui fait un pic de fièvre à 39, car y’a toujours une autre maman qui ne dort pas à cette heure. On peut venir déposer ce qu’on veut et en général, après, on se sent mieux.

S’entraider

Dans ce groupe, en plus des bons tuyaux qu’on se refile, on peut aussi se passer des vêtements, des médicaments qu’on n’a pas utilisés (coucou le doliprane suppo pour les moins de 8kg). On se vend à petits prix des affaires dont on n’a plus besoin mais qui peuvent encore avoir une seconde vie. On finit sur la liste des personnes autorisées à récupérer notre enfant à la crèche/à l’école en cas de besoin. On se dépanne dès qu’on peut, surtout celles qui sont à proximité les unes des autres. Nous avons toutes des métiers et des compétences très différents mais complémentaires, et on fait profiter nos savoirs aux autres, c’est vraiment très enrichissant. Et je suis sûre que si demain l’une de nous avait besoin, on pourrait aussi se garder nos enfants, mutuellement, en dépannage. Je trouve ça précieux, surtout quand on n’a pas forcément d’entourage pour cela, et c’est le cas de plusieurs d’entre elles.

L’union fait la force

Ce groupe de mère, je suis heureuse de l’avoir aujourd’hui, et j’aurais rêvé de l’avoir pour mon premier enfant et encore plus pour mon deuxième ! Et je sais qu’il est vraiment utile à toutes ces mères, car il nous permet de nous sentir plus fortes dans notre rôle au quotidien. Car être mère, être parent, ce n’est pas simple tous les jours, et c’est toujours plus simple avec des alliés. Aujourd’hui, j’ai même dépassé le stade de mon bien-être personnel pour ce groupe. Je veux être là pour toutes ces (jeunes) mamans, pouvoir les écouter, les rassurer et partager mon expérience avec les autres, afin de multiplier nos savoirs. Comme je le fais déjà à travers mon accompagnement à l’allaitement, et plus généralement à la parentalité de façon bénévole, je veux vraiment pouvoir être une personne ressource quand elles en ont besoin, et surtout une oreille attentive (et active).

Où sont les femmes ?

Et ce groupe de mères est aussi un groupe de femmes. J’ai trop mis ma vie de femme de côté, avec l’arrivée de mes enfants, mais aujourd’hui, grâce à elles, je reprends enfin les rênes. J’ose enfin ! Ciné entre filles, resto improvisé, boire un verre un soir sans nos enfants ni nos mecs… Je vais même enfin avoir un temps pour faire une activité sportive avec l’une d’elle (on habite à 5 minutes l’une de l’autre). J’ai encore pleins de projets pour elles, pour ce groupe ! Je suis fière de ce village que j’ai contribué à bâtir, grâce à une vingtaine de femmes mères-veilleuses.

Et le cercle s’est parfois élargit aux papas… En faisant des journées rencontre en famille, des soirées jeux, des apéros improvisés. Bref, ce cercle est précieux pour moi. J’y ai fait de jolies rencontres, il m’a permis de créer du lien tout au long de mon congé parental et je souhaite qu’il perdure avec les années, que l’on se voit grandir en tant que mères, avec nos enfants et ceux à venir. Je le vois comme un refuge.

Et toi, tu as aussi un groupe de copines mamans ? Ou au contraire, t’es-tu sentie parfois très isolée dans ta maternité ? Viens en discuter en commentaires !

6 commentaires sur “Créer mon cercle de mères

  1. Je trouve cela tellement super ! Nous sommes arrivés dans notre village avec mon mari au cours de ma 1ere grossesse. Nous ne connaissions personne et pas de famille proche. J’ai commencé à appartenir à un groupe de mamans sur qui je peux compter au moment où mon fils a intégrer l’école et que j’ai pu rencontrer les femmes de mon village. Cependant, j’aurai aimé avoir un groupe comme celui que tu construis quand mon fils était bébé !
    C’est très précieux ce que vous avez. Merci de me partager, ça peut aussi donner l’impulsion à d’autre personnes d’oser créer cela !

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  2. J’ai eu la chance de faire partie d’un petit groupe de maman lors de ma première grossesse. On se voyait une fois par semaine environ. Mais ca ne m’a pas empêcher de me sentir seule les autres jours (d’autant plus que mon bébé faisait très peu de sieste). J’étais de celles qui souhaitait sortir tous les jours alors qu’elles étaient un peu plus casanières et que les maladies des enfants et des mamans nous faisaient annuler des rencontres. 5 ans après nous sommes toujours aussi proches.

    Lors de la deuxième grossesse, je me suis inscrite au « club poussette » de ma ville. C’est une asso présente dans une centaine de villes francaise ou même à l’étranger qui permet à des mamans de se retrouver et d’échanger entre elles.
    Dans notre club il y a plus d’une 20 aines de mamans. Il y a donc plus d’occasion de se voir ce qui est très chouette. Par contre, nos amitiés sont moins fortes car on ne se voit pas aussi souvent et il y a souvent au moins une dizaine de mamans dans les rencontres.
    J’avais aussi préparé mon post partum à l’avance en remarquant les cafés acceptant les bébés, les musées accessibles en poussettes, les médiathèques et ludothèques proposant des activités pour les bébés…

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  3. ce serait tellement mon rêve ❤ ! vivant loin de ma famille, j'ai trouvé les périodes de post partum très isolantes.. la seule chose que j'avais trouvé était un groupe "massage bébé" et un autre "momy & baby yoga" qui étaient chouettes pour échanger sur le moment mais les mères ne venaient souvent qu'une ou deux fois donc ce n'était pas propice à une création de lien. Maintenant encore je n'ai pas de "cercle" ou échanger avec d'autres parents d'enfants du même âge (mes amis ou collègues en ont pas du même âge). Je trouve ça très dur de créer de genre de lien à partir de "zéro".. pour le moment mes tentatives de rapprochement auprès de parents de crèche/école n'ont pas abouti (pas assez d'atomes crochus)..

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  4. Je trouve cette initiative topissime. J’aurais aimé connaître ça lorsque j’ai eu mon fils et que j’étais en congé maternité. Après je ne me plaint pas car j’ai pu faire la connaissance de filles qui sont elles aussi mamans et avec qui il m’arrive de faire des restaurants et sorties sans enfants et conjoints et que j’ai rencontré via des applications amicales mais c’est vrai que c’est pas forcément aisée pour tout le monde

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  5. Bravo pour cette création et cette entraide !
    J’ai un petit cercle de mamans autour de moi, grâce au groupe de parole organisé par la sage-femme pour les mamans qu ont des enfants du même âge. Le lien s’est fait facilement avec celles du groupe de l’âge de mon aîné, mais ça a moins pris avec les mamans du groupe de l’âge de mon 2ème.
    Par contre, on est toutes dispersées aux 4 points cardinaux autour de notre grande ville, plus de 30min de trajet. On échange par messagerie, mais pour se dépanner à la sortie de l’école, c’est râpé.

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